Aller au contenu

Muserolle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Cheval de race Franches-montagnes équipé d'une muserolle combinée.

Une muserolle ou muserole[1],[2] est une laniĂšre, gĂ©nĂ©ralement de cuir et parfois de mĂ©tal, qui entoure le nez et la mĂąchoire de certains animaux pour permettre aux humains de mieux les maĂźtriser. Surtout connue en Ă©quitation, la muserolle est une partie optionnelle du filet qui empĂȘche le cheval d'Ă©chapper au mors, en Ă©vitant par exemple qu'il ouvre la bouche lorsque le cavalier utilise les rĂȘnes pour une demande d'arrĂȘt. L'usage de la muserolle est connu depuis l'AntiquitĂ©, cet outil ayant peut-ĂȘtre constituĂ© l'une des premiĂšres formes de harnachement pour monter Ă  cheval. À l'Ă©poque moderne, elle est conçue davantage comme un outil d'Ă©ducation du cheval, mais son usage s'est gĂ©nĂ©ralisĂ© avec le rĂšglement des compĂ©titions Ă©questres. Il existe diffĂ©rents types de muserolles, dont l'action est plus ou moins sĂ©vĂšre. La française est la plus commune et l'une des plus douces. L'allemande, la combinĂ©e et la croisĂ©e se rĂšglent devant le mors, et sont plus restrictives. Le caveçon ne s'emploie que pour du travail Ă  la longe. Des muserolles existent aussi pour d'autres animaux, notamment les dromadaires et les chiens.

L'usage de la muserolle, et en particulier son degrĂ© de serrage, est dĂ©battu par la communautĂ© cavaliĂšre depuis 2011. Plusieurs Ă©tudes rĂ©alisĂ©es pour l’International Society for Equitation Science (ISES) de 2012 Ă  2014 estiment que la muserolle des chevaux d'Ă©quitation est souvent trop serrĂ©e, induisant une souffrance et une modification de l'irrigation vasculaire au niveau de la tĂȘte. Les scientifiques concernĂ©s et certains Ă©cuyers se sont mobilisĂ©s pour demander une prise en compte du serrage de la muserolle pendant les compĂ©titions de sports Ă©questres.

Description

[modifier | modifier le code]
Muserolle classique pour chevaux, en cuir.

La muserolle est une laniĂšre gĂ©nĂ©ralement en cuir, plus rarement en corde ou en mĂ©tal, qui se place autour du nez et de la bouche des animaux, pour les maĂźtriser et notamment les empĂȘcher d'ouvrir trop la bouche. Il ne faut pas la confondre avec la museliĂšre, qui enserre toute la mĂąchoire de l'animal pour l'empĂȘcher de mordre. Si la muserolle est surtout connue comme une partie optionnelle du filet du cheval, il existe aussi des muserolles pour d'autres animaux, en particulier pour empĂȘcher les chiens tenus en laisse de tirer[3], et pour Ă©duquer les dromadaires chez les Touaregs (amrar)[4]. En Allemagne, la muserolle pour chevaux est surnommĂ©e « claque-gueule » (mouth shutter), en raison de la croyance selon laquelle elle sert uniquement Ă  empĂȘcher le cheval de s'exprimer[5].

Gravure de cavalier sur un cheval roux
Représentation de cavalier à Pazyryk, env. 400 av. J.-C. On distingue une muserolle sur le harnachement du cheval.

La muserolle est longtemps restée un sujet ignoré de la presse équestre, des cavaliers et des chercheurs, jusqu'à une controverse récente (en 2011 et 2012) au sujet de son serrage et de sa mauvaise utilisation[6].

La muserolle est peut-ĂȘtre le premier outil dĂ©veloppĂ© par l'humain pour pratiquer l'Ă©quitation, le mors ayant pu ĂȘtre inventĂ© plus tardivement. Elle est alors essentiellement faite de cuir ou de corde[7]. Les muserolles retrouvĂ©es grĂące Ă  l'archĂ©ologie sont des modĂšles mĂ©talliques, le cuir et la corde ne rĂ©sistant pas au passage du temps. La muserolle est, dans certaines cultures, associĂ©e Ă  un licol qui permet de monter sans mors dans la bouche du cheval. La Perse antique a dĂ©veloppĂ© une muserolle comme outil de formation des jeunes chevaux, sous le nom de hakma[8] : les sculptures perses montrent que cet outil (peut-ĂȘtre connu dĂšs le VIe millĂ©naire av. J.-C.) pousse les chevaux Ă  baisser la tĂȘte. Les hakma Ă©taient peut-ĂȘtre dentelĂ©s sur la face intĂ©rieure[6]. Les reconstitutions des chercheurs permettent de dĂ©terminer que les brides de corde et de cuir, en usage au Kazakhstan Ă  l'Ă©poque scythe, comportent une muserolle[9]. Des muserolles, des mors en fer et des dĂ©corations en cuivre ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s Ă  Pazyryk dans les monts AltaĂŻ, et datĂ©s des IVe et IIIe siĂšcles av. J.-C.[10].

