Terrasse marine

1) falaise sous-marine, 2) platier actuel, 3) encoche littorale, 4) falaise actuelle, 5) paléoplatier I, 6) angle du paléorivage, 7) paléofalaise I, 8) colluvion, 9) cÎne de déjection, 10) platier II, 11) paléorivage I, 12) paléorivage II.
Une plate-forme ou un platier rocheux fossile est nommé terrasse marine ou paléoplatier.
Morpho-genĂšse cĂŽtiĂšre Quaternaire
[modifier | modifier le code]LâĂ©volution Quaternaire d'une cĂŽte est le rĂ©sultat morphologique de lâĂ©volution de lâinteraction entre tectonique (le plus souvent verticale) et eustatisme surimposĂ© aux conditions locales (lithologie, marnage)[1].
Les formes enregistrĂ©es sont Ă lâimage de ces deux paramĂštres et de leurs combinaisons possibles, relativement complexes et de ce fait ont frappĂ© la majeure partie des civilisations. Dans le Dreamtime des aborigĂšnes australiens la transgression HolocĂšne est clairement mentionnĂ© tandis que le dĂ©luge biblique a servi Ă expliquer la prĂ©sence de traits de cĂŽtes fossiles sur les cĂŽtes europĂ©ennes et mĂ©diterranĂ©ennes.
Les palĂ©o-traits de cĂŽte sont enregistrĂ©s morphologiquement sous la forme de « terrasses marines », dâencoches littorales, dans certains cas de cordons littoraux dâĂąges plĂ©istocĂšne ou holocĂšne[2]. Ces morphologies sont parfois rencontrĂ©es isolĂ©es mais le plus souvent sous forme de sĂ©quences de palĂ©o-morphologie pouvant comprendre ou non des dĂ©pĂŽts sĂ©dimentaires.
En tant que tels, la genÚse de séquences de morphologies littorales ou cÎtiÚres sur certains segments n'a été expliquée que récemment[3]. Ces terrasses sont parfois aussi des témoignages de rebonds post-glaciaires et d'« oscillation du niveau de la mer »[4].
Suivant le mouvement tectonique les sĂ©quences morphologiques sont Ă©mergĂ©es (en cas de soulĂšvement) soit immergĂ©es (en cas de subsidence). Dans ce dernier cas, lâobservation est rendue difficile et ces morphologies sont peu dĂ©crites dans la littĂ©rature scientifique[5].
Morphologies
[modifier | modifier le code]Une plate-forme dâabrasion est une surface faiblement inclinĂ©e vers la mer, taillĂ©e par les vagues dans le substrat rocheux constituant la cĂŽte. Elle se termine en haut de lâestran par un escarpement, une falaise littorale plus ou moins prononcĂ©e. Cette rupture de pente, parfois nommĂ©e pied de falaise, matĂ©rialise le niveau 0 de la mer.

Au niveau morphologique, le pied de falaise peut ĂȘtre une encoche, une entaille, une rupture de pente en haut d'une plate-forme plus ou moins dĂ©veloppĂ©e.

Les terrasses marines sont des plates-formes dâabrasion fossiles. Elles se rencontrent parfois isolĂ©es mais le plus souvent sous forme de sĂ©quences. Une sĂ©quence peut ĂȘtre assimilĂ©e Ă une succession de pieds de falaise, plus ou moins espacĂ©s, qui permettent de quantifier les soulĂšvements cĂŽtiers ou les variations eustatiques Quaternaires.
