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Rouge-gorge

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Rouge-gorge
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Rouge-gorge » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-aprÚs

Taxons concernés

Le rouge-gorge est un nom vernaculaire donné à plusieurs oiseaux Passeriformes en raison de la couleur rouge du plumage de leur poitrail. Ces espÚces ne sont apparentées que de loin. En Europe, le terme fait plus particuliÚrement référence au rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), mais aussi au merle d'Amérique (Turdus migratorius).

L'orthographe rouge(s)-gorge(s) est préférée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales[1], mais la Commission internationale des noms français des oiseaux utilise l'orthographe rougegorge(s).

En hiver, nombre de rouges-gorges migrent vers le sud, parfois sans escale, parcourant jusqu’à 1 400 kilomĂštres. Avant leur dĂ©part, ils stockent jusqu’à 5 grammes de graisse, soit plus d’un tiers de leur poids, leur permettant de voler jusqu’à 36 heures d'affilĂ©e. Ils prĂ©fĂšrent voyager de nuit, bien qu’ils fassent parfois des haltes.

Longévité

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L'espérance de vie moyenne d'un rouge-gorge est d'environ 13 mois en raison d'une forte mortalité juvénile lors de la premiÚre année. Toutefois, les individus qui survivent à cette période critique ont une espérance de vie bien plus longue[2],[3]. Le record de longévité documenté pour cette espÚce est de 19 ans[2],[3],[4].

Dimorphisme sexuel et comportement

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Il n'existe aucune diffĂ©rence visible entre les mĂąles et les femelles, y compris au niveau du chant, puisque les deux sexes chantent. Tous deux dĂ©fendent farouchement leur territoire, rendant leur cohabitation difficile, sauf pendant la courte pĂ©riode de reproduction. Ce n’est qu’en pĂ©riode de nidification que les experts peuvent dĂ©terminer leur sexe avec prĂ©cision.

Plumage et mue

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Les jeunes rouges-gorges ne prĂ©sentent pas immĂ©diatement leur plumage orangĂ© distinctif. Durant les premiers mois, ils arborent des teintes brunes et beiges tachetĂ©es, ce qui les rend moins agressivement ciblĂ©s par les adultes. C’est Ă  l’automne qu’ils acquiĂšrent leur plumage typique.

Comportement territorial

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Le rouge-gorge surveille son territoire

Le rouge-gorge est extrĂȘmement territorial. Il peut attaquer tout ce qui prĂ©sente une tache rouge, y compris des objets inanimĂ©s comme des balles ou des vĂȘtements, voire son propre reflet. Cette agressivitĂ© est prĂ©sente toute l’annĂ©e, pas uniquement en pĂ©riode de reproduction. Leur chant sert principalement Ă  marquer leur territoire, mĂȘme en hiver.

Reproduction

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Pour les oiseaux sĂ©dentaires, la formation des couples a lieu en hiver. La femelle adopte alors des positions de soumission et dissimule son plastron orange afin de ne pas ĂȘtre chassĂ©e du territoire du mĂąle qui pourrait la prendre pour un intrus[5].

Au printemps, le mĂąle offre simplement des proies Ă  la femelle de maniĂšre symbolique en guise de parade nuptiale prĂ©cĂ©dant l'accouplement. En avril, la femelle construit un nid volumineux qui est fait de feuilles mortes, brins d’herbes, mousses, lichens, et dont la coupe est tapissĂ©e de matĂ©riaux plus fins (radicelles, crins, laine, plumes, etc.). Le rouge-gorge est trĂšs opportuniste quant Ă  l'installation du nid se fait gĂ©nĂ©ralement au ras du sol, dans une cavitĂ© au flanc d’un coteau ou dans un tronc d'arbre, sous un amas d’herbe ou sous un caillou, dans un tas de branches mortes, dans un lierre, etc[5].

Il y a deux couvĂ©es par an, parfois trois. La portĂ©e consiste gĂ©nĂ©ralement en 5 Ă  6 Ɠufs blancs tachetĂ©s de brun-roux. Ceux-ci sont incubĂ©es exclusivement par la femelle durant 12-15 jours. Les oisillons, nidicoles, ne pĂšsent que 2 g Ă  l’éclosion. Au bout de deux semaines environ, ils pĂšsent 15 g Ă  leur sortie du nid. Pendant deux Ă  trois semaines, ils restent ensuite alimentĂ©s par le couple (le mĂąle seul si la seconde ponte a commencĂ©)[5].

Influence de l’environnement urbain

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Les rouges-gorges vivant Ă  proximitĂ© de l’éclairage public et du bruit de la circulation modifient leur comportement. Ils dĂ©fendent moins activement leur territoire et peuvent chanter Ă  des heures inhabituelles, parfois mĂȘme de nuit. Les raisons de ces adaptations ne sont pas encore bien comprises par les scientifiques.

Variations régionales du chant

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Des Ă©tudes ont montrĂ© que les rouges-gorges prĂ©sentent des variations locales de chant. Une analyse comparative entre des oiseaux français et nĂ©erlandais a rĂ©vĂ©lĂ© des diffĂ©rences acoustiques, suggĂ©rant l’existence de dialectes rĂ©gionaux, bien que leur fonction exacte reste inconnue.

