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École supĂ©rieure des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major

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École supĂ©rieure des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major
Image illustrative de l’article École supĂ©rieure des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major
Insigne de l'ESORSEM.

Création 1899
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Armée française
Branche Armée de terre
Type École militaire
Fait partie de Centre d'Enseignement Militaire Supérieur - Terre
Garnison Paris
Surnom ESORSEM
Devise Ils s'instruisent pour mieux servir
Commandant Colonel BenoĂźt Chamberland
Commandant historique Lcl. Frocard (R)

L'École supĂ©rieure des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major (ESORSEM) est l'une des quatre Ă©coles militaires supĂ©rieures de l'ArmĂ©e de terre française et la seule ouverte exclusivement aux rĂ©servistes[1].

SituĂ©e dans les locaux de l’École militaire Ă  Paris, elle est, depuis 2023, une composante du Centre d'enseignement militaire supĂ©rieur de l'ArmĂ©e de terre[2]. Elle est le passage obligĂ© de tout officier de rĂ©serve souhaitant poursuivre une carriĂšre en Ă©tat-major au-delĂ  des temps de commandement en unitĂ©, quelle que soit son arme[3].

AprĂšs un cursus spĂ©cialisĂ© et une sĂ©lection, ils deviennent officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major (ORSEM), ce qui les prĂ©destine aux fonctions et responsabilitĂ©s d’officier supĂ©rieur. Depuis peu[Quand ?], des sous-officiers (Sofem) y sont Ă©galement formĂ©s. Toutes formations confondues, l'Ă©cole accueille jusqu'Ă  500 stagiaires par an[4].

Aujourd’hui plus de mille ORSEM actifs servent dans la rĂ©serve opĂ©rationnelle de premier niveau (RO1)[5] avec des volumes d’engagement importants, pouvant atteindre 150 jours par an[6],[7].

Servant sous ESR (Engagement Ă  servir dans la rĂ©serve), les ORSEM renforcent les Ă©tats-majors de l’armĂ©e de Terre, interarmĂ©es et interalliĂ©s en France et Ă  l’étranger (Afghanistan, Tchad, CĂŽte d’Ivoire
)[7]. Souvent diplĂŽmĂ©s de l'enseignement supĂ©rieur Ă  titre civil (majoritairement au niveau bac+5)[8], il n'y a nĂ©anmoins pas de profil type. InterrogĂ© Ă  ce sujet en , le gĂ©nĂ©ral Pascal Facon[9], directeur du Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC), dont dĂ©pendait l'ESORSEM, relevait deux traits rĂ©pandus chez les stagiaires ERSOSEM : leur « expĂ©rience », en opĂ©ration (souvent plusieurs OPEX[10] ou MISSINT[11] Ă  leur actif) ou dans le cadre de leurs emplois en tant qu'officiers de rĂ©serve (comme officiers traitants ou rĂ©dacteurs confirmĂ©s, Ă  qui l’on peut dĂ©jĂ  confier des responsabilitĂ©s de chefs de cellule) ; et leur « engagement », compte tenu de la nĂ©cessitĂ© d'un investissement constant et important pris sur leur temps personnel et leur vie familiale, dĂ©notant un « trĂšs fort sentiment d’appartenance Ă  la communautĂ© militaire et une trĂšs forte volontĂ© de s’engager au service du pays »[12].

De nombreux ORSEM ont donnĂ© leur vie lors des deux derniers conflits mondiaux et dans la rĂ©sistance. MĂȘme en "service courant", certains y laissent leur vie, comme en , lorsque cinq ORSEM se tuent dans l'accident d'un hĂ©licoptĂšre lors d'un vol de reconnaissance[13].

Les diplÎmés ORSEM se regroupent au sein de la « Réunion des ORSEM », association aujourd'hui "reconnue d'utilité publique" née le à l'initiative d'officiers "de complément" qui voulaient éviter que se reproduisent les événements de 1870-71 en se formant entre eux au travail d'état-major, source majeure d'infériorité des armées françaises face à leurs adversaires d'alors.