Ces terrasses et encoches peuvent ĂȘtre le rĂ©sultat de types de processus diffĂ©rents et de leurs combinaisons possibles :
- cosismiques : Les terrasses dâorigine cosismique sont dues Ă un mouvement brusque aprĂšs un sĂ©isme. Elles sont presque exclusivement observĂ©es pour la pĂ©riode de temps correspondant Ă lâHolocĂšne. Elles sont gĂ©nĂ©ralement peu larges (<10 m), on parle parfois de trottoir d'abrasion, et ne dĂ©passent pas les 100 m d'altitude : environ 50 m Ă TaĂŻwan[6], 38 m sur la pĂ©ninsule de Kamchatskiy, Kamtchatka[7] ;
- glacio-isostatique : Ces sĂ©quences sont prĂ©servĂ©es sur les cĂŽtes qui ont Ă©tĂ© englacĂ©es durant la derniĂšre pĂ©riode glaciaire. Le soulĂšvement post-glaciaire peut y ĂȘtre extrĂȘmement rapide (>10 mm/an[8] avec un record Ă environ 1 mĂštre par siĂšcle en Hudsonie au QuĂ©bec) ;
- tectono-eustatiques : Les terrasses tectono-eustatiques concernent la totalitĂ© du Quaternaire. Suivant le mouvement tectonique, les sĂ©quences morphologiques sont Ă©mergĂ©es (soulĂšvement) ou immergĂ©es (subsidence). Ces derniĂšres subaquatiques sont peu dĂ©crites. Les sĂ©quences Ă©mergĂ©es correspondent Ă lâenregistrement gĂ©omorphologique des diffĂ©rents hauts niveaux marins (pĂ©riode interglaciaire) Quaternaires surimposĂ©s sur une cĂŽte en surrection (Lajoie, 1986). Pour ces sĂ©quences, les terrasses sont gĂ©nĂ©ralement moins larges quâun kilomĂštre[9] et lâensemble sâĂ©lĂšve parfois Ă plusieurs centaines de mĂštres au-dessus du niveau marin actuel.
Utilisation
[modifier | modifier le code]Que ce soit au niveau tectonique ou eustatique, la comparaison entre le niveau 0 actuel et les palĂ©o-niveaux 0 des phases de hauts niveaux marins (stades interglaciaires) permet dâĂ©tablir les amplitudes et les durĂ©es des phĂ©nomĂšnes enregistrĂ©es (haut niveau marin, soulĂšvement).
Rappelons lâĂ©quation de base entre altitude et eustatisme pour une morphologie cĂŽtiĂšre donnĂ©e (encoche littorale, terrasse) :
Avec
E = altitude actuelle du paléo-niveau zéro. Deux méthodes sont communément utilisées pour identifier un paléo-niveau marin 0: en reconnaissant des dépÎts de plage ou des dépÎts de la zone intertidale ou en utilisant des évidences morphologiques précises: pieds de falaise, encoche littorale.
e= altitude « eustatique » (par rapport au niveau marin actuel) du paléo-niveau zéro responsable de la formation de la morphologie
A= Ăąge du haut niveau marin responsable de la formation de la terrasse marine.
Cette Ă©quation Ă deux inconnues (V et e) permet dâen dĂ©terminer une en connaissant lâautre. Les vitesses de surrection sont V en mm/an ou m/ka.
« Mode d'emploi »
[modifier | modifier le code]La reconnaissance du style (rocheux, sableux) et de la dynamique cĂŽtiĂšre (subsidence, soulĂšvement) est lâĂ©tape primordiale de toute Ă©tude morpho-tectonique dâun segment de cĂŽte. Au niveau local, la latitude (rebond glacio-eustatique) lâintensitĂ© et la pĂ©riodicitĂ© des marĂ©es, la lithologie cĂŽtiĂšre, les directions principales de houle, lâinfluence dâĂ©vĂ©nements « exceptionnels » (El Niño, tsunamis) sont quelques-uns uns des nombreux facteurs contrĂŽlant le style de lâenregistrement des niveaux zĂ©ros.
Lâaltitude actuelle des morphologies est le paramĂštre primordial Ă dĂ©terminer sur le terrain.
Ces morphologies sont plus ou moins bien prĂ©servĂ©es, et peuvent mĂȘme ĂȘtre totalement effacĂ©s par lâĂ©rosion en quelques dizaines de milliers dâannĂ©es.
De mĂȘme, doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es dans la mesure de lâaltitude, les nombreuses sources dâerreurs possibles (dues Ă lâappareillage, au niveau zĂ©ro considĂ©rĂ© par exemple).
Les marges dâerreur maximales sur lâaltitude des pieds de falaises correspondent gĂ©nĂ©ralement aux marges dâerreurs cartographiques (pied de falaise inaccessible ou dĂ©truit). Les marges dâerreur minimales sont obtenues par nivellement. Pour des morphologies proches du rivage et dâaltitude basse on arrive Ă une prĂ©cision de 10 cm.
