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René Andrieu

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René Andrieu
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Fonction
Rédacteur en chef
L'Humanité
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
René Gabriel Andrieu
Pseudonyme
Capitaine AlainVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Conflit
Distinctions

René Andrieu, né le à Beauregard (Lot) et mort le à Paris 17e[1], est un homme politique, journaliste, écrivain et résistant français.

Il est rédacteur en chef de L'Humanité de 1958 à 1985 et, à ce titre, la « principale plume de la presse communiste » à cette période. Membre du comité central, il est également un des membres influents du Parti communiste français au cours de la période 1960-1980.

Origines et formation

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Le père de René Andrieu est cultivateur de Beauregard-en-Quercy, tandis que sa mère tient un restaurant de la commune[2], ouvert une fois par mois, le jour de la foire mensuelle du village. René Andrieu a quatre sœurs et un frère[2]. Il est enfant de chœur à l'église du village et son arrière-grand-père nonagénaire y est marguillier.

Boursier, il entre en 1931 comme interne au lycée Gambetta de Cahors. Après l'obtention de son diplôme du baccalauréat en 1938, il continue ses études en khâgne dans un lycée de Toulouse pour y préparer le concours de l'École normale supérieure. Il suit les cours de Georges Canguilhem pour lequel il a une grande admiration. Il doit renoncer à se présenter au concours en 1939, après la déclaration de la guerre par la France à l'Allemagne et la suppression des bourses d'études. Il devient alors maître d'internat dans un collège de Figeac, tout en préparant une licence de Lettres à la faculté de Toulouse. Il reçoit son ordre de mobilisation au printemps 1940 mais est rapidement renvoyé dans ses foyers, sans avoir combattu, en raison de la capitulation de la France. Il poursuit ses études de lettres pendant l'Occupation.

Résistance

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En , il adhère au Front national et au Parti communiste français et s'engage dans la Résistance[2]. En 1943, il est convoqué pour Service du travail obligatoire, s'enfuit et entre dans un maquis[3]. Officier des Francs-tireurs et partisans dans le Lot, le « capitaine Alain » devient le commandant de la place de Cahors. Il rejoint ensuite l'armée de l'Atlantique avec le général Larminat, qui réduit les poches allemandes à la pointe de Grave[4].

Il est décoré de la Croix de guerre, de la médaille de la Résistance et de la Légion d’honneur[5].

Carrière journalistique

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Après la guerre, il commence une carrière de journaliste et d'écrivain ; il écrit notamment une biographie de Stendhal. Il entre en 1946 au journal Ce soir dirigé par Jean-Richard Bloch où il est chargé de la politique étrangère.

En 1956, il est engagé comme rédacteur en chef adjoint à L'Humanité, organe central du PCF. En , il succède à André Stil comme rédacteur en chef et restera au journal jusqu'en 1985[2]. Sa proximité institutionnelle, en tant que membre de poids du Parti communiste, explique que ses éditoriaux soient généralement conformes à la ligne politique du PCF. Il ne se présente pas comme un journaliste extérieur au Parti, mais comme un intellectuel engagé dans un combat. Le portrait que Patrick Jarreau lui consacre dans Le Monde, à l'occasion de sa mort en mars 1998, souligne qu'Andrieu était davantage proche de Roland Leroy que de Georges Marchais, détail indiquant que le journaliste possédait néanmoins un univers culturel et une sensibilité personnelle qui ne se laissaient pas entièrement absorber par sa fonction politique[6].

Certains de ses éditoriaux sont restés célèbres.[réf. nécessaire] Ainsi, lorsqu'en 1969, peu avant l'élection présidentielle, il note que le futur président Pompidou redevient catholique pratiquant, il écrit que « l'Élysée vaut bien une messe ! », paraphrasant Henri IV à propos de Paris. Peu après son élection, il qualifie le nouvel élu de « Monsieur Tiers » parce qu'il n'a été élu qu'avec 35 % des inscrits. En 1978, quand le groupe Lagardère rachète la station de radio Europe 1, il cite la fameuse réplique de Jean Marais dans Le Bossu : « Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi. »

Au sujet de l'expulsion de Soljenitsyne d'URSS en 1974, René Andrieu publie un éditorial, intitulé « Les Grandes Orgues », dans lequel il qualifie cette mesure de « conforme à la légalité soviétique », mais « différente de celle que nous préconisons pour la France ». Pour autant, il conclut qu'étant donné l'engagement de l'Union soviétique contre le nazisme et pour la paix, la « lutte contre la campagne antisoviétique est l'affaire de tous »[7]. La position d'Andrieu provoque des réactions. Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, dénonce notamment les ambiguïtés de la gauche française face à l'écrivain expulsé[8].

