Aller au contenu

Rétroactivité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Sur les autres projets Wikimedia :

La rétroactivité est une notion de droit qui envisage qu'un acte juridique puisse avoir des effets sur des cas antérieurs à sa date de mise en application.

Description

[modifier | modifier le code]

En matiĂšre pĂ©nale, la rĂ©troactivitĂ© est en principe contraire aux droits de l'Homme, nul ne pouvant ĂȘtre jugĂ© au nom d'une loi Ă©tablie postĂ©rieurement aux faits commis.

Exceptions notables :

  • La rĂ©troactivitĂ© in mitius : la rĂ©troactivitĂ© est possible si elle fait bĂ©nĂ©ficier le condamnĂ© d'une loi plus douce, le changement de celle-ci suggĂ©rant prĂ©cisĂ©ment que l'ancienne Ă©tait trop sĂ©vĂšre.
  • une loi fiscale Ă©tablie l'annĂ©e N s'applique en gĂ©nĂ©ral aux revenus de l'annĂ©e N-1, ce qui signifie une rĂ©troactivitĂ© de fait.
  • le tribunal de Nuremberg a Ă©voquĂ© Ă  l'Ă©gard des dirigeants nazis la notion de crime contre l'humanitĂ©, notion n'existant pas encore en droit international au moment des faits.
  • Clause d'antĂ©rioritĂ©, qui est le contraire du principe de rĂ©troactivitĂ©.

L'Église catholique se positionne de façon similaire[1].

En droit français

[modifier | modifier le code]

La rĂ©troactivitĂ© est la caractĂ©ristique d'une norme juridique qui rĂšgle des situations nĂ©es avant son adoption. Elle est contraire Ă  la sĂ©curitĂ© juridique[2] mais continue d'ĂȘtre utilisĂ©e dans certaines lois (en particulier fiscales) ou certains jugements, mĂȘme si elle est de plus en plus encadrĂ©e tant par les jurisprudences constitutionnelle (Conseil constitutionnel) et conventionnelle (Cour europĂ©enne des droits de l'homme) que par la jurisprudence ordinaire.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. ↑ Code de droit canonique, canon 1313 : Si aprĂšs qu’un dĂ©lit a Ă©tĂ© commis la loi est modifiĂ©e, la loi la plus favorable Ă  l’inculpĂ© doit ĂȘtre appliquĂ©e. Si cependant une loi postĂ©rieure supprime une loi ou seulement une peine, celle-ci cesse aussitĂŽt.
  2. ↑ Cf. La sĂ©curitĂ© juridique en droit constitutionnel français par François Luchaire et La sĂ©curitĂ© juridique, Le point de vue du juge constitutionnel par Olivier Dutheillet de Lamothe, sur le site du Conseil constitutionnel.
    Voir aussi, du cĂŽtĂ© du Conseil d'État :
    • Rapport public 2006. Jurisprudence et avis de 2005. SĂ©curitĂ© juridique et complexitĂ© du droit, La documentation française, (ISBN 2-11-006050-6).
    • Et l'arrĂȘt SociĂ©tĂ© KPMG et autres du 24 mars 2006 consacrant le principe de sĂ©curitĂ© juridique.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]