Pour dĂ©chiffrer les relations entre eustatisme et tectonique, il existe deux types de termes. Les premiers sont dĂ©terminĂ©s au niveau rĂ©gional (altitude) tandis que les seconds sont connus au niveau global et sont donc tirĂ©s de la littĂ©rature (eustatisme, Ăąge). Les interactions entre ces deux Ă©chelles sont Ă©troites. Lâaltitude dâun palĂ©o-trait de cĂŽte doit ĂȘtre calibrĂ©e Ă un niveau de rĂ©fĂ©rence actuel (niveau 0 des marĂ©graphes de la zone dâĂ©tude), tandis que les Ăąges fournis par les datations sont associĂ©s de maniĂšre discrĂšte aux Ăąges des S.I. Les altitudes par rapport Ă lâactuel des palĂ©o-hauts niveaux marins plĂ©istocĂšnes sont quant Ă eux dĂ©terminĂ©s de maniĂšre globale et ne tiennent pas compte des variations locales possibles du gĂ©oĂŻde (Ă l'HolocĂšne).
La datation prĂ©cise des dĂ©pĂŽts littoraux plĂ©istocĂšne et holocĂšne permet lâinterprĂ©tation des morphologies observĂ©es.
Les méthodes suivantes sont couramment utilisées: Carbone 14, racémisation des acides aminés, U/Th, luminescence : thermoluminescence ou stimulée optiquement par infra-rouge (IRSL), et la téphrochronologie.
Dans le cas des terrasses plĂ©istocĂšnes tectono-eustatique, rappelons que lâĂąge utilisĂ© dans le calcul du taux de soulĂšvement nâest pas un Ăąge obtenu directement par datation mais lâĂąge du stade isotopique (MIS) associĂ© au haut niveau marin responsable de lâabrasion de la terrasse. Cet Ăąge est gĂ©nĂ©ralement proche de lâĂąge obtenu directement sur le matĂ©riel de la terrasse si celui-ci est prĂ©levĂ© Ă proximitĂ© du pied de falaise. LâĂąge A du stade isotopique peut ĂȘtre soit 1) un Ăąge astronomique qui correspond Ă lâĂąge du maximum dâinsolation produit par la variation des paramĂštres extra-orbitaux 2) soit un Ăąge moyen dĂ©coulant de synthĂšses des donnĂ©es radiomĂ©triques.
La quantification du soulĂšvement permet en particulier dâapporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses quant Ă son origine et donc de mieux contraindre les paramĂštres gĂ©odynamiques : subduction de ride[10], marge passive en strike-slip, frontiĂšre de plaque dans le coin nord ouest du pacifique[11].
Informations tectoniques
[modifier | modifier le code]Chaque sĂ©quence de terrasses marines possĂšde un style particulier (nombre de terrasses, espacement entre les pieds de falaise) qui en relation directe avec les modalitĂ©s de la dĂ©formation. Ainsi, il est possible de dater de maniĂšre morpho-stratigraphique la totalitĂ© dâune sĂ©rie de terrasses si certaines terrasses ont Ă©tĂ© corrĂ©lĂ©es Ă des stades isotopiques par datation directe de leurs dĂ©pĂŽts.
On note par exemple la prĂ©pondĂ©rance et la complexitĂ© des terrasses marines liĂ©es Ă lâinterglaciaire actuel (HolocĂšne), au dernier interglaciaire MIS. 5, au MIS 9 et la rĂ©duction voir lâabsence des terrasses liĂ©es au stade isotopique 7[12],[13],[14].
Le dernier interglaciaire sâĂ©tend de 134-75ka et correspond au stade isotopique 5 nommĂ© EĂ©mien au sens large. Cet interglaciaire a connu 3 hauts niveaux marins relatives (5a, 5c,5e). Le maximum de cet interglaciaire est le sous-stade isotopique 5e nommĂ© EĂ©mien au sens strict. Diverses appellations locales dĂ©signent ce mĂȘme stade 5e comme Ouljien au Maghreb[15], TyrrhĂ©nien en Europe mĂ©diterranĂ©enne[16], Sangamonien aux Ătats-Unis[17] ou encore Pelukien en Alaska[18]. LâĂąge du MISS5e a Ă©tĂ© fixĂ©[19] 02comme Ă©tant compris entre 134 et 113ka.