L'iconographie de la GrĂšce antique, en particulier sur les vases, permet d'observer des chevaux muselĂ©s dans une sorte d’« entonnoir » en osier. Dans son traitĂ© De l'Équitation, l'auteur grec XĂ©nophon, grand cavalier, recommande leur utilisation dans le cadre du dressage du cheval, pour Ă©viter de subir une morsure de l'animal. L'archĂ©ologie a permis de retrouver quelques modĂšles de muserolles grecques en bronze datĂ©es de la mĂȘme Ă©poque dans des tombes, qui semblent Ă  la fois rares et prĂ©cieuses, et sont richement dĂ©corĂ©es. Certaines de ces muserolles comportent des motifs reprĂ©sentant la dĂ©esse HĂ©ra[11].

Deux modÚles de muserolles serreta (au milieu et en bas), dont une crantée.

Les Ă©cuyers d'Italie dĂ©veloppent dĂšs la fin du Moyen Âge une muserolle dentelĂ©e nommĂ©e « careta » Ă  laquelle les rĂȘnes sont attachĂ©es[6]. D'aprĂšs Nevzorov Haute École, la muserolle dite « serreta » est utilisĂ©e dans les cours d'Ă©quitation europĂ©ennes Ă  partir du XVIe siĂšcle. Elle consiste en une piĂšce mĂ©tallique (avec des exemples en laiton et en acier tordu) passant sur la bride, destinĂ©e Ă  comprimer les tissus mous. Certaines muserolles serreta comportent une partie dentelĂ©e en contact avec la peau du cheval, rendant leur action plus douloureuse. ImportĂ©e en AmĂ©rique du Sud par les conquistadores espagnols, la muserolle serreta serait Ă  l'origine de l'invention du bosal, et peut-ĂȘtre aussi du caveçon utilisĂ© en Ă©quitation classique[12].

La muserolle allemande, inventée au XIXe siÚcle, s'impose comme standard en équitation de dressage dans les années 1970. Elle est alors employée aussi bien à l'école espagnole de Vienne qu'à l'école royale andalouse d'art équestre et l'école portugaise d'art équestre. La muserolle combinée émerge relativement tard, à la fin des années 1960, en équitation de saut d'obstacles. Elle devient au fil des années le type de muserolle le plus populaire[6]. De la fin du XXe siÚcle au début du XXIe siÚcle, la configuration des muserolles évolue. D'aprÚs le colonel Christian Carde, leur resserrement pendant les compétitions de dressage est devenu la norme pendant la présidence suédoise de la commission de dressage de la Fédération équestre internationale. Les fabricants et les cavaliers se sont adaptés, proposant des muserolles que l'on puisse serrer davantage et des protections à placer entre la barbe et l'auge du cheval[13]. Dans les centres équestres, d'aprÚs l'écuyÚre française Isa Danne, l'utilisation de la muserolle s'est généralisée à la demande d'enseignants d'équitation, et pour répondre à un certain sens de l'esthétisme[14].

TĂȘte d'un cheval marron avec une laniĂšre de cuir passant devant le mors pour fermer la bouche.
Cheval portant une muserolle combinée visiblement serrée.

D'aprĂšs le site Eurodressage, la majoritĂ© des cavaliers — mĂȘme parmi ceux de niveau international — ignore pourquoi leur cheval porte une muserolle[5]. Les raisons invoquĂ©es sont variĂ©es : garder la bouche fermĂ©e pour encourager le cheval Ă  ĂȘtre en contact avec le mors, le dĂ©courager de tenter d'Ă©chapper au mors, avoir un point d'accroche pour une martingale fixe, aider Ă  garder la bride en place, ou encore avoir une meilleure esthĂ©tique[15].

Avec une muserolle, le cheval est plus sensible aux actions de rĂȘnes. Plus la muserolle est serrĂ©e, plus cette sensibilitĂ© tend Ă  augmenter[16],[17], bien qu'il ne soit pas certain qu'une muserolle extrĂȘmement serrĂ©e se traduise par un grand gain de prĂ©cision pour le cavalier[7]. Cela rend l'usage de la muserolle plus « confortable » pour le cavalier[18]. Le rĂšglement des compĂ©titions de sport Ă©questre sanctionne souvent les ouvertures de bouche trop voyantes et les actions de rĂ©sistance au mors, parce qu'elles dĂ©montrent un manque de dressage et de respect du cheval. Cela a gĂ©nĂ©ralisĂ© l'usage de muserolles de tous types, en particulier des plus restrictives, pour masquer les problĂšmes de dressage. Certains types de muserolles sont interdits en compĂ©tition de dressage[19],[17]. Une bride ne comporte pas nĂ©cessairement de muserolle, il est ainsi frĂ©quent de ne pas en employer en endurance et en course de plat[7].

