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Ali Haroun

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Ali Haroun
Illustration.
Ali Haroun en 2013.
Fonctions
Membre du Haut ComitĂ© d'État de la RĂ©publique algĂ©rienne dĂ©mocratique et populaire
–
(2 ans et 16 jours)
Président Mohamed Boudiaf
Ali Kafi
Ministre des Droits de l'homme[N 1]
–
(1 an, 1 mois et 1 jour)
Président Chadli Bendjedid
Mohamed Boudiaf
Chef du gouvernement Sid Ahmed Ghozali
Gouvernement Ghozali I et II
Chef de la fédération de France du FLN
–
(4 ans et 4 mois)
Biographie
Nom de naissance Mohamed Ali Haroun
Date de naissance
Lieu de naissance Bir Mourad Raïs (Algérie)
Date de décÚs (à 99 ans)
Sépulture CimetiÚre d'El Alia
Nationalité Algérienne
Parti politique Indépendant
DiplÎmé de Panthéon-Sorbonne
Profession Avocat
Religion Islam

Ali Haroun
Naissance
DécÚs (à 99 ans)
Allégeance FLN
AnnĂ©es de service 1954 – 1962
Commandement Fédération de France du FLN
Conflits Guerre d'Algérie

Ali Haroun (en arabe : Űčلي Ù‡Ű§Ű±ÙˆÙ†), de son nom complet Mohamed Ali Haroun[1], nĂ© le Ă  Bir Mourad RaĂŻs (AlgĂ©rie) et mort le , est un militant nationaliste du FLN, homme politique et avocat algĂ©rien.

AprĂšs des Ă©tudes primaires et secondaires Ă  Alger, Ali Haroun poursuit ses Ă©tudes supĂ©rieures en France, il obtient la licence en droit de PanthĂ©on-Sorbonne, il passe le Certificat d'aptitude Ă  la profession d'avocat (CAPA) et ensuite le doctorat d’État[2].

Engagement dans la guerre d'Algérie

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Ali Haroun rejoint le FLN dĂšs le dĂ©but de l'insurrection de novembre 1954, il est chargĂ© par Mohamed Boudiaf d'Ă©pauler Abane Ramdane pour lancer le journal RĂ©sistance AlgĂ©rienne[3], qui deviendra par la suite El Moudjahid[2]. Il s'est rendu en France Ă  la fin de 1957 et en , il est nommĂ© par le FLN, responsable politique de la FĂ©dĂ©ration de France du FLN[2] et pour l'organisation de la collecte de l'impĂŽt rĂ©volutionnaire auprĂšs des travailleurs algĂ©riens et il mĂšnera le combat sans se faire arrĂȘter jusqu'Ă  la fin de la guerre[4].

Dans l'Algérie indépendante

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À la veille de l'indĂ©pendance, Ali Haroun devient membre du Conseil national de la RĂ©volution algĂ©rienne (CNRA)[2] de 1960 Ă  1962, ensuite Ă©lu dĂ©putĂ© d'Alger Ă  l'assemblĂ©e constituante[2] de 1962 Ă  1963, il Ă©tait parmi les 21 qui ont appelĂ© Ă  ne pas voter pour Ben Bella et sa constitution, sa prise de position l'a poussĂ© Ă  se retirer de la politique. En 1963 il reprit son mĂ©tier d'avocat[2] Ă  la cour d'Alger et Ă  la cour suprĂȘme, il plaide dans plusieurs procĂšs politiques dans les annĂ©es 1960-1970.

Ministre des Droits de l'homme

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AprÚs l'instauration du pluralisme politique en 1989, Ali Haroun participe à la création de la ligue algérienne des droits de l'homme (LADH). Sous l'influence du général Larbi Belkheir, elle a pour objectif de contrer la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), indépendante et non politique, dirigée à l'époque par Me Ali Yahia Abdennour[5]. Le , il est appelé par le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali au poste de ministre délégué aux droits de l'homme[1].

Crise politique de juin 1991

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Lors des Ă©vĂšnements de , plusieurs milliers d'islamistes du Front islamique du salut sont arrĂȘtĂ©s par les forces de l'ordre et internĂ©s pour une durĂ©e allant de quelques semaines Ă  quatre mois. Ali Haroun, soucieux de sa crĂ©dibilitĂ© et de sa mission de ministre dĂ©lĂ©guĂ© aux droits de l'homme, assure que « les prisonniers sont dĂ©fĂ©rĂ©s Ă  la justice, conformĂ©ment au code de procĂ©dure pĂ©nale ». La difficultĂ© pour lui est d'amener l'opinion internationale Ă  croire que le rĂ©gime algĂ©rien agit dans le respect des lois. Le journaliste du quotidien Le Monde[6], Georges Marion, relate qu'Ali Haroun aurait affirmĂ© lors d'une confĂ©rence de presse que les « 1 300 personnes interpellĂ©es[7],[8]sont gardĂ©es dans les prisons de cinq rĂ©gions militaires. »[9],[8]

Interruption du processus électoral et l'appel à Mohamed Boudiaf

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Au lendemain de la victoire Ă©lectorale du premier tour des lĂ©gislatives de 1991 par les islamistes du Front islamique du salut (FIS) avec 188 siĂšges, les gĂ©nĂ©raux « janviĂ©ristes » de l'armĂ©e algĂ©rienne (ANP) dĂ©cident, le d’interrompre le processus Ă©lectoral. Ali Haroun, favorable Ă  cette dĂ©cision, est chargĂ© par les « janviĂ©ristes » de rĂ©diger avec Mohammed Touati la lettre de dĂ©mission du prĂ©sident Chadli Bendjedid.

