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Charles de Menditte

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Charles Marc de BerterÚche de Menditte, né le au Pays basque français et mort le à Paris, est un colonel de l'Armée française, surtout connu pour avoir commandé un des derniers combats de la PremiÚre Guerre mondiale, le franchissement de la Meuse les 10 et à Vrigne-Meuse, dans les Ardennes.

Charles Marc de BerterÚche de Menditte appartient à la famille de BerterÚche de Menditte, originaire de la Soule, au Pays basque français.

EntrĂ© Ă  Saint-Cyr en 1892, attirĂ© par l’aventure coloniale, il choisit la LĂ©gion Ă©trangĂšre Ă  sa sortie d’école.

AprĂšs une annĂ©e Ă  Sidi Bel AbbĂšs, il est affectĂ© en Indochine en 1895. Avec ses lĂ©gionnaires, il participe aux opĂ©rations de pacification du Haut-Tonkin et lutte contre les Pavillons noirs chinois. Pendant deux ans, sous l’autoritĂ© du colonel Gallieni et du commandant Lyautey[1], il apprend son mĂ©tier, fait preuve de ses qualitĂ©s d’entraĂźneur d’hommes et connaĂźt le baptĂȘme du feu. En deux ans, il parcourt 2 000 km Ă  pied, Ă  cheval ou en sampan, créé trois postes sur la frontiĂšre entre le Tonkin et la Chine, balise 100 km de nouvelles pistes et borne 50 km de frontiĂšre.

ApprĂ©ciĂ© par ses supĂ©rieurs, Charles de Menditte aurait pu faire carriĂšre dans le sillage de Lyautey. Mais il tenait Ă  sa libertĂ© et relativisait son expĂ©rience indochinoise. Il avait le sentiment que l’épopĂ©e coloniale allait se terminer et surtout que c’était en Europe que les affaires sĂ©rieuses allaient se passer dans les prochaines annĂ©es. Au lieu de repartir outre-mer, il demande donc sa mutation dans l’infanterie mĂ©tropolitaine.

Il est affectĂ© au 8e bataillon de chasseurs Ă  Amiens en 1898, annĂ©e oĂč il se marie avec la sƓur d’un de ses camarades de rĂ©giment. Il connaĂźt ensuite la vie de garnison Ă  Verdun avec le 151e rĂ©giment d'infanterie de 1906 Ă  1910 et Ă  Mont-de-Marsan avec le 34e rĂ©giment d'infanterie de 1910 Ă  1913.

En 1914, il est affectĂ© au 144e rĂ©giment d'infanterie Ă  Bordeaux pour commander une compagnie. En , le 144e R.I. dĂ©barque en Lorraine avant d’ĂȘtre engagĂ© dans une offensive improvisĂ©e sur Charleroi en Belgique qui tourne au dĂ©sastre. Il participe ensuite au coup d’arrĂȘt de Guise sur l’Oise pendant la retraite prĂ©cipitĂ©e des armĂ©es, avant d’ĂȘtre engagĂ© dans l’offensive de la Marne destinĂ©e Ă  repousser les armĂ©es allemandes au-delĂ  de l’Aisne. Le bilan de ces deux mois de guerre a Ă©tĂ© particuliĂšrement lourd pour le rĂ©giment de Bordeaux : 1 940 hommes soit les 2/3 du rĂ©giment ont Ă©tĂ© mis hors de combat, dont 132 hommes appartenaient Ă  sa compagnie. Charles de Menditte est griĂšvement blessĂ© le Ă  Craonne. Autant dire que ce dĂ©but de la guerre a Ă©tĂ© pour lui un drame personnel sur le plan physique et une dĂ©ception sur le plan professionnel. Il va ĂȘtre hospitalisĂ© pendant une annĂ©e avec plus de cinquante Ă©clats d’obus qu’il conserve dans le corps le reste de sa vie[2].

NommĂ© chef de bataillon en 1916, il est alors dĂ©signĂ© pour participer Ă  la mission française en Roumanie dirigĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Berthelot[3]. Pendant dix-huit mois, il est confrontĂ© Ă  un dĂ©fi : former en quelques mois 6 000 officiers selon les mĂ©thodes françaises pour encadrer les unitĂ©s de la nouvelle armĂ©e roumaine. Une mission rĂ©ussie qui lui vaut d’ĂȘtre dĂ©corĂ© de l’Ordre de la Couronne de Roumanie par le roi Ferdinand. Il conseille ensuite le commandement russe pour Ă©viter l’effondrement du front oriental au moment oĂč la guerre est en train de basculer sur le front Ouest en faveur de la France et de ses alliĂ©s. Avec un corps d’armĂ©e russe, il participe Ă  la derniĂšre offensive contre les Allemands sur le front des Carpates en aoĂ»t et .

