Rheinmetall Algérie
| Rheinmetall Algérie SPA | |
| Création | 16 mars 2011 |
|---|---|
| Forme juridique | Société par actions (SPA) |
| Siège social | Aïn Smara, Wilaya de Constantine |
| Actionnaires | État algérien via l'EPIC-GPIM et l'EPE SOFAME SPA (51 %) Aabar Investments (de) (24,5 %) Ferrostaal (19,5 %) Rheinmetall AG (5 %) (répartition publiée en 2022) |
| Activité | Industrie de défense fabrication de véhicules militaires |
| Produits | Fuchs 2 Boxer |
| Effectif | près de 1 000 (2019)[1] |
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Rheinmetall Algérie SPA, de son nom complet Société algérienne de fabrication de véhicules spéciaux Rheinmetall Algérie SPA, est une société algérienne de l'industrie de défense implantée à Aïn Smara, dans la wilaya de Constantine. Constituée en mars 2011 dans le cadre d'un partenariat entre des organismes publics algériens, le fonds émirati Aabar Investments et les entreprises allemandes Ferrostaal et Rheinmetall, elle fabrique et assemble principalement des véhicules blindés Fuchs 2 destinés à l'Armée nationale populaire algérienne[2],[3].
Histoire
[modifier | modifier le code]Constitution et projet industriel
[modifier | modifier le code]La société est constituée et enregistrée à Constantine le 16 mars 2011, à la suite d'un accord de coopération industrielle algéro-émirati-allemand. Les partenaires annoncés sont le Groupement de promotion de l'industrie mécanique (GPIM), relevant du ministère algérien de la Défense nationale, l'entreprise publique algérienne SOFAME, Aabar Investments, Ferrostaal et Rheinmetall. Le projet prévoit de réaménager une partie de l'ancien complexe de fabrication de pelles et grues de l'Entreprise nationale des matériels de travaux publics à Aïn Smara et de réactiver son centre de formation[2].
En 2012, Der Spiegel rapporte un objectif pouvant aller jusqu'à 1 200 véhicules Fuchs en dix ans, alors présenté comme un projet. En juin 2014, la presse économique allemande fait état d'un programme de 980 Fuchs 2 évalué à 2,7 milliards d'euros ; les deux chiffres correspondent à des annonces faites à des dates différentes et ne constituent pas un bilan des véhicules produits[4],[5]. D'après le quotidien régional allemand Hessische/Niedersächsische Allgemeine, les 54 premiers véhicules sont construits en Allemagne et la production des 926 autres doit être réalisée avec l'appui de Rheinmetall à Aïn Smara. Le site est alors dimensionné pour assembler 120 véhicules par an. Environ 200 salariés algériens suivent une formation sur le site de Rheinmetall à Cassel[6]. En août 2014, les autorités allemandes autorisent le transfert des équipements nécessaires à la construction de l'usine[7].
Mise en service et activité
[modifier | modifier le code]Lors d'une visite de presse en janvier 2015, les responsables du projet annoncent un démarrage de la production au cours de l'année, une capacité prévisionnelle de 120 véhicules par an et un objectif de 30 % d'intégration locale au bout de cinq ans. Le site dispose alors d'ateliers provisoires en attendant l'achèvement des installations principales. Selon le directeur général du GPIM, plus de 200 cadres ont reçu une formation à l'étranger en vue de former le personnel de l'usine[8].
Le complexe industriel est inauguré le 26 février 2017 par le chef d'état-major algérien Ahmed Gaïd Salah. La visite porte notamment sur les ateliers de découpe, de soudage, d'assemblage et d'essai du Fuchs 2[9]. Un article de presse de février 2019, reprenant un communiqué du ministère de la Défense, évoque près de 1 000 employés dans les ateliers de Rheinmetall Algérie[10]. En février 2021, une visite officielle du site décrit une chaîne comprenant la découpe, le soudage, l'assemblage et les essais des véhicules[11].
En janvier 2024, Rheinmetall annonce une commande de kits pour la production de Fuchs 2 par un « partenaire international », sans nommer le pays. Le Handelsblatt, citant des sources industrielles, identifie ce partenaire comme l'Algérie et précise que l'opération relève du contrat-cadre existant. Selon le journal, les composants sont livrés par les sites allemands de Rheinmetall puis assemblés en Algérie. Le communiqué de Rheinmetall indique que les livraisons de cette commande doivent s'étaler de 2024 à 2028[12],[13].
Actionnariat et organisation
[modifier | modifier le code]Une présentation du groupe mécanique algérien diffusée par l'université Constantine 1 attribue 34 % du capital au GPIM et 17 % à SOFAME, soit 51 % pour la partie algérienne, Aabar Investments détient 24,5 %, Ferrostaal 19,5 % et Rheinmetall 5 %. Ces proportions sont également reprises dans une étude de l'International Institute for Strategic Studies publiée en 2022[14],[15]. Le rapport annuel 2025 de Rheinmetall mentionne encore une participation de 5 % dans la société algérienne[16].
