Eric Kierans
| Eric Kierans | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député à la Chambre des communes | |
| â (4Â ans, 4Â mois et 4Â jours) |
|
| Circonscription | Duvernay |
| Prédécesseur | Nouvelle circonscription |
| Successeur | Yves Demers |
| Ministre des Communications | |
| â (2Â ans et 27Â jours) |
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| Premier ministre | Pierre Elliot Trudeau |
| Prédécesseur | Premier titulaire |
| Successeur | Jean-Pierre CÎté (Intérim) |
| Ministre des Postes | |
| â (2Â ans, 9Â mois et 22Â jours) |
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| Premier ministre | Pierre Elliot Trudeau |
| Prédécesseur | Jean-Pierre CÎté |
| Successeur | Jean-Pierre CÎté |
| Député à l'Assemblée législative du Québec | |
| â (1Â an, 11Â mois et 26Â jours) |
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| Circonscription | Notre-Dame-de-GrĂące |
| Prédécesseur | Nouvelle circonscription |
| Successeur | William Tetley |
| â (2Â ans, 8Â mois et 11Â jours) |
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| Circonscription | MontrĂ©alâNotre-Dame-de-GrĂące |
| Prédécesseur | Paul Earl |
| Successeur | Circonscription abolie |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Eric William Kierans |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Montréal (Canada) |
| Date de décÚs | (à 90 ans) |
| Lieu de décÚs | Montréal (Canada) |
| Sépulture | CimetiÚre Notre-Dame-des-Neiges |
| Nationalité | Canadienne |
| Parti politique | Parti libéral du Québec Parti libéral du Canada Nouveau Parti démocratique |
| Conjoint | Catherine Whalen |
| Enfants | 2 |
| Profession | Ăconomiste Homme d'affaires |
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Eric William Kierans (MontrĂ©al, â MontrĂ©al, ) est un Ă©conomiste, homme d'affaires et homme politique quĂ©bĂ©cois. Il a Ă©tĂ© ministre dans le gouvernement de Jean Lesage entre 1963 et 1966 et ministre fĂ©dĂ©ral dans le cabinet de Pierre-Elliott Trudeau, entre 1968 et 1971.
Biographie
[modifier | modifier le code]Né le de Hugh Kierans, électricien d'ascendance irlandaise[1], et de Lena Schmidt, une domestique d'origine allemande, il grandit dans le quartier ouvrier de Saint-Henri[2]. De 1927 à 1935, il fréquente le CollÚge Loyola de Montréal[3]. Il poursuit des études d'économie à l'Université McGill de Montréal puis décroche différents emplois dans le domaine des ventes. Kierans fonde la société Canadian Adhesives en 1946, qu'il dirigera jusqu'en 1960[4]. En 1952, il achÚte une compagnie aux prises avec de graves difficultés financiÚres, la Hygiene Products Ltd, pour la somme de 25 000 CAD. Il remet l'entreprise sur pied et la revend, 8 ans plus tard, ce qui lui permettra d'empocher un profit dix fois supérieur au prix d'achat et fera de lui un millionnaire[1].
ParallĂšlement Ă sa carriĂšre de dirigeant d'entreprises, Kierans se consacre Ă l'enseignement du commerce et de la finance Ă l'UniversitĂ© McGill. Il dirige l'Ăcole de commerce de cette universitĂ© montrĂ©alaise, de 1952 jusqu'Ă sa nomination Ă la prĂ©sidence de la Bourse de MontrĂ©al et de la Bourse canadienne, en 1960[4].
Pendant les trois années qu'il passe à la direction de la place financiÚre montréalaise, Kierans permet l'usage du français et accorde aux Juifs le droit de travailler sur le parquet[5]. Il participe également aux pourparlers qui entourent certaines des premiÚres réformes de la Révolution tranquille. Surnommé le "millionaire socialiste", il a joué un rÎle dans le montage financier permettant à Hydro-Québec de passer outre au syndicat financier qui avait la mainmise sur les emprunts du gouvernement québécois et de nationaliser 11 compagnies privées d'électricité en 1963[6],[7].
