Megacauda
Megacauda sungei
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Synapsida |
| Clade | Therapsida |
| Clade | Cynodontia |
| Clade | Prozostrodontia |
| Clade | Mammaliamorpha |
| Clade | Mammaliaformes |
| Ordre | Docodonta |
Li et al., 2026
Li et al., 2026
Megacauda est un genre fossile de tétrapodes, apparenté aux mammifères. On n'en connaît que l'espèce Megacauda sungei, qui vivait au Jurassique moyen, il y a environ 165 millions d'années, dans ce qui est aujourd'hui la Mongolie-Intérieure (Chine). Le fossile étudié, bien préservé, apporte des éléments nouveaux sur la transformation évolutive de l'appareil alimentaire et sur la diversité écologique des mammifères du Mésozoïque[1].
Caractéristiques
[modifier | modifier le code]Le fossile présente de nombreuses caractéristiques spécialisées pour la nage, comblant ainsi une lacune majeure dans nos connaissances anatomiques sur le bassin et les membres postérieurs des précurseurs des mammifères. Il se distingue aussi par des canines très particulières et des dents pseudo-carnassières adaptées à un régime alimentaire carnivore. Ce mammaliaforme était un animal semi-aquatique, capable de creuser, de nager et de se nourrir dans l’eau, avec un mode de vie sans doute comparable à celui de l'Ornithorynque actuel[1].
La préservation exceptionnelle de la gorge du spécimen étudié, avec une voûte pharyngée et un appareil hyoïdien, permet de déduire que Megacauda possédait à la fois un voile du palais et des muscles constricteurs, donc un pharynx dont les tissus mous essentiels aux comportements de déglutition, d’abreuvement et de succion caractéristiques des thériens (et absents des monotrèmes comme l'Ornithorynque), qui leur permettent de téter du lait et d'avaler des liquides ou de la nourriture sans qu'ils pénètrent dans les voies respiratoires. Cela suggère que ces capacités sont apparues chez un ancêtre de Megacauda (chez un ancêtre commun des docodontes et des mammifères), bien avant l'émergence des mammifères[1].
Megacauda est aussi le plus grand des mammaliaformes connus du Jurassique. Cette découverte élargit l'éventail des tailles corporelles observées chez les docodontes et renforce l'idée que ces derniers occupaient des niches écologiques variées, adoptant notamment des modes de vie semi-aquatiques. Les docodontes sont un exemple précoce d'évolution répétée vers des formes semi-aquatiques (et d'autres écomorphotypes) au sein d’un écosystème mésozoïque dominé par les dinosaures, bien avant la diversification des mammifères actuels[1].