Le ministère algérien de la Défense présente Rheinmetall Algérie parmi les entreprises suivies par le GPIM, aux côtés de NIMR Algérie et de la société de fabrication de moteurs SAFMMA. Il décrit sa mission comme la fabrication de véhicules spéciaux de type Fuchs[17],[3].
Production et projets rapportés
[modifier | modifier le code]Le produit documenté de l'usine est le Fuchs 2, un véhicule blindé à roues 6 × 6 équipé d'un moteur MTU selon les autorités algériennes[18]. L'activité comprend des opérations de fabrication et d'assemblage sur le site d'Aïn Smara, tandis qu'une partie des composants provient d'Allemagne[3],[11],[13]. Les capacités annuelles et les volumes de commande publiés dans la presse ne permettent pas, à eux seuls, d'établir combien de véhicules ont effectivement été achevés ou livrés[6],[13].
En 2019, le site spécialisé defenceWeb rapporte, en citant Mena Defense, un projet de production sous licence du véhicule blindé Boxer sur le même site que le Fuchs 2. La même année, Janes estime que des photographies prises près de l'usine pourraient montrer un Boxer assemblé en Algérie[19],[20].
Débats autour du partenariat
[modifier | modifier le code]La coopération industrielle s'inscrit dans un débat allemand plus large sur les exportations d'armement vers l'Algérie. En 2012, Der Spiegel relève les critiques du député Jan van Aken concernant le projet de Fuchs et, plus généralement, l'augmentation des ventes d'armes allemandes à l'Algérie[4]. En 2014, l'autorisation accordée à Rheinmetall pour l'usine d'Aïn Smara intervient alors que le gouvernement allemand annonce vouloir encadrer davantage les exportations d'armes[7]. En 2025, le groupe parlementaire Die Linke demande au gouvernement allemand des précisions sur les commandes supplémentaires de Fuchs 2 rapportées par la presse et sur les autorisations d'exportation accordées à l'Algérie[21].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Gaïd Salah souligne à Constantine l'importance de l'industrie militaire dans la modernisation des forces armées », sur Radio Algérienne, (consulté le )
- 1 2 « Industrie mécanique : création de deux sociétés algéro-émirati-allemandes », sur Echorouk Online, (consulté le )
- 1 2 3 « Société algérienne de fabrication des véhicules spéciaux, Rheinmetall », sur Ministère de la Défense nationale (Algérie) (consulté le )
- 1 2 (en) « Tanks in the Desert: Germany Plans Extensive Arms Deal with Algeria », sur Der Spiegel, (consulté le )
- ↑ (de) « Deutsche Panzerfabrik in Algerien vor dem Start », sur Handelsblatt, (consulté le )
- 1 2 (de) José Pinto, « Panzer für Algerien: Rheinmetall baut Fabrik und liefert moderne Füchse », sur Hessische/Niedersächsische Allgemeine, (consulté le )
- 1 2 « Berlin autorise Rheinmetall à ouvrir une usine en Algérie pour fabriquer des véhicules blindés », sur Zone Militaire, (consulté le )
- ↑ « Véhicules militaires produits à Constantine : une promesse « blindée » pour relancer l’économie nationale », sur L’Expression, (consulté le )
- ↑ « Le général de corps d’armée Gaïd Salah en visite d’inspection à Constantine », sur DIA, (consulté le )
- ↑ « Gaïd Salah souligne à Constantine l’importance de l’industrie militaire dans la modernisation des forces armées » [PDF], sur DK News, (consulté le )
- 1 2 « Saïd Chanegriha inspecte le Complexe de développement de l'industrie mécanique à Aïn Smara », sur Radio Algérienne, (consulté le )
- ↑ (en) « Major order for Rheinmetall – international partner orders additional kits for Fuchs 2 production », sur Rheinmetall, (consulté le )
- 1 2 3 (de) Martin Murphy et Roman Tyborski, « Rheinmetall baut weitere Fuchs-Panzer in Algerien », sur Handelsblatt, (consulté le )
- ↑ « Le groupe mécanique : situation actuelle et perspectives » [PDF], sur Université Constantine 1 (consulté le )
- ↑ (en) « The Defence Policy and Economics of the Middle East and North Africa » [PDF], sur International Institute for Strategic Studies, (consulté le )
- ↑ (de) « Rheinmetall Geschäftsbericht 2025 » [PDF], sur Rheinmetall, (consulté le )
- ↑ « Groupement de promotion de l'industrie mécanique », sur Ministère de la Défense nationale (Algérie) (consulté le )
- ↑ « Gaïd Salah relève les efforts de l'ANP pour « asseoir une fabrication militaire à la pointe du développement » », sur Radio Algérienne, (consulté le )
- ↑ (en) « Algeria will reportedly produce Boxer vehicles under license », sur defenceWeb, (consulté le )
- ↑ (en) Jeremy Binnie, « Update: Possible Algerian-assembled Boxer spotted », sur Janes, (consulté le )
- ↑ (de) « Linke fragt nach Rüstungszusammenarbeit mit Algerien », sur Deutscher Bundestag, (consulté le )