Iomnium
| Iomnium | ||
Ruines antiques de Tigzirt. | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Kabylie | |
| Wilaya | Tizi Ouzou | |
| Coordonnées | 36° 53′ 42″ nord, 4° 07′ 23″ est | |
| Altitude | 20 m | |
| Histoire | ||
| Époque | Antiquité | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
| ||
| modifier |
||
Iomnium est une agglomération antique de Maurétanie Césarienne, identifiée au site de l'actuelle Tigzirt, sur le littoral de la Kabylie, en Algérie[1]. Sous l'Empire romain, elle dépendit de Rusuccuru (l'actuelle Dellys) avant que son statut n'évolue probablement au cours du IIIe siècle[2].
Le site conserve notamment les vestiges de fortifications, d'un temple, de plusieurs ensembles monumentaux de fonction parfois incertaine et de plusieurs édifices chrétiens, dont une grande basilique. Son arrière-pays a également livré de nombreux pressoirs antiques[3][4].
Localisation et toponymie
[modifier | modifier le code]Iomnium occupait le promontoire littoral de l'actuelle Tigzirt. Dans la géographie antique de ce secteur, Rusuccuru se trouvait à environ 21 km à l'ouest, tandis que Rusippisir, identifié à Taksebt, était situé à environ 3 km à l'est[5]. Jean-Pierre Laporte souligne l'étroite complémentarité des deux sites de Tigzirt et de Taksebt, le premier correspondant à l'établissement maritime et le second à l'acropole[1].
Une origine phénico-punique du toponyme a été proposée. Edward Lipiński rapproche notamment son premier élément du punique ʾy, « île » ; les restitutions étymologiques plus développées restent toutefois hypothétiques[6].
Sources antiques et identification
[modifier | modifier le code]L'Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger mentionnent Iomnium parmi les stations de la route côtière de Maurétanie. Les discordances entre les distances et les noms transmis par les géographes antiques ont longtemps compliqué l'identification de Rusuccuru, Iomnium et Rusippisir[7].
La découverte à Tigzirt d'une dédicace au génie du municipe de Rusuccuru conduisit d'abord certains chercheurs à identifier les ruines de Tigzirt à Rusuccuru. La réinterprétation de cette inscription et des autres données épigraphiques a au contraire montré que la dédicace témoignait de la dépendance d'Iomnium à l'égard de Rusuccuru[1][5].
Cette ancienne identification explique que la littérature archéologique du XIXe siècle, notamment l'étude de Pierre Gavault publiée en 1897, désigne fréquemment les monuments de Tigzirt sous le nom de Rusuccuru. Ses relevés et descriptions restent utilisables pour l'architecture du site, mais non pour cette identification aujourd'hui abandonnée.
Histoire
[modifier | modifier le code]Origines phénico-puniques
[modifier | modifier le code]Une implantation ou fréquentation phénico-punique à Iomnium a souvent été envisagée en raison du toponyme et de la position du site sur une côte intégrée de longue date aux échanges méditerranéens. Les établissements côtiers de Kabylie étaient fortement marqués par la culture punique, mais la documentation disponible ne permet pas d'établir avec précision la nature ni la chronologie d'un éventuel établissement punique propre à Iomnium[8][6].
Période romaine
[modifier | modifier le code]Entre 198 et 211, une inscription de Tigzirt mentionne Caius Iulius Felix, citoyen de Rusuccuru et titulaire de plusieurs magistratures dans cette cité, qui fit édifier à Iomnium un temple consacré au génie du municipe de Rusuccuru. Pour Jacques Gascou, cette dédicace indique qu'Iomnium appartenait alors au territoire de Rusuccuru et constituait vraisemblablement un pagus de celle-ci[9]. Jean-Pierre Laporte demeure plus prudent sur la qualification juridique précise, aucune inscription ne donnant directement à Iomnium le titre de pagus ou de castellum[10].
Rusuccuru fut ensuite promue colonie au cours des premières décennies du IIIe siècle, tandis qu'Iomnium et Rusippisir restèrent encore quelque temps sous sa dépendance. À partir des indications des itinéraires tardifs, Gascou considère possible qu'elles aient ultérieurement accédé au rang de municipes, à une date inconnue mais au plus tard sous le règne de Gallien ; cette promotion n'est cependant pas directement attestée par l'épigraphie locale[2].