Cette initiative a Ă©tĂ© consacrĂ©e par le Commandement avec ce qui deviendra l’ESORSEM. Cette Ă©cole sera rattachĂ©e Ă  l’École de Guerre en 1911 et reprendra Ă  sa charge la formation, laissant depuis lors Ă  la RĂ©union des ORSEM la mission de rĂ©flexion, d’animation et de reprĂ©sentation du rĂ©seau constituĂ©[14]; l'ESORSEM Ă©voluant aujourd'hui en symbiose avec le rĂ©seau des ORSEM animĂ© par la RĂ©union l'École y recrutant mĂȘme une grande partie de ses instructeurs[15].

Ce cours supĂ©rieur d'Ă©tat-major propre aux rĂ©servistes, qui n'a pas d'Ă©quivalent dans les autres armĂ©es occidentales, a Ă©tĂ© créé en 1899 par des officiers de rĂ©serve rassemblĂ©s en « rĂ©union » et rattachĂ© Ă  l'École supĂ©rieure de guerre en 1911.

Le choc de la dĂ©faite de Sedan (1870) et les enseignements de cette tragique guerre franco-prussienne - notamment des insuffisances du corps d’état-major impĂ©rial français - conduisent Ă  de profondes rĂ©formes qui voient la naissance de la conscription obligatoire, la constitution d’une armĂ©e de rĂ©serve encadrĂ©e par des officiers et sous-officiers dits « de complĂ©ment » (les termes officiers de rĂ©serve n'apparaissent qu'aprĂšs 1914) et une refonte complĂšte du corps d’état-major qui cependant ignore la ressource rĂ©serve. Dans ce contexte, alors qu'il est vĂ©tĂ©ran de cette guerre, sous-lieutenant d'artillerie de rĂ©serve et fonctionnaire civil au ministĂšre de la Guerre, AndrĂ© Mariotti produit une note (dit « rapport Mariotti ») prĂ©conisant d'assurer la permanence d'un service d'Ă©tat-major grĂące notamment Ă  des officiers de rĂ©serve formĂ©s spĂ©cialement et sĂ©lectionnĂ©s pour leurs aptitudes scientifiques et militaires, aprĂšs examen validant leur culture gĂ©nĂ©rale et leurs connaissances militaires techniques et pratiques. Dix sept ans plus tard, en 1899, le projet Mariotti dĂ©bouche sur la crĂ©ation Ă  cet effet de la « RĂ©union des officiers de complĂ©ment du service d’état-major » qui voit le jour au Cercle national des armĂ©es Ă  Paris.

L'initiative des rĂ©servistes (la RĂ©union des ORSEM) a donc prĂ©cĂ©dĂ© la volontĂ© du haut commandement qui cependant avait fini par l'approuver. Au dĂ©but, les officiers se forment eux-mĂȘmes au sein de leur association avant que le ministĂšre de la Guerre n’accepte la crĂ©ation d’une Ă©cole d’instruction, qui sera rattachĂ©e en 1911 Ă  l’École supĂ©rieure de guerre[16],[17],[18].

Cette filiĂšre d'excellence a Ă©voluĂ© jusqu'Ă  ce jour et demeure malgrĂ© la disparition de l’École supĂ©rieure de Guerre (1993) dont elle dĂ©pendait et la fin de la conscription (1997/2002)[19] en exĂ©cution du « plan ArmĂ©e 2000 » ainsi qu'une rĂ©organisation radicale de l'enseignement militaire supĂ©rieur (1993/2009/2016) qui a finalement dĂ©bouchĂ© sur son rattachement au Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement (CDEC) et la rĂ©novation de son cursus.

La séparation des branches "doctrine" et "enseignement" aboutit à la dissolution du CDEC à l'automne 2023 et au rattachement de l'ESORSEM à la DRHAT, et précisément au Centre d'Enseignement Militaire Supérieur-Terre.

