Aller au contenu

Brigantes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Territoire des Brigantes

Les Brigantes Ă©taient un puissant peuple celte de l’üle de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne). Il est possible qu'une relation entre les Brigantii de Bregenz dans les Alpes et les Brigantes de la Grande-Bretagne ait existĂ©[1].

Cette hypothĂšse se trouve renforcĂ©e par la rĂ©pĂ©tition de cette situation pour de nombreux peuples brittoniques (les Parisii et les Belges par exemple). En effet, l'Ăźle de Bretagne a Ă©tĂ© envahie par les Celtes venus du continent. Ceux-ci ont gardĂ© leur nom de peuple d'origine. Ainsi certaines nations se sont sĂ©parĂ©es en gardant le mĂȘme nom. Le phĂ©nomĂšne se constate Ă©galement avec les peuples Gaulois du nord de l'Italie.

Brigantes est également le nom d'une nation celte du sud de l'Irlande.

Protohistoire

[modifier | modifier le code]

Le territoire des Brigantes, lors de la conquĂȘte romaine, se situait approximativement dans les actuels comtĂ©s du Northumberland et du Yorkshire au nord-est de l’Angleterre, entre les fleuves Humber et Tyne. Leur capitale semble avoir Ă©tĂ© Eboracon (latinisĂ© en Eburacum, du celtique eburos « if » - aujourd’hui la ville d’York), leurs autres rĂ©sidences Ă©tant Catterick, Aldborough et Ilkley. Les Carvetii et les Parisii du Yorkshire comptaient parmi leurs clients. Lors de l’invasion et l’occupation de l’üle par les Romains, les Brigantes ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une relative autonomie, due au parti pris de la reine Cartimandua, qui rĂ©gna de 50 Ă  70. Quand Caratacos, Ă  la tĂȘte des nations galloises de Silures et des Ordovices, est dĂ©fait par le proprĂ©teur romain Publius Ostorius Scapula, il trouve refuge auprĂšs de la reine Cartimandua, qui le livre Ă  ses ennemis.

Quand la reine se sĂ©pare de son Ă©poux Venutios (au profit de Vellocatos), celui-ci prend la tĂȘte d’un important parti de Brigantes anti-romains qui s’attaque aux troupes d’occupation et leurs alliĂ©s. Il est battu par les armĂ©es de Aulus Didius Gallus. Cartimandua a Ă©pousĂ© son Ă©cuyer Vellocatos en secondes noces et lui a confĂ©rĂ© la souverainetĂ©. La progression des Romains est freinĂ©e par la rĂ©volte de la reine des IcĂšnes, BoadicĂ©e, en 61. En 69, Venutios engage une nouvelle offensive et parvient Ă  s’emparer de la partie ouest du royaume. Il faut attendre la nomination de Quintus Petillius Cerialis pour que les Romains soumettent dĂ©finitivement les Brigantes entre 71 et 74.

La conquĂȘte de la Grande-Bretagne (hors Écosse) est achevĂ©e par Agricola, en 83.

Quand la frontiĂšre est reculĂ©e au sud du mur d'Hadrien en 122, une partie des Brigantes se trouve hors de la domination romaine. Ils ouvrent une brĂšche dans le mur en 138 mais sont battus par le lĂ©gat proprĂ©teur Quintus Lollius Urbicus, qui repousse la frontiĂšre au mur d'Antonin vers 140-141[2]. Ils se rĂ©voltent de nouveau en 154-155 ; des lĂ©gions venues de Germanie restaurent l'ordre et la puissance des Brigantes est brisĂ©e[3]. L’occupation dure jusqu’en 410.

Étymologie

[modifier | modifier le code]

Le radical de l’ethnonyme Brigant- signifie « éminence, Ă©lĂ©vation » en celtique[4].

UtilisĂ© comme premier Ă©lĂ©ment d'un composĂ©, il est Ă  l'origine de nombreux toponymes tant dans l’espace insulaire, qu’en Gaule et dans la pĂ©ninsule IbĂ©rique. Il est Ă©galement prĂ©sent dans la composition du nom de certains peuples. Les thĂ©onymes Brigit et Brigantia dĂ©rivent de ce mĂȘme mot.

Anthroponymie

[modifier | modifier le code]

Outre sa redondante toponymie dérivée (l'ancien port de Brigantium, aujourd'hui La Coruña, le chùteau de Bragance, Bregenz, etc), le nom des peuples Brigantes dont déclinaisons Brigantii et autres, est à l'origine de nombreux patronymes et autres noms.

C'est ainsi qu'il se retrouve dans la famille impĂ©riale portugaise, de la Maison d'OrlĂ©ans-Bragance[5], chez les nombreux Brigante ou Briganti et mĂȘme un fromage Brigante chez les Fratelli Pinna de Sardaigne[6], grands producteurs.

En outre la mĂšre de l'actrice Monica Belucci porte encore ce nom prestigieux, Brunella Briganti.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. ↑ « Brigantii (Rhaetia) », sur maryjones.us (consultĂ© le ).
  2. ↑ Paul Petit, La paix romaine, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problĂšmes, Paris, 1967, 2e édition 1971, p. 113
  3. ↑ Matthew Bunson, Encyclopedia of the Roman empire, Infobase Publishing, , 636 p. (ISBN 978-0-8160-4562-4, prĂ©sentation en ligne)
  4. ↑ Ranko Matasović, Etymological Dictionary of Proto-Celtic, vol. 9, Brill, coll. « Leiden Indo-European Etymological Dictionary Series », , 78–79 p..
  5. ↑ Robarts - University of Toronto, Revue celtique, Paris, (lire en ligne)
  6. ↑ (en-US) « OUR HISTORY | Pinna Formaggi », sur OUR HISTORY | Pinna Formaggi (consultĂ© le )