Villes et campagnes
Chaque Ă©lection rĂ©vĂšle une fracture qui sâaccentue inexorablement entre villes et campagnes. AlimentĂ© par tout un cortĂšge de caricatures, cet antagonisme se prolonge bien au-delĂ des urnes. Pour lâurbain, la ruralitĂ© est au mieux un lieu de villĂ©giature, au pire un espace arriĂ©rĂ© peuplĂ© de ploucs rĂ©actionnaires. Pour le rural, les urbains sont soit des bobos hors sol, soit des banlieusards ensauvagĂ©s. Dans cette guerre des mondes, les enjeux Ă©cologiques viennent souvent exacerber les divergences. Alors quâils pourraient, au contraire, ĂȘtre un levier pour les rĂ©sorber. Dans ce dossier, Fracas explore lâhistoire de cette mise en concurrence des territoires et les intĂ©rĂȘts quâelle sert, mais insiste aussi sur les liens mĂ©taboliques qui rendent la frontiĂšre entre espaces urbains et ruraux moins nette quâon le prĂ©tend souvent, rĂ©vĂ©lant lâexistence de zones hybrides, de brĂšches et dâinterstices qui perturbent et transcendent les clivages. Mais, surtout, qui permettent dâimaginer de nouvelles formes de solidaritĂ© entre les habitant·es dont les modes de vie sont mis en opposition.
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DĂšs les anneÌes 1960, le plateau de Saclay fait face aÌ une urbanisation galopante avec la multiplication dâinfrastructures geÌantes qui grignotent des terres agricoles parmi les plus fertiles dâIÌle-de-France. Mais sur ce territoire sâinventent aussi, depuis peu, de nouveaux liens entre ville et campagne.
Depuis 2022, des épiceries automatiques de la marque Api, garnies de produits Carrefour, fleurissent dans l'Ouest de la France. Sous couvert de revitaliser les campagnes, elles incarnent la nouvelle stratégie de la grande distribution pour conquérir les zones rurales.
Entre Montpellier et la mer, un paysage hybride meÌlant pavillons, parkings et hangars tente aujourdâhui de se reÌinventer. Dans ces espaces se lisent encore les velleÌiteÌs dâun urbanisme neÌ dans les anneÌes 1970, court-termiste, consumeÌriste et penseÌ pour la voiture.
Pour lâessayiste et militant Ă©colo Andreas Malm, la destruction de la Palestine nâest pas le « vestige dâune Ăšre coloniale ». Il sâagit au contraire dâun sombre prĂ©sage pour les populations considĂ©rĂ©es comme sacrifiables ; au nom dâun ordre pĂ©trolier quâil faudrait prĂ©server coĂ»te que coĂ»te.
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