Conseils d'emploi

[modifier | modifier le code]

La muserolle est d'abord un outil d'Ă©ducation en Ă©quitation, en particulier chez le jeune cheval, pour lui apprendre Ă  placer sa bouche correctement autour du mors et Ă  ne pas ouvrir la bouche pour rĂ©pondre au mors[20]. La muserolle peut ĂȘtre utilisĂ©e sur un cheval montĂ© ou lors de travail Ă  la longe[21]. Elle n'a normalement pas vocation Ă  se substituer au travail de dressage[14],[22]. Il est possible, par la suite, de l'employer ponctuellement pour corriger des problĂšmes de respect du mors[23].

Pour la prĂ©paration au dressage, Kathy Amos-Jacob recommande de commencer Ă  travailler le jeune cheval avec une muserolle française peu serrĂ©e, et de passer Ă  la muserolle croisĂ©e seulement lorsque l'animal est stable sur la main, de maniĂšre Ă  lui laisser le temps d'apprendre Ă  dĂ©contracter ses mĂąchoires, en dĂ©glutissant et mĂąchant son mors. Elle estime que le serrage prĂ©coce de la muserolle créée des contractions et des maux de dos[24]. L'Ă©cuyĂšre Isa Danne pense que la muserolle sert le plus gĂ©nĂ©ralement Ă  « cacher la misĂšre », les cavaliers recourant au matĂ©riel pour compenser les faiblesses de leur Ă©quitation[14]. De mĂȘme, les spĂ©cialistes australiens et nĂ©o-zĂ©landais estiment qu'il vaut mieux Ă©duquer le cheval pour lui apprendre Ă  accepter le mors que de le contraindre avec une muserolle serrĂ©e[22]. Le serrage de la muserolle est en revanche recommandĂ© par Claude Cairoli pour corriger un cheval longĂ© qui se dĂ©fend contre ses enrĂȘnements, en l'empĂȘchant d'ouvrir la bouche[25].

Les muserolles modernes Ă©tant toujours en cuir, un entretien rĂ©gulier est nĂ©cessaire pour Ă©viter qu'elles ne s’abĂźment, comme pour n'importe quel autre objet en cuir[26].

Muserolle croisée sur un jeune Pur-sang : le cheval peut exprimer des mouvements de langue et de mùchoire.

La muserolle doit en principe ĂȘtre choisie en fonction de la morphologie faciale du cheval[5]. Elle a tendance Ă  se resserrer Ă  l'effort, en raison de la dilatation des naseaux induite par la respiration[20]. On estime gĂ©nĂ©ralement qu'une muserolle est correctement rĂ©glĂ©e lorsqu'il est possible de passer deux doigts entre la muserolle et le chanfrein. Cette directive se rĂ©vĂšle trĂšs imprĂ©cise, le diamĂštre des doigts Ă©tant diffĂ©rent selon les personnes. La communautĂ© scientifique estime que cette « rĂšgle » est trop floue[19]. Avec le serrage recommandĂ©, le cheval peut en principe exprimer des mouvements de langue et de mĂąchoire. Cela n'autorise cependant pas toutes les expressions de son comportement, en particulier le bĂąillement[18].

Bien-ĂȘtre

[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux outils d’équitation visant Ă  limiter les mouvements, la muserolle peut compromettre le bien-ĂȘtre du cheval. Le rĂ©glage de la muserolle pose un problĂšme Ă©thique si le cheval est contraint Ă  l'obĂ©issance par la souffrance[16]. L'Ă©tude d'Orla Doherty, Ă  l'universitĂ© de Limerick, conclut qu'un cheval doit ĂȘtre libre de mĂącher, d'avaler, de dĂ©placer lĂ©gĂšrement la mĂąchoire et de bailler pendant sa mise au travail, les tensions de la muserolle pouvant endommager sa peau, ses nerfs, ses muscles et ses os[16]. Le colonel Christian Carde estime que la salivation anormale observĂ©e chez les chevaux de compĂ©tition provient du fait que l'animal ne peut plus dĂ©glutir Ă  cause de la pression excessive exercĂ©e sur sa bouche par la muserolle[27].

Les études récentes en biomécanique équestres démontrent qu'un serrage excessif ou inadapté de la muserolle peut comprimer le foramen sous-orbitaire et le nerf trijumeau, entrainant des défenses ou des pathologies comportementales comme le headshaking[28].

