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Gilles Hocquart

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Gilles Hocquart
Illustration.
Gilles Hocquart, intendant de la justice, police et finances au Canada, Acadie, Île de Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale.
Fonctions
Intendant de la Nouvelle-France
–
(17 ans et 13 jours)
Monarque Louis XV
Prédécesseur Claude-Thomas Dupuy
Successeur François Bigot
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mortagne-au-Perche (Royaume de France)
Date de décÚs
Lieu de décÚs Paris (Royaume de France)
Nationalité Française
PĂšre Jean-Hyacinthe Hocquart
MÚre Marie-Françoise Michelet du Cosnier
Fratrie Jean Hyacinthe Hocquart de Montfermeil
Religion Catholicisme
Intendants de la Nouvelle-France

Gilles Hocquart (1694 Ă  Mortagne-au-Perche en Normandie en France - Ă  Paris) est intendant de la Nouvelle-France de 1729 Ă  1748[1].

La famille de Gilles Hocquart, la quatriĂšme branche de Hocquart portant ce nom depuis 1189, est originaire de Champagne. Cette branche de Hocquart fut reconnue comme noble seulement aux environs de 1536. Avant cette date, les Hocquart Ă©taient perçus comme de vulgaires paysans. D’ailleurs, en ces temps, leur fortune ne dĂ©passait guĂšre les ardeurs de leur titre. C’est lorsqu’ils immigreront Ă  Paris, au XVIe siĂšcle, et qu’ils grimperont aux hauts postes de la sociĂ©tĂ© et seront connus comme de riches nobles influents, tant dans les domaines des finances que de la magistrature ou de la bureaucratie gouvernementale. Leur escalade des Ă©chelons sociaux est autant le rĂ©sultat de mariages avantageux avec, entre autres, des Colbert et des Talon, que leur acquisition d’offices fiscaux. Par contre, leur incroyable ascension sociale se terminera plus tard pour des raisons politiques et Ă©conomiques. MalgrĂ© tout, la famille n’a pas Ă©chouĂ© au bas de l’échelle, bien au contraire, elle a su rester dans la noblesse de la France, et cela reste grandement redevable Ă  Jean-Hyacinthe Hocquart le pĂšre de Gilles Hocquart. En effet, c’est principalement lui qui a frayĂ© les chemins de la rĂ©ussite professionnelle de ses fils et donc qui a le plus contribuĂ© Ă  la considĂ©ration française envers sa famille .

Gilles Hocquart est le troisiĂšme des quatorze enfants de Jean-Hyacinthe (I) Hocquart, chevalier et seigneur d'Essenlis et de Muscourt, et de Marie-Françoise Michelet du Cosnier ; et le frĂšre de Jean-Hyacinthe (II) Hocquart de Montfermeil. Gilles Hocquart doit Ă  son pĂšre la majeure partie de sa carriĂšre. Il dĂ©bute au Commissariat de la Marine, en tant qu’écrivain. Il obtient ensuite des promotions comme petit commissaire Ă  Toulon et puis comme commissaire ordinaire. Par la suite, on l’affecte Ă  Rochefort, connue comme Ă©cole pour former les employĂ©s de la Marine française, oĂč il s’est vu confier plusieurs tĂąches dans des domaines diversifiĂ©s. Dans cette institution, pour laquelle il travaille pendant 7 ans (de 1722 Ă  1729), il sait dĂ©velopper des compĂ©tences tant dans les secteurs administratifs et judiciaires que commerciaux. AprĂšs il s’éleva dans la hiĂ©rarchie jusqu’au niveau de commandant. Il fut nommĂ© commissaire financier et intendant intĂ©rimaire de Nouvelle-France en 1729.

Voici un exemple tĂ©moignant de sa grandeur en tant qu’individu : il fut l’un des seuls intendants de la Nouvelle-France Ă  ne pas s’enrichir Ă  ce poste. Il n’y a d’ailleurs jamais Ă©tĂ© propriĂ©taire d’une maison alors que d’autres intendants ont abusĂ© de cette situation. Voici maintenant les propos du marquis de Montcalm, appuyant ceux gĂ©nĂ©rĂ©s plus haut, dans son journal, lors de son sĂ©jour Ă  Brest: "Pour monsieur et madame Hocquart, c’est un couple bien assorti; ce sont d’honnĂȘtes gens, vertueux, bien intentionnĂ©s, tenant une bonne maison. Aussi, M. Hocquart a-t-il Ă©tĂ© vingt ans intendant en Canada, sans avoir augmentĂ© sa fortune, contre l’ordinaire des intendants des colonies qui n’y font que trop grands profits aux dĂ©pens de la colonie."

