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« Rage : la vaccination est la seule arme efficace »

Alors que la rage reste mortelle dĂšs l’apparition des symptĂŽmes, le prĂ©sident du Conseil de l’Ordre national des vĂ©tĂ©rinaires du Cameroun (ONVC), le Dr Albert Ichakou, alerte sur le danger que reprĂ©sentent les chiens en divagation, principal rĂ©servoir du virus. Il plaide pour une vaccination massive des animaux, une meilleure responsabilisation des propriĂ©taires et un encadrement strict de la vente et de l’importation des chiens, notamment des races jugĂ©es dangereuses.

La rage, on la connaĂźt Ă  YaoundĂ© : beaucoup de bĂȘtes en divagation, des images comme celles-lĂ , vous les connaissez, vous les vivez, vous les avez en mĂ©moire. Vous faites comment ?

Ces animaux constituent un problĂšme sĂ©rieux dans la lutte contre la rage, parce qu’ils sont le principal rĂ©servoir de ce virus et que, malheureusement, ils ne sont pas sous le contrĂŽle de leurs propriĂ©taires ou ne sont pas prĂ©sentĂ©s dans les centres de santĂ© pour ĂȘtre vaccinĂ©s et donc immunisĂ©s. Ces animaux constituent un rĂ©el danger Ă  la fois pour la population, mais aussi pour les pouvoirs publics et pour les vĂ©tĂ©rinaires que nous sommes, dans la lutte contre cette maladie qui est toujours mortelle dĂšs lors que les symptĂŽmes apparaissent.On a d’autres images qui reviennent de plus en plus aujourd’hui : ces gens qui baladent leurs chiens, leurs animaux de compagnie, et qui crĂ©ent mĂȘme des sites de rencontres, se donnent en spectacle.

Vous regardez cela en vous disant qu’on ne peut rien faire, qu’on est faible ?

Il s’agit lĂ  d’un problĂšme d’ordre public qui devrait ĂȘtre gĂ©rĂ© par les mairies, mais Ă©galement par les sous-prĂ©fectures. Évidemment, lorsqu’on balade un certain type de race de chien dans la ville, dans les villages, dans les quartiers, on est obligĂ© de mettre une museliĂšre Ă  son animal, parce qu’il reste un animal Ă  tout moment. On peut avoir des cas de griffure, des cas de morsure, ou simplement des enfants qui peuvent ĂȘtre pris par la panique et donc se jeter au milieu de la chaussĂ©e et se faire Ă©craser par les automobilistes.

C’est vraiment de la responsabilitĂ© des autoritĂ©s administratives de chaque quartier, de chaque rĂ©gion, de prendre les mesures qui s’imposent pour que justement on ne dĂ©ambule pas avec son animal n’importe comment dans nos diffĂ©rentes rues. Adopter un animal n’est pas un geste anodin. Il faut avoir de l’argent, certes, mais il faut avoir beaucoup de temps et des personnes qui peuvent prendre en charge cet animal Ă  la maison, en ce qui concerne sa toilette, sa nutrition. Donc, au niveau de la famille, il faut se poser toutes ces questions et se rassurer qu’on a les moyens et le temps qu’il convient d’avoir pour pouvoir s’occuper de cet animal.Une fois que ces questions trouvent des rĂ©ponses, avoir un chien n’est plus quelque chose de difficile dans notre pays.

Vous pouvez aller dans les différents cabinets et cliniques vétérinaires, et les vétérinaires peuvent vous mettre en contact avec ceux qui font de la reproduction des chiens et dont les animaux sont bien suivis du point de vue clinique, et qui peuvent vous fournir des animaux avec des certificats de santé clairement identifiés et signés par les vétérinaires.

Est-ce que c’est aussi de la responsabilitĂ© des autoritĂ©s de surveiller, par exemple, ces animaux qui sont vendus au bord de la route ?

C’est toujours compliquĂ© d’aller acheter un animal au bord de la route, surtout quand on ne connaĂźt pas ce qu’il faut regarder en premier. On peut avoir des vices rĂ©dhibitoires, c’est-Ă -dire que l’animal peut avoir un tic, mais qui est cachĂ© parce qu’il est exposĂ© au soleil, parce qu’il est dĂ©shydratĂ©, parce qu’il a chaud. Donc, quand on n’a pas l’Ɠil d’un expert, quand on ne peut pas aller voir si l’animal est anĂ©miĂ©, s’il est parasitĂ©, s’il a d’autres problĂšmes, c’est difficile de faire ce type de choix dans la rue.

En tout cas, ce n’est pas le conseil que nous donnerions Ă  la population camerounaise. S’adresser Ă  des professionnels de la santĂ© vĂ©tĂ©rinaire : ils vous conduiront vers celles et ceux qui Ă©lĂšvent les chiens pour leur reproduction et qui sont en mesure de vous dire si le chien est en bonne santĂ© ou pas.

Est-ce qu’il n’y a pas vĂ©ritablement un problĂšme de restructuration de la filiĂšre ?

Il serait temps d’avoir un texte qui encadre justement la vente de ces chiens, Ă  commencer par leur importation. Dans tous les pays du monde, vous avez des races de chiens qui sont interdites Ă  la vente parce qu’elles sont considĂ©rĂ©es comme trĂšs dangereuses dans les familles. Ce sont des animaux qui sont capables de tuer des jeunes enfants, de tuer mĂȘme des adultes. Et on interdit aussi certains croisements qui aboutissent Ă  des animaux beaucoup plus agressifs et massifs.

Donc, notre pays, le Cameroun, doit Ă©galement aller vers ce type de lĂ©gislation, afin de limiter ce type d’importation, mais aussi et surtout les croisements qu’on observe ici et lĂ  sur le territoire national.

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