Aller au contenu

André Dran

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
André Dran
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
DécÚs
Nom de naissance
André Théophile Joseph Dran
Nationalité
Activité
Autres informations
Tessiture
Genre artistique

André Dran, né le à Metz et mort le à Pouancé, est un artiste lyrique français.

Pensionnaire de l'OpĂ©ra-Comique de Paris de 1953 Ă  1970, il y incarne un large Ă©ventail de rĂŽles du rĂ©pertoire français, de l'opĂ©rette Ă  l'opĂ©ra-comique. Sa carriĂšre discographique, principalement conduite au dĂ©but des annĂ©es 1950, le rĂ©vĂšle aux cĂŽtĂ©s du chef d'orchestre RenĂ© Leibowitz, avec lequel il grave notamment des intĂ©grales d'opĂ©rettes d'Offenbach de rĂ©fĂ©rence. Époux de la soprano Monique de Pondeau, il est le pĂšre du tĂ©nor Thierry Dran et le grand-pĂšre du tĂ©nor Julien Dran, formant avec eux une lignĂ©e lyrique de trois gĂ©nĂ©rations.

Formation et débuts

[modifier | modifier le code]

AndrĂ© ThĂ©ophile Joseph Dran naĂźt le Ă  Metz[1]. Les sources disponibles ne documentent pas sa formation musicale initiale en dĂ©tail, mais sa carriĂšre prend son essor au dĂ©but des annĂ©es 1950, lorsqu'il participe Ă  d'importants enregistrements phonographiques avant mĂȘme d'ĂȘtre engagĂ© Ă  titre permanent Ă  l'OpĂ©ra-Comique[1].

CarriÚre à l'Opéra-Comique

[modifier | modifier le code]

AndrĂ© Dran est engagĂ© par la RĂ©union des théùtres lyriques nationaux Ă  partir de 1953 et se produit Ă  l'OpĂ©ra-Comique jusqu'en 1970[1]. Il y tient des rĂŽles aussi variĂ©s que Pomponnet dans La Fille de madame Angot de Lecocq, Antonin dans Ciboulette de Hahn, Nadir dans Les PĂȘcheurs de perles de Bizet, Beppe dans Paillasse (opĂ©ra) de Ruggiero Leoncavallo, BenoĂźt dans Le Roi l'a dit de Delibes, Pinkerton dans Madama Butterfly de Puccini, Alfred dans La Chauve-Souris de Strauss et Jean dans Le Jongleur de Notre-Dame (opĂ©ra) de Massenet[1],[2].

À l'occasion de la reprise du Jongleur de Notre-Dame Ă  l'OpĂ©ra-Comique en 1954, un critique salue sa composition du rĂŽle-titre en soulignant la sensibilitĂ© de son interprĂ©tation, notant qu'une telle incarnation du personnage, jusqu'aux tours de jonglerie et aux danses, ne saurait ĂȘtre imaginĂ©e avec plus de conviction[3].

La polyvalence de Dran l'amĂšne Ă  interprĂ©ter aussi bien le rĂ©pertoire de l'opĂ©rette que celui de l'opĂ©ra. Il remporte des succĂšs notables dans Nadir des PĂȘcheurs de perles, Pinkerton dans Madama Butterfly et dans le rĂŽle-titre de Fra Diavolo d'Daniel Auber[2].

En 1957, il paraĂźt dans Fortunio d'AndrĂ© Messager au casino d'Enghien-les-Bains[4]. En 1958, il prend part Ă  une reprise peu frĂ©quente de La Basoche (opĂ©ra-comique) d'AndrĂ© Messager au mĂȘme lieu, aux cĂŽtĂ©s de Lillie Grandval et de Willy ClĂ©ment, sous la direction de JĂ©sus Etcheverry[5].

En 1959, il participe à une production bien reçue du Roi l'a dit de Delibes, montée à Bordeaux et à Paris, aux cÎtés de Christine Harbell, HélÚne Régelly et Louis Noguéra. La presse relÚve que son Benoßt se distingue par une aisance naturelle[6].

Créations mondiales

[modifier | modifier le code]

AndrĂ© Dran participe Ă  la crĂ©ation mondiale de plusieurs Ɠuvres lyriques du XXe siĂšcle. En 1961, il figure dans la distribution de la crĂ©ation de Colombe, comĂ©die lyrique en quatre actes de Jean-Michel Damase sur un livret de Jean Anouilh, donnĂ©e le au Grand Théùtre (Bordeaux) dans le cadre du douziĂšme Mai musical de Bordeaux, dans une mise en scĂšne de Roger Lalande avec des dĂ©cors de Jean-Denis MalclĂšs, sous la direction du compositeur[7].