CarriĂšre en Nouvelle-France

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Gilles Hocquart, gravure illustrant l'Histoire des Canadiens-Français de Benjamin Sulte.

Tout a dĂ©butĂ© lorsque le roi lui accorda, le , une commission en qualitĂ© de commissaire gĂ©nĂ©ral de la marine mais aussi d’ordonnateur au Canada. À son arrivĂ©e dans la colonie, il postula au Conseil souverain, question de procĂ©der Ă  l’enregistrement de sa commission, pour qu’il puisse agir comme intendant intĂ©rimaire de la Nouvelle-France. Avant cela, il rencontra Beauharnois, alors gouverneur gĂ©nĂ©ral et ils devinrent de bon amis pour la principale raison qu’ils trouvaient un mutuel avantage Ă  collaborer. Ainsi, Beauharnois joua un important rĂŽle pour Hocquart car il parla en sa faveur au ministre et adressa une requĂȘte pour que son collĂšgue devienne intendant. Hocquart en fit tout autant pour le gouverneur gĂ©nĂ©ral. Leur relation joua en faveur de leurs intĂ©rĂȘts particuliers mais Ă©galement Ă  rĂ©tablir un Ă©quilibre politique et administratif dans la colonie, aspect nĂ©gligeable dans les temps du partenariat entre Dupuy et Beauharnois.

Mis Ă  part sa collaboration avec Beauharnois, la carriĂšre de Gilles Hocquart au Canada fut, en grande partie, le rĂ©sultat du favoritisme provenant de la couronne française et de l’influence de sa famille. D’un autre cĂŽtĂ©, Hocquart fut au bon endroit au bon moment car Hocquart avait l’expĂ©rience et les compĂ©tences pour en combler les besoins de la nouvelle colonie, par exemple en ce qui touche le domaine commercial.

Bref, l’essentiel est qu’Hocquart fut officiellement reconnu comme intendant par Versailles le et la nouvelle parvint le au Canada. Intendant en titre de la Nouvelle-France, Hocquart ne connaĂźt pas encore l’ampleur et la complexitĂ© du dĂ©fi dans lequel il vient tout juste de plonger. À ce moment-lĂ , Maurepas occupait le poste de ministre de la marine et Fleury Ă©tait cardinal. Ces deux hommes ainsi que les gouvernements français et canadien s’attendaient Ă  ce qu’il voie au dĂ©veloppement du potentiel de la Nouvelle-France en s’assurant Ă  la fois de minimiser les coĂ»ts pour la France et de maximiser les intĂ©rĂȘts.

Fleury, qui couvrit d’ailleurs en grande partie l’intendance de Hocquart, mettait en avant pour la colonie une stabilitĂ© politique, un rĂ©gime Ă©conomique axĂ© en totalitĂ© au niveau gouvernemental, un plus grand contrĂŽle sur la bureaucratie de robe et une diminution des fonds disponibles, consacrĂ©s aux initiatives de l’État. Maurepas, quant Ă  lui, insista Ă©normĂ©ment sur l’expansion commerciale. Dans les instructions donnĂ©es Ă  Hocquart par Maurepas et Fleury, celles-ci furent beaucoup influencĂ©es par les maximes mercantilismes classiques: « Comme la Colonie du Canada n’est bonne qu’autant qu’elle peu estre utile au Royaume, le Sr.Hocquart doit s’appliquer Ă  chercher les moyens qui y peuvent contribuer. ».

À travers les 19 ans de son intendance au Canada, on considĂšre que Hocquart rĂ©ussit bien. Plus prĂ©cisĂ©ment, Hocquart, comme Talon, contrairement aux autres intendants, procĂ©dĂšrent Ă  la rĂ©orientation des exportations canadiennes de la traite des fourrures vers l’industrie et l’agriculture. De plus, au niveau des domaines touchant Ă  la justice et Ă  la police, Hocquart amĂ©liorera la compĂ©tence des fonctionnaires qui, Ă  son arrivĂ©e en 1729, ne l’avaient pas impressionnĂ©. D’ailleurs au cours de son mandat d’intendant du Canada, son opinion changea grandement Ă  l’endroit des dits fonctionnaires. Au dĂ©but, il les jugeait incompĂ©tents. Voici un message Ă©crit de sa main Ă  Maurepas en 1730: « Je n’aye portĂ© presque tout seul la peine de toutes les opĂ©rations que j’aye faites, n’ayant trouvĂ© personne icy capable de DĂ©brouiller le cahos [
] il a fallu que j’ay DirigĂ©, instruit et conduit tout le travail.», alors que par la suite, il prit conscience que les fonctionnaires en question manquaient seulement de ressources comme il en est tĂ©moigné : « [
] il jugeait ses subordonnĂ©s, bureaucrates chargĂ©s des finances et fonctionnaires civils, comme des hommes capables mais surchargĂ©s de travail [
] ».