Le traitement des Khmers rouges par L'Humanité, entre avril 1975 et janvier 1979, est particulièrement révélateur des limites de son indépendance à l'égard de la politique internationale du mouvement communiste. Le journal commence par défendre le nouveau pouvoir cambodgien contre les accusations de crimes, minimise ou conteste les premiers témoignages de réfugiés[9]. Dès le 7 mai 1975, le journal cherche à « porter un coup à une campagne d'intoxication ». Le 10 mai, René Andrieu signe un éditorial intitulé « L'Intox (suite) », dans lequel il accuse Le Figaro de « travestir les faits », participant à une campagne de défense politique du pouvoir de Pol Pot. Pendant plus de deux ans, le journal conteste activement les témoignages qui dénoncent les violences du régime de Pol Pot et contribue à présenter ces accusations comme une campagne anticommuniste[10],[9].

Dans les années 1970, il s'illustre dans les débats télévisés pour défendre le programme commun de gouvernement avant de devenir un critique virulent de François Mitterrand, à qui il reproche de vouloir attirer à lui une partie de l'électorat communiste et, ainsi, d’affaiblir le PCF[11].

Claude Cabanes lui succède comme rédacteur en chef de L'Humanité[6].

Parcours au PCF

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Membre du comité central, René Andrieu est un des membres influents du Parti communiste français au cours de la période 1960-1980.

Militant communiste en vue dans les années 1960 et jusqu'au début des années 1980, période pendant laquelle il participe à diverses émissions politiques, tels le Club de la presse d'Europe 1, Droit de réponse de Michel Polac, etc., il est même pressenti pour être le candidat du PCF aux élections présidentielles de 1969[réf. nécessaire], tâche qui échoit finalement à Jacques Duclos.

Critique vis-à-vis des atteintes aux droits de l'homme en Union soviétique et du stalinisme en particulier, évoquant « la fossilisation de l’idéal révolutionnaire » de la période Brejnev, il a approuvé la perestroïka[2].

Vie privée

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René Andrieu était, depuis , l'époux de Jeannine Vigié[2] (1924-2022), une résistante dans les maquis du Lot qu'il avait rencontrée à la Libération[12],[13].

Publications

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Distinctions

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Notes et références

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  1. ↑ « Relevé des fichiers de l'Insee ».
  2. 1 2 3 4 5 6 Frédérique Matonti, « ANDRIEU René, Gabriel. Pseudonyme dans la Résistance : Capitaine ALAIN », sur maitron.fr, 10 octobre 2008, dernière modification le 30 août 2022.
  3. ↑ René Andrieu, Un rêve fou ? Un journalisme dans le siècle, éditions l'Archipel, 1996.
  4. ↑ « René Andrieu : "Il faut libérer ce qu’on aime" », L'Humanité,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  5. ↑ « René Andrieu. Un journaliste dans le siècle », l'Humanité,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  6. 1 2 Patrick Jarreau, « René Andrieu », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  7. ↑ « Le parti communiste se montre discret dans ses réactions », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  8. ↑ La polémique entre " l'Humanité " et Jean Daniel se poursuit., lemonde.fr, 19 février 1974
  9. 1 2 Simone Bonnafous, Jean-Noël Darde, Le ministère de la vérité . Histoire d'un génocide dans le journal « L'Humanité », (compte-rendu), Mots. Les langages du politique, Année 1984, 9, pp. 208-209
  10. ↑ Alix Morel, Les massacres de masse perpétrés par les Khmers rouges entre 1975 et 1979 et leur couverture médiatique en France., Sciences Po Lyon, sous la direction de Gilles Vergnon, 2011.
  11. ↑ René Andrieu lors de l'émission « François Mitterrand face à la presse », INA, .
  12. ↑ Latifa Madani, « Décès de Janine Andrieu, veuve de René Andrieu », l'Humanite,‎ (lire en ligne Accès payant).
  13. ↑ Aouregan Texier, « Figures de la Résistance du Lot : Janine Vigié, l’agent de liaison pour le chef des maquisards du Lot », [Dépêche],‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. ↑ Guy Pervillé, p.1178-1179 « Historiographie de la guerre d'Algérie (1991-1992) », Annuaire de l'Afrique du Nord, tome XXXI, 1992, p.1178-1179
  15. ↑ Grande chancellerie de la Légion d'honneur, « Liste unique des décorés - Fiche René Gabriel Andrieu », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
  16. ↑ Base Mémoire des hommes - base des médaillés de la Résistance, « Fiche René Gabriel Andrieu », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )

Liens externes

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