Ministre dans le gouvernement Lesage
[modifier | modifier le code]Malgré sa situation de premier plan dans le monde des affaires, Kierans brûle d'aller faire de la politique. Durant la campagne électorale fédérale de l'hiver 1963, il prononce un discours remarqué dans lequel il reproche au chef du Crédit social, Réal Caouette de proposer des politiques qui augmenteraient l'inflation et diminueraient les avoirs des ménages[8].
Le dĂ©cĂšs, en mai du ministre du Revenu et dĂ©putĂ© de MontrĂ©alâNotre-Dame-de-GrĂące, Paul Earl, offre une occasion pour le premier ministre Lesage, Ă la recherche d'un homme capable de stimuler les recettes fiscales pour payer les programmes coĂ»teux mis en place depuis le dĂ©but de la RĂ©volution tranquille[8]. Le , Kierans est nommĂ© ministre du Revenu et le nouveau ministre se porte immĂ©diatement candidat du Parti libĂ©ral du QuĂ©bec Ă l'Ă©lection partielle destinĂ©e Ă pourvoir le poste vacant. Kierans est facilement Ă©lu, le .
KeynĂ©sien confirmĂ© et pugnace[1], Kierans s'inscrit, avec RenĂ© LĂ©vesque et Paul GĂ©rin-Lajoie, dans la faction la plus activiste du cabinet, ceux qu'on appelle les « enfants terribles » du gouvernement Lesage[6]. Et comme c'est le cas avec LĂ©vesque, le franc-parler de Kierans fait rĂ©guliĂšrement la manchette. Ă la fin 1965, Kierans Ă©crit aux secrĂ©taires amĂ©ricains du TrĂ©sor et du Commerce pour dĂ©noncer une nouvelle politique de l'administration du prĂ©sident Johnson, qui demandait aux multinationales amĂ©ricaines de rĂ©duire leurs investissements Ă l'Ă©tranger. Rendue publique, la lettre de Kierans a suscitĂ© une controverse dans les journaux, Ă Ottawa â oĂč elle rendit furieux Louis Rasminsky, gouverneur de la Banque du Canada â, et en Floride, oĂč le premier ministre Lesage s'Ă©tait rendu pour prendre quelques jours de vacances[9].
Le , Lesage mute Kierans et LĂ©vesque Ă des portefeuilles Ă vocation sociale ; Kierans ira au ministĂšre de la SantĂ© alors que LĂ©vesque deviendra ministre de la Famille et du Bien-ĂȘtre social. Le nouveau ministre de la SantĂ© occupe son poste jusqu'Ă la dĂ©faite du parti libĂ©ral Ă l'Ă©lection gĂ©nĂ©rale quĂ©bĂ©coise de 1966. Bien que réélu dans la nouvelle circonscription de Notre-Dame-de-GrĂące, Kierans siĂšge maintenant du cĂŽtĂ© de l'Opposition.
L'aile activiste du parti, basĂ©e Ă MontrĂ©al, est secouĂ©e par la dĂ©faite de 1966. Ils organisent une campagne pour faire Ă©lire Kierans, Marc BriĂšre et Philippe Casgrain Ă la tĂȘte de l'organisation libĂ©rale provinciale. Kierans est Ă©lu et prĂ©side le parti. Cependant, la relation entre LĂ©vesque et Kierans se dĂ©tĂ©riore et le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration rompt avec LĂ©vesque sur la question de la souverainetĂ©-association[2]. Le , il prend la direction des forces anti-LĂ©vesque lors de la rĂ©union qui discute de la question et qui incitera le futur premier ministre Ă quitter la salle et le parti en guise de protestation[10].
