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Pierre Bourgault

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Pierre Bourgault, né le à East Angus et mort le à Montréal, est un journaliste, homme politique, professeur d'université, essayiste, éditorialiste et animateur de radio québécois. Ardent défenseur de la langue française, orateur[1], il a milité jusqu'à la fin de sa vie pour l'indépendance du Québec. Il est d'ailleurs un des pionniers du mouvement indépendantiste québécois. Au cours de sa carriÚre, Pierre Bourgault aurait écrit et prononcé prÚs de 4 000 discours. Il utilisa le pseudonyme de Chantal Bisonnette dans le périodique Nous.

Pierre Bourgault est nĂ© Ă  East Angus, une petite ville situĂ©e Ă  l'est de Sherbrooke, en Estrie. Sa famille dĂ©mĂ©nage bientĂŽt Ă  Cookshire, le village voisin. Sans avoir terminĂ© ses Ă©tudes, il rĂȘve de faire du théùtre et travaille bientĂŽt pour Radio-Canada, comme acteur et rĂ©gisseur. DĂšs 1960, il se positionne en dĂ©fenseur du peuple, dĂ©nonçant les injustices, plaidant contre la peine de mort, reconnaissant le droit Ă  l'avortement, et prĂŽnant l'indĂ©pendance du QuĂ©bec. Le , ĂągĂ© seulement de 30 ans, alors que le QuĂ©bec est en plein cƓur de la RĂ©volution tranquille, il devient le prĂ©sident du Rassemblement pour l'indĂ©pendance nationale (RIN)[2],[3]. AndrĂ©e Ferretti en sera la vice-prĂ©sidente (en 1966) et Pierre Renaud le directeur gĂ©nĂ©ral et trĂ©sorier.

Candidat du RIN dans la circonscription de Duplessis (CĂŽte Nord) aux Ă©lections gĂ©nĂ©rales quĂ©bĂ©coises de 1966, il termine deuxiĂšme face au candidat libĂ©ral Henri-Laurier Coiteux avec plus de 40 % des voix (dont un score de plus de 50 % Ă  Sept-Îles)[4].

Le , Pierre Bourgault abandonne la direction de son parti. En , Bourgault avertit qu’il y a une menace de violences si Pierre Elliott Trudeau se prĂ©sente au dĂ©filĂ© de la Saint-Jean Baptiste la veille de l’Election fĂ©dĂ©rale[5].

En , des pourparlers dĂ©butent entre le RIN et le Mouvement SouverainetĂ©-Association de RenĂ© LĂ©vesque en vue d'une fusion des forces souverainistes ; le Ralliement national de Gilles GrĂ©goire s'y joint Ă  partir du mois de juin. C'est principalement sur l'enjeu de la question linguistique que des dĂ©saccords irrĂ©conciliables apparaissent entre le RIN qui dĂ©fend le principe de l'unilinguisme et le MSA qui souhaite reconnaĂźtre de façon officielle les droits scolaires et culturels de la minoritĂ© anglophone au QuĂ©bec. Ultimement, le , RenĂ© LĂ©vesque annonce la suspension de toute discussion entre le MSA et le RIN[6]. Le , le Ralliement national accepte de fusionner avec le Mouvement SouverainetĂ©-Association de RenĂ© LĂ©vesque. Le nouveau parti prend le nom de Parti quĂ©bĂ©cois parrainĂ© par Gilles GrĂ©goire[7] ; ce dernier devient le premier vice-prĂ©sident du nouveau parti[8]. À la suite de cette fusion, le RIN se dissout et invite ses membres Ă  joindre, un par un, les rangs du Parti quĂ©bĂ©cois, dirigĂ© par RenĂ© LĂ©vesque, qui constituait un parti plus modĂ©rĂ©, et dont les anciens membres du RIN formeront Ă  l'avenir l'aile radicale, aussi dite « pure et dure ».

Plus tard, Bourgault a déclaré que le sabordage du RIN fut la plus grande erreur de sa vie[9]. Il a de nombreuses divergences d'opinion avec René Lévesque et malgré des convictions politiques similaires, il quitte le Parti québécois en 1981.

Durant les annĂ©es 1970, il est journaliste Ă  l'Ă©dition française du magazine Maclean's, oĂč il couvre l'effervescence culturelle de l'Ă©poque. Il participe activement Ă  cette mouvance en signant un des hymnes du rock quĂ©bĂ©cois de l'Ă©poque, Entr' deux joints, popularisĂ© par Robert Charlebois. En 1973, il Ă©crit de nombreux textes pour le chanteur Steve Fiset, dont Pepsi Forever (sur une musique d'Angelo Finaldi), Les gĂ©raniums (sur une musique de Steve Fiset lui-mĂȘme), ainsi que Blanc-Sablon, L'exil, Les jardins mouillĂ©s, Bordeaux et Ne pas mourir (toutes sur des compositions de Hovaness 'Johnny' Hagopian). De 1976 Ă  2000, Bourgault est Ă©galement professeur au dĂ©partement de communications de l'UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al, oĂč il enseigne Ă  plusieurs futurs communicateurs, dont le cinĂ©aste Jean-Claude Lauzon, la journaliste Sophie-AndrĂ©e Blondin, le chroniqueur Nicolas Langelier, la journaliste et animatrice JosĂ©e DiStasio et l'acteur humoriste Guy A. Lepage. Au cours des annĂ©es 1990, il est aussi chroniqueur pour Le Journal de MontrĂ©al et participe Ă  de nombreuses Ă©missions de tĂ©lĂ©vision et de radio, dont (Ă  la fin) Indicatif prĂ©sent, oĂč il tient une chronique quotidienne jusqu'Ă  sa mort causĂ©e par un cancer du poumon.