Chronologie synthétique[19] :

  • 1882 : rapport Mariotti sur « l'organisation d'un service auxiliaire de l'État-Major gĂ©nĂ©ral » ;
  • 1898 : le chef d'État-Major gĂ©nĂ©ral de l'ArmĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Renouard, approuve le projet d'organisation d'une Ă©cole spĂ©ciale d'instruction des officiers de complĂ©ment et de l'armĂ©e territoriale du service d'Ă©tat-major ;
  • 1899 : naissance de la RĂ©union ; le , 159 officiers rĂ©pondant favorablement aux idĂ©es du Cdt Mariotti (R) de fonder la « RĂ©union des officiers de complĂ©ment du service d’état-major », se rĂ©unissent pour la premiĂšre assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'association (Mariotti la prĂ©sidera de 1909 Ă  1914) ;
  • 1899-1901 : structuration de la formation ; la « RĂ©union » met en place un « conseil d'instruction » pour dispenser l'enseignement, sous la prĂ©sidence du Lt.-Col. d'artillerie (brevetĂ©) de rĂ©serve, Paul Marie Frocard (1848-1932), Ă©galement haut fonctionnaire au ministĂšre de la Guerre ;
Insigne de l'École supĂ©rieure de guerre portĂ© par les stagiaires ORSEM jusqu'en 1982.
  • 1900 :
    • le , premier cours d'instruction dit « cours de la RĂ©union » ;
    • le , le ministre de la Guerre Adolphe Messimy (lui-mĂȘme saint-cyrien, brevetĂ© de l'Ă©cole de guerre et officier de rĂ©serve), sur proposition du Gouverneur militaire de Paris, transforme le « cours de la RĂ©union » en « École d'instruction » ;
  • 1901 : dĂ©but de l'enseignement au sein de l'« École d'instruction » ; les statuts de la « RĂ©union » sont modifiĂ©s, l'association est dĂ©sormais bien distincte de l'École ;
  • 1911 : l'« École d'instruction » est rattachĂ©e Ă  l'École supĂ©rieure de guerre ; elle s'installe Ă  l'École militaire Ă  Paris ;
  • 1914-1920 : interruption des cours Ă  la suite du dĂ©clenchement de la PremiĂšre Guerre mondiale ; les officiers de rĂ©serve formĂ©s EM, dont le commandant Mariotti qui malgrĂ© son Ăąge reprend du service Ă  cette occasion, jouent parfaitement leur rĂŽle d'auxiliaires du commandement et constituent mĂȘme les trois quarts de l'encadrement des Ă©tats-majors Ă  la fin de la guerre en 1918 ;
  • 1920-1940 : reprise de l'enseignement ; changement d'appellation de l'« École d'instruction » en « École nationale de perfectionnement des officiers de rĂ©serve du service d'Ă©tat-major » ; la dĂ©centralisation des cours en province est amorcĂ©e en 1924 avec la crĂ©ation des centres de Lyon, Marseille, Bordeaux et Rennes.
  • 1940-1946 : interruption de l'enseignement Ă  la suite de l'invasion de la France par le TroisiĂšme Reich ;
  • 1948 : l'École de perfectionnement devient « Centre d'instruction des ORSEM » ; elle coopĂšre Ă©troitement avec l'École d'Ă©tat-major (EEM) Ă  laquelle elle est liĂ©e depuis 1946 ; les Ă©lĂšves adoptent l'insigne de l'EEM et l'Ă©cole reçoit un peu plus tard son fanion avec la devise « Duci et Militi (« Pour le chef et pour le soldat ») qui est commune avec l'EEM ; cette derniĂšre est elle-mĂȘme rattachĂ©e Ă  l'École supĂ©rieure de guerre (ESG) en 1949.