La région fut fortement touchée par les troubles du IIIe siècle. Laporte situe peu après 270 une destruction d'Iomnium, caractérisée par une importante couche de cendres et de décombres et par l'abandon d'un trésor monétaire dont les pièces les plus récentes datent de 275-276 ; il l'attribue probablement aux troubles liés aux Quinquegentanei[11].
Antiquité tardive et christianisation
[modifier | modifier le code]La christianisation est particulièrement bien documentée par l'architecture religieuse. Pour la grande basilique, Laporte propose une construction entre le milieu du IVe siècle et 429, suivie d'une destruction au début du Ve siècle, peut-être provoquée par un séisme puis un incendie, et d'un réaménagement plus sommaire[12]. Cette chronologie reste discutée : Noël Duval a notamment appelé à la prudence sur l'association des phases de construction ou de destruction avec des événements historiques précis, tandis que Jean-Pierre Caillet retient surtout l'existence de plusieurs transformations du dispositif cultuel[13][14].
Une inscription martyrologique découverte à Tigzirt, à quelques mètres des ruines d'une chapelle chrétienne, mentionne le martyr Eusèbe. Eugène Albertini l'interprétait comme liée à un dépôt de reliques contenant le sang du martyr et proposait une datation de la fin du IVe siècle ou du début du Ve siècle ; la lecture exacte de sa première ligne a cependant été discutée dès sa publication[15]. Cette inscription ne doit pas être attribuée à la grande basilique : elle fut découverte près d'un autre édifice chrétien[16].
Les listes épiscopales permettent par ailleurs à Laporte de considérer qu'Iomnium et Rusippisir relevaient d'un même siège épiscopal : en 411, l'évêque résidait à Iomnium, tandis qu'en 484 son successeur siégeait à Rusippisir[17].
À l'époque byzantine, l'occupation se concentra sur la pointe du promontoire. Une nouvelle enceinte, construite largement en remploi, protégeait une surface d'environ 1,5 ha, contre environ 8 ha pour la ville antérieure ; plusieurs monuments plus anciens restèrent à l'extérieur de ce réduit[18].
Ruines et archéologie
[modifier | modifier le code]Les descriptions les plus détaillées de l'état ancien des ruines sont celles de Pierre Gavault, dont les fouilles et relevés furent réalisés dans les années 1880 et 1890. Elles doivent être lues en tenant compte à la fois de l'ancienne identification de Tigzirt à Rusuccuru et des restaurations effectuées au début du XXe siècle, qui ont modifié certains monuments[19][20].

Temple du Génie de Rusuccuru
[modifier | modifier le code]Le temple consacré au génie du municipe de Rusuccuru constitue l'un des principaux monuments documentés par l'épigraphie. Il fut dégagé à partir de 1886 par Charles Bourlier, Charles Pallu de Lessert et Pierre Gavault[21]. La dédicace qui y fut découverte est essentielle pour comprendre la relation administrative entre Iomnium et Rusuccuru au début du IIIe siècle[9].
Le monument fut restauré avec la grande basilique entre 1903 et 1905. Le réexamen des photographies anciennes a toutefois conduit Laporte et Noël Duval à considérer qu'une partie de la restitution du temple était hypothétique ; l'aspect actuel ne doit donc pas être entièrement assimilé à son état antique[22].
Grande basilique
[modifier | modifier le code]

La grande basilique se trouve entre les deux lignes de fortification, à quelques mètres de l'enceinte antique. Fouillée par Pierre Gavault de mai 1894 au printemps 1895, elle constitue le monument chrétien le mieux étudié d'Iomnium[23].
Gavault releva un vaste rectangle d'environ 38 m de longueur sur 21 m de largeur, prolongé à l'est par une abside saillante d'environ 2 m. Une construction annexe d'environ 11 m sur 22 m s'appuyait contre l'un des côtés de l'église[24]. Les murs extérieurs étaient principalement construits en petit appareil, renforcé à intervalles réguliers par des chaînes de pierres de taille[25].
