Claude Cossette
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Claude Cossette (nĂ© Ă Limoilou, Ă QuĂ©bec le [1]). Actuellement professeur Ă©merite de l'UniversitĂ© Laval[2], il a longtemps Ă©tĂ© publicitaire et auteur quĂ©bĂ©cois spĂ©cialiste de la publicitĂ©. De ce fait, il a rĂ©digĂ© et publiĂ© de nombreux livres sur le sujet. Il est surtout connu pour lâagence de publicitĂ© qui porte son nom, Groupe Cossette Communication, quâil a lui-mĂȘme fondĂ©e en 1964[2]. Il la quitte ensuite en 1982 pour enseigner Ă l'UniversitĂ© Laval.
Biographie
[modifier | modifier le code]Claude Cossette vient de Limoilou, un quartier de la ville de QuĂ©bec. Ătant fils dâun cordonnier, câest Ă lâĂąge de douze ans que Claude Cossette sâexerce pour la toute premiĂšre fois en peignant une affichette pour le travail de son pĂšre. Quelques annĂ©es plus tard, il entame des Ă©tudes supĂ©rieures au CollĂšge des JĂ©suites Ă QuĂ©bec tout en travaillant comme apprenti chez un fabricant dâenseignes. C'est Ă l'Ă©cole qu'un orienteur l'approche et lui fait remarquer qu'il a le potentiel de suivre un cours classique, mais faute de soutien financier, il sâinscrit au Petit sĂ©minaire de QuĂ©bec[1] oĂč il suit son cours classique de 1953 Ă 1958[2],[3].
Pour financer ses Ă©tudes, il travaille, entre autres, en produisant des promotions publicitaires pour la cordonnerie de son pĂšre, ainsi quâen repeignant et en « relettrant » plusieurs fois par an lâenseigne de quatre pieds par huit pieds du magasin. Le succĂšs que vit le commerce de son pĂšre incite les commerçants voisins Ă faire appel Ă ses services. Il est aussi cireur de souliers, mĂ©tier payant Ă lâĂ©poque pour les bons cireurs[2].
Plus tard, il quitte le SĂ©minaire pour sâinscrire Ă lâĂcole des beaux-arts de QuĂ©bec. DiplĂŽmĂ© en 1962, il entame sa carriĂšre en publicitĂ© dans une agence de lâĂ©poque, Payeur PublicitĂ©. La mĂȘme annĂ©e, souhaitant ĂȘtre son propre patron, il obtient un certificat en marketing de la FacultĂ© de commerce de lâUniversitĂ© Laval, en plus dâĂȘtre titulaire dâune bourse de perfectionnement du ministĂšre de la Jeunesse du QuĂ©bec. En 1963, il obtient un brevet dâenseignement spĂ©cialisĂ© du ministĂšre de lâĂducation du QuĂ©bec. Ătant fascinĂ© par la France, il obtient une bourse dâĂ©tudes pour y Ă©tudier; femme et enfant lâaccompagnant, il dĂ©croche un certificat, en 1964, de lâĂcole supĂ©rieure des arts et industries graphiques (Ăcole du Livre Estienne) de Paris afin d'en apprendre davantage sur des techniques d'impression. Câest quelques annĂ©es plus tard, en 1970, quâil est diplĂŽmĂ© de la FacultĂ© de commerce de lâUniversitĂ© Laval, dâun certificat en administration[2],[3],[1]. Il fait aussi la rencontre d'une de ses plus grandes influences, Robert Delpire, un producteur de films et designer graphique connu en France.
La création de Cossette
[modifier | modifier le code]Son but initial
[modifier | modifier le code]Au dĂ©but des annĂ©es 1960, au retour de la France, Cossette dĂ©marre son agence de communication; Claude Cossette Graphiste, avec une idĂ©e prĂ©cise de la publicitĂ© oĂč « la solution Ă un problĂšme de communication graphique n'est pas une solution visuelle et plastique. C'est plutĂŽt une solution fonctionnelle[4] ». Cette approche l'emmĂšne Ă offrir ses services Ă de nombreuses entreprises en tant que graphiste (au lieu de publicitaire), terme peu connu Ă l'Ă©poque, impressionnant ses clients et lui permettant d'augmenter ses tarifs sans perdre de clients. Il se diffĂ©rencie des autres par son effort de mettre de l'avant une crĂ©ativitĂ© qui ne se limite pas aux demandes des clients, mais bien de surpasser les attentes[4],[5].
