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Allogamie

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Distylie chez la primevÚre. Fleur longistyle (A) et brévistyle (B). De 1 à 4 : corolle, calice, étamine, pistil.

L'allogamie ou allofĂ©condation est un mode de reproduction sexuĂ©e chez les eucaryotes oĂč les deux gamĂštes mĂąle et femelle proviennent de deux parents diffĂ©rents. AppelĂ©e aussi hĂ©tĂ©rogamie, fĂ©condation croisĂ©e ou interfĂ©condation entre deux individus distincts, elle est trĂšs courante chez les animaux, mais aussi chez les vĂ©gĂ©taux (notamment chez les plantes Ă  graines pour qui les botanistes rĂ©servent le nom d'allopollinisation ou de pollinisation croisĂ©e). Ce mode de reproduction s'oppose Ă  celui d'autogamie, oĂč les gamĂštes femelles sont fĂ©condĂ©s par les gamĂštes mĂąles provenant d'un mĂȘme individu (typiquement une fleur hermaphrodite effectuant une autopollinisation par exemple). D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l'allogamie garantit un certain brassage gĂ©nĂ©tique Ă  chaque gĂ©nĂ©ration, ce qui favorise la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique et la variabilitĂ© de la gĂ©nĂ©tique des populations.

Mécanismes botaniques

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Chez les vĂ©gĂ©taux, notamment les angiospermes, l'allogamie est la rĂšgle gĂ©nĂ©rale. Il existe chez les plantes allogames, deux types de pollinisation croisĂ©e : la geitonogamie (en) (les deux gamĂštes proviennent d'individus diffĂ©rents ou de fleurs diffĂ©rentes situĂ©es sur un mĂȘme pied) et la xĂ©nogamie (en)[1] (allogamie entre des fleurs de plants diffĂ©rents de la mĂȘme espĂšce)[2].

Pour les plantes allogames, chez lesquelles la fécondation croisée est plus ou moins obligatoire, les processus biologiques diffÚrent selon les espÚces. On trouve divers cas :

  • les plantes de la mĂȘme espĂšce sont soit entiĂšrement mĂąles, soit entiĂšrement femelles. C'est le cas chez les espĂšces dioĂŻques telles que l’asperge[3], l’épinard[3] ou le houblon ;
  • auto-incompatibilité : le pollen d’une plante ne germe pas correctement quand il se dĂ©pose sur le pistil d’une fleur de la mĂȘme plante, mais il germe trĂšs bien sur une fleur d’une autre plante de la mĂȘme espĂšce. Chez des espĂšces telles que la luzerne ou le seigle, l'auto-incompatibilitĂ© est forte ;
  • hĂ©tĂ©rostylie : Ă©tat d'une plante possĂ©dant des fleurs Ă  style court et des fleurs Ă  style long ;

Allogamie forcée

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« L'allogamie forcĂ©e peut ĂȘtre utilisĂ©e, chez les espĂšces autogames ou allogames partielles, pour le transfert de caractĂšres souhaitables d'une plante Ă  une autre. On Ă©mascule les boutons floraux en enlevant les Ă©tamines avec une paire de pinces. Puis on transfĂšre le pollen choisi sur le stigmate de la fleur receveuse[4]. »

Notes et références

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  1. ↑ Ce qui distingue ce mode de l'hybridation (hĂ©tĂ©rogamie entre des fleurs de plants diffĂ©rents et de variĂ©tĂ©s ou d’espĂšces diffĂ©rentes).
  2. ↑ Une plante fleurie avec un « grand Ă©talage floral » (un nombre Ă©levĂ© de fleurs ouvertes) « attirera de loin beaucoup de pollinisateurs et augmentera ainsi ses chances de rĂ©aliser des fĂ©condations croisĂ©es (pollinisation par du pollen venant d’une autre plante ; de prĂšs, ce mĂȘme Ă©talage va inciter les visiteurs Ă  rester et visiter un maximum de fleurs : ceci devient un inconvĂ©nient car le transfert de pollen entre fleurs de la mĂȘme plante va se trouver renforcĂ© (gĂ©itonogamie) ce qui se rapproche beaucoup de l’autofĂ©condation. Autrement dit, les plantes Ă  fleurs se trouvent prises au cƓur d’un dilemme : attirer de nombreux pollinisateurs mais faire en sorte que chacun d’eux ne visite qu’un nombre restreint de fleurs de la mĂȘme plante ! La vie des plantes Ă  fleurs n’est pas que « fleur bleue » »! Cf GĂ©rard Guillot, « Pulmonaires : quand le bleu devient un feu rouge », sur zoom-nature.fr (consultĂ© le ).
  3. 1 2 Éric Birlouez, Petite et grande histoire des lĂ©gumes, Versailles/impr. en Suisse, QuĂŠ, coll. « Carnets de sciences », , 175 p. (ISBN 978-2-7592-3196-6, prĂ©sentation en ligne), Une fabuleuse diversitĂ©, p. 52.
  4. ↑ Abderrazak Marouf et JoĂ«l Reynaud, La botanique de A Ă  Z, Paris, Dunod, , 342 p. (ISBN 978-2-10-050638-5), p. 11.