En 1966, il chante dans Le Viol de LucrĂšce de Britten Ă  Rouen[5]. En 1967, il se produit dans Fra Diavolo Ă  Marseille[2]. En 1968, il est Ă  l'affiche de la crĂ©ation mondiale de la Symphonie pastorale de Guillaume LandrĂ© Ă  Rouen, sous la direction de Pierre-Michel Leconte[8]. La mĂȘme annĂ©e, il chante le rĂŽle de l'Homme dans La Nuit foudroyĂ©e de Bondon, créée Ă  Metz[9]. En 1969, il se produit dans Le pont des soupirs d'Offenbach Ă  Bordeaux[2].

En 1974, lors du troisiĂšme Festival de Lille, il crĂ©e Goya, opĂ©ra de Tony Aubin, au Théùtre municipal de l'OpĂ©ra de Lille, sous la direction du compositeur lui-mĂȘme[10].

Vie personnelle et transmission

[modifier | modifier le code]

AndrĂ© Dran Ă©pouse la soprano Monique de Pondeau, qui est comme lui membre de la troupe de l'OpĂ©ra-Comique[11]. De cette union naĂźt en 1953 le tĂ©nor Thierry Dran, qui se forme Ă  l'École de chant de l'OpĂ©ra de Paris dans la classe de Michel SĂ©nĂ©chal et mĂšne une carriĂšre internationale[12]. Thierry Dran relate dans son autobiographie, Le chant m'a sauvĂ© (Ă©ditions Aparis, 2007), que son enfance s'est dĂ©roulĂ©e dans les coulisses des théùtres de France et d'Europe, et que la transmission de la vocation lyrique au sein de la famille relĂšve d'une « combinaison gĂ©nĂ©tique favorable »[12]. Julien Dran, fils de Thierry et de la soprano Martine March, nĂ© en 1983, est lui aussi tĂ©nor et poursuit une carriĂšre active sur les scĂšnes françaises et Ă©trangĂšres[13].

AprĂšs sa retraite scĂ©nique, AndrĂ© Dran enseigne le chant Ă  Lyon, oĂč son fils Thierry dĂ©bute sa propre formation vocale[11]. Une anecdote rapportĂ©e par Thierry Dran illustre la permanence vocale de son pĂšre : conviĂ© Ă  donner la rĂ©plique Ă  l'une de ses Ă©lĂšves dans un duo de La BohĂšme, AndrĂ© Dran, retirĂ© des scĂšnes depuis un certain temps, demande Ă  son fils de le doubler depuis les coulisses pendant qu'il mime le rĂŽle sur scĂšne. À l'issue de la sĂ©ance, deux machinistes, ignorant le stratagĂšme, font remarquer que « le vieux » a conservĂ© sa voix[13].

André Dran décÚde le à Pouancé (commune d'Ombrée-d'Anjou depuis 2016), à l'ùge de quatre-vingt-dix ans[1].

Discographie

[modifier | modifier le code]

La discographie d'AndrĂ© Dran, concentrĂ©e principalement dans la premiĂšre moitiĂ© des annĂ©es 1950, comprend plusieurs intĂ©grales d'opĂ©ras et d'opĂ©rettes enregistrĂ©es pour des labels tels que Nixa, Vox, Westminster et Philips. Sa collaboration avec le chef d'orchestre RenĂ© Leibowitz constitue le cƓur de cet hĂ©ritage discographique.

AnnĂ©eƒuvreCompositeurRĂŽleChef d'orchestreLabelRĂ©fĂ©rences
1952La Belle HélÚneOffenbachPùrisRené LeibowitzNixa[14]
1952Orphée aux enfersOffenbachAristée / PlutonLeibowitzNixa[15]
1952L'Heure espagnoleRavelGonzalveRené LeibowitzVox[16]
1952Les Troyens Ă  CarthageBerliozIopas / MercureHermann ScherchenWestminster[17],[18]
1956LouiseG. CharpentierLe poĂšteJean FournetPhilips[19]
1958La Grande-duchesse de GérolsteinOffenbachFritzRené LeibowitzUrania[20]
1971Le Comte de Luxembourg (extrait de radiodiffusion)LehårComte Fernand de LuxembourgAdolphe SibertNaxos Historical (réédition)[21]

La Belle HélÚne (1952)

[modifier | modifier le code]

L'enregistrement de La Belle HĂ©lĂšne d'Offenbach sous la direction de RenĂ© Leibowitz, gravĂ© en 1952 pour le label Nixa avec les chƓurs et l'orchestre philharmonique de Paris, est celui qui vaut Ă  AndrĂ© Dran sa plus grande renommĂ©e discographique. Le critique Andrew Porter le recense parmi les cinq plus grandes intĂ©grales de l'opĂ©ra français jamais gravĂ©es[22]. La distribution rĂ©unit notamment Janine Linda dans le rĂŽle-titre, Roger Giraud en MĂ©nĂ©las et Jacques Linsolas en Agamemnon. L'ensemble de l'interprĂ©tation est saluĂ© pour sa maĂźtrise du style d'opĂ©rette français, caractĂ©risĂ© par la prĂ©cision du texte et la lĂ©gĂšretĂ© d'une diction sans affectation[23].

