Janine Cahen
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Jeanine Cahen |
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Janine Cahen, née le à Mulhouse et morte le à Clamart[1], est une enseignante puis correctrice au quotidien Le Monde et militante anticolonialiste.
Biographie
[modifier | modifier le code]Janine Cahen naĂźt le dans une famille juive de Mulhouse[2]. Elle est la fille dâEdmond Cahen, avocat, qui deviendra bĂątonnier du barreau de Mulhouse de 1961 Ă 1963.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec sa famille, elle part pour Valence (DrĂŽme) oĂč son pĂšre entre dans la RĂ©sistant. Pour la protĂ©ger, elle est placĂ©e, sous le nom de Cacheux[2], dans une maison dâenfants dans le Vercors, avec ses frĂšres et sĆurs[3]. Les cousins de Janine Cahen, restĂ©s Ă Lyon, sont arrĂȘtĂ©s par la Milice et dĂ©portĂ©s Ă Auschwitz avec leur mĂšre.
AprĂšs la guerre elle a Ă©tĂ© lâĂ©lĂšve de Madeleine RebĂ©rioux au lycĂ©e de jeunes filles de Mulhouse et sera trĂšs liĂ©e Ă elle[3].
AprĂšs son baccalaurĂ©at, elle poursuit ses Ă©tudes Ă Paris oĂč elle obtient une licence de lettres, mais ne passe pas les concours de professeur. En 1956, elle passe un an en SuĂšde comme formatrice dâadultes en langue française, puis rentre en France, devient institutrice Ă Paris, mais gravement dĂ©pressive, elle rentre Ă Mulhouse Ă la fin oĂč elle devient enseignante de français au lycĂ©e de jeunes filles de Mulhouse puis institutrice Ă Paris[3].
La lecture en 1958 de L'Affaire Audin, de Pierre Vidal-Naquet, avec lequel elle se liera dâamitiĂ©[4] la marque profondĂ©ment. Elle sâinscrit Ă la rentrĂ©e dâ aux cours de capacitĂ© en droit. Elle y encontre un AlgĂ©rien, Ali Goumghar qui est le mari de son ancienne professeur de philosophie Violette Canivez. Il donne des cours dâalphabĂ©tisation Ă lâAmicale des Nord-Africains rĂ©sidant en France (ANARF) section de Mulhouse. Il lui propose de travailler pour le FLN[5].
Janine Cahen achĂšte une 4CV Renault dâoccasion et effectue des tournĂ©es dans le Sundgau pour rĂ©cupĂ©rer de lâargent et une fois par mois elle prend le train pour Paris pour remettre le contenu du sac au FLN. Elle fait dĂ©sormais partie des « porteurs de valises », qui aident le Front de libĂ©ration nationale[5].
ArrĂȘtĂ©e le Ă la sortie du cafĂ© Royal PĂ©reire Ă Paris, elle est condamnĂ©e avec les membres du rĂ©seau Jeanson et incarcĂ©rĂ©e Ă la Petite Roquette pour huit mois. Avec sa co-dĂ©tenue, Micheline Pouteau, elles trouvent refuge Ă Milan oĂč elles vont travailler dâarrache-pied Ă recueillir des tĂ©moignages sur « la guerre sans nom », de dĂ©serteurs, de soldats revenus du front, des lettres⊠qui aboutiront Ă la publication en Italie dâUna resistenza incompiuta e gli anti-colonialisti francesi 1954-1962[2].
Elle travaille comme pigiste à Jeune Afrique puis à la Revue d'études palestiniennes et enfin, de 1983 à 1988, au Monde, comme correctrice.
Janine Cahen meurt le Ă Clamart, Ă lâĂąge de 86 ans, des suites d'un cancer du poumon[4].
Publication
[modifier | modifier le code]Janine Cahen et Micheline Pouteau, Una resistenza incompiuta. La guerra d'Algeria e gli anicolonialisti francesi 1954-1962, Casa editrice Il Saggiatore, 2 vol., Milan, 1964.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]Documentaire
[modifier | modifier le code]- Janine Cahen, documentaire de Serge Lemkine et Jacques Dugowson, 1983, Centre national de documentation pédagogique, 11 min.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â RelevĂ© des fichiers de l'Insee
- 1 2 3 «Pour Janine», Langue sauce piquante, blog des correcteurs du journal Le Monde, 13 août 2011.
- 1 2 3 « Notice CAHEN Janine, Le Maitron, 29 novembre 2011.
- 1 2 Catherine Simon, « Janine Cahen, militante anticolonialiste », Le Monde, 20 août 2011.
- 1 2 Yves Frey, Une anticolonialiste pendant la guerre dâAlgĂ©rie, Janine Cahen.