Les sĂ©ries de terrasse enregistrĂ©es sont gĂ©nĂ©ralement complexes : lâaspect gĂ©nĂ©ral de la sĂ©quence Ă©tagĂ©e dĂ©pend en partie des changements eustatiques de la fin du PlĂ©istocĂšne mais surtout du taux de surrection de la zone en question[20],[21],[22].
LâidĂ©e de base peut ĂȘtre rĂ©sumĂ©e de la maniĂšre suivante : plus une cĂŽte se soulĂšve rapidement plus on enregistre de niveaux de terrasses marines. En effet, un soulĂšvement fort mettra trĂšs rapidement les traces des hauts niveaux marins Ă lâabri des oscillations eustatiques postĂ©rieures.
Bull (1985) a comparĂ© les rĂ©partitions en altitude des terrasses marines le long dâune portion de cĂŽte en fonction du taux de soulĂšvement. Plus rĂ©cemment, des modĂšles mathĂ©matiques ont Ă©tĂ© créés et utilisĂ©s afin de rĂ©aliser la mĂȘme comparaison pour des taux de soulĂšvements compris entre 0,11 mm/an et 0,74 mm/an pour 26 cycles interglaciaires et en tenant compte de lâamplitude des fluctuations eustatiques et de la nature de lâencaissant[23].
Il apparaßt que :
- le taux dâĂ©rosion augmente avec le taux de variation du niveau marin,
- le nombre de terrasses croĂźt avec le taux de soulĂšvement ou de subsidence de la portion de continent considĂ©rĂ©e et avec la pente de lâarriĂšre pays.
Par exemple, avec un taux de surrection de 0,3 mm/an les terrasses marines liĂ©es au dernier stade interglaciaire (S.I. 5e) sont soulevĂ©es jusquâĂ une altitude dâenviron 45 m ([24]). En fonction de la nature de lâencaissant, on peut observer une, deux ou aucune terrasse au-dessous de celle correspondant au dernier maximum interglaciaire. Avec un taux de soulĂšvement plus rapide (par exemple 0,8 mm/an) les terrasses marines corrĂ©lĂ©es au S.I. 5e peuvent se retrouver soulevĂ©es Ă une altitude avoisinant les 100 mĂštres. Dans ce cas, une sĂ©rie comportant jusquâĂ 5 terrasses peut ĂȘtre enregistrĂ©e. Dans le cas de soulĂšvements trĂšs rapide (>1 mm/an), les terrasses marines relatives au S.I. 3 (considĂ©rĂ© comme un interstade car ne correspondant pas vraiment Ă un interglaciaire) peuvent ĂȘtre prĂ©sentes Ă lâair libre[25],[26]. Ce phĂ©nomĂšne permet la crĂ©ation de terrasses marines exceptionnellement larges sur certaines cĂŽtes en surrection. Mais, ces terrasses marines extrĂȘmement larges peuvent aussi ĂȘtre créés de la maniĂšre suivante : imaginons deux plates-formes dont les altitudes de pieds de falaise sont trĂšs proches, câest-Ă -dire que la diffĂ©rence dâaltitude entre le bord distal de la terrasse supĂ©rieur et le pied de falaise de la terrasse infĂ©rieur est faible (<10m). LâĂ©rosion aĂ©rienne ou les dĂ©pĂŽts continentaux peuvent aplanir ou masquer ce saut dans la topographie. Dans ce cas lĂ , seule une Ă©tude dĂ©taillĂ©e permet de dĂ©tecter la prĂ©sence du pied de falaise intermĂ©diaire aux deux terrasses marines. Cet Ă©tagement est bien sĂ»r liĂ© au taux de surrection mais aussi aux diffĂ©rences relatives entre les niveaux marins des phases interglaciaires responsables de la formation des terrasses marines. Sur les cĂŽtes subissant un soulĂšvement faible Ă moyen (<0,5 mm/an) les rĂ©occupations de terrasses par des plates-formes plus rĂ©centes sont frĂ©quentes. Et plus particuliĂšrement pour les hauts niveaux relatifs au S.I. 5e et 7, la rĂ©occupation par le haut niveau suivant est couramment observĂ©e[27].
Ainsi le taux de soulĂšvement est, au niveau du Quaternaire, un des paramĂštres qui conditionnent la morphogĂ©nĂšse cĂŽtiĂšre. Cependant le rĂŽle dâautres paramĂštres et de la lithologie en particulier ne doit pas ĂȘtre sous-estimĂ©.
