Henri-Paul Nénot
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Paul Nenot |
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Académie des beaux-arts Société des artistes français Société centrale des architectes français (d) |
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Henri-Paul Nénot, né le à Paris 5e et mort le à Viriat, est un architecte français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Très tôt intéressé par l'architecture, Henri-Paul Nénot entre aux Beaux-Arts à quinze ans. Il y étudie jusqu'au déclenchement de la guerre de 1870[1]. Engagé volontaire dans les Francs-Tireurs de la Presse, il s'y distingue par sa bravoure et gagne une médaille militaire[1],[2].
Après une première formation dans un atelier d'architecture privé, Henri-Paul Nénot entre dans l'atelier de Charles-Auguste Questel à l'École nationale supérieure des beaux-arts puis dans celui de Jean-Louis Pascal son successeur à partir de 1872. Il commence rapidement à travailler dans des ateliers d'architectes en parallèle, notamment dans celui de Charles Garnier, qui le soutiendra au début de sa carrière. Cela ne l'empêche pas de remporter le grand prix de Rome en 1877 pour le sujet : Un athénée pour une grande capitale. Il réside à la villa Médicis à Rome du au après avoir remporté la 3e médaille au salon l'année précédente et avant la seconde médaille en 1883[2].
Il entame alors une carrière officielle d’architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux, répondant à de nombreuses commandes prestigieuses. Il est nommé architecte de la Sorbonne qui reste sa grande œuvre. Théobald Chartran l'a d'ailleurs représenté dans sa grande fresque de l'histoire des sciences dans le grand escalier de la Sorbonne. Aimant beaucoup les sculpteurs et les peintres, il parvient, presque de force, à faire agréer, malgré l'opposition très vive de l’Institut, Puvis de Chavannes pour la décoration du grand amphithéâtre de cet établissement[3]. D’ailleurs, très lié avec Auguste Rodin, il a dessiné pour lui le piédestal de la statue du Penseur[3].
Il a également réalisé d'autres bâtiments universitaires à Paris, comme les bâtiments provisoires de l'Institut de la chimie et celui de la physiologie (1884), la faculté de sciences (1895) et la bibliothèque de l'École des chartes (1900)[2]. De 1886 à 1888, il réalise l'aménagement de la bibliothèque de Sciences Po au 25, rue Saint-Guillaume, dans l'hôtel d'Eaubonne[4]. Il a réalisé par ailleurs un certain nombre de bâtiments privés, administratifs ou résidentiels.
En 1889, il participe au jury du concours pour le palais de Rumine à Lausanne aux côtés de Georg Lusius (alors professeur à l'ETHZ), Ludwig Hoffmann (architecte du Reichsgerichtsgebäude), Abraham Hirsch (alors architecte en chef de la ville de Lyon), l'architecte Hans Auer , Samuel Cuénoud (syndic de Lausanne)[5].
En , il est classé premier du concours pour l'édification du monument à Victor-Emmanuel II et à l'unité italienne à Rome mais, comme il n'est pas italien, il est éliminé et c'est finalement le projet de Giuseppe Sacconi qui est choisi[6],[2].
Il est élu en 1895 à l’Académie des beaux-arts, au 5e fauteuil de la section architecture.
En 1904, il est choisi par la Fondation Rothschild, Gaston Griolet, Henri Monod et Jules Siegfried pour mener à bien la construction d'un premier ensemble de bâtiments d'habitations destiné aux ouvriers, rue de Prague à Paris[7].
Il préside la Société des architectes français[8] et la Société nationale des médaillés militaires[9]. Il a été membre de la Société des artistes français, de la Société centrale des architectes et de l'Académie des Beaux-Arts[10].
Il est membre du jury des Grands Palais en 1896 et du jury d'admission à l'école d'architecture en 1900.
Retenu pour réaliser le palais de la Société des Nations à Genève, il est nommé directeur général des travaux et président du comité des architectes. Rentrant de Genève, où la construction du Palais des Nations était complètement achevée depuis un semestre et qu’on terminait l'ameublement des salles et des bureaux[3], à son son domicile parisien du 26, rue Guynemer[11], sa voiture conduite par le chauffeur René Loubet[a], ayant voulu doubler, à Viriat, route de Chalon[13], une autre voiture, quand, par suite d'un coup de frein malencontreux, le conducteur, gêné, a freiné, ce qui provoqué une embardée sur l'accotement de la route de l’automobile, qui s’est fracassée contre un arbre, avant de venir se jeter contre le mur d'une propriété voisine. L’architecte et son infirmière anglaise Miss Feyl[b], qui se trouvaient à l'arrière, ont été tués sur le coup, tandis que son épouse, qui se trouvait à côté du chauffeur, était relevée avec une violente commotion[12].