Une étude du chercheur australien Paul McGreevy, utilisant la thermographie, a démontré que la température faciale des chevaux portant une muserolle avec une bride double se modifiait, suggérant une réponse physiologique au stress et une modification de l'irrigation vasculaire, qui empire avec le degré de serrage[19]. Une muserolle trop serrée peut aussi pousser les muqueuses tapissant la joue du cheval contre ses molaires[18].

La connaissance des diffĂ©rents types de muserolles fait partie du programme du Galop 2 en France[29]. Les muserolles peuvent ĂȘtre employĂ©es avec tous les types de mors, sauf le mors Ă  aiguilles, qui ne peut ĂȘtre utilisĂ© qu'avec une muserolle allemande. Il risquerait de se coincer dans les autres, privant le cavalier de moyens d'agir sur la direction[21]. Il est dĂ©conseillĂ© de choisir une muserolle sur les seuls critĂšres esthĂ©tiques, chaque cheval ayant des besoins bien spĂ©cifiques[30]. L'Ă©paisseur de la muserolle est importante : fine, elle est aussi plus sĂ©vĂšre car les points de pression sont plus rĂ©duits. Les muserolles larges sont plus douces[26].

Muserolle française

[modifier | modifier le code]
Muserolle française.

Également appelĂ©e « muserolle anglaise » ou « muserolle standard », la muserolle française est la plus classique, elle peut ĂȘtre utilisĂ©e avec tous les modĂšles de mors. Elle se rĂšgle sous les montants du filet, pouvant ĂȘtre placĂ©e plus ou moins haut sur la tĂȘte. On estime cependant que le rĂ©glage correct se situe deux pouces sous l'apophyse zygomatique[31]. La muserolle française est davantage un Ă©lĂ©ment de dĂ©coration du filet pour lui donner une apparence moins « nue » qu'un outil empĂȘchant le cheval d'ouvrir la bouche[32], elle n'a finalement pas de vĂ©ritable fonction[22].

Muserolle allemande

[modifier | modifier le code]
Muserolle allemande.

La muserolle allemande, drop noseband en anglais, a Ă©tĂ© inventĂ©e par l'Ă©cole espagnole de Vienne[7]. Elle exerce une pression sur le bout du nez du cheval, partie particuliĂšrement sensible, permettant un plus grand contrĂŽle de la part du cavalier. Cette muserolle est souvent utilisĂ©e sur les chevaux qui « tirent », dont les cavaliers ont du mal Ă  canaliser l'impulsion en particulier pour demander l'arrĂȘt. La courroie infĂ©rieure passant devant le mors, la muserolle allemande empĂȘche le cheval de jouer avec sa langue[31]. Elle se rĂšgle au-dessus des anneaux du mors. Étant assez sĂ©vĂšre, elle est rarement employĂ©e[29]. Elle ne peut pas s'utiliser en combinaison avec une martingale fixe, et elle est dĂ©conseillĂ©e en course de galop[7]. La muserolle allemande est Ă©galement « passĂ©e de mode » au profit de la muserolle combinĂ©e, en raison de son rĂ©glage plus difficile[22] et de critĂšres esthĂ©tiques, de nombreux cavaliers la jugeant peu Ă©lĂ©gante[7].

Muserolle croisée

[modifier | modifier le code]
Muserolle croisée.

Elle est Ă©galement nommĂ©e « muserolle italienne »[29], « muserolle Grakle » (du nom d'un cheval qui a gagnĂ© le Grand National en 1931 et en portait une), « muserolle mexicaine » (Ă  cause de son utilisation par l'Ă©quipe mexicaine de saut d'obstacles dans les annĂ©es 1940[6]) et « muserolle en forme de 8 » (en raison de sa forme rappelant le chiffre 8, vue du dessus). Elle empĂȘche le cheval de bouger ses maxillaires latĂ©ralement, et se rĂ©vĂšle donc utile pour Ă©duquer des chevaux qui jouent avec leur langue et la passent au-dessus du mors. Elle est composĂ©e de deux laniĂšres qui se croisent sur le chanfrein du cheval[31]. Elle est conseillĂ©e pour les galopeurs et le polo, et se rĂ©vĂšle trĂšs courante chez les chevaux de saut d'obstacles. De nombreux cavaliers l'estiment plus confortable qu'une muserolle combinĂ©e[33].

Muserolle combinée

[modifier | modifier le code]
Muserolle combinée.

Elle est Ă©galement appelĂ©e « muserolle irlandaise »[29] ou en anglais, flash noseband[22]. Conçue Ă  l'origine comme une variante de la muserolle croisĂ©e, elle consiste Ă  ajouter une muserolle supplĂ©mentaire Ă  la muserolle française classique – rĂ©glĂ©e de fait un peu plus haut, et passant devant le mors. Elle garde la bouche fermĂ©e et empĂȘche le cheval de bouger la langue[31]. La muserolle combinĂ©e a vocation Ă  ĂȘtre un outil transitoire, la partie dite noseband pouvant en ĂȘtre ĂŽtĂ©e[22]. Cela peut se rĂ©vĂ©ler inesthĂ©tique, une piĂšce de cuir inutile Ă©tant visible sur la muserolle la plus haute. Pour l'Ă©viter, les fabricants proposent des muserolles combinĂ©es convertibles en muserolles françaises[34].

