Aller au contenu

Nabe's Dream

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Nabe's Dream
Auteur Marc-Édouard Nabe
Pays Drapeau de la France France
Genre Journal intime
Éditeur Ă©ditions du Rocher
Date de parution mai 1991
Couverture Autoportrait non ressemblant, aquarelle de Marc-Édouard Nabe, 1976
Nombre de pages 826
ISBN 2268011028X (édité erroné)
Chronologie

Nabe's Dream est le premier tome du journal intime de Marc-Édouard Nabe, publiĂ© en par les Ă©ditions du Rocher.

Résumé

[modifier | modifier le code]

Le livre s'ouvre le soir du , au moment de la fin de la rĂ©daction du premier manuscrit de ce qui va devenir Au rĂ©gal des vermines. Il se termine sur l'Ă©mission Apostrophes, diffusĂ©e en direct sur Antenne 2 le , et marquĂ©e par les propos polĂ©miques et l'agression hors antenne de Marc-Édouard Nabe. Entre les deux dates, on suit la vie de l'Ă©crivain, marquĂ©e par la recherche d'un Ă©diteur et la réécriture du manuscrit. Les bouclages du journal Hara-Kiri permettent la retranscription de longues tirades du Professeur Choron[1].

Accueil critique

[modifier | modifier le code]

Avis négatifs

[modifier | modifier le code]

Dans Le Monde, Patrick Kechichian évoque « un vide, un vide affligeant » laissé « une fois dépassé ce fantÎme de scandale que représente la gesticulation de MEN »[2]. Renaud Matignon publie dans Le Figaro Littéraire une critique féroce à l'encontre de Nabe's Dream et de son auteur[3]. Le livre est néanmoins placé par le journal dans sa liste des « dix essais dont on parle »[4].

GĂ©rard GuĂ©gan, dans Sud Ouest, rĂ©duit l'Ă©crivain Ă  un « comique », et affirme, Ă  tort, qu'il dĂ©couvre Barbey d’Aurevilly, Sade, CĂ©line en 1983, alors que « ces trois-lĂ  se dĂ©couvrent, en gĂ©nĂ©ral, Ă  15 ans, du moins lorsqu’on prĂ©tend au gĂ©nie »[5]. Dans Politis, Jacques Bertin regrette que Nabe n'ait pas de cause Ă  dĂ©fendre, le qualifiant de « pamphlĂ©taire sans cause »[6].

Avis positifs

[modifier | modifier le code]

JĂ©rĂŽme Leroy, dans Le Quotidien de Paris, prend la dĂ©fense de l'Ă©crivain en attaquant la critique de Patrick Kechichian : « Que le critique d’un grand journal du soir trempe sa plume dans le venin tiĂšde d’une tolĂ©rance hypocrite pour rĂ©gler le sort d’un Ă©crivain sans mĂȘme l’avoir lu prouve au moins une chose : la mort gagne du terrain »[7]. Jugeant que la faute de Nabe est d'ĂȘtre « insupportablement vivant », il Ă©voque un journal intime « somptueux », qui « renvoie en creux le reflet trop prĂ©cis d’un monde oĂč des castrats anorexiques contrĂŽlent tout, mĂȘme l’imaginaire, oĂč des fossoyeurs paranoĂŻaques viennent donner des leçons de morale dans des compilations fadasses ».

Dans Le Figaro Magazine, François Nourissier, de l'AcadĂ©mie Goncourt, Ă©crit que Nabe's Dream est « odieux, marrant ou urticant, rarement ennuyeux »[8]. Michel Polac accueille favorablement le livre dans les pages de L'ÉvĂ©nement du jeudi, en prenant la critique Ă  contre-pied : « Ce gamin est nĂ© trop tard : les Goncourt et LĂ©autaud Ă©taient des commĂšres et leurs propos Ă©taient bien plus odieux que les siens, mais voilĂ , aujourd’hui, aprĂšs certains “dĂ©tails” on sait que les mots tuent, que des polĂ©mistes peuvent ĂȘtre des assassins et les hommes de lettres ont la gueule de bois..., sauf Nabe. »[9]. Dans Valeurs Actuelles, « Jean Desperts » (GrĂ©gory Pons)[10] parle d'un « texte lourd, dense et puissant, souvent agaçant, mais attachant et original »[11]. Dans Politis, Yves Larrouy dit du livre qu'il est « bourrĂ© de talent, de la patte d'un vrai Ă©crivain, fou de littĂ©rature, fou d'amour »[12].

