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Gabriel Garran

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Gabriel Garran
Photographie de Gabriel Garran par Fernand Michaud en 1986
Gabriel Garran en 1986 au Festival d'Avignon, photographie de Fernand Michaud.
Biographie
Naissance
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Gabriel GersztenkornVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Gabriel Garran est un metteur en scène et directeur de théâtre français, né le à Paris et mort le dans la même ville. Il a fondé en 1965 le Théâtre de la Commune à Aubervilliers qu'il dirige jusqu'en 1975 et en 1985 le Théâtre International de Langue Française (TILF) qu'il dirige jusqu'en 2004.

Un enfant juif sous l'occupation

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Gabriel Gersztenkorn est le fils de Pejsach Gersztenkorn et de Myriam Katz, un couple de Juifs polonais qui ont émigré en France durant les années 1920. Son père est tricoteur à façon et ses parents possédent un petit atelier rue de la Mare, dans le quartier ouvrier de Ménilmontant, où Gabriel grandit. Plus tard, la famille déménage pour s'installer rue François-Miron, dans le quartier du Marais[1].

Élève brillant, Gabriel accède en au collège Turgot, en section littéraire. Mais peu après la rentrée scolaire, à la suite de la mise en place de la politique antisémite du régime de Vichy, Gabriel Garran et six autres enfants juifs de sa classe sont exclus de la section littéraire pour être réorientés de force dans la section commerciale[2].

Le , Pejsach Gersztenkorn, le père de Gabriel, fait partie des premiers Juifs raflés de Paris. Emprisonné au camp de Pithiviers, il meurt en déportation au camp d'extermination d'Auschwitz[2],[3].

Le , sa mère échappe de peu à la rafle du Vél' d'Hiv'[1].

Gabriel, qui a treize ans, et sa jeune sœur Jeanne sont cachés à Fontenay-sous-Bois au sein d'une famille d'antifascistes italiens. Puis Gabriel, sa mère, sa sœur, ses deux tantes et son petit cousin entrent dans la clandestinité ; ils passent secrètement la ligne de démarcation et commencent un périple à travers la zone libre[2], que Gabriel Garran raconte dans son roman autobiographique Géographie française publié en 2014[4].

Le théâtre

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Après-guerre, Gabriel Garran débute au théâtre par le biais de l'animation, où jeune animateur, il dirige les répétitions du groupe Espoir, mais ne se dit pas encore metteur en scène. Puis il s'inscrit à l'école du Vieux Colombier de Tania Balachova où il met en espace des lectures spectacles.

Gabriel Garran franchit le pas, il vend son appartement, fonde sa première compagnie, Théâtre Contemporain, et s'installe quelques mois au Théâtre du Tertre, avec On ne meurt pas à Corinthe de Robert Merle et Vassa Geleznova de Maxime Gorki[1].

Le fondateur du Théâtre de la Commune

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Gabriel Garran rédige un projet d'implantation d'un « théâtre populaire » aux portes de Paris. Dès 1961 à Aubervilliers dans la Seine-Saint-Denis, il organise un festival qui se déroule dans le gymnase municipal jusqu'en 1964[2]. Avec l'aide de Jack Ralite, maire-adjoint d'Aubervilliers, il fonde le théâtre de la Commune d'Aubervilliers. La salle des fêtes est choisie pour accueillir le théâtre qui ouvre ses portes le [3].

En 1971, le Théâtre de la Commune, premier théâtre permanent en banlieue et de radicalité contemporaine (Garran y a mis en scène 65 pièces inédites sur les 83 œuvres qu'il a mises en scène[5]) est promu centre dramatique national. N'étant pas reconduit dans ses fonctions de directeur, Gabriel Garran quitte Aubervilliers et fonde en 1985 le Théâtre international de langue française, TILF, qu'il dirige jusqu'en 2005[3]. Le TILF, qui a pour mission de créer un répertoire reflétant la diversité des écritures théâtrales de langue française dans le monde[5], est un théâtre nomade qui se produit dans des lieux différents : Centre Georges Pompidou, théâtre national de Chaillot, MC93 Bobigny, théâtre de la Tempête, théâtre des Bouffes-du-Nord, et dans des festivals en France et à l'étranger[6].

En 1993, le TILF s’installe sur le Parc de la Villette au Pavillon du Charolais. Gabriel Garran lui donne pour mission de créer un répertoire reflétant la diversité des trajectoires de la langue française à travers le monde. Des auteurs d'Afrique Noire, du Maghreb et du Québec seront révélés au public français[3],[5].