La nef centrale était séparée des collatéraux par des files de supports doubles. Certaines colonnes étaient remplacées par des piliers ; l'existence du stylobate fut confirmée par les sondages de Serge Lancel puis par le réexamen de Laporte[26][27]. Les colonnes observées lors des fouilles anciennes atteignaient environ 3 m de hauteur. La façade occidentale présentait une triple ouverture donnant sur la nef, tandis que les collatéraux ne possédaient pas d'accès direct dans cette façade[28].
Le chevet comprenait une abside surélevée et des espaces annexes. Le baptistère formait avec la basilique un ensemble architectural cohérent dans son premier état[17]. Des mosaïques, des éléments sculptés et de nombreux blocs architecturaux complétaient le décor de l'édifice.
Les fouilles anciennes et surtout la restauration de 1903-1905 ont cependant brouillé la lecture des différentes phases : plusieurs remaniements tardifs observés au XIXe siècle furent supprimés lors de la restauration. Laporte distingue ainsi un premier état monumental puis une réoccupation beaucoup plus sommaire après une destruction par incendie[29].
La position de l'autel paraît elle aussi avoir changé. Caillet propose pour le premier état une implantation plusieurs travées en avant de l'abside, puis un déplacement vers le chevet lors d'une phase ultérieure ; il souligne cependant qu'aucune donnée ne permet de dater précisément ces transformations[30].
Compte tenu de la monumentalité de l'ensemble, de la présence d'un baptistère et de l'existence d'un évêque à Iomnium au début du Ve siècle, Laporte identifie la grande basilique à la cathédrale de la communauté chrétienne[31].
Autres édifices chrétiens
[modifier | modifier le code]L'importance du christianisme à Iomnium ne se limite pas à la grande basilique. Plusieurs autres églises sont connues par les fouilles anciennes et par l'inventaire publié par Noël Duval et ses collaborateurs[3].
Une basilique aujourd'hui disparue se trouvait dans la partie méridionale de l'agglomération, contre l'ancienne enceinte. Gavault put en relever les fondations avant leur disparition sous les aménagements du village. L'édifice formait un rectangle d'environ 25 m sur 13 m, divisé en trois nefs par deux rangées de sept ou huit piliers carrés. L'abside atteignait environ 7 m de largeur pour 4,5 m de profondeur[32].
À une cinquantaine de mètres au sud de la grande basilique se trouvait un autre édifice chrétien construit au-dessus d'un ensemble plus ancien. Son niveau inférieur comportait trois espaces couverts de voûtes en berceau légèrement surbaissées, d'environ 3,3 m sur 7,2 m, communiquant entre eux par des arcs. Gavault les qualifia de « crypte », alors que les premiers observateurs avaient parfois pris ces structures pour des citernes[33].
L'étage supérieur fut transformé en petite église d'environ 12,6 m de longueur intérieure sur 7,9 m de largeur, sans compter l'abside. Celle-ci, large d'environ 3,4 m et profonde de 4 m, présentait intérieurement un chevet à pans coupés[34]. Gavault signalait également, sous ou à proximité de cet édifice, des vestiges d'hypocauste pouvant appartenir à des installations plus anciennes ; leur interprétation comme thermes demeure hypothétique[35].
Une autre basilique occupait la nécropole située à l'est de l'agglomération, au-delà du ravin de Targa-Roumizga. Elle avait d'abord été interprétée comme un cirque ou un temple avant que les fouilles n'en révèlent le plan chrétien. L'édifice mesurait environ 14,5 m sur 11,5 m, avec trois nefs séparées par deux rangées de piliers et une abside[36]. Plusieurs sarcophages furent reconnus dans ses collatéraux.
L'inventaire moderne distingue encore d'autres structures chrétiennes, dont l'« église V », ce qui montre que la topographie chrétienne de Tigzirt était plus complexe que ne le laissaient penser les premières publications[3].
Bâtiments de fonction incertaine
[modifier | modifier le code]Autour du temple et dans la partie centrale de l'agglomération, Gavault inventoria plusieurs ensembles désignés par les lettres A à F. Leur description demeure utile pour restituer la densité monumentale du site, mais leur fonction n'a généralement pas pu être établie avec certitude[37].