Bien quâil demande des tarifs Ă©levĂ©s pour ses services, son bureau dĂ©colle. Câest Ă la mĂȘme Ă©poque que le QuĂ©bec vit une pĂ©riode dâexpansion Ă©conomique rapide, la RĂ©volution tranquille, favorisant le dĂ©veloppement de son agence[3]. Un associĂ© se joint Ă lui 10 mois plus tard (Jacques Dupuis), le nom de la boĂźte de graphisme publicitaire est modifiĂ©e pour « Cossette et Dupuis Graphistes Conseils », celui-ci les prĂ©sente comme nâĂ©tant pas seulement des « dessinateurs publicitaires », mais bien des « graphistes conseillĂ©s ». Câest dâailleurs leur dĂ©sir dâĂȘtre vus et connus autrement qui est Ă la base de leur succĂšs. Au mĂȘme moment, Cossette, travaillant Ă domicile, dĂ©mĂ©nage son bureau dans un logement de six piĂšces quâils partagent, lui et son associĂ©, avec une coiffeuse et un photographe. En 1966, la boĂźte comptant quelques employĂ©s, sâappelle dĂ©sormais "Cossette + AssociĂ©s Graphistes Conseils", alors que Jacques Dupuis quitte lâĂ©quipe[3],[6].
Environ au mĂȘme moment (1966), Cossette signe un contrat dâexclusivitĂ© Ă QuĂ©bec en tant que directeur artistique pour MacLaren, la plus grosse agence de publicitĂ© de lâĂ©poque au Canada, tout en poursuivant ses activitĂ©s au sein de son entreprise. En continuant dâĂ©voluer, Claude Cossette explore les avantages du « Hard Sell », cette approche souligne une nouvelle appellation du groupe; Cossette AssociĂ©s Groupe Marketing, câest en faisant de la recherche et en Ă©largissant ses champs dâactivitĂ©s que lâagence prend de lâampleur[3],[6].
Ă la fin des annĂ©es 1960 et au dĂ©but des annĂ©es 1970, Claude Cossette exploite son brevet dâenseignement (1963). Tout dâabord en 1968, il est titulaire dâun cours en arts graphiques au CĂ©gep de Sainte-Foy, par la suite de 1969 Ă 1972, il enseigne la publicitĂ© au CĂ©gep de JonquiĂšre. Aussi en 1970, il initie la formation du cours de sĂ©miologie de lâimage Ă lâUniversitĂ© Laval[1].
Son expansion
[modifier | modifier le code]Il a beau travailler dans la chambre Ă coucher de son fils, Ă force de faire du porte Ă porte, les affaires progressent vite. En 1972, bien que jouissant dâune rĂ©putation enviable, la situation financiĂšre de lâentreprise est prĂ©caire. Cossette sâassocie alors avec cinq de ses cadres pour la remettre sur les rails. Elle est renommĂ©e Cossette Communication Marketing, et lâentreprise devient alors une vĂ©ritable agence publicitaire. MalgrĂ© son titre de prĂ©sident, il occupe diffĂ©rents postes au cĆur de lâagence, dĂ©veloppant des secteurs comme la recherche (devenu Marketing Impact Recherche). ParallĂšlement, de 1970 Ă 1975, il suit une formation en animation de groupes, IFG (Institut de Formation par le Groupe) de MontrĂ©al et BRIC de QuĂ©bec.
Concernant lâentreprise, en 1978, Cossette devient la plus grande agence de publicitĂ© au QuĂ©bec et compte Ă son actif deux bureaux dont un Ă QuĂ©bec et l'autre Ă MontrĂ©al; plus tard dans les annĂ©es 1980, Ă Toronto et Ă Vancouver. Les premiĂšres grandes campagnes de lâagence sont pour Daisy Fresh, Renault (dont celle du Chameau avec Robert Charlebois comme vedette), Desjardins, puis Provigo, MacDonaldâs et bien dâautres[1],[3],[6].
Publicité au Québec
[modifier | modifier le code]La publicitĂ© au QuĂ©bec nâest pas du rĂ©cent : il y a des traces dâidĂ©es publicitaires depuis le XIXe siĂšcle. Câest Ă MontrĂ©al quâelle voit le jour. Au tout dĂ©but, il nây a que des publicitaires anglo-canadiens et ce que lâon voit en français nâest quâune traduction de ce que lâon crĂ©e en anglais. Vers la fin des annĂ©es 1960, on comprend enfin que pour susciter des rĂ©actions plus vives chez les consommateurs, il est important quâun message communiquĂ© reflĂšte bien la culture des gens visĂ©s. La publicitĂ© quĂ©bĂ©coise est alors retraduite pour ĂȘtre plus prĂšs de leur langue parlĂ©e[7].
Dans les annĂ©es 1960, la tĂ©lĂ©vision est devenue un Ă©lĂ©ment important dans le domaine et câest alors que de grandes agences de communication ont pris naissance comme « Cossette Communication Marketing ».  Avec son grand intĂ©rĂȘt pour la publicitĂ©, Cossette obtient plusieurs contrats et en 1978, TĂ©lĂ©-QuĂ©bec lui demande de faire partie dâune sĂ©rie dâĂ©missions nommĂ©e « La PublicitĂ© au QuĂ©bec. »[8]
PassionnĂ© par la publicitĂ©, son regard sur celle-ci change lorsquâil se met Ă enseigner. Il quitte en 1982 sa compagnie pour se consacrer pleinement Ă lâenseignement et sâexprime Ă ce sujet dans le livre La PublicitĂ©, dĂ©chet culturel quâil publie en 2001. Selon lui, la publicitĂ© est tellement omniprĂ©sente quâelle en devient une nuisance crĂ©ant des besoins inutiles aux consommateurs[4],[7],[8].