En 2005, Gabriel Garran quitte le TILF[7] où son administratrice Valérie Baran lui succède[8] ; il fonde le Parloir Contemporain[5] avec pour axe continu la recherche contemporaine, francophone et féminine et pour objectif le point de rencontre entre littérature, théâtre et poésie.

En , il est renversé par un deux-roues en sortant du Théâtre de la Ville[3]. Sorti du coma, il met plusieurs mois à se remettre de ses multiples fractures.

Le , il est l'invité de Frédéric Mitterrand sur France Inter, à l'occasion de la parution de son récit autobiographique Géographie française[9].

Gabriel Garran meurt à Paris le à l'âge de 95 ans[10],[2].

Toutes les archives de Gabriel Garran concernant la création et la vie du TILF sont conservées à la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges[11].

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données Les Archives du spectacle.

Metteur en scène

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Théâtre de la Commune, Aubervilliers

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  • 1970 : Comment Monsieur Mockinpott fut libéré de ses tourments de Peter Weiss, Maison de la Culture de Grenoble.

Parloir Contemporain

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reprise en 2010 au Théâtre de la Commune, Aubervilliers.

Filmographie

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Assistant réalisateur

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Réalisateur

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Publication

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Notes et références

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  1. 1 2 3 Jean-Pierre Léonardini, « Disparition. Gabriel Garran, un poète qui a épousé la scène », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 Brigitte Salino, « La mort de Gabriel Garran, créateur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. 1 2 3 4 5 Gilda Bittoun, « Garran Gabriel », dans Le Maitron, (lire en ligne).
  4. ↑ Natalie Levisalles, « Fuite française », Libération,‎ (lire en ligne).
  5. 1 2 3 4 Évelyne Ertel 2008.
  6. ↑ André Videau, « Le TILF : Théâtre international de langue française », Hommes et Migrations, no 1150,‎ , p. 64-65 (lire en ligne Accès libre).
  7. ↑ Marc Laumonier, « Fini la francophonie de Garran », Libération,‎ (lire en ligne).
  8. ↑ Marc Laumonier, « Une transition en douceur », Libération,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ « Gabriel Garran, un enfant sous l'occupation du 11 février 2014 - France Inter », sur www.franceinter.fr (consulté le ).
  10. ↑ « Gabriel Garran, fondateur du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, est mort à l’âge de 95 ans », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ « Gabriel Garran : Théâtre international de langue française », sur Catalogue collectif de France.
  12. ↑ « On ne meurt plus à Corinthe de Robert Merle au Théâtre du Tertre », le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. ↑ « Gorki au Théâtre du Tertre », le Monde,‎ (lire en ligne).
  14. ↑ C. F., « Les Chiens à Aubervilliers », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. ↑ Nicole Zand, « Le Théâtre de la Commune fait preuve d'une belle vitalité », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  16. ↑ Serge Ganzl sur data.bnf.fr
  17. ↑ Martin Even, « Gabriel Garran et Le Rire du fou », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  18. ↑ Michel Cournot, « Noce, à Aubervilliers. Une longue débauche », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  19. ↑ C. de B., « L'Homme gris à Bobigny », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  20. ↑ « Au Théâtre Tristan-Bernard. Un festival de paroles africaines », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. ↑ André Videau, « Les jours se traînent... les nuits aussi, de Léandre-Alain Baker. Mise en scène de Gabriel Garran dans le cadre du Théâtre international de langue française (TILF) au Studio des Champs-Elysées à Paris », Hommes et Migrations, no 1150 « Les chrétiens et l'immigration. Mélanges en hommage au père Jacques Ghys »,‎ , p. 66 (lire en ligne Accès libre).
  22. ↑ André Videau, « Ahmed Bouffetout, la gamelle et les fourchettes avec, de Yakoub. Mise en scène de Gabriel Garran », Hommes et Migrations, no 1186 « Rhône-Alpes. Un carrefour Nord-Sud »,‎ , p. 54-55 (lire en ligne).
  23. ↑ « Rappelle-toi », sur Allociné.

Bibliographie

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  • Dominique Darzacq, « Gabriel Garran », dans Jean-Claude Penchenat (dir.), Missions d'artistes : les centres dramatiques de 1946 a nos jours, Paris, Éditions théâtrales, (ISBN 2-84260-222-6), p. 168-169.
  • Évelyne Ertel, « Garran Gabriel », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 603-604.
  • Daniel Urrutiaguer, « Les visions d’un théâtre populaire à Aubervilliers sous les directions de Gabriel Garran et de Didier Bezace », L’Annuaire théâtral, no 49,‎ , p. 93-111 (lire en ligne Accès libre [PDF]).

Liens externes

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