Muserolle suédoise

[modifier | modifier le code]
Cheval brun, la tĂȘte enfermĂ©e, avec une grosse muserolle noire et blanche.
Cheval de dressage monté en muserolle suédoise.

La muserolle suĂ©doise, pull-back ou crank noseband, est une muserolle Ă©paisse et rembourrĂ©e placĂ©e comme une muserolle française, trĂšs frĂ©quente en compĂ©tition de dressage de haut niveau car elle se marie bien Ă  la bride double. Elle se ferme en coulissant et peut donc potentiellement serrer trĂšs fort la tĂȘte du cheval en poussant les joues sur les dents[33]. Les avis divergent sur sa sĂ©vĂ©ritĂ©. Sur le site Eurodressage, des photos montrent que la muserolle suĂ©doise n'empĂȘche pas le cheval de pouvoir faire sortir sa langue de sa bouche[5]. Isa Danne estime cependant qu'elle s'apparente Ă  un « engin de torture »[14]. Il est possible de lui ajouter une seconde muserolle passant devant le mors, comme pour une muserolle combinĂ©e[15].

Muserolles des brides sans mors

[modifier | modifier le code]
TĂȘte d'un cheval roux avec bride noire.
Cheval portant une bride sans mors.

Toutes les brides sans mors comportent une muserolle, puisque cet outil devient alors le seul moyen d'agir sur la vitesse et la direction du cheval. Les brides sans mors et les hackamores agissent par compression du chanfrein du cheval, via la muserolle[35].

Cheval travaillé en caveçon

Un caveçon est une muserolle destinĂ©e au travail Ă  la longe ou plus gĂ©nĂ©ralement Ă  pieds, notamment entre des piliers. Elle se compose de cuir et de mĂ©tal, avec des anneaux mĂ©talliques (gĂ©nĂ©ralement trois) sur le dessus. Jadis, les caveçons pouvaient ĂȘtre entiĂšrement de mĂ©tal et beaucoup plus sĂ©vĂšres, puisque François Robichon de La GuĂ©riniĂšre parle d'une bande de fer tournĂ©e en arc, garnie de trois anneaux, montĂ©e de tĂȘtiĂšre et de sous-gorge. Il existe des caveçons tordus, mordants ou plats au XVIIIe siĂšcle. La GuĂ©riniĂšre signale dĂ©jĂ  le problĂšme causĂ© par les caveçons « mordants » qui ont tendance Ă  Ă©corcher le cheval, Ă  moins d'ĂȘtre doublĂ©s en cuir[36]. MĂȘme Ă  l'Ă©poque actuelle, le rĂ©glage d'un caveçon reste complexe et le risque d'infliger des douleurs au cheval est important[21]. Il est conseillĂ© de privilĂ©gier des modĂšles bien rembourrĂ©s et de ne pas y fixer d'enrĂȘnements[37].

Autres muserolles pour chevaux

[modifier | modifier le code]
Muserolle de type Kineton, sur un cheval monté en saut d'obstacles.

Il existe d'autres modĂšles de muserolles, moins frĂ©quents. La multi-bride (combination noseband, en anglais) comporte un anneau en demi-lune de chaque cĂŽtĂ© au-dessus du mors, permettant de faire passer une laniĂšre de muserolle plus bas sur la tĂȘte que pour une muserolle française, et Ă©ventuellement de relier le mors Ă  la muserolle. Elle a cependant le dĂ©faut de pousser les joues du cheval contre ses dents, ce qui peut lui causer des douleurs[33]. La muserolle Kineton, Ă©galement nommĂ©e Puckle (d'aprĂšs le bourg anglais du mĂȘme nom) a Ă©tĂ© conçue pour contrĂŽler les chevaux de course Ă  grande vitesse. Elle est rĂ©putĂ©e sĂ©vĂšre, son action consistant Ă  transfĂ©rer la pression du mors sur la muserolle[33]. De ce fait, son usage est dĂ©conseillĂ© en compĂ©tition, et devrait ĂȘtre cantonnĂ© Ă  l'Ă©ducation du cheval de course[38].

Muserolles pour d'autres animaux que les chevaux

[modifier | modifier le code]
Dromadaire portant une muserolle métallique et une museliÚre par-dessus cette derniÚre.