Poursuivons encore sur la ligne de ses rĂ©alisations en disant que le treiziĂšme intendant du Canada dirigeait et administrait ces terres d’AmĂ©rique mais n’en faisant pas ses seules occupations: il se rendit Ă©galement sur le terrain pour appliquer et construire ses politiques. Par exemple, il apporta de l’aide Ă  ceux qui tentaient de dĂ©velopper des industries pour fructifier l’exportation. De plus, entre 1729 et 1731, lui et Beauharnois distribuĂšrent aux seigneuries quelque 400 censives pour l’agriculture, par simple observation de cette carence sous les deux derniers intendants. Question d’ajouter Ă  son Ɠuvre ĂŽ combien respectable, ce grand homme avantagea les marchands canadiens et les accompagna contre les marchands français, qui selon lui, prenaient trop de place au sein du commerce canadien pour qu’un jour, ils puissent arriver Ă  dĂ©velopper leur Ă©conomie. Aussi, Hocquart les prit sous son aile et il investit dans de petites entreprises dans lesquelles bon nombre de personnes ne croyaient pas. Ensuite, ce chevalier crut, pour revigorer la colonie, qu’il fallait des fonds. Il rendit visite Ă  plusieurs reprises au ministre de la marine de France pour faire valoir ses convictions. Ces sollicitations envers Maurepas et Fleury dĂ©bloquĂšrent de l’argent mais jamais assez pour la grandeur des projets d'Hocquart. MalgrĂ© tout, grĂące aux fonds accordĂ©s par la France, il y eut une considĂ©rable croissance Ă©conomique durant les annĂ©es 1736 Ă  1741. Sous son intendance se rĂ©alisĂšrent quelques travaux d’ordre public tels des constructions et des fortifications dans les limites de la Nouvelle-France.

Carte de monnaie de 1729, portant la signature de Hocquart.

L'intendant Hocquart ne mĂ©nageait pas ses efforts pour le dĂ©veloppement de la colonie. C’est de cette façon, qu’entre autres, il mit en vigueur des rĂšglements et des lois dont les canadiens rĂ©colteront les bĂ©nĂ©fices. Il donna le commandement de postes de traite aux marchands, il alla jusqu’à tolĂ©rer des Ă©changes illĂ©gaux pour que le commerce canadien progresse et que le sort des commerçants s'amĂ©liore. De plus, l’intendant favorisa les industries coloniales et Ă  la construction navale en accordant de l’argent, de la main d’Ɠuvre, du temps, des matĂ©riaux.

En 1740, les changements observĂ©s dans la colonie permirent d’identifier Hocquart comme l’un des meilleurs et des plus remarquables intendants que la Nouvelle-France ait connu. En effet, les affaires du Canada avaient pris plus de valeur que jamais. Les exportations s’étaient multipliĂ©es et on exporta mĂȘme des produits manufacturĂ©s, sans compter la croissance impressionnante des produits agricoles ainsi que la progression de la construction navale et de quelques-unes des petites industries.

Que pouvait-on demander de plus que toutes ces belles rĂ©alisations? Malheureusement, dĂšs 1741, Hocquart dut affronter le dĂ©clin de ses politiques mises en place depuis le dĂ©but de son intendance. Plusieurs industries, sur lesquelles il avait misĂ©, firent faillite ou eurent des troubles financiers comme la construction navale ou les Forges Saint-Maurice. La colonie connut de mauvaises rĂ©coltes de 1741 Ă  1743. Aussi, pour rajouter au fiasco qui s’installait, le Canada Ă©tait plongĂ© dans des dettes et une guerre entre la France et la Grande-Bretagne Ă©clata peu aprĂšs. Les Britanniques, dans le contexte de guerre, s’emparĂšrent de structures importantes, bloquĂšrent le commerce maritime transatlantique, ravagĂšrent l’industrie des pĂȘcheries et des fourrures. La famine fit son apparition dans la colonie.

