Angoumois
(oc) Engolmés
Drapeau du comté |
Armoiries du comté |
| Statut | Comté, puis Duché-pairie |
|---|---|
| Capitale | AngoulĂȘme |
| Langue(s) | Français, poitevin, saintongeais, occitan (limousin) |
| Religion | Catholicisme |
| Population | - |
|---|---|
| Gentilé | Angoumoisins |
| 866 | Création |
|---|---|
| 1790 | Dissolution |
L'Angoumois est une ancienne province française, qui a pour capitale AngoulĂȘme.
Selon les époques, elle est délimitée, par la Saintonge à l'ouest, le Limousin ou la Marche à l'est, le Poitou au nord, et par le Périgord et la Guyenne au sud. Ses habitants sont les Angoumoisins.
Elle correspond à la partie centrale de l'actuel département de la Charente. Elle comporte également quelques paroisses et enclaves dans l'actuel département des Deux-SÚvres (Pioussay, Hanc et Bouin, issues du marquisat de Ruffec), de la Haute-Vienne (Oradour-sur-Vayres, Cussac, Dournazac, entre autres) ainsi que de la Dordogne (La Tour-Blanche).
Géographie
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Historique
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Cette province est Ă©tablie sur le territoire de la civitas gallo-romaine dont la capitale est Iculisma, l'actuelle AngoulĂȘme[1]. Elle comprend les pays suivants : RuffĂ©cois, Horte et Tardoire et une partie du Confolentais. Lorsque la maison des Valois-AngoulĂȘme accĂšde au trĂŽne de France, elle fait partie de ses possessions, avec le Cognaçais. D'abord placĂ©e sous l'autoritĂ© du comte d'AngoulĂȘme, elle est progressivement intĂ©grĂ©e, Ă partir du XVe siĂšcle, Ă l'administration de la France moderne.
Comme la plupart des autres provinces, ses frontiÚres sont variables, selon que l'on considÚre ses différentes administrations :
- le diocĂšse d'AngoulĂȘme, Ă©rigĂ© dĂšs le IIIe siĂšcle, limitĂ© par ceux de Limoges, de PĂ©rigueux, de Saintes et de Poitiers. Il s'Ă©tend sur quelques paroisses et hameaux de ces derniers. Il ne semble pas avoir Ă©tĂ© remaniĂ©, depuis son premier Ă©tablissement, jusqu'Ă la fin du XVIIIe siĂšcle[2]. L'Ă©vĂȘchĂ© d'AngoulĂȘme Ă©tait suffragant de Bordeaux.
- son gouvernement militaire : aprĂšs avoir fait partie du gouvernement d'OrlĂ©ans, il est augmentĂ© du gouvernement de Saintonge, pour ne faire qu'un seul et mĂȘme gouvernement, le gouvernement d'Angoumois et de Saintonge, comprenant un seul gouverneur, un lieutenant gĂ©nĂ©ral de province, et deux lieutenant du Roi, l'un Ă Saintes, l'autre Ă AngoulĂȘme. Ils commandent dans les affaires relevant du service militaire du roi.
- son gouvernement civil, communĂ©ment appelĂ© province. Dans toute l'Ă©tendue de la province, on y juge selon la coutume d'Angoumois, publiĂ©e le , sous 10 titres contenant 121 articles. C'est le bailliage et sĂ©nĂ©chaussĂ©e[3] d'Angoumois. Ce bailliage et sĂ©nĂ©chaussĂ©e est intĂ©grĂ© au PrĂ©sidial d'AngoulĂȘme lors de sa crĂ©ation en 1551. Ses appels sont jugĂ©s au Parlement de Paris. jusqu'Ă la RĂ©volution, il y a Ă©galement une sĂ©nĂ©chaussĂ©e Ă Cognac. Le prĂ©sidial de Cognac quant Ă lui est supprimĂ© au milieu du XVIIe siĂšcle.