Orphée aux enfers et La Grande-Duchesse de Gérolstein

[modifier | modifier le code]

Toujours avec RenĂ© Leibowitz, AndrĂ© Dran grave la mĂȘme annĂ©e une intĂ©grale d'OrphĂ©e aux enfers, Ă©galement pour Nixa, dans les rĂŽles d'AristĂ©e et de Pluton. Six ans plus tard, en 1958, il enregistre le rĂŽle de Fritz dans La Grande-duchesse de GĂ©rolstein pour le label Urania, aux cĂŽtĂ©s de la mezzo-soprano Eugenia Zareska dans le rĂŽle-titre et de Jean Mollien, sous la mĂȘme direction[2]. Cette version, bien que partielle, est rĂ©putĂ©e pour la qualitĂ© stylistique de son interprĂ©tation[20].

Les Troyens Ă  Carthage et Louise

[modifier | modifier le code]

En 1952, AndrĂ© Dran tient les rĂŽles d'Iopas et de Mercure dans l'enregistrement des Troyens Ă  Carthage de Berlioz sous la direction d'Hermann Scherchen, paru chez Westminster, avec Arda Mandikian en Didon et Jean Giraudeau en ÉnĂ©e[18],[17]. En 1956, il incarne le personnage du poĂšte dans l'intĂ©grale de Louise de Gustave Charpentier dirigĂ©e par Jean Fournet pour Philips, avec Berthe Monmart dans le rĂŽle-titre, AndrĂ© Laroze en Julien, Solange Michel en la MĂšre et Louis Musy en le PĂšre[19].

Le Comte de Luxembourg

[modifier | modifier le code]

Un enregistrement en direct d'une émission radiophonique de 1971, dans lequel André Dran interprÚte le rÎle-titre du Comte de Luxembourg de Lehår (version française : Fernand de Luxembourg) sous la direction d'Adolphe Sibert avec l'Orchestre lyrique de l'ORTF, est réédité par Naxos sous la référence 8.111010[21].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 4 5 « Chanteurs de l'Opéra-Comique », sur Art lyrique français (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 « Les trois Dran, ténors de (grand-)pÚre en (petit-)fils! », sur PremiÚre Loge, (consulté le )
  3. ↑ Henry-Louis de La Grange, « France – report from Paris », Opera, juillet 1954, p. 422.
  4. ↑ Report from France – Enghien-les-Bains, Opera, fĂ©vrier 1957, p. 115.
  5. 1 2 Report from France – Enghien-les-Bains, Opera, novembre 1958, p. 725.
  6. ↑ StĂ©phane Wolff, « Report from France: Bordeaux », Opera, juin 1959, p. 379.
  7. ↑ « Colombe. ComĂ©die lyrique en 4 actes. CrĂ©ation. Notice bibliographique », sur Catalogue gĂ©nĂ©ral de la BnF (consultĂ© le )
  8. ↑ StĂ©phane Wolff, « Hors d'oeuvre, meat and
? », Opera, juin 1968, p. 486.
  9. ↑ StĂ©phane Wolff, « Our critics abroad: Metz », Opera, mai 1968, p. 379.
  10. ↑ (en) « Tony Aubin : Goya : opĂ©ra en 2 actes et 6 tableaux », sur WorldCat (consultĂ© le )
  11. 1 2 « Le tĂ©nor français Thierry Dran est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  l'Ăąge de 67 ans », sur Ôlyrix, (consultĂ© le )
  12. 1 2 « DécÚs du chanteur Thierry Dran », sur ResMusica, (consulté le )
  13. 1 2 « Julien Dran, ténor. Entretien 2010 par Catherine Scholler », sur ResMusica, (consulté le )
  14. ↑ (en) « Offenbach – La Belle HĂ©lĂšne », sur Discogs (consultĂ© le )
  15. ↑ (en) « Offenbach – OrphĂ©e aux enfers », sur Discogs (consultĂ© le )
  16. ↑ (en) « Ravel – L'Heure espagnole », sur Discogs (consultĂ© le )
  17. 1 2 « Les Troyens à Carthage. Notice bibliographique », sur Catalogue général de la BnF (consulté le )
  18. 1 2 (en) « Berlioz – Les Troyens Ă  Carthage », sur Discogs (consultĂ© le )
  19. 1 2 (en) « Gustave Charpentier – Louise », sur Discogs (consultĂ© le )
  20. 1 2 (en) « La Grande-Duchesse de Gérolstein. Discographie », sur Opera Discography (consulté le )
  21. 1 2 (en) « Lehår : Le comte de Luxembourg / Frédérique / Giuditta », sur Naxos Music Group (consulté le )
  22. ↑ Andrew Porter, « La Belle HĂ©lĂšne », dans : Opera – Thirty all-time great recordings, Londres, 2002.
  23. ↑ (en) Christopher Howell, « Offenbach – La Belle HĂ©lĂšne », sur MusicWeb International, (consultĂ© le )

Article connexe

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Thierry Dran, Le chant m'a sauvĂ©, Paris, Ă©ditions Aparis, 2007.

Liens externes

[modifier | modifier le code]