Le Bulletin cĂ©linien, sous la plume de Marc Laudelout, Ă©crit que Marc-Édouard Nabe avec Nabe's Dream, « confirme, si besoin Ă©tait, son exceptionnel talent »[13]. Pour Ouest-France, « Marc-Edouard Nabe se raconte avec style et, souvent, brio »[14]. Jean-Claude Lamy, dans France-Soir, salue le premier tome du journal de Nabe, qui « provoque, impose sa personnalitĂ© de trublion et nous assĂšne ses Ă©tats d'Ăąme dans un style fiĂ©vreux »[15],[16]. Dans Actuel, FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ accueille trĂšs favorablement le premier tome du journal de Nabe, parlant de « huit cents pages d'Ă©motions, de rythme, de passions, d'histoires d'amour, de ruptures, de rĂšglements de comptes. »[17]

  • En 2001, Thomas Clerc publie sa thĂšse de doctorat, portant sur les journaux intimes, et dans laquelle il analyse celui de Marc-Édouard Nabe[18],[19]. En , il Ă©crit dans LibĂ©ration qu'en 1995, au moment de la rĂ©daction de la thĂšse, il Ă©tait « fascinĂ© par le journal de Marc-Édouard Nabe »[20].
  • En , lors de la parution de Naissance, de Yann Moix, FrĂ©dĂ©ric Beigbeder Ă©crit que le roman « rappelle Nabe's Dream, le journal intime de Marc-Edouard Nabe : on y trouve le mĂȘme exhibitionnisme potache, certaines rĂ©fĂ©rences similaires (notamment le jazz), la mĂȘme paranoĂŻa et une maniĂšre analogue d'Ă©tirer les scĂšnes jusqu'au burlesque le plus hystĂ©rique. Un des pĂšres spirituels du hĂ©ros se nomme d'ailleurs Marc-Astolphe Oh »[21].
  • En , RaphaĂ«l Sorin, dans LibĂ©ration, mentionne Nabe's Dream et ses pages sur le Professeur Choron[22].
  • Marc-Édouard Nabe, Nabe's Dream, Ă©ditions du Rocher, 1991, 824 p. (ISBN 22681102X, Ă©ditĂ© erronĂ©)

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. ↑ harakiri-choron.com, « Harakiri-choron.com - Choron par M-E Nabe », Contient les extraits du Journal concernant le Professeur Choron, sur www.harakiri-choron.com (consultĂ© le ).
  2. ↑ Patrick Kechichian, « Au vide du sujet », Le Monde,‎ , p. 31.
  3. ↑ Renaud Matignon, « Marc-Edouard Nabe : les canapĂ©s de la rĂ©volte », Le Figaro LittĂ©raire,‎ (lire en ligne).
  4. ↑ « Les dix essais dont on parle », Le Figaro LittĂ©raire,‎ .
  5. ↑ GĂ©rard GuĂ©gan, « Le comique involontaire », Sud-Ouest,‎
  6. ↑ Jacques Bertin, « Nabe est plus bĂȘte que mĂ©chant », Politis,‎ , p. 42.
  7. ↑ JĂ©rĂŽme Leroy, « La cote des auteurs », Le Quotidien de Paris,‎ .
  8. ↑ François Nourissier, « Nabe : la “DiarrhĂ©e infernale” », Le Figaro Magazine,‎
  9. ↑ Michel Polac, « À contre pied », L'ÉvĂ©nement du jeudi,‎ .
  10. ↑ Alain de Benoist : bibliographie, 1960-2010 : livres, articles, prĂ©faces, contributions Ă  des recueils collectifs, entretiens, littĂ©rature secondaire (prĂ©f. Michel Marmin), Paris, Les Amis d'Alain de Benoist, , 467 p. (ISBN 978-2-9528321-4-4), p. 45.
  11. ↑ Jean Desperts, « Le mouchard inspiré », Valeurs actuelles,‎ .
  12. ↑ Yves Larrouy, « Nabe est plus tendre que mĂ©chant », Politis,‎ (42).
  13. ↑ Marc Laudelout, « Chronique », Le Bulletin cĂ©linien,‎ .
  14. ↑ « Nabe raconte Nabe », Ouest France,‎ .
  15. ↑ Jean-Claude Lamy, « "Nabe's Dream" de Marc-Edouard Nabe », France Soir,‎
  16. ↑ Jean-Claude Lamy, « “Nabe's Dream” de Marc-Edouard Nabe », France Soir,‎
  17. ↑ FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ, « Nabe, Ă©crivain gĂ©ant », Actuel,‎ , p. 190.
  18. ↑ Clerc, Thomas, « Le journal d'ecrivain dans la litterature francaise du xxe siecle : semiostylistique d'un genre », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  19. ↑ Thomas Clerc, Les Écrits personnels, Paris, Hachette supĂ©rieur, , 127 p. (ISBN 2011454506).
  20. ↑ Thomas Clerc, « Avoir 50 ans », LibĂ©ration,‎ , p. 27 (lire en ligne).
  21. ↑ FrĂ©dĂ©ric Beigbeder, « Ecrire pour Ă©clore », Le Figaro Magazine,‎ , p. 117 (lire en ligne).
  22. ↑ RaphaĂ«l Sorin, « En attendant Al Zeimer », LibĂ©ration,‎ (lire en ligne) :
    « Pour Choron, en fait, il n’y a qu’à lire l’abondant Journal de Marc-Edouard Nabe dont il est l’inĂ©narrable hĂ©ros »
    .

Lien externe

[modifier | modifier le code]