Il reçoit des funĂ©railles laĂŻques Ă  la basilique Notre-Dame de MontrĂ©al. Sur sa tombe, au cimetiĂšre Notre-Dame-des-Neiges, on peut lire : « J’ai fait un beau voyage. Je remercie tous ceux qui m’ont permis de le faire. »

Il était homosexuel, le vivant discrÚtement « dans une famille et un Québec religieux et conservateurs[10] ». « Il en parle briÚvement au début des années 1980[11] », se plaisant à l'exprimer avec autodérision[12].

Le fonds d'archives de Pierre Bourgault est conservé au centre d'archives de Montréal de BibliothÚque et Archives nationales du Québec[13].

Bibliographie

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Entrevue et documentaires

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Baladodiffusion

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Notes et références

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  1. ↑ Pierre Bourgault, « Un QuĂ©bec unilingue français! (discours Ă©lectoral) », Radio-Canada : extrait audio (6 min 14 s) et notes, Ă©mission les Élections provinciales diffusĂ©e le 21 mai 1966 (consultĂ© le ).
  2. ↑ Fernand Seguin (interviewer), « Bourgault, le politique », SRC, archives : extrait vidĂ©o (7 min 02 s) et notes, Ă©mission le sel de la semaine diffusĂ©e le 20 dĂ©cembre 1966 (consultĂ© le ).
  3. ↑ RĂ©al Pelletier, « Bourgault Ă  la prĂ©sidence du RIN provincial », Le Devoir,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  4. 1 2 Jean-François Nadeau, Bourgault, MontrĂ©al, QuĂ©bec, Lux Éditeur, , 616 p. (ISBN 978-2-89596-051-5)
  5. ↑ (en) « Parti QuĂ©bĂ©cois elects Bourgault to executive », The Globe and Mail,‎ , p. 1
  6. ↑ AndrĂ© d'Allemagne, Le R.I.N. de 1960 Ă  1963. Étude d'un groupe de pression au QuĂ©bec., MontrĂ©al, L'Étincelle, , 160 p., « Annexe I : Le RIN de 1963 Ă  1968 : de la fondation Ă  la dissolution du parti », p. 117-135
  7. ↑ Jean Garon, Pour tout vous dire, MontrĂ©al, VLB Éditeur, , 531 p., « Fondateur », p. 74-90
  8. ↑ « Gilles GrĂ©goire - AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec », sur www.assnat.qc.ca (consultĂ© le )
  9. ↑ Pierre Bourgault, Moi, je m'en souviens, MontrĂ©al, StankĂ©, , p.56
  10. ↑ Sylvio Le Blanc, « Lettres: Et l'homosexualitĂ© de Pierre Bourgault? », sur Le Devoir, (consultĂ© le ).
  11. ↑ Maxime CoutiĂ©, « L’homosexualitĂ© en politique : du secret Ă  la sortie du placard », sur Radio Canada, (consultĂ© le ).
  12. ↑ Jean Dion, « Pierre Bourgault (1934-2003) - Mort d'un homme libre », sur Le Devoir, (consultĂ© le ).
  13. ↑ Fonds Pierre Bourgault (MSS449) - BibliothĂšque et Archives nationales du QuĂ©bec (BAnQ).
  14. ↑ Pierre Bourgault, QuĂ©bec, quitte ou double, Ferron, (OCLC 20754607, lire en ligne)
  15. ↑ Pierre Bourgault, Oui a l'independance du Quebec., Quinze, (OCLC 1132491770, lire en ligne)
  16. ↑ Pierre Bourgault et AndrĂ©e LeBel, Le Plaisir de la libertĂ©: entretiens avec AndrĂ©e Lebel, VLB, (ISBN 978-2-89005-265-9, OCLC 461989123, lire en ligne)
  17. ↑ « Moi, je m'en souviens / », sur biblio.shawinigan.ca (consultĂ© le )
  18. ↑ « Maintenant ou jamais / », sur biblio.shawinigan.ca (consultĂ© le )
  19. ↑ Pierre Bourgault, Écrits polĂ©miques, VLB Editeur, (ISBN 978-2-89052-237-4, OCLC 422866312, lire en ligne)
  20. ↑ Pierre Bourgault, Écrits polĂ©miques, Édition du Club QuĂ©bec loisirs, (ISBN 978-2-89005-158-4, OCLC 933173811, lire en ligne)
  21. ↑ Pierre Bourgault, Écrits polĂ©miques, MontrĂ©al, QuĂ©bec, BorĂ©ale compact, , 373 p. (ISBN 978-2-89052-237-4)
  22. ↑ Pierre Bourgault, Ecrits polemiques, Lanctot Editeur, (ISBN 978-2-89485-013-8 et 978-2-89485-012-1, OCLC 635653557, lire en ligne)
  23. ↑ « Livre La rĂ©sistance - Écrits polĂ©miques tome 4 | VLB Ă©diteur », sur www.edvlb.com (consultĂ© le )
  24. ↑ « ƒuvres | La CinĂ©mathĂšque quĂ©bĂ©coise » (consultĂ© le )
  25. ↑ « CVE - Le R.I.N. », sur CVE, (consultĂ© le )
  26. ↑ (fr-CA) Juliette Ruer, « RIN : La part du rĂȘve », sur Voir.ca (consultĂ© le )
  27. ↑ « ICI Radio-Canada PremiĂšre | Balados, livres audio », sur Radio-Canada (consultĂ© le )

Liens externes

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