De retour en France en 1918 aprĂšs une traversĂ©e de la Russie devenue soviĂ©tique, il est affectĂ© au 415e rĂ©giment d'infanterie. Homme d’honneur et de devoir, animĂ© par une volontĂ© et une Ă©nergie peu communes, il reprend un commandement malgrĂ© son handicap physique, Ă  la tĂȘte d’une formation d’infanterie pour participer Ă  la victoire finale. De Mourmelon Ă  Vrigne-Meuse, il participe Ă  la campagne de France. C’est Ă  la tĂȘte du 415e R.I. qu'il commande la derniĂšre opĂ©ration de la guerre 1914-1918. Cette ultime opĂ©ration de franchissement de la Meuse Ă  Dom-le-Mesnil pour conquĂ©rir une tĂȘte de pont dans la rĂ©gion de Vrigne-Meuse, commencĂ©e le au soir, est interrompue le Ă  11 heures du matin par le clairon de l’armistice du soldat Delalucque mettant un terme Ă  la Grande Guerre[2].

«   L’ordre Ă©tait de passer la Meuse, coĂ»te que coĂ»te : le rĂ©giment a passé . ». Cette phrase est extraite du discours qu’il a prononcĂ© lors de l’inauguration du monument de la 163e division d'infanterie Ă  Vrigne-Meuse en . Elle rĂ©sume la mission et la situation. Mais sur le plan national, cette ultime opĂ©ration est restĂ©e confidentielle pendant vingt ans et largement mĂ©connue pendant quatre-vingt dix ans. Comme si cette traversĂ©e de la Meuse et ces derniers combats qui coĂ»tĂšrent la vie Ă  une centaine de soldats - dont Augustin TrĂ©buchon, tuĂ© le Ă  10 heures 50 - n’avait jamais eu lieu. Aujourd’hui, ce fait d’armes est reconnu dans toute la France[4].

Charles de Menditte n’a cependant pas eu l’honneur de participer au dĂ©filĂ© de la Victoire sur les Champs-ÉlysĂ©es le . Ce jour-lĂ , il dĂ©file Ă  Beyrouth Ă  la tĂȘte d’un bataillon du 415e R.I. Il est dĂ©signĂ© pour prendre le commandement de la premiĂšre formation des Troupes du Levant envoyĂ©es en Syrie pour relever les Anglais dans cette rĂ©gion confiĂ©e Ă  la France[2]. Sous l’autoritĂ© du gĂ©nĂ©ral Gouraud, il participe aux opĂ©rations contre les troupes de l’émir Fayçal et Ă  la conquĂȘte de Damas. En 1920, il regagne Bordeaux oĂč il retrouve sa famille aprĂšs six annĂ©es de guerre. Il retrouve aussi le 144e rĂ©giment d'infanterie dont il prend les fonctions de commandant en second jusqu’en 1922. AprĂšs une derniĂšre affectation Ă  Coblence en Allemagne, il prend sa retraite comme colonel en 1926, et se retire Ă  Abense-de-Haut dans sa propriĂ©tĂ© du Pays basque.

En , ayant tenu Ă  assister Ă  Paris aux obsĂšques nationales du marĂ©chal Joffre, l’homme qui lui avait redonnĂ© confiance dans les capacitĂ©s offensives de la France, il attrape froid lors des cĂ©rĂ©monies militaires et meurt Ă  Paris le , Ă  62 ans.

Distinctions

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Notes et références

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  1. ↑ Fabrice Borowczyk, « Une rue au nom de Charles de Menditte », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  2. 1 2 3 GĂ©rard Courtois, « 11 novembre 1918 : Les soldats mĂ©connus de Vrigne-Meuse », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. ↑ Olivier Lahaie, « Alain Fauveau, Le vagabond de la Grande Guerre. Souvenirs de la guerre 1914-1918 de Charles de BerterĂšche de Menditte, officier d’infanterie » », Revue historique des armĂ©es, no 254,‎ (lire en ligne)
  4. ↑ Alain Fauveau, « Le dernier combat : Vrigne-Meuse, 10 et 11 novembre 1918 », Revue historique des armĂ©es, no 251,‎ 2008,, p. 18-34 (lire en ligne)
  5. ↑ Base LĂ©onore

Bibliographie

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  • Charles de Menditte et Philippe Guyot, La vie militaire dans le Haut-Tonkin : Ă  travers les Ă©crits du lieutenant Charles de Menditte, Vincennes, Service historique de l'armĂ©e de terre, , 182 p. (ISBN 2-86323-148-0, prĂ©sentation en ligne)
  • Alain Fauveau, Le vagabond de la Grande Guerre, souvenirs de la Guerre 1914-1918 de Charles de BerterĂšche de Menditte, officier d'infanterie, La CrĂšche, Geste Ă©ditions, , 301 p. (ISBN 978-2-84561-404-8)

Articles connexes

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Liens externes

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