Des muserolles de cuir sont conçues spĂ©cifiquement pour les chiens qui tirent en laisse, afin de les empĂȘcher de donner des coups brutaux. La bride Gentle Leader comporte ainsi une laniĂšre reliant le dessus du museau au collier, dans le but d'empĂȘcher le chien de tirer sans pour autant le gĂȘner s'il veut prendre des objets dans sa gueule[3]. De mĂȘme, l'Ă©ducation des jeunes dromadaires par les Touaregs s'effectue gĂ©nĂ©ralement avec une muserolle mĂ©tallique et une corde attachĂ©e Ă  cette derniĂšre[4].

Débat et législations sur le serrage

[modifier | modifier le code]
cheval de dressage portant une muserolle suédoise combinée, monté sous la verticale.

Le serrage de la muserolle est dĂ©battu par la communautĂ© cavaliĂšre, une controverse violente ayant Ă©clatĂ© en 2011, au point que certains cavaliers sont venus Ă  la considĂ©rer comme un instrument de torture dans tous les cas[6]. Dans la revue australienne Horse Magazine, le Dr. Möller a recommandĂ© de bien la serrer chez les jeunes chevaux pour Ă©viter des problĂšmes de langue, favoriser le contact et pousser le cheval Ă  se soutenir. Le colonel Christian Carde publie une rĂ©ponse dans la revue Cheval Savoir, estimant que ce conseil rĂ©sulte d'une dĂ©rive de l'Ă©quitation de dressage[13]. De mĂȘme, l'Ă©cuyĂšre Isa Danne y voit un symptĂŽme de « l’escalade des outils » visant Ă  contraindre le cheval au lieu de l'Ă©duquer[14].

De maniĂšre globale, les scientifiques de l’International Society for Equitation Science (ISES) estiment que la muserolle des chevaux est souvent trop serrĂ©e, exerçant une pression importante sur le nez et la bouche. Le Dr Hayley Randle, prĂ©sident de l'ISES, estime qu'une muserolle trop serrĂ©e empĂȘche le cheval d'exprimer sa douleur et sa peur. Fermer la bouche de force s'apparente Ă  une coupure de toute tentative de communication avec le cheval, qui crĂ©e de plus une gĂȘne Ă  la respiration[20].

Cheval de compétition portant une muserolle et tirant la langue

La cavaliÚre de dressage autrichienne Ulrike Prunthaller et son entraßneur ont été condamnés pour maltraitance en 2013, pour avoir notamment placé des cailloux sous la muserolle de leurs chevaux, afin d'en renforcer l'effet[39].

Études scientifiques

[modifier | modifier le code]

En mai 2016, une étude publiée dans PLOS One conclut que l'utilisation d'une muserolle suédoise serrée génÚre un fort stress chez les chevaux, comme le prouve l'augmentation de leur rythme cardiaque[40].

Une recherche menée à l'université de Limerick en Irlande et à celle de Sydney en Australie sur 140 jeunes chevaux de cross ùgés de 4 et 5 ans démontre que 88 % d'entre eux portaient une muserolle trop serrée (impossibilité de passer deux doigts sur le chanfrein)[16], 47 % des chevaux l'ayant si serrée qu'il était impossible de passer un seul doigt sous la muserolle[20]. Une autre étude, publiée début 2016, révÚle qu'une muserolle trop serrée peut causer des blessures buccales[41].

Législations

[modifier | modifier le code]

L'Ă©cuyer franco-allemand Philippe Karl a proposĂ© en 2009 de rĂ©former le rĂšglement des compĂ©titions de dressage en interdisant les muserolles serrĂ©es[42]. L’ISES se mobilise en 2012 pour demander un contrĂŽle systĂ©matique du serrage des muserolles pendant les compĂ©titions de sports Ă©questres[23]. L'organisme propose qu'une vĂ©rification du serrage de la muserolle soit rĂ©alisĂ©e avec un outil objectif, insĂ©rĂ© au milieu du chanfrein du cheval[18],[43]. Il a reçu le soutien, pour cette demande, de plusieurs institutions Ă©questres et/ou de protection animale principalement anglo-saxonnes, dont l'Humane Society of the United States[44].

En juillet 2018, la Nouvelle-ZĂ©lande interdit les muserolles trop serrĂ©es en compĂ©tition de dressage[45]. En janvier 2025, la FĂ©dĂ©ration Ă©questre internationale (FEI) gĂ©nĂ©ralise l'usage d'un outil de contrĂŽle du serrage des muserolles des chevaux de compĂ©tition de sports Ă©questres[46]. Dans le mĂȘme temps, la SuĂšde rend la muserolle optionnelle lors des concours de dressage en filet simple[47].