- les gouvernements des deux villes principales : la municipalitĂ© d'AngoulĂȘme, créée en 1204, sous l'autoritĂ© du maire, et la municipalitĂ© de Cognac.
- son administration des finances : elle comprend deux Ă©lections, celle d'AngoulĂȘme, qui dĂ©pend de la gĂ©nĂ©ralitĂ© de Limoges, et celle de Cognac, qui dĂ©pend de la gĂ©nĂ©ralitĂ© de La Rochelle. L'une et l'autre s'Ă©tendent mĂȘme sur des paroisses ou des hameaux qui ne sont pas de cette sĂ©nĂ©chaussĂ©e[4]. En matiĂšre de finance, les appels ressortissaient de la cour des comptes, de la cour des aides et cour des monnaies de Paris. Ă partir de 1710, vient s'ajouter la juridiction consulaire, dont les appels Ă©taient jugĂ©s au parlement.
Dates clés de son histoire :
- Constitution de la citĂ© d'AngoulĂȘme Ă la fin du IVe siĂšcle
- Unification avec le Périgord et l'Agenais au IXe siÚcle et devient un comté en 866
- Au sommet de sa puissance aux Xe et XIe siÚcles (Guillaume III Taillefer et Guillaume IV)
- Le comtĂ© devient l'objet d'une rivalitĂ© entre les dynasties princiĂšres des PlantagenĂȘts et des CapĂ©tiens. Jean sans Terre enlĂšve la toute jeune Isabelle d'AngoulĂȘme, fille unique d'Aymar Taillefer, comte d'AngoulĂȘme, en 1200. Le roi de France, Philippe Auguste, prononce la confiscation de ses biens continentaux (1202) ce qui dĂ©clenche des hostilitĂ©s (Voir notamment Jean dâAngleterre).
- Le comté est intégré au Royaume par Philippe Le Bel en 1308. Il passe aux mains des Anglais en 1360 puis est repris en 1373. Mais les Anglais y resteront épisodiquement jusqu'en 1445[5], en particulier dans les forteresses de La Rochandry et Bouteville.
- l'Angoumois est érigé en duché-pairie en février 1515 par François Ier ; il devient alors un fief royal et domanial, véritable patrimoine des rois.
- AngoulĂȘme obtient le privilĂšge d'UniversitĂ© (1516). DĂ©veloppement de l'industrie papetiĂšre.
- séjour de Jean Calvin chez Louis Dutillet (1533) à Claix.
- 1559 : premiÚres églises protestantes.
- 1576-1588Â : troubles de la ligue, siĂšge d'AngoulĂȘme, siĂšge de Villebois.
- Révoltes paysannes aux XVIe et XVIIe siÚcles (impÎts, misÚre, guerres de religion, révocation de l'édit de Nantes.
- (âŠ)
- fut rattaché à la généralité de Limoges en 1692 dans le but de mieux contrÎler la collecte de l'impÎt.
En littérature
[modifier | modifier le code]Le terme Angoumois reste longtemps employĂ© dans le langage courant. On le retrouve notamment dans les romans d'HonorĂ© de Balzac. L'Angoumois, d'oĂč sont originaires Lucien de RubemprĂ© et Madame de Bargeton est la toile de fond des premiĂšre et troisiĂšme parties de Illusions perdues (1836-1843) et de la premiĂšre partie de Splendeurs et misĂšres des courtisanes (1847)[6].
Linguistique
[modifier | modifier le code]Jusqu'au XIIIe siÚcle l'occitan est parlé partout en Angoumois. La progression du français vers le sud à l'occasion des repeuplements qui font suite à la guerre de Cent Ans, puis son expansion font décliner l'aire de locution de la langue d'oc dans la région au profit d'un parler d'oïl, le poitevin-saintongeais. Actuellement, une grosse moitié occidentale a le saintongeais pour langue régionale tandis que la moitié orientale - dite Charente occitane - conserve l'occitan (dialecte limousin).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â Jean-François Buisson et JosĂ© Gomez de Soto, Les "Ă©colismiens", les santons et les autres. De l'identitĂ© de l'Angoumois celtique et gallo-romain, ou de l'usage contemporain des traditions Ă©rudites erronĂ©es in Dominique Garcia et Florence Verdin (dir.), Terriroires celtiques : Espaces ethniques et territoires des agglomĂ©rations protohistoriques d'Europe occidentale, Ă©ditions Errance, , 420 p. (ISBN 978-2-87772-219-3), p. 256-260.