  • 1951 : une autre dĂ©nomination est Ă  nouveau attribuĂ©e : le Centre devient « École nationale des ORSEM » ;
  • 1952 : l'ENORSEM est Ă  nouveau subordonnĂ©e directement Ă  l'École supĂ©rieure de guerre ; la notion de « service » est ĂŽtĂ©e de son appellation, elle devient ainsi l'ENOREM. Les Ă©lĂšves portent Ă  nouveau l'insigne de l'École supĂ©rieure de guerre (photo) ;
  • 1958 : l'ENOREM devient « École supĂ©rieure des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major » (ESORSEM), qui est son appellation actuelle ; elle devient autonome sous l'autoritĂ© du gĂ©nĂ©ral directeur de l'enseignement militaire supĂ©rieur de l'ArmĂ©e de terre (DEMSAT) ;
  • 1982 : un insigne propre Ă  l'ESORSEM est créé, losange et fond rouge, qui reprend le demi-foudre symbole des officiers d'Ă©tat-major, avec la devise « Ils s'instruisent pour mieux servir » (photo); un nouveau fanion est rĂ©alisĂ© avec cette devise ;
  • 1999-2000 : cĂ©lĂ©brations successives du centenaire des ORSEM, puis celui de l'École ; le gĂ©nĂ©ral commandant l'Ă©cole devient aussi dĂ©lĂ©guĂ© aux rĂ©serves de l'ArmĂ©e de terre (DRAT) ;
  • 2013 : dĂ©fusionnement de l'ESORSEM avec la DĂ©lĂ©gation aux rĂ©serves de l’armĂ©e de terre (DRAT). L'ESORSEM rĂ©nove son cursus et complĂšte son offre de formation[20].
  • Insigne du Centre de doctrine et d'enseignement du commandement.
    2016 : aprĂšs rĂ©organisation de l’enseignement militaire supĂ©rieur (EMS), l’ESORSEM, qui conserve son accueil aux volontaires d'autres armĂ©es et services, dĂ©pend dĂ©sormais du Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement (CDEC), lui-mĂȘme sous l’autoritĂ© directe du major gĂ©nĂ©ral de l'ArmĂ©e de terre.
  • 2018 : certaines qualifications ORSEM sont reconnues comme certifications et inscrites au RNCP. Le diplĂŽme et les brevets que peuvent obtenir les ORSEM donnent droit, par ailleurs, au port d'un brevet de spĂ©cialitĂ© mĂ©tallique commun Ă  l'active et Ă  la rĂ©serve ;
  • 2019 : comme toutes les entitĂ©s qui dĂ©pendaient du CDEC, l'Ă©cole supĂ©rieure des ORSEM s'Ă©tait vue doter d'un nouveau fanion de tradition Ă  l'instar de ses Ă©coles « sƓurs » (Ă©cole d'Ă©tat-major, enseignement militaire supĂ©rieur scientifique et technique et Ă©cole de guerre-Terre) portant sa dĂ©nomination Ă  l'avers et sur son revers, son insigne sur lequel figure donc la devise des ORSEM: "ils s'instruisent pour mieux servir".
  • 2020 : Deux ans aprĂšs les autres qualifications, le DORSEM est Ă  son tour inscrit au RNCP comme une certification professionnelle de Manager d'UnitĂ© Fonctionnelle et OpĂ©rationnelle (MUFO) de niveau 7.
  • 2024 : l'annĂ©e marque le 125e anniversaire de la RĂ©union des ORSEM. Elle a souhaitĂ© y associer l’ESORSEM qui, bien que créée plus tard, contribue avec elle Ă  la perpĂ©tuation de ce concept original que sont les ORSEM.

