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Jetins

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Jetins
Créature
Groupe Petit peuple
Sous-groupe Lutin
Habitat Houles
Proches Fras, Tréo-Fall, Fions
Origines
Origines Folklore breton
Région Ille-et-Vilaine, France
Guernesey, Îles Anglo-Normandes

Les Jetins sont de petites crĂ©atures imaginaires de Bretagne, surtout mentionnĂ©es par Paul SĂ©billot le long du littoral de l'Ille-et-Vilaine et sur l'Ăźle de Guernesey. Par rapport aux lutins du mĂȘme type, ils sont caractĂ©risĂ©s par leur grande force permettant de jeter d'Ă©normes rochers sur une trĂšs longue distance, et par leur habitat, essentiellement dans les rochers et les grottes du rivage. Ils ont aussi l'habitude, trĂšs crainte des humains, d'enlever de beaux bĂ©bĂ©s pour y substituer leurs changelins vieillots. Pierre Dubois donne de nombreux dĂ©tails sur l'apparence des Jetins dans La Grande EncyclopĂ©die des lutins.

Étymologie et terminologie

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Le nom varie en Jetins, J'tins ou J'tuns[1]. Ces noms proviennent de l'habitude qu'ont les Jetins de lancer des rochers (et donc, du mot « jeter »[2]). Françoise Morvan suppose que, comme les Fions dont ils sont trĂšs proches, ils proviendraient des fairies du folklore anglais, notamment en raison de leur habitat dans les cavernes maritimes nommĂ©es « houles » (de hole, signifiant « trou » en anglais). Cependant, le faible nombre d'Ă©lĂ©ments connus Ă  leur sujet ne permet pas d'en savoir davantage[3]. À Saint-Suliac, la grotte du Bec-Dupuy porte Ă©galement le nom de « Trou aux Jetins »[4].

Caractéristiques

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Une femme debout et un homme assit qui la regarde
Une fĂ©e des houles, qui occupe le mĂȘme type d'habitat cavernicole que les Jetins.

Paul Sébillot recueille la plupart des traditions à leur sujet[5]. Les Jetins sont localisés dans plusieurs lieux maritimes de la Haute-Bretagne, le long du littoral de l'Ille-et-Vilaine et notamment sur l'une des ßles Anglo-Normandes, Guernesey. Ils apprécient les rives de la Rance[6].

Ces nains sont censĂ©s vivre « dans les houles », des grottes maritimes, mais ne semblent pas partager la compagnie des fĂ©es des houles. Les cavernes de Guernesey peuvent ĂȘtre frĂ©quentĂ©es soit par ces fĂ©es, soit par les Jetins. D'aprĂšs un tĂ©moignage recueilli par SĂ©billot, ils ont l'apparence de petits hommes d'un pied et demi de haut[4],[5]. Ceux des bords de la Rance, rĂ©putĂ©s trĂšs « jouasse[Quoi ?] », sortent chaque soir de leurs trous pour s'amuser dans la campagne, en particulier en jouant des tours tels qu'emmĂȘler les crins des chevaux, faire courir les cochons et ouvrir les poulaillers[7]. Les Jetins sont cependant de nature gĂ©nĂ©reuse, et ils donnent volontiers du pain, du lard ou des saucisses Ă  qui le leur demande. Il convient de ne pas tenter de garder l'un de leurs couteaux. Un homme se retrouva clouĂ© au sol par ces petites crĂ©atures, en punition d'avoir voulu voler un ustensile, jusqu'Ă  ce qu'il accepte de le rendre[8]. Leur caractĂ©ristique principale est le jet de pierres « énormes comme une maison » jusqu'Ă  une lieue de distance : les Bretons expliquaient ainsi la prĂ©sence de pierres gigantesques au beau milieu de leurs champs[9].

Les Jetins remplacent aussi les bĂ©bĂ©s humains par leurs changelins Ă  la face vieillotte, qui ne grandissent pas et qui tĂštent sans arrĂȘt. D'aprĂšs un tĂ©moignage recueilli par SĂ©billot en 1891 Ă  Saint-Suliac, les Jetins enlevĂšrent le fils d'une femme, pour le remplacer par un changelin vieillot. Sur les conseils de son voisin, elle mit une demi-douzaine de coquilles d'Ɠufs remplies d'eau Ă  bouillir devant le feu. Le changelin s'exclama, et la mĂšre lui demanda oĂč Ă©tait passĂ© son fils. Il rĂ©pondit que les Jetins l'avaient emmenĂ© chez eux « pour en avoir de la race ». Elle emmena le changelin au bord du trou des Jetins, et menaça de le tuer si on ne lui rendait pas son fils, ce qui fut fait[10]. Comme les autres lĂ©gendes de changeling, celle-ci implique un « chantage Ă  la vie, Ă  la mort » pour que soit rendu le vrai bĂ©bĂ©, et une opposition entre l'enfant joufflu et jeune des hommes, et l'enfant chĂ©tif et ĂągĂ© de 90 ans des lutins[11]. Ce rĂ©cit accrĂ©dite la tendance qu'ont les fĂ©es et lutins de voler des bĂ©bĂ©s humains sur le critĂšre de la beautĂ©, pour assurer la pĂ©rennitĂ© de leur propre « race » et la protĂ©ger de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence[12].

Culture populaire

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L'ßle de Guernesey (ici, au fort Le Marchant) serait habitée par des Jetins.

Comme pour de nombreux autres lutins, Pierre Dubois parle des Jetins dans La Grande Encyclopédie des lutins. Il leur attribue un demi-pied de haut, une tenue rustique, un bonnet velu et des sabots d'argent, ajoutant que lorsque les fées des houles ont quitté la Bretagne pour gagner l'Angleterre, ce sont les Jetins qui ont bouché définitivement « l'entrée du goulet de la Teignouse qui menait à leur ancien palais »[13], grùce à leur trÚs grande force, comparable à celle de géants[2].

Notes et références

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  1. ↑ Morvan 2005, p. 353
  2. 1 2 Dubois 1992, p. 175
  3. ↑ Morvan 2005, p. 222
  4. 1 2 Sébillot 1997, p. 114
  5. 1 2 Philippe Le Stum, Fées, Korrigans & autres créatures fantastiques de Bretagne, Rennes, Ouest-France, , 121 p. (ISBN 2-7373-2369-X), p. 89
  6. ↑ Ruaud 2010
  7. ↑ SĂ©billot 2002, p. 337
  8. ↑ SĂ©billot 2002, p. 336
  9. ↑ SĂ©billot 1997, p. 115
  10. ↑ Paul SĂ©billot, LĂ©gendes locales T.1, collectĂ© pendant l'Ă©tĂ© 1891 et citĂ© dans SĂ©billot 1997, p. 115
  11. ↑ GĂ©rard Hubert et Pierre Jalbert, L'heure du doute : insĂ©mination artificielle, enjeux et problĂšmes Ă©thique, Montrouge/Londres, John Libbey Eurotext, coll. « Éthique et Sciences », , 240 p. (ISBN 2-7420-0049-6 et 9782742000494), p. 102
  12. ↑ Jean-Michel Doulet, Quand les dĂ©mons enlevaient les enfants : les changelins : Ă©tude d'une figure mythique, coll. Croyances & traditions, Presses Paris Sorbonne, 2002, (ISBN 2840502364 et 9782840502364), p. 29-30
  13. ↑ Dubois 1992, p. 174

Articles connexes

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Bibliographie

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