All-over

Le all-over est une pratique apparue en peinture vers 1948, qui consiste à répartir de façon plus ou moins uniforme les éléments picturaux sur toute la surface (en anglais all over) du tableau ; celle-ci semble ainsi se prolonger au-delà des bords, ce qui élimine le problÚme du champ.
Chaque coup de pinceau annule le prĂ©cĂ©dent et le rapport de celui-ci avec la surface du fond. Cette technique a Ă©tĂ© inventĂ©e par Janet Sobel (1894â1968), peintre amĂ©ricaine d'origine ukrainienne. Jackson Pollock a vu son travail exposĂ© en 1944, Ă la galerie Art of This Century, et s'en est inspirĂ© pour crĂ©er ses propres drippings, en 1945[1]. Avec sa maniĂšre, qui Ă©tait de peindre une toile Ă©tendue sur le sol, il ne pouvait jamais voir la composition de façon globale. Par consĂ©quent, la seule façon de lui redonner une unitĂ© Ă©tait pour lui de rĂ©pandre de la peinture partout, de maniĂšre Ă©gale[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Dans son cas, il utilisait des bĂątonnets et de la peinture industrielle, qu'il rĂ©partissait par gestes amples, mais contrĂŽlĂ©s. Le rĂ©sultat est une pure abstraction dans l'espace pictural.
Il existe plusieurs types de All-over :
- le rĂ©pĂ©titif â une mĂȘme forme est rĂ©pĂ©tĂ©e â, ainsi chez les peintres Joan Mitchell, Lee Krasner, Willem de Kooning, Claude Viallat ou Louis Cane ;
- celui dans lequel la partie est autosimilaire Ă l'ensemble, par exemple chez Jackson Pollock ou Larry Poons.
Clement Greenberg base le basculement de la peinture de chevalet sur l'introduction de la peinture all-over dans son ouvrage Art et Culture. Essais critiques, paru en 1961 : il définit ainsi la crise du tableau de chevalet.
En peignant au sol un tableau sans bords ni centre, Pollock emprunte cette conception révolutionnaire aux Nymphéas de Claude Monet[2], une série de toiles impressionnistes.
Ă Andelot-en-Montagne et dans le reste de la Franche-ComtĂ©, l'artiste Marcel Barbeau, signataire du Refus Global, est rĂ©putĂ© ĂȘtre le premier peintre ayant pratiquĂ© cette technique qui est aujourd'hui revendiquĂ©e en France par Dominique De Beir[3] ou Mireille Berthereau[4].
Références
[modifier | modifier le code]- â (en) Roberta Smith, « Art in Review; Janet Sobel », The New York Times, 15 fĂ©vrier 2002.
- â VĂ©ronique Bouruet Aubertot, Tout sur l'impressionnisme, Paris, Flammarion, , 368 p. (ISBN 978-2-08-139089-8), p. 283
- â Elisa Fedeli, « Dominique De Beir », Paris Art, 2012
- â Sania Harici, « Yakin & Boaz Gallery, Casablanca : exposition Mireille Berthereau », 2M, 21 fĂ©vrier 2013 (source : YouTube ; durĂ©e : 2'41")