La muserolle dans la culture

[modifier | modifier le code]

Dans le roman Un loup est un loup de Michel Folco, le jeune Charlemagne remarque que le cheval Comtois, en tĂȘte de l'attelage en arbalĂšte qu'il accompagne, a eu sa muserolle hĂątivement placĂ©e Ă  l'envers, ce qui le blesse. Il tente de la remettre Ă  l'endroit, mais l'animal panique et le blesse[48].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. ↑ « muserolle - DĂ©finitions, synonymes, prononciation, exemples », Dictionnaires Le Robert (consultĂ© le )
  2. ↑ « muserolle », Dictionnaire de l'AcadĂ©mie française (consultĂ© le )
  3. 1 2 Joël Dehasse, Tout sur la psychologie du chien, Odile Jacob, coll. « Sciences Humaines », , 528 p. (ISBN 978-2-7381-9744-3, lire en ligne), p. 480
  4. 1 2 Dominique Casajus, La tente dans la solitude, Paris, Les Éditions de la MSH, , 268 p. (ISBN 978-2-7351-1657-7, lire en ligne), p. 86
  5. 1 2 3 4 (en) Silke Rottermann, « Noseband Special: Part II: The Purpose of the Noseband », Eurodressage, (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 (en) Silke Rottermann, « Noseband Special: Part I: The History of the Noseband », Eurodressage, (consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 Assem 2014, p. 75
  8. ↑ (en) Deb Bennett, Conquerors : The Roots of New World Horsemanship, Amigo Publications Inc, , 1re éd., 422 p. (ISBN 0-9658533-0-6, lire en ligne), p. 54-55
  9. ↑ Th. De Sonneville-David, « La transition de l'Âge du bronze Ă  l'Âge du fer au Kazaxstan central », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 3,‎ , p. 158 (lire en ligne)
  10. ↑ Topoi orient-occident, vol. 11, partie 1, Topoi, , p. 338
  11. ↑ de la Geniùre 1997, p. 261-265
  12. ↑ Lydia Nevzorova, « Cartularium : muserolle de type serreta », Nevzorov Haute Ecole Equine Anthology, Nevzorov Haute Ecole, vol. 2,‎ , p. 46-47
  13. 1 2 Carde 2011
  14. 1 2 3 4 5 Danne 2012
  15. 1 2 (en) Kim F. Miller, « Become a Horse Noseband Know-It-All », Practical horseman (consulté le )
  16. 1 2 3 4 Lesté-Lasserre 2015, p. 49
  17. 1 2 Randle et McGreevy 2013, p. Résumé
  18. 1 2 3 4 (en) « Position statement on restrictive nosebands », International Society for Equitation Science (consulté le )
  19. 1 2 3 McGreevy, Warren-Smith et Guisard 2012, p. Résumé de l'étude
  20. 1 2 3 4 Lesté-Lasserre 2015, p. 48
  21. 1 2 3 Cairoli 2012, p. 25
  22. 1 2 3 4 5 6 Huntington, Myers et Owens 2004, p. 49
  23. 1 2 Lesté-Lasserre 2015, p. 50
  24. ↑ Kathy Amos-Jacob, Technique et apprentissage du dressage, Éditions Amphora, , 159 p. (ISBN 978-2-85180-521-8, lire en ligne), p. 30
  25. ↑ Cairoli 2012, p. 124
  26. 1 2 Cheval love 2013, p. 20
  27. ↑ Christian Carde et Laetitia Bataille, « Le Roll Kur : Que faut-il vraiment en penser ? », Cheval Savoir, no 5,‎ (lire en ligne)
  28. ↑ (fr + en + de) « L'impact d'une muserolle sur le nerf trijumeau : Analyse biomĂ©canique par experts : Le conflit neurologique », sur Equipassion spĂ©cialistes en bridons et filets anatomiques, (consultĂ© le )
  29. 1 2 3 4 Ancelet 2009, p. 46
  30. ↑ Cheval Love 2013, p. 21
  31. 1 2 3 4 Landers 2006, p. 136
  32. ↑ Draper 2006, p. 228
  33. 1 2 3 4 Assem 2014, p. 76
  34. ↑ (en) Kate Luxmoore, Introduction to Equestrian Sports, Csiro Publishing, coll. « Landlinks Press Series », , 162 p. (ISBN 978-0-643-09479-6, lire en ligne), p. 142
  35. ↑ (en) Eileen J. O'Connor, Living and Healing Through Horses, Xlibris Corporation, , 62 p. (ISBN 978-1-4568-8106-1, lire en ligne), p. 30
  36. ↑ François Robichon de La GuĂ©riniĂšre, École de Cavalerie, vol. 1, Georg Olms Verlag, (ISBN 978-3-487-41512-3, lire en ligne), p. 67-68
  37. ↑ Cairoli 2012, p. 26
  38. ↑ Landers 2006, p. 137
  39. ↑ « La cavaliĂšre de dressage Ulrike Prunthaller condamnĂ©e pour maltraitance », Cheval Savoir, no 40,‎ (lire en ligne)
  40. ↑ (en) Kate Fenner, Samuel Yoon, Peter White et Melissa Starling, « The Effect of Noseband Tightening on Horses’ Behavior, Eye Temperature, and Cardiac Responses », PLOS ONE, vol. 11,‎ , e0154179 (ISSN 1932-6203, PMID 27140187, PMCID 4854461, DOI 10.1371/journal.pone.0154179, lire en ligne, consultĂ© le ).
  41. ↑ (en) « Crank nosebands used in Olympics causing pain in horses: study », sur ABC News, (consultĂ© le )
  42. ↑ Philippe Karl, « PĂ©tition: RĂ©formes du rĂšglement FN », École de lĂ©gĂšretĂ©, (consultĂ© le )
  43. ↑ « Desserrez les muserolles ! », Cheval Magazine, (consultĂ© le )
  44. ↑ (en) « Lettre de l'Humane Society of the United States », ISES - International Society for Equitation Science, (consultĂ© le )
  45. ↑ La RĂ©daction, « La Nouvelle-ZĂ©lande interdit les muserolles trop serrĂ©es en dressage », sur Cheval Magazine, (consultĂ© le )
  46. ↑ « La FEI fera Ă©voluer le contrĂŽle du serrage des muserolles dĂšs le 1er janvier 2025 » [archive du ], sur grandprix.info (consultĂ© le ).
  47. ↑ AdĂšle VauprĂ©, « Dressage : La SuĂšde rend la muserolle facultative », sur Cheval Magazine, (consultĂ© le )
  48. ↑ Michel Folco, Un loup est un loup, Seuil, , 576 p. (ISBN 978-2-02-114068-2), chap. 23