Au niveau rĂ©gional (de la dizaine Ă la centaine de km), dans une zone donnĂ©e, la succession des lignes de cĂŽte permet de dĂ©terminer lâhistoire du soulĂšvement de cette zone. Il suffit dâappliquer lâĂ©quation prĂ©cĂ©dente Ă chaque pied de falaise en ayant datĂ© ou estimĂ© lâĂąge de chaque terrasse. On obtient ainsi une quantification prĂ©cise (au dixiĂšme de mm/an prĂšs) du taux de soulĂšvement mais aussi une idĂ©e trĂšs correcte des variations de ce taux de soulĂšvement dâune phase interglaciaire Ă lâautre. Ce taux de surrection peut alors ĂȘtre extrapolĂ© (en supposant le soulĂšvement constant) afin de dater de maniĂšre chronostratigraphique les terrasses marines non datĂ©es de maniĂšre absolue. Ă cette Ă©chelle, les terrasses marines permettent de caractĂ©riser trĂšs prĂ©cisĂ©ment lâĂ©volution tectonique et gĂ©omorphologique des zones considĂ©rĂ©es en fonction du contexte gĂ©odynamique local (Par exemple, il est possible dâĂ©tudier le dĂ©veloppement de rĂ©seau hydrographique car les terrasses marines constituent des zones nouvellement gagnĂ©es sur la mer.
En dĂ©finitive, les sĂ©quences de terrasses marines renseignent sur la tectonique Ă trois Ă©chelles diffĂ©rentes pour lesquelles nous proposons ici une quantification mĂ©trique indicative. Ces Ă©chelles se superposent. Au niveau local (m au km), la variation dâaltitude observĂ©e le long dâun mĂȘme pied de falaise ne peut Ă©videmment pas ĂȘtre expliquĂ©e par une variation du gĂ©oĂŻde marin. Cette variation dâaltitude est due
- soit Ă un basculement ou une flexure si le changement dâaltitude est graduel,
- soit Ă une faille si la variation dâaltitude est brutale, et
- soit à une combinaison des deux phénomÚnes.
Comme la prĂ©sence des terrasses marines nâest gĂ©nĂ©ralement pas continue (prĂ©sence prĂ©fĂ©rentielle sur les pointes et les caps, par exemple), il faut Ă©tablir des vitesses de surrection pour chaque zone oĂč des terrasses marines sont prĂ©sentes. La comparaison de ces vitesses de surrection permet de dresser une carte des taux de soulĂšvement cĂŽtiers secteur par secteur pour de vastes segments de cĂŽtes. Certaines Ă©tudes (Ăquateur - PĂ©rou, Argentine, BrĂ©sil, Basse Californie) traitent de terrasses sâĂ©tendant sur plusieurs centaines voire milliers de km (Franca Barreto et al., 2002; Ortlieb et al., 1996a et b; Pedoja et al., 2006a et b; Rostami et al., 2000; Saillard et al., 2009[20] et 2011[21]; Regard et al., 2010).
Informations eustatiques
[modifier | modifier le code]Au niveau eustatique (e), les sĂ©quences de terrasses marines, de plates formes dâabrasion, dâencoches littorales, de certains dĂ©pĂŽts littoraux (terrasses construites), dâorganismes biologiques fixĂ©s, (FBI[28],) sont dâexcellents outils permettant de quantifier lâamplitude et la durĂ©e des hauts niveaux marins. Actuellement les efforts se portent plus prĂ©cisĂ©ment sur lâidentification des niveaux relatifs 1) au maximum du dernier interglaciaire (MIS 5e)[12],[13] et Ă lâHolocĂšne moyen (mid-holocene highstand)[29],[30] avec une rĂ©solution de lâordre du millier voir de la centaine dâannĂ©es dans ce dernier cas. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les variations du niveau marin relatif (Relative Sea Level) rĂ©sultent de la combinaison :
- de lâeustatisme ;
- de lâisostasie ;
- du régime tectonique ; et
- des processus cĂŽtier locaux (sĂ©dimentationâŠ)[31],[32].
Ainsi, on distingue la glacio-eustasie qui correspond au stockage de lâeau sous forme de glace, la tectono-eustasie qui correspond aux variations de volume des bassins ocĂ©aniques en consĂ©quence des mouvements crustaux et lâeustasie gĂ©oĂŻdale.