Appel Ă  Mohamed Boudiaf

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AprÚs la démission de Chadli Bendjedid, il s'avÚre complexe de lui trouver un successeur. Ali Haroun, ainsi que son ami et collÚgue, Aboubakr Belkaid, proposent à Khaled Nezzar de nommer Mohamed Boudiaf à ce poste. Figure historique de la guerre d'indépendance, il vit en exil au Maroc depuis 1962, en désaccord total avec le pouvoir politique algérien. AprÚs un refus catégorique de sa part, il décide finalement de repartir en Algérie, afin d'assurer la présidence du HCE, donc ipso facto, de la République algérienne. Figure ambitieuse et prévoyant de changer radicalement le mode de fonctionnement politique du systÚme algérien, Mohamed Boudiaf sera assassiné six mois aprÚs son investiture, lors d'un congrÚs à Annaba.

À propos de l'assassinat de Mohamed Boudiaf, Ali Haroun dĂ©clare au quotidien Le Soir d'AlgĂ©rie[10] :

« Je me sens en quelque sorte responsable de sa mort en ce sens qu’il m’avait reçu pour discuter de l'Ă©ventualitĂ© de son retour... Pendant des jours, je perdais le sommeil me posant la question sans cesse si j’avais bien fait d’aller le voir Ă  KĂ©nitra. »

Création d'un parti politique

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En 1995, avec Redha Malek, Ali Haroun est l'un des cofondateurs de l'Alliance nationale républicaine (ANR), un parti qui milite pour la démocratie et la laïcité.

Il meurt le [11] et est inhumé au cimetiÚre d'El Alia[12]

  • La 7e Wilaya. La guerre du FLN en France (1954-1962), Seuil, Paris, 1986.
  • L'Ă©tĂ© de la discorde, AlgĂ©rie, Casbah Éditions, Alger, 2000.
  • L'Ă©claircie, Casbah Éditions, Alger, 2011.
  • Le rempart - La suspension des Ă©lections lĂ©gislatives de face Ă  la terreur djihadiste, Casbah Éditions. Alger, 2014.
  • Le Second Front - Écrits et documents de la FĂ©dĂ©ration de France du FLN 1954-1962, Casbah Éditions. Alger, 2021.

Notes et références

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  1. ↑ Ministre dĂ©lĂ©guĂ© aux droits de l'homme jusqu'au .

Références

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  1. 1 2 Décret présidentiel no 91-199 du 18 juin 1991. Journal officiel no 30, 30e année, du 18 juin 1991.
  2. 1 2 3 4 5 6 « Ali Haroun - Sénat » [archive du ], sur www.senat.fr via Internet Archive (consulté le ).
  3. ↑ « Nuages sur la RĂ©volution : Abane au cƓur de la tempĂȘte | Info & ActualitĂ©s depuis 2007 » [archive du ], sur www.tsa-algerie.com via Internet Archive, (consultĂ© le ).
  4. ↑ Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algĂ©riens, L'Harmattan, 1985, (ISBN 2-85802-543-3, Ă©ditĂ© erronĂ©) (BNF 36618638)
  5. ↑ Mohamed Sifaoui : Histoire secrĂšte de l'AlgĂ©rie indĂ©pendante - L’État DRS, nouveau monde Ă©ditions, 2012, (ISBN 2-84736-642-3)
  6. ↑ Le Monde du 5 juillet 1991
  7. ↑ Ce chiffre est largement infĂ©rieur Ă  la rĂ©alitĂ© d'aprĂšs les sources d'Amnesty International
  8. 1 2 Luis MartĂ­nez, La guerre civile en AlgĂ©rie, 1990-1998, Paris, Éditions Karthala, coll. « Recherches internationales », , 429 p. (ISBN 978-2-86537-832-6, prĂ©sentation en ligne)
  9. ↑ Selon Amnesty International, les prisons Ă©tant insuffisantes pour emprisonner tout le monde, des camps furent créés, les dĂ©tenus sont rassemblĂ©s dans les camps d'internement du Sud algĂ©rien
  10. ↑ « Le plus grand mal de l'AlgĂ©rie rĂ©side dans ses dirigeants », interview avec Ali Haroun, rĂ©alisĂ© le 29 janvier 2014 par Le Soir d'AlgĂ©rie.
  11. ↑ « DĂ©cĂšs du moudjahid et ancien membre du Haut ComitĂ© d'Etat, Mohamed Ali Haroun » (consultĂ© le )
  12. ↑ Le moudjahid et ancien membre du Haut ComitĂ© d'Etat Mohamed Ali Haroun inhumĂ© au cimetiĂšre d'El Alia, site aps.dz, 25 octobre 2026.

Liens externes

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