L'édifice A formait un quadrilatère d'environ 31,8 m de côté. Des sondages y mirent au jour plusieurs colonnes, dont deux encore en place à environ 2,5 m sous le niveau observé à la fin du XIXe siècle, ainsi qu'un réseau de murs et un petit conduit maçonné situé à un niveau supérieur. Une inscription mentionnant Rusuccuru et Iomnium y avait également été découverte[38]. Pallu de Lessert puis Gavault envisagèrent successivement un forum ou un ensemble thermal, mais Gavault concluait lui-même que l'état des fouilles ne permettait aucune identification certaine[39].
L'édifice B correspondait à un grand rectangle d'environ 45 m de longueur, disposé parallèlement à une rue conduisant vers le temple ; aucune fouille approfondie n'y avait alors été menée[40].
L'ensemble C, situé vers l'extrémité du promontoire, présentait une façade estimée à environ 35 m. Les vestiges comprenaient un mur conservé sur au moins 30 m, percé d'une porte d'environ 1,35 m, ainsi qu'une rangée de puissants piliers de plus de 3 m de hauteur. Des blocs à bossage et des terrasses étagées furent également observés[41]. Gavault envisageait une origine antérieure à la période romaine, mais cette datation reposait essentiellement sur l'apparence de l'appareil et ne peut être retenue comme établie.
L'édifice D formait un ensemble d'environ 17 m de longueur. Il avait subi d'importants remaniements et comportait des blocs en remploi, dont certains portaient des signes chrétiens. L'hypothèse d'une église fut envisagée puis rejetée faute d'abside ou d'autres éléments suffisamment caractéristiques[42].
Aux deux extrémités de l'enceinte tardive, les édifices E et E bis conservaient de grandes colonnes cylindriques. Deux de celles de l'édifice E mesuraient environ 3,35 m de hauteur et reposaient sur des bases très simples. Leur taille grossière et leur intégration ultérieure au rempart rendirent leur datation et leur fonction difficiles à préciser[43].
Enfin, l'édifice F comprenait deux rangées parallèles de supports délimitant une salle d'environ 25 m de longueur, séparées de 6,35 m. Un petit puits carré, un seuil monumental et des colonnes à bases attiques et chapiteaux ioniques y furent observés. Une grande colonne monolithe voisine atteignait au moins 4 m de hauteur[44]. Là encore, la fonction de l'ensemble reste indéterminée.
Fortifications et occupation byzantine
[modifier | modifier le code]Deux enceintes successives sont reconnaissables à Tigzirt. La première entourait l'agglomération antique sur une superficie que Gavault estimait à dix ou douze hectares[45] ; les estimations modernes retiennent plutôt une surface d'environ huit hectares[18].
Gavault décrit cette enceinte comme une muraille à deux parements d'environ 1,3 m d'épaisseur, constituée de petits moellons soigneusement disposés et liés au mortier. Son tracé formait de longs fronts reliés par des tours rondes ou carrées. Une porte à l'ouest était défendue par un dispositif de bastions ; d'autres accès devaient permettre le passage de la route littorale et des voies menant vers l'intérieur[45].
L'enceinte tardive réduisait considérablement l'espace défendu. Elle était construite en grande partie avec de gros blocs de remploi et formait une succession de courtines et de redans. Gavault releva notamment une porte d'environ 1,56 m de largeur et 2,25 m de hauteur, conservant de grands dispositifs de pierre destinés aux vantaux[46].
À l'est, la muraille atteignait localement environ 2,1 m d'épaisseur et présentait deux parements de gros blocs encadrant un remplissage plus irrégulier. Les nombreuses pierres remployées, la présence d'éléments sculptés chrétiens et le caractère parfois irrégulier de l'appareil témoignent d'une construction réalisée largement à partir des monuments antérieurs[47].
Laporte replace cette enceinte dans la réoccupation byzantine du site : la pointe de Tigzirt fut alors transformée en un petit réduit d'environ 1,5 ha, tandis que les principaux monuments de l'agglomération romaine, notamment la grande basilique, se retrouvèrent hors de la zone défendue[18].
Installations portuaires et îlot
[modifier | modifier le code]Le rôle maritime d'Iomnium est étroitement lié à sa situation littorale et à son association avec Rusippisir. Laporte qualifie Iomnium de port du couple formé avec l'acropole de Taksebt[1].