Ministre dans le gouvernement Trudeau
[modifier | modifier le code]Une fois la poussiÚre retombée, les ambitions de Kierans le tournent vers Ottawa. Il se porte candidat à la succession de Lester B. Pearson à la direction du parti libéral fédéral. Sa campagne échoue et il ne recueille que 103 des 2 390 délégués au congrÚs à la direction, le . Il décide néanmoins de se porter candidat du PLC dans la circonscription de Duvernay à Laval à l'élection fédérale de 1968. Il défait le professeur de droit et candidat-vedette du Nouveau Parti démocratique, Robert Cliche, qui recevait l'assistance de nombreux militants du Mouvement Souveraineté-Association de René Lévesque[11], et devient député fédéral le . Plusieurs auteurs estiment que les scÚnes de violence survenues la veille de l'élection, lors de la parade de la Saint-Jean-Baptiste, ont eu une influence sur le verdict des électeurs[1],[11].
Le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau le nomme Ă son conseil des ministres, d'abord comme ministre des Postes, oĂč les convictions de l'« homme de gauche »[1] furent mises Ă rude Ă©preuve au cours d'un conflit de travail des postiers. Un an plus tard, il devient le premier titulaire du ministĂšre des Communications du Canada.
Partisan d'une politique de plein emploi et d'un meilleur contrÎle du gouvernement canadien sur la propriété des ressources naturelles[2], Kierans est de plus en plus mal à l'aise avec les politiques du gouvernement. Les différences d'approche apparaissent assez rapidement. Kierans démissionne de son poste ministériel le , en raison d'un différend sur la politique économique de Trudeau[1].
« Si le Canada est appelĂ© Ă devenir une force industrielle dans les annĂ©es 80, nous devons nous prĂ©parer dĂšs maintenant Ă retenir nos ressources et Ă choisir les secteurs oĂč nous pouvons faire face Ă la compĂ©tition internationale et Ă gĂ©rer et investir dans ses ressources physiques et humaines de façon Ă tenir le bon bout »[12], dĂ©clare-t-il en annonçant sa dĂ©mission. Il ne se reprĂ©sentera pas lors de l'Ă©lection fĂ©dĂ©rale de 1972[4].
Consultant et commentateur
[modifier | modifier le code]AprÚs son départ de la politique active, Kierans retourne à l'enseignement et se rapproche des positions du NPD. Il signe la préface d'un livre du chef néo-démocrate David Lewis et accepte un mandat de conseiller économique du gouvernement néo-démocrate du Manitoba, en . Le rapport de Kierans, publié l'année suivante, recommande au gouvernement manitobain de prendre le contrÎle des ressources miniÚres dans la province, ce qui soulÚve l'ire de l'industrie[1].
Il demeurera professeur de commerce et de finance à l'université McGill jusqu'en 1980. Demeurant en bons termes avec René Lévesque malgré leurs différends sur la question nationale québécoise[2], Kierans accepte de siéger à des conseils d'administration de sociétés publiques, comme l'entreprise sidérurgique Sidbec en 1978 et la Caisse de dépÎt et placement, en 1979[4]. Le , il démissionne de son poste à la Caisse de dépÎt, en accusant Jacques Parizeau de vouloir en « siphonner les fonds » pour éponger le déficit du gouvernement[1].
Kierans quitte ensuite le Québec et s'établit temporairement à Halifax. Il enseigne l'économie à l'Université Dalhousie en 1983 et 1984[4],[1]. Il devient également commentateur politique, intervenant au micro de Peter Gzowski à la radio anglaise de la CBC. Entre 1982 et 1997, il participe à un panel diffusé chaque semaine dans le cadre de l'émission Morningside, en compagnie du conservateur Dalton Camp et du néo-démocrate Stephen Lewis[13]. Il publie deux livres en collaboration avec son ami, le journaliste canadien Walter Stewart : The Wrong End of the Rainbow: The Collapse of Free Enterprise in Canada en 1988 et ses mémoires, Remembering, en 2001. Il est nommé officier de l'Ordre du Canada le [14].