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Document utilisĂ© pour la rĂ©daction de l’article : document utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article.

  • [Ancelet 2009] Catherine Ancelet, « Les diffĂ©rentes sortes de muserolles », dans Le mĂ©mento de l'Ă©quitation: galops 1 Ă  7, Editions Amphora, (ISBN 9782851807663), p. 46. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • [Cairoli 2012] Claude Cairoli, Longer un cheval, tout un art, Paris, SociĂ©tĂ© des Écrivains, , 134 p. (ISBN 978-2-7483-8470-3, lire en ligne)
  • [Draper 2006] Judith Draper, « Les brides et les selles », dans Le grand guide du cheval : les races, les aptitudes, les soins, Éditions de BorĂ©e, , 256 p. (ISBN 9782844944207, lire en ligne). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • [Huntington, Myers et Owens 2004] (en) Peter Huntington, Jane Myers et Elizabeth Owens, « Nosebands », dans Horse Sense: The Guide to Horse Care in Australia and New Zealand, Landlinks Press, (ISBN 9780643065987), p. 49
  • [Landers 2006] (en) T. A. Landers, Professional Care of the Racehorse : A Guide to Grooming, Feeding, and Handling the Equine Athlete, Eclipse Press, , 303 p. (ISBN 978-1-58150-135-3, lire en ligne)

Publications scientifiques

[modifier | modifier le code]
  • [de la GeniĂšre 1997] Juliette de la GeniĂšre, « Appendice. Note sur une muserolle disparue », Publications de l’École française de Rome,‎ , p. 261-265 (lire en ligne)
  • [McGreevy, Warren-Smith et Guisard 2012] Paul McGreevy, A. Warren-Smith et Y. Guisard, « The effect of double bridles and jaw-clamping crank nosebands on facial cutaneous and ocular temperature in horses », Journal of Veterinary Behavior, vol. 7, no 3,‎ , p. 142–148
  • [Randle et McGreevy 2013] H. Randle et Paul McGreevy, « The effect of noseband tightness on rein tension in the ridden horse », Journal of veterinary behavior, vol. 8, no 2,‎ , p. 18–19

Articles de presse

[modifier | modifier le code]
  • (en) Khaled Assem, « The horse world of nosebands », Horse Times, no 45,‎ , p. 74-76 (lire en ligne)
  • [Carde 2011] Christian Carde, « Serrer la muserolle... », Cheval Savoir, no 22,‎ (lire en ligne). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • [Danne 2012] Isa Danne, « Plaidoyer contre la muserolle serrĂ©e », Cheval Savoir, no 37,‎ (lire en ligne). Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article Voir Ă©galement (en) Isa Danne, « A plea against over-tightened nosebands », Horse Aware, no 2,‎ (lire en ligne)
  • [LestĂ©-Lasserre 2015] Christa LestĂ©-Lasserre, « Muserolle : halte aux excĂšs », Cheval Magazine, no 522,‎ , p. 48-49. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • « Les muserolles », Cheval Love, no 266,‎ , p. 20-21 (lire en ligne)