Mais pourquoi un dĂ©clin aussi rapide des politiques et des installations de Hocquart ? Les causes de cette chute sont dues en partie au climat des derniĂšres annĂ©es peu favorables Ă  l’agriculture, mais aussi au manque de vision, Ă  long terme, de Hocquart. Il s'est permis d'intervenir dans le domaine de la justice Ă  un niveau n’atteignant pas ses compĂ©tences, au dĂ©triment des autres domaines dont il devait s'occuper. Cela entraĂźna la frustration de Beauharnois et du favoritisme partiellement responsable, Ă  un certain moment, des troubles Ă©conomiques du Canada.

Donc, malgrĂ© les temps difficiles que connut la colonie, on peut dire que, globalement, l’intendant Gilles Hocquart, de 1729 Ă  1748, a fait en sorte que le Canada vive un moment fort de sa prospĂ©ritĂ© commerciale et que son Ă©conomie se dĂ©veloppe et se diversifie. Aussi, la structure sociale interne de la colonie retrouva Ă©quilibre et stabilitĂ©. Ces belles rĂ©ussites qui vont mener de la colonie au QuĂ©bec d’aujourd’hui sont, nous le rĂ©pĂ©tons, grĂące Ă  Gilles Hocquart, qui mit Ă  l'honneur l’initiative privĂ©e dans le commerce autre que dans celui des fourrures et qui amĂ©liora la gestion financiĂšre coloniale rendant ainsi possible la construction d’une colonie. Ces Ă©lĂ©ments compensent pour les faiblesses suivantes : il accorda trop de confiance Ă  certains de ses associĂ©s qui en ont abusĂ©, il banalisa des lacunes de l’économie et il priorisa l'agriculture aux dĂ©pens de son programme de politique Ă©conomique.

Finalement, lui-mĂȘme Ă©tait insatisfait de son intendance au Canada dĂ©jĂ  depuis 1746, comme nous pouvons le constater dans cet extrait « [
]j’ai sacrifiĂ© avec Joie au service du Roy et ma jeunesse et les EspĂ©rances que je pouvois avoir d’un Établissement avantageux [
]. Mon administration a restĂ© plus pĂ©nible qu’aucune de celles qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©e et peut Ăštre plusieurs Ensemble. »

Hocquart demanda une nouvelle affectation. Maurepas le remplaça par le commissaire ordonnateur de Louisbourg, François Bigot peu de temps aprĂšs 1744. Cependant, jusqu'en 1748, de nombreux Ă©lĂ©ments retardĂšrent la nomination de Bigot comme intendant, oĂč le roi rĂ©voqua Hocquart.

Retour en France

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Gilles Hocquart retourne en France. DĂšs le , il est nommĂ© intendant de Brest et conserve ce titre pour les 15 annĂ©es suivantes. Il fait la rencontre de personnes voyageant de la Nouvelle-France Ă  la France. Il Ă©tait donc informĂ© de ce qui se passait dans la colonie. Jusqu'en 1760, il garde une seigneurie en bordure du lac Champlain puis, plus important encore, des intĂ©rĂȘts dans des pĂȘcheries d’un poste au Labrador.

Le , Gilles Hocquart Ă©pouse Anne-Catherine de la Lande. Son pĂšre Ă©tait Claude de la Lande, comte de CĂąlan, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis. Ils n’ont point d’enfants. Trois hivers plus tard, soit le , Hocquart s’élĂšve professionnellement parlant, au poste de conseiller d’État. Également, pour faire suite Ă  son sĂ©jour au Canada, de 1756 Ă  1763, pendant la guerre de Sept Ans, il arme des flottes françaises comme renfort pour le Canada. Il apporte Ă©galement son aide Ă  l’établissement d’Acadiens en France.

Il prend sa retraite en 1764. MalgrĂ© son statut de retraitĂ©, la mĂȘme annĂ©e, il accepte la sinĂ©cure d’intendant des classes. Il vĂ©cut la fin de sa vie Ă  Paris. À sa mort, le , il Ă©tait pauvre mais avait tout de mĂȘme rĂ©servĂ© une partie de son argent Ă  ses domestiques, aux pauvres venant de diverses paroisses oĂč il avait lui-mĂȘme Ă©tĂ© et au ministĂšre de la Marine.

Notes et références

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  1. ↑ Donald J. Horton, « HOCQUART, GILLES », dans Dictionnaire biographique du Canada, 2000, [lire en ligne], consultĂ© le 18 fĂ©vrier 2010

Sources et bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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