À l’issue de ses obsèques, à Saint-Sulpice, il a été inhumé à Gassin, où il avait fait construire la villa Cap Myrte[9].
Principales réalisations
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- 1875 : école normale d'Huy en Belgique en collaboration avec Oudiné.
- 1882-1901 : nouvelle Sorbonne dans le 5e arrondissement de Paris.
- 1887 : tombeau de Mlle Labiche au cimetière de Béville-le-Comte.
- 1888 : immeuble pour M. Quettier à Lorient.
- 1889 : Laboratoire de biologie végétale et d'écologie forestière de Fontainebleau.
- 1891 : immeuble pour MM. Labiche et Gréard, rue Guynemer dans le 6e arrondissement de Paris.
- 1893 : maison pour M. Richardot à Charenton-le-Pont.
- 1896 : Monument au commandant Rolland au cimetière du Bourget en Seine-Saint-Denis.
- 1900 : Monument à Victor Duruy, avenue Rey à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne)[15].
- 1900 : hôtel Blumenthal-Montmorency[16], 34 avenue Foch dans le 16e arrondissement de Paris.
- : monument aux morts départemental de la guerre franco-allemande de 1870, Chartres.
- 1904, L'Aigle blessé monument commémoratif de la bataille de et à Waterloo.
- 1905 : siège de la Banque Louis-Dreyfus, 10-12 rue de la Banque dans le 2e arrondissement de Paris.
- 1907 : hôtel Meurice, 238 rue de Rivoli dans le 1er arrondissement de Paris.
- 1908 : hôtel de la Compagnie générale transatlantique, 6 rue Auber et 5 rue des Mathurins dans le 9e arrondissement de Paris (détruit lors des travaux du RER A)[17].
- 1909 : Monument à Octave Gréard, place Paul-Painlevé, square Samuel-Paty, dans le 5e arrondissement de Paris avec le sculpteur Jules-Clément Chaplain[18].
- 1910-1926 : Institut de chimie, actuelle École nationale supérieure de chimie de Paris dans le 5e arrondissement de Paris.
- 1911 : Institut océanographique de Paris, 195, rue Saint-Jacques dans le 5e arrondissement de Paris.
- 1911-1913 : Institut du Radium, actuel Institut Curie, rue d'Ulm dans le 5e arrondissement de Paris[19].
- 1914-1926 : Institut de géographie dans le 5e arrondissement de Paris.
- 1921 : siège de la compagnie Dreyfus, 410 Av. Alem Buenos Aires[20].
- 1922-1928 : place Carnegie de Fargniers, ayant bénéficié d'un financement de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, actuelle commune de Tergnier (Aisne) en collaboration avec Paul Bigot (ensemble comprenant la mairie, un bureau de poste, un poste de police, une pompe, une halle, une salle d'assemblée, le foyer Carnegie, un établissement de bains, des écoles, des espaces verts et de jeux) (inscrit MH).
- 1925 : Monument aux morts de la guerre de 1914-1918 dans le cimetière de Gassin (Var).
- 1930 : immeuble Le Paladium, boulevard du Tsarévitch à Nice avec Edmond Labbé.
- 1931-1937 : palais de la Société des Nations à Genève en collaboration avec Julien Flegenheimer, Camille Lefèvre, Carlo Broggi et Jozsef Vago[21].
Distinctions et décorations
[modifier | modifier le code]Henri-Paul Nénot est titulaire de la médaille militaire au titre de la guerre de 1870.
Pour ses créations architecturales, il remporte plusieurs médailles au Salon. Il est lauréat d'une médaille d'or à l'exposition universelle de Paris de 1889 et le grand prix de l'exposition universelle de Paris de 1900[2].
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1885, officier en 1895, commandeur en 1901 et grand officier par décret du , avec pour parrain Paul Dislère[2].
Descendance
[modifier | modifier le code]Henri-Paul Nénot a eu quatre filles. Deux d'entre elles meurent au début des années 1910. Sa fille Geneviève, qui a épousé le sculpteur Paul Landowski, meurt en 1911. Sa fille cadette Madeleine meurt à 24 ans dans un accident de la route[22].
