Tortiya
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30Â 409 hab. () |
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Tortiya â est une petite ville, situĂ©e dans le nord de la CĂŽte d'Ivoire, Ă environ 100 kilomĂštres au sud de la ville de Korhogo, nĂ©e de l'exploitation d'un gisement de diamants.
Histoire
[modifier | modifier le code]L'histoire de Tortiya commence en 1947 lorsqu'un gĂ©ologue français de la SAREMCI (sociĂ©tĂ© anonyme de recherche et dâĂ©tudes miniĂšres en CĂŽte dâIvoire), Georges Malaurent, y dĂ©couvre un gisement diamantifĂšre[1]. Il baptise l'endroit Tortiya en hommage au chef-dâĆuvre de John Steinbeck Tortilla Flat, qu'il lisait Ă ce moment-lĂ [2]. Une ville champignon surgit autour des mines et l'exploitation artisanale s'industrialise rapidement, avec la construction d'une centrale Ă©lectrique et d'une usine traitant 150 000 Ă 200 000 carats.
En 1974, la SAREMCI, dĂ©ficitaire, cesse ses activitĂ©s aprĂšs avoir rĂ©coltĂ© au total 4,5 millions de carats[2]. Les rĂ©serves miniĂšres restent toutefois suffisamment importantes pour que commence alors l'aventure de l'exploitation artisanale[3]. Au dĂ©but des annĂ©es 90, jusquâĂ 40 000 prospecteurs travaillaient sur le site[2]. Ils ne sont plus que 1500 au dĂ©but des annĂ©es 2000[2]. Toutefois, la ville se dĂ©grade et apparaĂźt de plus en plus comme une ville oubliĂ©e du Far West[1].
Ă partir de la guerre civile en 2002, les conditions se dĂ©gradent et les autorisations des exploitants artisanaux expirent sans ĂȘtre renouvelĂ©es[4]. La production illĂ©gale de diamants bruts au nord de la CĂŽte dâIvoire constitue alors un revenu important pour les Forces nouvelles[5] mĂȘme si la production Ă Tortiya est sans doute modeste par rapport Ă celle de la zone de SĂ©guĂ©la.
En toutefois, un permis de recherche miniĂšre pour le diamant Ă la SociĂ©tĂ© pour le dĂ©veloppement minier de la CĂŽte dâIvoire (SODEMI) Ă Tortiya est accordĂ© par le gouvernement ivoirien[4]. A la fin de l'annĂ©e 2017, des activitĂ©s de prospection sont menĂ©es par cette derniĂšre, sans rĂ©sultat[6].
Géographie et environnement
[modifier | modifier le code]La ville est traversée par la riviÚre Bou.
Depuis la guerre civile, les hippopotames qui peuplaient les berges de la Bou ont disparu[4].
Administration
[modifier | modifier le code]Administrativement, Tortiya est une sous-prĂ©fecture situĂ©e anciennement dans le dĂ©partement de Katiola et aujourd'hui dans le nouveau dĂ©partement de Niakaramandougou. Les terres constituant aujourdâhui la sous-prĂ©fecture de Tortiya, y compris Tortiya ville, auraient Ă©tĂ© concĂ©dĂ©es par le village Natiemboro[4].
Cette commune est dirigée par Zoumana Yéo[7] puis, depuis les élections couplées régionales-municipales du par le maire Blaise Coulibaly Kinapinan.
Il nây a jamais eu rĂ©ellement de chef traditionnel Ă Tortiya, car les deux groupes majoritaires SĂ©noufo et Tagbana se disputent le pouvoir sur Tortiya[4].
Infrastructures
[modifier | modifier le code]Le bĂątiment de la sous-prĂ©fecture (qui avait servi Ă la compagnie Delta Force des Forces Nouvelles et considĂ©rĂ© Ă lâĂ©poque comme une prison de guerre) a finalement Ă©tĂ© plutĂŽt utilisĂ© pour lâexploitation miniĂšre. Des galeries souterraines ont Ă©tĂ© creusĂ©es Ă lâintĂ©rieur du bĂątiment et ont fini par entraĂźner son effondrement. Le bĂątiment est aujourdâhui abandonnĂ©[4].
L'aérodrome est également devenu une zone d'exploitation artisanale et a été détruit[4].
Il existe une unique piste de 47 kilomĂštres reliant Tortiya Ă Niakaramadougou[8].
Population
[modifier | modifier le code]A Tortiya, les Sénoufo sont majoritaires, avec deux sous-groupes autochtones constituent à eux seuls la majorité de la population : les Nafanra (venus de Natiemboro, un des villages les plus proches) et les Tagbana (venus de Katiola)[4].
De plus, vivent Ă Tortiya de nombreuses communautĂ©s allochtones venues pour lâexploitation artisanale du diamant : maliens, burkinabĂ©s, ghanĂ©ens et nigĂ©riens[4].
Ăconomie
[modifier | modifier le code]Selon une Ă©tude gĂ©ologique qui a Ă©tĂ© effectuĂ©e par lâ United States Geological Survey (USGS), en retranchant ce qui a Ă©tĂ© extrait jusqu'Ă aujourd'hui, il resterait un total de 1 100 000 carats de rĂ©serve Ă Tortiya[4].
Bien que l'extraction industrielle du diamant soit arrĂȘtĂ©e en CĂŽte d'Ivoire, une exploitation artisanale se poursuit Ă SĂ©guĂ©la et Tortiya, situĂ©es dans la zone contrĂŽlĂ©e par la rĂ©bellion ivoirienne. Le produit de cette exploitation artisanale reste difficile Ă Ă©valuer mĂȘme s'il est aujourd'hui Ă priori dĂ©risoire[1].
Le campement d'accueil La Paillote est un hébergement touristique.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 La Vie Internationale, 7 fĂ©vrier 1994, [(fr) CĂŽte dâIvoire : Ă la recherche du dernier diamant (page consultĂ©e le 23 aoĂ»t 2008)]
- 1 2 3 4 « En CĂŽte dâIvoire, creuser pour trouver le prix du manger. La ruĂ©e vers les diamants », sur L'Orient-Le Jour, (consultĂ© le )
- â voir Yann Arthus-Bertrand2.org
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « TORTIYA, QUAND LE DIAMANT FAIT PERDRE LA TĂTE », Rapport du Groupe de Recherche et de Plaidoyer sur les Industries Extractives,â (lire en ligne)
- â [(fr) CĂŽte d'Ivoire, les diamants de la guerre des Forces nouvelles (page consultĂ©e le 23 aoĂ»t 2008)]
- â Laredaction2, « La SODEMI en prospection Ă Tortiya », sur Atoo.ci, (consultĂ© le )
- â AIP, « Un espace octroyĂ© Ă lâEglise baptiste de Tortiya pour la construction dâĂ©coles », sur Atoo.ci, (consultĂ© le )
- â La RĂ©daction, « La piste Niakara-Tortiya obstruĂ©e par des poteaux Ă©lectriques Ă Sinkaha », sur Connectionivoirienne, (consultĂ© le )
