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Anodisation dure

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L'anodisation dure (appelé parfois éloxage, en Suisse romande) est une technique d'anodisation de l'aluminium qui permet d'obtenir une couche passivante d'alumine de grande épaisseur (de l'ordre de 100 ”m).

Principe de l'anodisation

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L'aluminium prĂ©sente Ă  l'Ă©tat naturel une couche d'alumine superficielle qui le protĂšge de l'oxydation (passivation). Cette couche naturelle, de quelques nanomĂštres d'Ă©paisseur, est sujette Ă  la dĂ©tĂ©rioration. Une meilleure protection de l'aluminium contre la corrosion est obtenue en accroissant l'Ă©paisseur de la couche d'alumine. Cette technique dĂ©jĂ  ancienne est appelĂ©e anodisation. Elle consiste en une Ă©lectrolyse en milieu acide. Dans ce cas, le revĂȘtement n'est pas rĂ©alisĂ© par apport de matiĂšre mais par oxydation contrĂŽlĂ©e du substrat afin de le passiver. On peut distinguer plusieurs types d'anodisation, en fonction de la composition du bain :

  • L'anodisation dite 'dure' avec un bain d'acide sulfurique, permet d'obtenir des Ă©paisseurs comprises entre 30 et 100 ”m. Sa couleur varie du gris au noir. Sa couche permet une bonne rĂ©sistance Ă  l'abrasion et une duretĂ© Ă©levĂ©e de 350 Ă  600 hv 0,1.
  • L'anodisation chromique permet un dĂ©pĂŽt de quelques micromĂštres.
  • L'anodisation sulfurique permet un dĂ©pĂŽt entre 10 et 20 micromĂštres qui se rĂ©partit sur la surface (1/3) et dans la matiĂšre (2/3).
  • L'anodisation phosphorique permet d'obtenir une couche trĂšs adhĂ©rente pour l'application de peintures

Pour améliorer les anodisations, il est possible de modifier la composition des bains. Par exemple, l'ajout d'acide oxalique en milieu sulfurique permet de limiter la dissolution.

Le titane est aussi concernĂ© par ce traitement. Le traitement postĂ©rieur de colmatage confĂšre Ă  la couche ainsi créée une protection anti-corrosion assez importante. Les dĂ©pĂŽts non colmatĂ©s permettent une base d'accrochage avant peinture. Les couches anodisĂ©es peuvent ĂȘtre colorĂ©es avant colmatage.

Mécanismes

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L’anodisation est basĂ©e sur le principe de l’électrolyse de l’eau. Dans une cuve remplie de traitement permettant le processus, c’est-Ă -dire dans un milieu acide tel que l’acide sulfurique, la piĂšce est placĂ©e Ă  l’anode d’un gĂ©nĂ©rateur de courant continu. La cathode du systĂšme est gĂ©nĂ©ralement en plomb (inerte au milieu). Elle peut Ă©galement ĂȘtre en aluminium, dans certaines installations.

Lors de l’électrolyse la couche d’oxyde s’élabore Ă  partir de la surface vers le cƓur du mĂ©tal, contrairement Ă  un dĂ©pĂŽt Ă©lectrolytique. Pour l’aluminium, il se forme une couche d’alumine qui a un pouvoir d’isolant Ă©lectrique. Ainsi le courant n’arrive plus jusqu’au substrat, et il est alors protĂ©gĂ©.

Les réactions sont les suivantes :

  • Ă  la cathode : 2H+ + 2e− → H2
  • Ă  l’anode : Al = 3e− + Al3+ , puis : 2 Al3+ + 3 H2O → Al2O3 + 6 H+
  • Équation bilan : 2 Al + 3 H2O → Al2O3 + 3 H2

Ces rĂ©actions provoquent donc une formation d’une couche d’oxyde d'aluminium, l’alumine qui est un isolant. Le courant n’arrive donc plus vers la couche. C’est pour cette raison qu’il faut utiliser un Ă©lectrolyte qui dissout la couche tel que l’acide sulfurique. On obtient alors des sphĂšres Ă©quipotentielles qui progressent en produisant des structures hexagonales poreuses.