Le cursus de formation dispensé par l'ESORSEM a connu de nombreuses évolutions et vient récemment de s'élargir.

École militaire de Paris, siĂšge de l'ESORSEM, oĂč ont lieu les diffĂ©rents stages qualifiants (en principe l'Ă©tĂ©).

Dans les années 1980 jusqu'en 2001, les candidats préparent en deux ans le concours annuel d'accÚs au stage national de trois semaines organisé par l'ESORSEM à Paris, ceci en suivant des cours dispensés par l'état-major local dont ils dépendent. Par la suite, le cursus sera scindé en deux étapes : le certificat et le diplÎme d'état-major ; la volonté s'affirmant, plus encore depuis 2012, de mettre progressivement les qualifications des ORSEM en correspondance avec celles des officiers de carriÚre malgré leur spécificité, ce cursus sera élargi pour couvrir la totalité du parcours professionnel des officiers de réserve destinés à servir en états-majors[21].

Désormais, ce cursus de formation continue tout au long de la carriÚre, comprend quatre niveaux[22],[23] :

  • le stage d’initiation aux techniques d’état-major (SITEM) destinĂ© aux aspirants de rĂ©serve, dĂ©bouche sur l'obtention du brevet d'initiation aux techniques d'Ă©tat-major (BIEM) aprĂšs un stage rĂ©ussi de deux semaines rĂ©alisĂ© aprĂšs leur formation initiale ;
  • le stage de certification d'Ă©tat-major (SCEM) destinĂ© principalement aux lieutenants ou jeunes capitaines de rĂ©serve, dĂ©bouche sur l'obtention du certificat d'Ă©tat-major (CEM) aprĂšs un stage rĂ©ussi de deux semaines ;
  • le stage du cours supĂ©rieur des ORSEM (CSORSEM), destinĂ© aux capitaines de rĂ©serve n'est accessible qu'aprĂšs une prĂ©paration d'une annĂ©e ponctuĂ©e de pĂ©riodes d'enseignement dirigĂ©es Ă  l'Ecole et de travaux personnels Ă  distance, et la rĂ©ussite Ă  un examen d'admission qui comprend deux Ă©preuves Ă©crites d’admissibilitĂ© et une Ă©preuve orale d’admission. Cette formation Ă©talĂ©e sur une annĂ©e est initialement encadrĂ© par des professeurs d'active pour la prĂ©paration de l'examen, puis par des rĂ©servistes ayant la qualification d'instructeurs pour le stage final[24]. La rĂ©ussite de cet examen et la validation du stage permet l'obtention du diplĂŽme d'ORSEM (DORSEM), dont les dĂ©tenteurs se voient Ă©galement attribuer le diplĂŽme d'Ă©tat-major (DEM). Ce dernier est commun aux militaires d'active et de rĂ©serve, et relĂšve de l'enseignement militaire supĂ©rieur du premier degrĂ© (EMS1)[23].
    Insigne GS 354 pour les officiers DiplÎmés Etat-Major (ayant réussi les ORSEM).
  • le stage du brevet technique d’études militaires gĂ©nĂ©rales (BTEMG-RĂ©serve) relĂšve de l'enseignement militaire supĂ©rieur du deuxiĂšme degrĂ© (ESM2) ; chaque annĂ©e depuis 2014[21], quinze Ă  vingt lieutenants-colonels ORSEM sĂ©lectionnĂ©s sont admis Ă  suivre Ă  l'ESORSEM ce stage de haut niveau[25], qui leur permettra d’ĂȘtre « brevetĂ©s » Ă  l’instar des officiers de carriĂšre, et donc d’ĂȘtre promu au grade de colonel. Par contre, le brevet technique interarmĂ©es de rĂ©serve (BTIAR) est directement prĂ©parĂ© Ă  l'Ă©cole de guerre (EMS2 interarmĂ©es)[26].
    Insigne GS 352 pour officiers brevetés (ayant réussi le BTEMG-Réserve).

L'ESORSEM fournit aux rĂ©servistes ORSEM la possibilitĂ© de stages tout au long de leur carriĂšre et aussi des confĂ©rences, des voyages d'Ă©tude, des participations Ă  la journĂ©e interarmes du CIADA (camp interarmes des divisions d’application). Les ORSEM ont la possibilitĂ© de se spĂ©cialiser dans un domaine particulier aprĂšs avoir satisfait Ă  la rĂ©alisation de stages qualifiants spĂ©cifiques, ceux de l'ESORSEM (ci-dessous), ou dans leurs affectations[22],[23].