Cossette se sépare de son entreprise
[modifier | modifier le code]En 1982, Claude Cossette a lâimpression dâavoir fait « le tour de la publicité »[3], de plus le stress des affaires lui cause quelques problĂšmes de santĂ©. Câest ainsi quâil quitte la prĂ©sidence de Cossette Communication Marketing, cette derniĂšre est, Ă ce moment, la plus grande entreprise du genre au QuĂ©bec. Elle devient, au fil des acquisitions, la plus grande du Canada. Lâentreprise est renommĂ©e Groupe Cossette Communication et possĂšde maintenant des agences dans plusieurs pays. LâannĂ©e suivante (1983), Claude Cossette obtient le poste de professeur titulaire Ă lâUniversitĂ© Laval. Il est ensuite nommĂ© directeur de programme Ă lâĂcole des arts visuels avec pour mandat de sensibiliser les artistes Ă la communication, par la suite, le DĂ©partement de communication l'invite Ă dĂ©velopper une formation sur la communication par l'image et, par la suite, sur la publicitĂ© sociale[2],[1],[3],[6],[9].
En 1997, il occupe le poste de professeur titulaire de publicitĂ© sociale au DĂ©partement dâinformation et de communication de lâUniversitĂ© Laval. Enseignant innovateur, il conçoit des Ă©missions de tĂ©lĂ©vision, met sur pied des studios stages. Il structure Ikon QuĂ©bec, un centre documentaire reliĂ© Ă la communication et met au point ComViz (1997), le premier cours universitaire francophone entiĂšrement par Internet, la ministre de lâĂ©ducation du QuĂ©bec lui dĂ©cerne alors le prix dans la catĂ©gorie « Logiciels Ă©ducatifs » (1997-1998) pour ce cours[10]. Il participe Ă©galement Ă un groupe qui traduit la Bible en joual, un dialecte quĂ©bĂ©cois. Il publie aussi de nombreux ouvrages sur la publicitĂ©, dont certains critiquant son impact social[2],[6].
On lui dĂ©cerne en 1988 le Gold Medal Award, la plus haute dĂ©coration de lâindustrie de la publicitĂ© canadienne. Il reçoit le Prix des communications du QuĂ©bec « pour lâensemble de ses travaux comme thĂ©oricien et praticien de la communication et de la publicité ». Il se mĂ©rite aussi de nombreux Prix coq du PublicitĂ©-Club[2].
En 2014 il est nommé professeur émérite par l'Université Laval.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Affiche ta pub : Publicitaire, métier excitant (2017)
- La Publicité sociale : définitions, particularités, usages (avec Daigneault, 2011)
- Ăthique & PublicitĂ© (2009)
- La Publicité de A à Z : Dictionnaire technique français-anglais (2006)
- Un Loup parmi les loups (roman, 2005)
- Comment faire sa publicitĂ© soi-mĂȘme (avec Massey, 2002)
- La Publicité, déchet culturel (2001)
- Comment construire une image (1996)
- Les Styles dans la communication visuelle (avec C.A. Simard) )1997)Â
- La Créativité en action (1990)
- La Publicité en action (avec Déry, 1987)
- Les Images démaquillées : approche scientifique de la communication par l'image (1983)
- Communication de masse, Consommation de masse (collectif, chef de la rédaction, 1975)
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 « Biographie de Claude Cossette »(Archive.org ⹠Wikiwix ⹠Que faire ?).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Université Laval : Département d'information et de communication : Claude Cossette
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Une interview de Claude Cossette réalisée par Luc Dupont
- 1 2 3 BĂ©langer, Jacques, « Un crĂ©atif parmi les loups », Le journal Ăconomique,â , p. 2-4
- â Vaillancourt, Claude, « Claude Cossette : Socialiste de la publicité », Le Soleil,â , p. 2-4
- 1 2 3 4 5 Ăditions Info presse. Division Profil ; Cossette (Firme), « Cossette se met Ă nu », MontrĂ©al Info Presse, 1993, 88 p.
- 1 2 Cossette, Claude, La publicitĂ©, dĂ©chet culturel, Sainte-Foy, Ăditions de lâIQRC, 2001
- 1 2 Marc H. Choko, LâAffiche au QuĂ©bec des origines Ă nos jours., MontrĂ©al, Ăditions de lâHomme,
- â « Cossette, notre histoire »(Archive.org âą Wikiwix âą Que faire ?).
- â ComViz
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative à la recherche :
- Une entrevue de l'auteur sur YouTube
- « Petite histoire de la publicité québécoise » [archive du ], sur ulaval.ca via Internet Archive
- Une entrevue historique par le professeur Luc Dupont
- 100 pages de son roman