Le processus d’anodisation dĂ©pend de la vitesse de dissolution. En effet :

  • si Vdissolution > Voxydation, on a un dĂ©capage
  • si Vdissolution = Voxydation, on a un polissage Ă©lectrolytique
  • si Vdissolution < Voxydation, on a une anodisation.

La couche d’alumine en anodisation sulfurique se forme vers l’extĂ©rieur Ă  1/3 de la cote initiale et Ă  2/3 de la cote initiale vers l’intĂ©rieur. La coloration s’effectue par imprĂ©gnation du colorant par absorption dans les pores. Le colmatage est la technique permettant l’obturation ou la fermeture des porositĂ©s existantes dans chaque cellule de la couche d’oxyde. Cette obturation est obtenue par transformation de l’alumine constituant la couche anodique, entraĂźnant une dilatation et donc une fermeture progressive des pores. Cette opĂ©ration est rĂ©alisĂ©e en immergeant les piĂšces anodisĂ©es dans l’eau en Ă©bullition pour favoriser la cinĂ©tique de rĂ©action. L’alumine anhydre absorbe des molĂ©cules d’eau et devient une alumine monohydratĂ©e (boehmite). Le colmatage favorise donc une bonne tenue Ă  la corrosion. Dans certaines cas, le colmatage peut Ă©galement se faire dans une solution contenant du bichromate de potassium (amĂ©lioration de la tenue Ă  la corrosion). Pour amĂ©liorer la qualitĂ© du colmatage, il est Ă©galement possible d'effectuer un prĂ©-colmatage pendant quelques minutes dans une solution d'acĂ©tate de nickel. À noter que le colmatage est Ă  Ă©viter en cas d'application de revĂȘtements organiques ou en cas d'imprĂ©gnation au PTFE Ă  la suite du traitement anodique.

Principe de l’anodisation dure

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Elle est caractĂ©risĂ©e par une tempĂ©rature faible : de −5 à 5 °C et l'utilisation d'une densitĂ© de courant Ă©levĂ©e (jusqu'Ă  5 A/dm2). La faible tempĂ©rature de l’électrolyte minimise la dissolution de l’oxyde, ce qui permet d’atteindre des Ă©paisseurs plus importantes qu’en anodisations conventionnelles (de 25 Ă  100 ”m). La dissolution des prĂ©cipitĂ©s est diminuĂ©e d’oĂč leur incorporation dans l’oxyde ; ce dernier possĂšde une coloration plus marquĂ©e que pour une tempĂ©rature de 20 °C. Ainsi la porositĂ© de l’oxyde est plus faible.

Certains types d'alliages (notamment les alliages trÚs cuivreux : série 2000) peuvent présenter une faible aptitude à l'anodisation dure : difficulté d'obtention de grandes épaisseurs.

En anodisation dure (appelĂ©e aussi « oxydation anodique dure » : OAD), le colmatage n'est pas forcĂ©ment nĂ©cessaire et la coloration chimique est trĂšs compliquĂ©e, surtout pour les couches trĂšs compactes. L'agitation du bain doit ĂȘtre trĂšs importante; en effet, il est important d'homogĂ©nĂ©iser la tempĂ©rature du bain et d'Ă©vacuer les calories formĂ©es par effet Joule.

En ce qui concerne les paramÚtres électriques en OAD, le cycle électrique du traitement passe, dans la plupart des cas, par une montée lente en tension suivie d'un palier constant qui peut aller jusqu'à 100 volts (plus généralement 60 volts). Le traitement peut se faire par courant continu, par courant pulsé (diminue les risques de brûlures et économise de l'énergie) ou par courant direct superposé par un courant alternatif (diminue les risques de brûlures, permet le travail avec des plus basses tensions et des températures autour de 10 °C).

Il est important de retirer lentement la piÚce du bain d'OAD pour éviter tout choc thermique.

Le principal inconvénient des couches OAD est leur comportement à la fatigue. Les chutes en fatigue peuvent aller jusqu'à 60 % en OAD, contre 10 % en anodisation chromique et 30 % en anodisation sulfurique simple.

N.B. : la couche se forme Ă  moitiĂ© Ă  l’extĂ©rieur et Ă  moitiĂ© Ă  l’intĂ©rieur pour l’anodisation dure.

Notes et références

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