À cĂŽtĂ© des formations de cursus, l’école dispense aussi dĂ©sormais cinq formations d’adaptation rendues nĂ©cessaires par les besoins des formations d’emploi[20] :

  • le stage national des officiers adjoints rĂ©serve (SNOAR), qui a pour but de former les officiers Ă  tenir leur rĂŽle de conseiller du commandement et Ă  assurer une interface efficace avec le monde civil ;
  • le stage des officiers de la chaĂźne « Organisation territoriale interarmĂ©es de dĂ©fense » (OTIAD) et le stage des sous-officiers de la chaĂźne « Organisation territoriale interarmĂ©es de dĂ©fense » (OTIAD-SOF), qui visent Ă  faire acquĂ©rir les connaissances et les techniques de travail nĂ©cessaires pour tenir un emploi d’officier ou de sous-officier traitant au sein d’un Ă©tat-major de la chaĂźne OTIAD (organisation territoriale interarmĂ©es de dĂ©fense)[27] ; ces deux stages ont la particularitĂ© d'ĂȘtre communs au personnel d'active et de rĂ©serve ;
  • le stage national des sous-officiers d’état-major (SOFEM), visant Ă  faire acquĂ©rir au personnel sous-officier les mĂ©thodes et les outils de travail en Ă©tat-major, organique ou opĂ©rationnel ;
  • le stage territoire national (ORSEM TN), visant Ă  former les officiers de rĂ©serve Ă  s'insĂ©rer dans un Ă©tat-major de rĂ©giment ou de brigade dans le cadre d'un dĂ©ploiement sur le territoire national.

Depuis 2018, les ORSEM diplÎmés (ou brevetés) ainsi que leurs camarades de carriÚre ont droit au port du brevet militaire professionnel correspondant à leur qualification, y compris à titre rétroactif (insigne calqué sur celui de l'ancienne école supérieure de guerre avec une variation de couleur de l'argent au doré correspondant aux trois niveaux possibles)[28].

Par ailleurs, certaines qualifications données par l'ESORSEM sont désormais inscrites au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles). Les stagiaires des SOFEM et SCEM recevant désormais la certification professionnelle de « responsable en management des organisations », option « management stratégique », de niveau 6 (ancien niveau II) [29],[30],[31].

Dans les formations dĂ©livrĂ©es par le CDEC, le DORSEM se voit transposĂ© en certification professionnelle de Manager d'UnitĂ© OpĂ©rationnelle et Fonctionnelle (MUFO), depuis un arrĂȘtĂ© du ministĂšre des ArmĂ©es en date du 17/07/2020 [31]. Cette certification est enregistrĂ©e au registre national des certifications professionnelles (RNCP) sous le numĂ©ro 29444 et classĂ©e au niveau de classification 7 (Ă©quivalent de niveau master 2)[32],[33].

De 1947 à 1982 : Duci et militi (pour le chef et pour le soldat), devise partagée avec l'école d'état-major.

Depuis 1982, la devise de l'École est : « Ils s'instruisent pour mieux servir ».

Les promotions des ORSEM

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De 1900 Ă  1975, de l'ordre de 90 promotions se succĂšdent jusqu'Ă  celle de 1976 qui est la premiĂšre Ă  ĂȘtre baptisĂ©e du nom d'un parrain. Les numĂ©ros de promotion restent sujet Ă  caution en raison des interruptions liĂ©es aux deux guerres mondiales.

Les premiers insignes de promotion apparaissent de maniĂšre isolĂ©e en 1985 et 1986 avec les promotions « Colonel Touny » et « Capitaine de Redon » (photos). Ils deviennent davantage systĂ©matique sans ĂȘtre une rĂšgle Ă  partir de 1994 avec la promotion « Cinquantenaire de la LibĂ©ration de Paris » jusqu'Ă  ce jour oĂč la tradition semble mieux Ă©tablie.