Face au promontoire se trouve un petit îlot. Gavault observait sur les deux rives des traces de blocs qu'il interprétait comme les restes d'une chaussée maçonnée reliant anciennement l'îlot à la côte. Il considérait toutefois que cet aménagement avait surtout pu faciliter le débarquement et refusait l'existence d'un véritable port construit au sens strict[48].
La question a été réexaminée récemment. Une prospection spatiale et sous-marine publiée par Donia Bourai en 2024 interprète plusieurs vestiges immergés, associés à des structures terrestres de stockage, comme des indices d'une activité portuaire plus structurée qu'on ne l'admettait auparavant. L'auteure souligne néanmoins que des investigations supplémentaires restent nécessaires pour déterminer précisément l'étendue et la fonction des aménagements[49].
Huileries et pressoirs antiques
[modifier | modifier le code]L'arrière-pays d'Iomnium présente de nombreux vestiges liés à la production agricole. Les recherches anciennes avaient déjà identifié des pressoirs et de petites installations rurales dans les environs de Tigzirt.
Des prospections menées en 2018, principalement au sud-ouest de la ville antique, ont considérablement accru le corpus connu. Elles ont recensé plus de quarante sites antiques comportant des pressoirs taillés dans le rocher, des éléments mobiles de pressoirs ou d'autres installations associées ; le corpus général présenté par les auteurs dépasse quarante-cinq sites ou ensembles[4].
Ces vestiges indiquent une occupation rurale importante de l'arrière-pays et des activités développées de transformation des produits agricoles. Leur répartition ne signifie toutefois pas que tous les pressoirs fonctionnèrent simultanément et la datation individuelle d'une partie des installations reste incertaine[50].
Histoire des recherches et conservation
[modifier | modifier le code]L'exploration savante du site se développa à partir du milieu du XIXe siècle. Une dédicace découverte à Tigzirt alimenta d'abord la controverse sur l'identification de la ville. Vers 1860, les ruines furent exploitées comme carrière de pierres ; des recherches plus systématiques commencèrent en 1886, peu avant la création du village moderne de Tigzirt en 1888-1889, qui recouvrit progressivement une grande partie de la ville antique[1].
Pierre Gavault dégagea la grande basilique en 1894-1895. Mort à la fin de 1895, il laissa son étude inachevée ; ses notes furent mises en ordre et publiées par Stéphane Gsell en 1897[51][52].
Le temple et la basilique furent restaurés entre 1903 et 1905. Les travaux modifièrent sensiblement l'aspect de certains monuments et supprimèrent notamment plusieurs remaniements tardifs de la grande basilique observés lors des fouilles du XIXe siècle[52].
De nouvelles campagnes furent conduites entre 1949 et 1954 par de jeunes membres de l'École française de Rome, notamment Louis Déroche, Edmond Frézouls, Alain Hus, Maurice Euzennat et Serge Lancel. Durant la guerre d'Algérie, l'installation d'une base militaire entraîna le remblaiement ou le nivellement d'une partie de la zone archéologique, tandis que la basilique fut épargnée[52].
Après 1962, les services algériens des antiquités reprirent le contrôle du site. Des travaux de clôture réalisés entre 1985 et 1990 limitèrent la circulation à travers les ruines et les déprédations ; Laporte effectua de nouvelles vérifications sur le terrain en 1992[52].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Eugène Albertini, « Inscription martyrologique de Tigzirt (Algérie) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 75, no 1, , p. 6-9 (DOI 10.3406/crai.1931.75990)
- Donia Bourai, « Re-evaluation of the existence of the ancient harbour of Iomnium (Tigzirt): Contribution of spatial and underwater archaeology », Herodotus' Journal of the Human and Social Sciences, vol. 8, no 5, , p. 25-46
- Jean-Pierre Caillet, « Vie (et survie ?) des sanctuaires chrétiens du Maghreb. Le cas de la Maurétanie césarienne », dans Lieux de cultes : aires votives, temples, églises, mosquées, Paris, Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique, , p. 237-246
- Noël Duval, Jean-Pierre Caillet, Pascale Chevalier et Alexandra Lorquin, Basiliques chrétiennes d'Afrique du Nord : I. Inventaire de l'Algérie, 2. Illustrations, Paris, Institut d'Études Augustiniennes, coll. « Collection des Études Augustiniennes, Série Antiquité » (no 130),
- Jacques Gascou, « Sur le statut de quelques villes de Numidie et de Maurétanie Césarienne », Antiquités africaines, vol. 40-41, , p. 259-267 (DOI 10.3406/antaf.2004.1391)
- Pierre Gavault, Étude sur les ruines romaines de Tigzirt, Paris, Ernest Leroux, , 136 p.