Relations avec d'autres espĂšces

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En forĂȘt, le rouge-gorge tire profit des sangliers, chevreuils ou taupes pour se nourrir des insectes qu'ils dĂ©logent. Il adopte un comportement similaire dans les jardins, suivant les jardiniers qui retournent la terre avec leurs outils, ce qui lui permet d'accĂ©der facilement Ă  ses proies.

Alimentation

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L'alimentation des rouges-gorges est basée sur des insectes (notamment des coléoptÚres), des escargots, vers, araignées, des petits invertébrés. Cet oiseau aime particuliÚrement les vers de farine, les graisses comme le beurre et la margarine. Asocial, le rouge-gorge ne partage la mangeoire qu'en cas de disette[6].

Orientation dans l'espace

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L'orientation des oiseaux dans l'espace est un sujet qui intrigue les scientifiques, et les rouges-gorges en ont la matiĂšre des capacitĂ©s remarquables pour leur migration, et servent d'espĂšce modĂšle pour les Ă©tudes[7]. On pense que le champ magnĂ©tique terrestre permet Ă  ces oiseaux de s’orienter pour se dĂ©placer, Ă  l'aide de cryptochromes sensibles au champ magnĂ©tique situĂ©s dans leurs yeux[8].

Méprises

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Du fait de leur poitrail rouge, le Pinson des arbres, le Bouvreuil pivoine, le Traquet pĂątre, la Linotte mĂ©lodieuse par exemple sont communĂ©ment confondus avec les rouges-gorges. Plusieurs espĂšces sont communĂ©ment appelĂ©es « rouges-gorges » en Australasie (famille des Petroicidae) mĂȘme si elles sont officiellement dĂ©nommĂ©es Miro. Les rouges-gorges ont souvent un gros ventre (voir en bas Ă  droite), d'autres ne l'ont pas.

Chasse et gastronomie

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Rouge-gorge qui cherche de la nourriture en hiver

A l'instar d'autre petit gibier, le rouge-gorge a Ă©tĂ© largement chassĂ© jusqu'Ă  l'arrĂȘtĂ© ministĂ©riel du , relatif aux oiseaux protĂ©gĂ©s sur l'ensemble du territoire. Des cas de braconnages animent encore l'actualitĂ©[9].

Au XIXe siĂšcle, il Ă©tait courant de consommer le rouge-gorge « en brochette » notamment Ă  Metz, qui en avait fait une spĂ©cialitĂ© de la cuisine de chasse[10]. En 1863, A. Toussenel explique que, bien que dĂ©daignĂ© par la chasse aux chiens, le rouge-gorge et autres « petites bĂȘtes » sont des mets raffinĂ©s accessible Ă  n'importe qui sait poser quelque piĂšge[11].

Légendes

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Selon une lĂ©gende populaire, un troglodyte grimpa sur le dos d’un aigle pour voler plus haut. Mais l’aigle vola tant et tant qu’il atteignit le Soleil. Et parce qu'il s'Ă©tait prĂ©cipitĂ© au secours du troglodyte, un rouge-gorge vit alors son poitrail s’embraser[12].

Une autre lĂ©gende : se posant sur l'Ă©paule du Christ lors de la Crucifixion, un rouge-gorge essuya ses larmes, puis avec son bec, il retira les Ă©pines de la couronne qui lui blessait la tĂȘte. Une goutte de sang tomba alors sur la gorge de l’oiseau[13].

Liste des espĂšces

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Un rouge-gorge.

Autres « rouges-gorges »

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Les espÚces suivantes ont le terme « rouge-gorge » comme dénomination spécifique :

  1. ↑ Informations lexicographiques et Ă©tymologiques de « Rouge-gorge » dans le TrĂ©sor de la langue française informatisĂ©, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. 1 2 (en) « European robin », sur EncyclopÊdia Britannica (consulté le )
  3. 1 2 (en) « European robin guide: diet, habitat and species facts », sur Discover Wildlife, (consulté le )
  4. ↑ (en) « AnAge entry for Erithacus rubecula », sur Human Ageing Genomic Resources (consultĂ© le )
  5. 1 2 3 « Rougegorge familier », sur LPO (consulté le )
  6. ↑ « Rouge-gorge familier », sur www.oiseau-libre.net (consultĂ© le )
  7. ↑ David Larousserie, « Les Wiltschko, un couple qui ne perd pas le nord », Le Monde,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  8. ↑ « Ventre: Fausse route Ă©lectromagnĂ©tique pour le rouge-gorge », sur LeMonde.f
  9. ↑ « Un braconnier du Var lourdement condamnĂ© pour la capture... », sur www.lpo.fr (consultĂ© le )
  10. ↑ Ernest Auricoste de Lazarque (1829-1894), Cuisine messine / par E. Auricoste de Lazarque, (lire en ligne), p. 126-127
  11. ↑ Alphonse Toussenel, Tristia : histoire des misĂšres et des flĂ©aux de la chasse de France / par A. Toussenel, (lire en ligne), p. 122-124
  12. ↑ Site geo.fr, article d'Esther Buitekant "Les 3 infos sur le rouge-gorge, un animal lĂ©gendaire", consultĂ© le 31 dĂ©cembre 2021.
  13. ↑ Les 3infos sur le Rouge Gorge, un animal lĂ©gendaire sur GĂ©o (consultĂ© le 29 janvier 2021)