Directeurs ou commandants de l'ESORSEM

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De 1900 Ă  1914 le lieutenant-colonel Frocard, rĂ©serviste, est d'abord prĂ©sident du Conseil d'instruction de la RĂ©union, puis directeur-adjoint de l'École d'instruction, successivement sous l'autoritĂ© du chef d'Ă©tat-major du Gouverneur militaire de Paris (1901), puis du gĂ©nĂ©ral commandant l'École supĂ©rieure de guerre (1911)[19]. L'Ă©cole rouvre aprĂšs la guerre, en 1920. Ses directeurs successifs sont dĂ©sormais des militaires de carriĂšre.

Bibliographie

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  • GĂ©rard Bieuville (Col.), Philippe GouĂ«smel (Cap.), Un siĂšcle d'Orsem, Lavauzelle-Graphic Editions, 1999 (ISBN 2-7025-0452-3) ;
  • Paul Marie Frocard (Lcl), L'Enseignement militaire supĂ©rieur, H. Charles-Lavauzelle, 1899
  • Jean Guisnel, ArmĂ©e : les Orsem, une force d'appoint qui a la cote, in Le Point, (Lire en ligne) ;
  • Jean-Charles Jauffret, L’officier de rĂ©serve : naissance, formation, emploi 1871-1919, Centenaire de la rĂ©union des ORSEM, Les armĂ©es françaises et leurs rĂ©serves, hier et demain, actes du colloque du , Centre d’études d’histoire de la DĂ©fense, 2005 (ISBN 978-2951502451)
  • Alain LavĂšre, Un corps original : les officiers de rĂ©serve du service d'Ă©tat-major (Orsem) in Revue DĂ©fense Nationale, n° 508,
  • Mohamed Madoui,
    • Les officiers de rĂ©serve de service d’état-major : logiques d’engagement et identitĂ© militaire, in Revue Les Champs de /2 (N° 12), pp. 123-144 (lire en ligne) ;
    • Former des cadres dirigeants : le cas des officiers de rĂ©serve d'État-Major, in Revue Formation Emploi, 2004, n° 86, pp. 69-83 (lire en ligne) ;
    • Militaires Ă  temps partiel. Sociologie des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major, L'Harmattan, col. « Cahiers du Griot », 2007, 183 p. ;
  • Collectif, Les ORSEM, Bulletin de la rĂ©union des ORSEM, 1985 ;
  • Collectif, Contribution aux travaux de la Commission du Livre Blanc sur la DĂ©fense et la SĂ©curitĂ© Nationale, RĂ©union des ORSEM, , 13 p. (Lire en ligne).
  • Guide d'accueil des stagiaires français et Ă©trangers au CSORSEM (version du 30/09/2020) [36]