- â Jean Nanglard, « PouillĂ© historique du diocĂšse d'AngoulĂȘme, t. I », dans Bulletin et mĂ©moires de la sociĂ©tĂ© archĂ©ologique et historique de la Charente, t. II-IV, AngoulĂȘme, imprimerie Chasseignac, 1892-1894, 683 p. (lire en ligne), p. 25PubliĂ© sur trois annĂ©es ; en 1892: p. 1-324, lire en ligne sur Gallica ; en 1893: p. 1-291, lire en ligne sur Gallica ; en 1894: p. 1-66, lire en ligne sur Gallica..
- â Ă noter : on a toujours conservĂ© pour les sĂ©nĂ©chaussĂ©es le nom des provincia romaines, ce qui fait qu'on peut dire que l'Angoumois est une province aussi ancienne que ses voisines.
- â Jean-Hippolyte Michon, Vigier de La Pile et François de Corlieu, Histoire de l'Angoumois. Suivie du recueil en forme d'histoire de ce qui se trouve par Ă©crit de la ville et des comtes d'AngoulĂȘme., Paris, Derache (1846, Laffite reprint 2002), 1576, 1760, 1846, 160 p. (ISBN 2-86276-384-5, lire en ligne).
- â Pierre Dubourg-Noves (dir.), Histoire d'AngoulĂȘme et de ses alentours, Toulouse, Ăditions Privat, coll. « Univers de la France et des pays francophones », , 319 p. (ISBN 2-7089-8246-X, BNF 35072424, prĂ©sentation en ligne), p. 99.
- â Illusions perdues, premiĂšre partie et troisiĂšme partie, Ă©tudes de mĆurs, scĂšnes de la vie de Province, Ă©dition Furne, vol.8, p. 28, 47, 70 et 407-14-71-86 et vol. 11, p. 349.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean-Hippolyte Michon, Vigier de La Pile et François de Corlieu, Histoire de l'Angoumois. Suivie du recueil en forme d'histoire de ce qui se trouve par Ă©crit de la ville et des comtes d'AngoulĂȘme., Paris, Derache (1846, Laffite reprint 2002), 1576, 1760, 1846, 160 p. (ISBN 2-86276-384-5, lire en ligne) ;
- Henri Enjalbert, Aunis, Saintonge, Angoumois, Ăd. Horizons de France, 1967Â ;
- Pierre Dubourg-Noves (dir.), Histoire d'AngoulĂȘme et de ses alentours, Toulouse, Ăditions Privat, coll. « Univers de la France et des pays francophones », , 319 p. (ISBN 2-7089-8246-X, BNF 35072424, prĂ©sentation en ligne) ;
- Jean Combes (dir.) et Michel Luc (dir.), La Charente de la Préhistoire à nos jours (ouvrage collectif), St-Jean-d'Y, Imprimerie Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », , 429 p. (ISBN 2-903504-21-0, BNF 34901024, présentation en ligne) ;
- Engoulesme AngoulĂȘme au fil de l'histoire, Jacqueline LabregĂšre-Baleix, Ă©d. SAJIC, AngoulĂȘme, 1981 ;
- Une rĂ©sidence des comtes dâAngoulĂȘme autour de lâan mil : Le castrum dâAndone (Villejoubert, Charente). Publication des fouilles dâAndrĂ© Debord (1971-1995), Sous la direction de Luc Bourgeois, 2009, 536 pages couleur, (ISBN 978-2-902685-66-0), Publications du CRAHM. (AccĂ©der Ă la page).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :