Unexpected (film)
| Réalisation | Tony Kaye |
|---|---|
| Musique | Venus in Furs de The Velvet Underground |
| Sociétés de production | Tony Kaye Films |
| Pays de production |
|
| Genre | Film publicitaire |
| Sortie | 1993 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Unexpected, également connu sous le titre Tested for the Unexpected, est un film publicitaire britannique réalisé par Tony Kaye pour le fabricant de pneumatiques Dunlop en 1993. Conçu par l'agence Abbott Mead Vickers BBDO (AMV BBDO), il se distingue par son esthétique surréaliste, son traitement expérimental des images et l'utilisation de la chanson Venus in Furs du groupe américain The Velvet Underground[1],[2].
Associant des paysages désertiques, des personnages énigmatiques et des images aux couleurs artificielles, le film rompt avec les représentations traditionnelles de la publicité automobile. Il reçoit plusieurs distinctions professionnelles en 1994, notamment deux Yellow Pencils aux prix D&AD et un Lion d'argent au Festival international de la créativité Cannes Lions[2],[3].
Il figure également dans la sélection des cent meilleures publicités télévisées du XXe siècle établie par le Gunn Report[4].
Synopsis
[modifier | modifier le code]Le film met en scène une automobile traversant une succession de paysages inhabituels, peuplés de personnages et de figures énigmatiques. Le véhicule évolue au milieu d'environnements désertiques dans lesquels se succèdent des apparitions inattendues.
Des personnages masqués, des statues de Bouddha dorées, des explosions et des silhouettes aux apparences étranges composent un univers visuel proche du rêve et du cauchemar. Parmi ces figures apparaît notamment un homme corpulent au corps recouvert d'une peinture argentée[5],[6].
La progression de l'automobile à travers ces situations imprévisibles renvoie au slogan final, Tested for the Unexpected (« Testé pour l'imprévu »), qui associe les caractéristiques des pneumatiques Dunlop à la capacité d'affronter des conditions de conduite inattendues[1].
Genèse et conception
[modifier | modifier le code]Le film est conçu par l'agence londonienne Abbott Mead Vickers BBDO, sous la direction créative de David Abbott. Le projet réunit le directeur artistique Walter Campbell et le concepteur-rédacteur Tom Carty, tandis que la réalisation est confiée à Tony Kaye, par l'intermédiaire de sa société Tony Kaye Films[7],[2].
La démarche créative repose sur une rupturee avec les conventions publicitaires du secteur automobile. Plutôt que de recourir exclusivement à une démonstration technique des performances du produit, le film développe une succession de tableaux visuels insolites.
Dans une analyse publiée par Thinkbox en 2026, le directeur de création Darryl George replace cette démarche dans le contexte de la communication des fabricants de pneumatiques. Selon lui, le recours à un univers surréaliste permet à Dunlop de se distinguer des conventions du secteur et de renforcer la mémorisation de la marque[8].
Réalisation et esthétique visuelle
[modifier | modifier le code]Photographie et postproduction
[modifier | modifier le code]Tony Kaye assure à la fois la réalisation et la direction de la photographie. La production est supervisée par Jenny Selby, le montage est réalisé par Peter Goddard et la postproduction est confiée à la société londonienne The Mill[9].
Le film est initialement tourné en noir et blanc, avant l'ajout de couleurs en postproduction. Cette méthode, alors considérée comme innovante dans le domaine publicitaire, permet de créer des contrastes chromatiques artificiels et de renforcer le caractère irréel des images[2].
L'esthétique du film repose sur une succession de tableaux dont les éléments visuels ne répondent pas toujours à une logique narrative traditionnelle. L'association de figures humaines inquiétantes, de paysages désertiques et d'éléments fantastiques rapproche l'ensemble d'un imaginaire surréaliste.
Dans une rétrospective publiée en 2014, la Marketing Society rapproche notamment l'univers du film de celui du peintre Salvador Dalí, en soulignant la présence d'images de Bouddhas dorés, d'explosions dans le désert et de personnages masqués[5].
Musique
[modifier | modifier le code]La bande sonore utilise Venus in Furs, chanson composée par Lou Reed et enregistrée par le groupe américain The Velvet Underground. Parue en 1967 sur l'album The Velvet Underground and Nico, elle accompagne les images du film et contribue à son atmosphère sombre et inhabituelle[2].
L'utilisation de cette composition, associée à l'univers expérimental du groupe new-yorkais, participe à la singularité du film dans le paysage publicitaire de l'époque.
Dès juin 1993, le journaliste Ben Thompson relève dans The Independent l'utilisation inattendue de Venus in Furs dans une publicité télévisée pour des pneumatiques automobiles, à l'occasion d'un article consacré à la reformation du Velvet Underground[10].
Diffusion et réception
[modifier | modifier le code]Le film est diffusé au Royaume-Uni en 1993. Plusieurs versions sont conservées dans des collections audiovisuelles spécialisées. Le Paley Center for Media répertorie notamment une version de 60 secondes datée du 30 novembre 1993, tandis que le History of Advertising Trust conserve une copie d'une durée de 80 secondes[7],[1].
Son esthétique est remarquée dans la presse professionnelle et dans les rétrospectives consacrées à la création publicitaire britannique.
En 1996, The Independent revient sur le travail du duo formé par Tom Carty et Walter Campbell, en évoquant le film Dunlop parmi leurs réalisations marquantes et en soulignant la contribution de Tony Kaye à sa mise en images[6].
Plusieurs décennies après sa diffusion, le film continue d'être cité par des professionnels de la création. Dans un article publié par le magazine shots en septembre 2024, le directeur de création David Gamble le présente comme l'une des publicités ayant influencé son intérêt pour cette profession. Il souligne notamment son univers visuel déroutant, son traitement cinématographique et l'emploi de la chanson du Velvet Underground[9].
Distinctions
[modifier | modifier le code]Le film reçoit plusieurs récompenses dans les compétitions professionnelle consacrées à la création publicitaire :
Postérité
[modifier | modifier le code]Unexpected demeure régulièrement cité dans les rétrospectives consacrées à l'histoire de la publicité britannique des années 1990.
Le film figure notamment parmi les cent meilleures publicités télévisées du XXe siècle sélectionnées par le Gunn Report. Réalisée à partir d'une initiative lancée en 1995 pour le cinquantième anniversaire de la publicité télévisée, cette sélection est progressivement complétée jusqu'à sa version définitive, établie à la fin des années 1990. Le film Dunlop y est classé dans la catégorie consacrée aux images, à l'art et à l'imaginaire[4].
En 2012, le magazine américain Fast Company le cite parmi les réalisations représentatives du travail de Tony Kaye, à l'occasion du cinquantième anniversaire de D&AD et d'une rétrospective des créatifs et réalisateurs les plus récompensés par l'organisation[11].
Le film est également mentionné dans plusieurs rétrospectives professionnelles, notamment celles de la Marketing Society et de Thinkbox, qui soulignent sa place dans l'évolution des formes visuelles de la publicité télévisée[5],[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 (en) « Dunlop Sp Tyres Commercial: Unexpected », sur History of Advertising Trust (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (en) « 3 great ads: Robert Campbell, BETA », sur The Marketing Society (consulté le )
- 1 2 (en) « Cannes Lions 1994 — Silver Winners », sur AdsSpot (consulté le )
- 1 2 (en) « The 100 Best Commercials of the 20th Century », sur The Gunn Report (consulté le )
- 1 2 3 (en) « Golden brands of 1993 », sur The Marketing Society, (consulté le )
- 1 2 (en) Alex Somerset, « Let's do lunch », The Independent, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) « Dunlop Tires: Unexpected », sur Paley Center for Media (consulté le )
- 1 2 (en) « 3 great ads I had nothing to do with: Darryl George », sur Thinkbox, (consulté le )
- 1 2 (en) shots editorial team, « Inspired thinking; the ads that made me », shots, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Ben Thompson, « Rock / Digging it all again », The Independent, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Louise Jack, « The Best Ads And Creative Talent Of The Last 50 Years, According to Britain's D&AD », Fast Company, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Notice et archive du film sur le site du History of Advertising Trust.
- (en) Fiche du film dans les collections du Paley Center for Media.
- (en) Présentation du film sur Directors' Library.