Au niveau gĂ©oĂŻdal par exemple, on observe Ă cause de la rotation de la terre un aplatissement des masses dâeau aux pĂŽles et Ă un renflement Ă lâĂquateur avec une diffĂ©rence moyenne de 180 m. Lâisostasie correspond aux processus de modifications de la forme de la terre et de son champ magnĂ©tique en rĂ©ponse aux changements des masses glaciaires. On distingue la glacio-isostasie (soulĂšvements post-glaciaire par exemple) de lâhydro-isostasie (subsidence du fonds ocĂ©anique sous la masse dâeau rĂ©sultante dâune dĂ©glaciation). La combinaison de ces paramĂštres fait que le niveau marin nâest constant ni dans le temps, ni dans lâespace. Actuellement, le globe est divisĂ© en cinq zones avec des comportements distincts quant aux variations eustatiques du niveau marin lors de lâHolocĂšne moyen et supĂ©rieur.
La combinaison de ces paramĂštres fait que le niveau marin nâest constant ni dans le temps, ni dans lâespace. Actuellement, le globe est divisĂ© en cinq zones avec des comportements distincts quant aux variations eustatiques du niveau marin lors de lâHolocĂšne moyen et supĂ©rieur.
En France le laboratoire qui s'intéresse le plus à la morphogénÚse des littoraux est l'équipe M2C[33], à l'Université de Caen Basse-Normandie.
Notes
[modifier | modifier le code]- â Bird 2000
- â Otvos, 2000
- â Herbert-Veeh, 1966
- â Regard, V., Pedoja, K., & Saillard, M. (2012). Les terrasses marines, marqueurs de l'interaction entre soulĂšvement et oscillation du niveau de la mer. GĂ©ochronique, 124, 35-37
- â Collina-Girard, 1997
- â Ota & Yamaguchi, 2004
- â Pedoja et al., 2004
- â Pirazzoli, 1991; 2005
- â Carter et Woodroffe, 1994
- â Pedoja et al., 2006a
- â Pedoja et al., 2006
- 1 2 Johnson et Libbey, 1997
- 1 2 Zazo, 1999
- â Pedoja et al., 2006a, b, c
- â Angelier et al., 1976
- â Kindler et al., 1997
- â OâNeal and McGeary, 2002
- â Brigham-Grette et Hopkins, 1995
- â Muhs et al.,20
- 1 2 Saillard, M., Hall, S.R., Audin, L., Farber, D.L., Hérail, G., Martinod, J., Regard, V., Finkel, R.C., Bondoux, F., 2009. Non-steady long-term uplift rates and Pleistocene marine terrace development along the Andean margin of Chile (31°S) inferred from 10Be dating. Earth and Planetary Science Letters 277, 50-63. https://dx.doi.org/10.1016/j.epsl.2008.09.039
- 1 2 Saillard, M., Hall, S.R., Audin, L., Farber, D.L., Regard, V., Hérail, G., 2011. Andean coastal uplift and active tectonics in southern Peru: 10Be surface exposure dating of differentially uplifted marine terrace sequences (San Juan de Marcona, ~15.4°S). Geomorphology 128, 178-190.https://dx.doi.org/10.1016/j.geomorph.2011.01.004
- â Saillard, M., Riotte, J., Regard, V., Violette, A., HĂ©rail, G., Audin, A., Riquelme, R., 2012. Beach ridges U-Th dating in Tongoy bay and tectonic implications for a peninsula-bay system, Chile, Journal of South American Earth Sciences 40, 77-84.https://dx.doi.org/10.1016/j.jsames.2012.09.001
- â Trenhaile, 2002
- â Bull, 1985
- â Cabioch et Ayliffe, 2001
- â Lambeck et al., 2002
- â Kelsey et Bockheim, 1994
- â Baker et al. 2001
- â Pirazzoli, 1991
- â 1993
- â Woodroffe, 2003
- â Woodroffe and Horton, 2005
- â « Morphodynamique Continentale et CĂŽtiĂšre », sur unicaen.fr via Internet Archive (consultĂ© le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « UMR M2C », sur unicaen.fr via Internet Archive (consulté le )
- « Université de Caen Basse-Normandie », sur Université de Caen Normandie (consulté le )