Il est le grand-père de la peintre Nadine Landowski.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 « Who’s who abroad : Henri-Paul Nenot », The Chicago tribune and the Daily news, New York, no 3819, (ISSN 2648-9791, lire en ligne sur Gallica).
- 1 2 3 4 5 6 Archives nationales, « Notice L1981008 Paul Nénot »
, sur Archives nationales - Base de données Léonore. - 1 2 3 « Nénot », Le Cri de Paris, Paris, vol. 38, no 1969, , p. 2-3 (ISSN 2418-9332, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Richard Descoings, Sciences Po: de La Courneuve à Shangai, Sciences Po, les presses, (ISBN 978-2-7246-0990-5)
- ↑ (de) ETH-Bibliothek Zuerich, « / », sur E-Periodica (consulté le )
- ↑ 1893, l'Europe des peintres, exposition à Paris, musée d'Orsay, -, Paris : Réunion des musées nationaux, 1993, p. 356 (ISBN 9782711826803).
- ↑ [PDF] Les HBM : un patrimoine multiple (1894-1949), Mairie de Paris, DHAAP / DAC, 2019, p. 24.
- ↑ « Https : //www.retronews.fr/journal/excelsior/10-septembre-1912/353/2775127/6/0c838c4f9f898da88714cdf999c9dd76 », sur Retronews - Le site de presse de la BnF (consulté le ).
- 1 2 « Les obsèques de M. Henri Nénot… », Le Temps, Paris, , p. 5 (ISSN 2420-2789, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Obsèques de M. Nénot », Le Temps, Paris, no 26773, , p. 8 (ISSN 2420-2789, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « L’architecte Paul Nénot se tue dans un accident d’auto », Excelsior, (ISSN 2513-7697, lire en ligne).
- 1 2 « L’architecte Henri Nénot membre de l’Institut meurt d’un accident d’auto près de Bourg », L’Informateur de Seine-&-Marne, Fontainebleau, vol. 35, no 96, , p. 3 (ISSN 2129-8718, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Lieu-dit Les Varreys, 1935, Décès, 06, Archives de Paris, 6D238.
- ↑ « L'architecte Nénot est tué dans un accident d'auto », Le Courrier de Saône-et-Loire, Paris, vol. 103, no 31096, , p. 3 (ISSN 0247-2732, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Dossier »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur la base Mérimée.
- ↑ « Hotel Blumenthal-Montmorency, Paris », sur blogspot.com (consulté le ).
- ↑ A. L. R, « Hôtel de la Compagnie générale Transatlantique, rue Auber », La Construction Moderne, (lire en ligne).
- ↑ Descriptif sur le site Insecula.
- ↑ Jean-Pierre Camilleri, Jean Coursaget, Pionniers de la radiothérapie, EDP Sciences Éditions, 2005, p. 82-83 [lire en ligne].
- ↑ Plateforme de données de la recherche de l'Institut national d'histoire de l'art, « Nénot, Paul », sur AGORHA - Institut national d'histoire de l'art (consulté le ).
- ↑ Jean-Claude Pallas, Histoire et architecture du Palais des Nations (1924-2001), Publications des Nations unies, 2001 [Lire en ligne sur Googlebooks].
- ↑ « Comment fut tuée Madeleine Nénot : l’auto tomba dans en ravin d’une profondeur de six mètres », Le Petit Parisien, Paris, no 13100, , p. 1 (lire en ligne sur Gallica).
Iconographie
[modifier | modifier le code]- Portraits d'Henri-Paul Nénot
- Vers 1862.
- Vers 1870.
- Vers 1882.
- Vers 1900.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- A. Louvet, « Paul-Henri Nénot (1853-1934) », L'Architecture, 1935, no 7, p. 241-244, (ISSN 0766-6292).
- Jean Favier, « Le Palais de la Société des Nations à Genève », La Construction moderne, no 2, , p. 26-36.
- Jean Favier, « La rétrospective Paul-Henri Nénot (1853-1934) », La Construction moderne, no 32, , p. 527-531.
- (en) Golda L. Goldman, « Who's who Abroad : Henri-Paul Nénot », The Chicago tribune and the Daily news, , p. 8 (ISSN 2648-9791, lire en ligne sur Gallica).
Sitographie
[modifier | modifier le code]- « Fiche biographique, bibliographie, présentation et inventaire des archives », sur ArchiWebture, base de données du Centre d'archives de l'Institut français d'architecture, Cité de l'architecture et du patrimoine (consulté le ).
Liens externes
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