Il a été marié pendant 65 ans à Catherine Whalen, décédée en 2003[2]. Le couple a deux enfants : Thomas et Catherine[1]. Eric William Kierans meurt des suites d'une longue maladie, le [7]. Il est inhumé au cimetiÚre Notre-Dame-des-Neiges de Montréal[4].
Ćuvres
[modifier | modifier le code]- Eric W. Kierans, Le Canada vu par Kierans, MontrĂ©al, Ăditions du Jour, , 158 p. (BNF 33062600)
- (en) Eric W. Kierans, Challenge of confidence : Kierans on Canada, Toronto, McClelland and Stewart, , 125 p.
- (en) Eric Kierans et Walter Stewart, Wrong End of the Rainbow : The Collapse of Free Enterprise in Canada, Toronto, Collins, , 232 p. (ISBN 0-00-217834-6).
- (en) Eric Kierans et Walter Stewart, Remembering, Toronto, Stoddart, , 288Â p. (ISBNÂ 0-7737-3288-8).
Archives
[modifier | modifier le code]Il y a un fonds d'archives Eric William Kierans Ă BibliothĂšque et Archives Canada[15].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Donn Downey, « Eric Kierans, 90 », The Globe and Mail,â (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 (en) Graham Fraser, « Eric Kierans, 90: Politician respected for candour », Toronto Star,â (lire en ligne)
- â Remembering, Eric Kierans (with Walter Stewart), Stoddart, 2001, p. 6-18.
- 1 2 3 4 5 6 Assemblée nationale du Québec, « Eric William Kierans (1914-2004) », (consulté le ).
- â (en) « Eric Kierans, 90, Canadian Politician », The New York Times,â , A21 (lire en ligne)
- 1 2 Dale C. Thomson, Jean Lesage et la RĂ©volution tranquille, Saint-Laurent, Ăditions du TrĂ©carrĂ©, , 615 p. (ISBN 2-89249-106-1), p. 309.
- 1 2 Norman Delisle, « Eric Kierans (1914-2004) : Le QuĂ©bec perd un autre artisan de la RĂ©volution tranquille », Le Devoir,â , p. 2
- 1 2 Dale C. Thomson, op. cit., p. 180-193
- â Dale C. Thomson, op. cit., p. 193.
- â Dale C. Thomson, op. cit., p. 563-565.
- 1 2 Charles Taylor, Leader du NPD-Québec, Robert Cliche, Montréal, Les Quinze, , 188 p. (ISBN 2-89026-221-9), p. 67-87
- â JoĂ«l Tremblay et Eve Morin Desrosiers, « 29 avril 1971 - Annonce du dĂ©part d'Eric Kierans du cabinet du premier ministre Pierre Elliott Trudeau », sur Bilan du siĂšcle, UniversitĂ© de Sherbrooke, (consultĂ© le )
- â (en) Canadian Broadcasting Corporation, « Eric Kierans: Timeline », sur CBC News, (consultĂ© le )
- â Ordre du Canada, « Eric William Kierans, P.C., O.C., B.A., LL.D. », Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada, (consultĂ© le )
- â « Fonds Eric William Kierans, BibliothĂšque et Archives Canada » (consultĂ© le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressource relative à la musique :
- Ăconomiste quĂ©bĂ©cois
- Ministre du Revenu du Québec
- Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec
- Député du Parti libéral du Québec à l'Assemblée nationale
- Député fédéral canadien provenant du Québec
- Député du Parti libéral du Canada
- Candidat à la direction du Parti libéral du Canada
- Ătudiant de l'UniversitĂ© McGill
- Professeur à l'Université McGill
- Professeur à l'Université Dalhousie
- Officier de l'Ordre du Canada
- Naissance à Montréal
- Naissance en février 1914
- DécÚs en mai 2004
- DécÚs à Montréal
- DécÚs à 90 ans
- Docteur honoris causa de l'Université Concordia
- Personnalité inhumée au cimetiÚre Notre-Dame-des-Neiges
- Ăconomiste canadien du XXe siĂšcle
- Ătudiant du CollĂšge Loyola (MontrĂ©al)