Trabea

Une trabée (en latin trabea) est une toge pourpre ou composée de bandes de couleurs pour les cérémonies d'apparat de la Rome antique.
Usage
[modifier | modifier le code]Elle Ă©tait en usage chez les Ătrusques[1], et Ă©tait primitivement un insigne royal sous la monarchie romaine. AprĂšs l'expulsion des rois, elle fut rĂ©servĂ©e :
- aux consuls quand ils ouvraient les portes du temple de Janus,
- aux prĂȘtres Saliens dans la danse des armes,
- aux chevaliers dans diverses cérémonies, en particulier lors de leur défilé équestre annuel (la Transvectio equitum ou decursio equitum).
Ce n'Ă©tait pas pour autant un vĂȘtement d'origine guerriĂšre, car il a Ă©tĂ© portĂ©, dans les premiers siĂšcles de la RĂ©publique, par des prĂȘtres tels que les augures ou les flamines (le Flamen Dialis et le Flamen Martialis), dont les attributions Ă©taient loin d'avoir un caractĂšre militaire.
Dans le théùtre latin ce costume caractĂ©rise l'ordre des chevaliers : il y a d'ailleurs des comĂ©dies trabeata. Le port de la trabĂ©e persiste jusque sous le Bas-Empire. Peut-ĂȘtre se confond-elle alors avec la vestis palmata ou picta[2].
Forme
[modifier | modifier le code]La trabée, comme l'indique son étymologie (trabs), était ornée de bandes. Mais nous ignorons comment ces bandes étaient disposées. Suétone distinguait trois sortes de trabées :
- celle qui était consacrée aux dieux, entiÚrement de en pourpre (on remarquera qu'il n'est pas question ici de trabes) ;
- celle des rois, en pourpre, avec une partie blanche (album aliquid)Â ;
- celle des augures, en pourpre et safran (ou écarlate).
Denys d'Halicarnasse nous apprend de plus que la trabĂ©e des Saliens Ă©tait bordĂ©e de pourpre avec des bandes Ă©carlates, et que celle des chevalier, avec les mĂȘmes trabes Ă©carlates, Ă©tait entiĂšrement de pourpre.
Un relief romain du MusĂ©e Pio-Clementino reprĂ©sente une decursio de chevaliers aux obsĂšques d'Antonin le Pieux, et Tacite nous apprend que les chevaliers, en de telles occurrences, revĂȘtaient la trabĂ©e[3]. On peut donc identifier cette trabĂ©e avec le manteau reprĂ©senté : plus court que la toge et agrafĂ©s sur l'Ă©paule droite, c'est une sorte de chlamyde dont la prĂ©sence de l'agrafe semble ĂȘtre caractĂ©ristique. Il est trĂšs probable que la trabĂ©e consulaire ne diffĂ©rait de celle-ci ni pour la forme, ni pour les dimensions.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Trabea », dans Charles Victor Daremberg et Edmond Saglio (dir.), Dictionnaire des AntiquitĂ©s grecques et romaines, 1877-1919 [dĂ©tail de lâĂ©dition] (lire en ligne) (« quelques transcriptions d'articles », sur mediterranees.net)
- Helbig, Toga und Trabea, in Hermes, XXXIX, 1904, p.161-181.