- Kahina Khouf et Salim Drici, « Nouvelles découvertes de pressoirs aux environs d'Iomnium », La Revue d'études archéologiques, vol. 20, no 1, , p. 413-432 (ISSN 1111-7699)
- Jean-Pierre Laporte, « La grande basilique de Tigzirt », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, vol. 1994, , p. 249-270 (DOI 10.3406/bsnaf.1996.9943)
- Jean-Pierre Laporte, « Kabylie : La Kabylie antique », Encyclopédie berbère, no 26, , p. 4000-4015 (DOI 10.4000/encyclopedieberbere.1400)
- Edward Lipiński, Itineraria Phoenicia, Leuven, Peeters, coll. « Studia Phoenicia » (no 18), (ISBN 978-90-429-1344-8)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 Laporte 1996, p. 249.
- 1 2 Gascou 2004, p. 265-266.
- 1 2 3 Duval et al. 1992, pl. XLIX-LII.
- 1 2 Khouf et Drici 2022, p. 413-415.
- 1 2 Gascou 2004, p. 265.
- 1 2 Lipiński 2004, p. 397.
- ↑ Gascou 2004, p. 264-266.
- ↑ Laporte 2004, p. 4001-4002.
- 1 2 Gascou 2004, p. 264-265.
- ↑ Laporte 1996, p. 270.
- ↑ Laporte 2004, p. 4008.
- ↑ Laporte 1996, p. 266-267.
- ↑ Laporte 1996, p. 269.
- ↑ Caillet 2008, p. 238-239.
- ↑ Albertini 1931, p. 6-9.
- ↑ Caillet 2008, p. 244-245.
- 1 2 Laporte 1996, p. 266.
- 1 2 3 Laporte 2004, p. 4011-4012.
- ↑ Gavault 1897, p. 91-111.
- ↑ Laporte 1996, p. 249-253.
- ↑ Gavault 1897, p. 91.
- ↑ Laporte 1996, p. 267-269.
- ↑ Laporte 1996, p. 249-251.
- ↑ Gavault 1897, p. 8.
- ↑ Gavault 1897, p. 8-9.
- ↑ Gavault 1897, p. 9-18.
- ↑ Laporte 1996, p. 252-253.
- ↑ Gavault 1897, p. 9-13.
- ↑ Laporte 1996, p. 251-267.
- ↑ Caillet 2008, p. 239.
- ↑ Laporte 1996, p. 267.
- ↑ Gavault 1897, p. 97-98.
- ↑ Gavault 1897, p. 98-101.
- ↑ Gavault 1897, p. 101-103.
- ↑ Gavault 1897, p. 101.
- ↑ Gavault 1897, p. 103-105.
- ↑ Gavault 1897, p. 91-97.
- ↑ Gavault 1897, p. 91-94.
- ↑ Gavault 1897, p. 93-94.
- ↑ Gavault 1897, p. 94.
- ↑ Gavault 1897, p. 94-95.
- ↑ Gavault 1897, p. 95-96.
- ↑ Gavault 1897, p. 96.
- ↑ Gavault 1897, p. 96-97.
- 1 2 Gavault 1897, p. 105-107.
- ↑ Gavault 1897, p. 107-109.
- ↑ Gavault 1897, p. 109-110.
- ↑ Gavault 1897, p. 110-111.
- ↑ Bourai 2024, p. 43-46.
- ↑ Khouf et Drici 2022, p. 414-415.
- ↑ Gavault 1897, p. 1-3.
- 1 2 3 4 Laporte 1996, p. 251.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la géographie :