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ À l'exception (rĂ©cente) de deux stages (officiers/sous-officiers) pour la chaĂźne « organisation territoriale interarmĂ©es de dĂ©fense » qui rĂ©unissent active et rĂ©serve (cf. infra)
  2. ↑ GĂ©nĂ©ral Thierry Chigot, « ActualitĂ©s RH, ArmĂ©e de Terre ».
  3. ↑ L'ESORSEM forme les officiers de rĂ©serve de l’armĂ©e de Terre, mais Ă©galement des officiers du commissariat des armĂ©es et du service de santĂ© des armĂ©es, des Ă©lĂšves de l’École polytechnique et parfois des rĂ©servistes volontaires de la Marine et de l’armĂ©e de l’Air. S'y ajoutent des stagiaires des pays amis - Cf. L’adresse du Commandant de l’ESORSEM in Cahiers du CESAT n° 35, mars 2014, pp. 5-6
  4. ↑ La vie de l'Ă©cole in La lettre de l'ESORSEM, n° 6, 2016
  5. ↑ Plus du double en comptabilisant ceux ayant quittĂ© la ROP
  6. ↑ Les ORSEM de la promotion 2016 « Lieutenant-colonel Emile Driant » baptisĂ©s le 19 aoĂ»t (consultĂ© le 14 juillet 2019)
  7. 1 2 Réserve: les ORSEM dans une passe difficile
  8. ↑ Cf. Mohamed Madoui, Militaires Ă  temps partiel. Sociologie des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major, L'Harmattan, 20O7
  9. ↑ Depuis, promu gĂ©nĂ©ral de division, le gĂ©nĂ©ral Facon a pris la tĂȘte de Barkhane en mars 2019
  10. ↑ Pour OPĂ©rations EXtĂ©rieures, autorisĂ©es pour les rĂ©servistes depuis 1995
  11. ↑ Pour MISSions INTĂ©rieures
  12. ↑ Sur le site du MinistĂšre de la DĂ©fense : 3 questions au gĂ©nĂ©ral Pascal FACON, directeur du Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement (20 septembre 2017) - Voir aussi : Audition du gĂ©nĂ©ral Pascal Facon, commandant le CDEC devant la Commission de la dĂ©fense nationale et des forces armĂ©es de l'AssemblĂ©e Nationale (25 septembre 2018)
  13. ↑ Escadrille d'hĂ©licoptĂšre d'attaque (EHA)
  14. ↑ La RĂ©union des ORSEM est elle-mĂȘme membre de l'Association nationale des rĂ©serves de l'ArmĂ©e de terre
  15. ↑ PrĂ©sentation-École supĂ©rieure des officiers de rĂ©serve spĂ©cialistes d'Ă©tat-major (ESORSEM)
  16. ↑ Brùve histoire des ORSEM in UN SIÈCLE JOUR POUR JOUR APRÈS SON DÉCÈS AU FEU LE 24 AOÛT 1918, LA PROMOTION ORSEM 2018 PORTE LE NOM DE LIEUTENANT HENRI TOURTEL.
  17. ↑ Historique de l’École SupĂ©rieure des Officiers de RĂ©serve SpĂ©cialistes d'Etat-Major (penseemiliterre.fr)
  18. ↑ ESORSEM-Historique (CDEC)
  19. 1 2 3 Colonel Gérard Bieuville et capitaine Philippe Gouësmel, Un siÚcle d'Orsem, Lavauzelle-Graphic Editions, 1999
  20. 1 2 L’adresse du Commandant de l’ESORSEM in Cahiers du CESAT n° 35 Mars 2014, pp. 5-6
  21. 1 2 Un nouveau diplÎme pour les colonels de réserve, in Armée & Défense octobre-novembre-décembre 2014, p. 8
  22. 1 2 Bulletin Officiel des Armées - Instruction du 15 février 2019 relative à la formation du personnel de la réserve opérationnelle de l'Armée de terre
  23. 1 2 3 Directive n° 200/RH-AT/CESAT/ESORSEM/FORM du 05 juillet 2013
  24. ↑ Fin 2018 le Lieutenant-Colonel Julliard devient le premier officier de rĂ©serve Ă  recevoir Ă  Saumur son insigne d'instructeur des mains du gĂ©nĂ©ral-directeur du CDEC Cf. in La Lettre de l'ESORSEM n° 1 janvier 2019
  25. ↑ Bulletin Officiel des ArmĂ©es - Instruction du 15 janvier 2017 relative aux conditions d'obtention du brevet technique d'Ă©tudes militaires gĂ©nĂ©rales
  26. ↑ Bulletin Officiel des ArmĂ©es - Instruction du 21 mars 2016 relative Ă  l’organisation du cycle d’enseignement militaire supĂ©rieur de 2e degrĂ© des officiers de rĂ©serve en vue de l’attribution du brevet technique interarmĂ©es de rĂ©serve.
  27. ↑ Concerne notamment : EMIAZD-S (Ă©tats-majors de zone de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ©) et CO DMD (centre opĂ©rationnel auprĂšs du dĂ©lĂ©guĂ© militaire dĂ©partemental)
  28. ↑ Circulaire du 27 novembre 2018 du GĂ©nĂ©ral Pascal Facon, directeur du CDEC
  29. ↑ ArrĂȘtĂ© du 27 dĂ©cembre 2018 (JO du 4 janvier 2019) niveau 6 (
  30. ↑ CDEC - Certification professionnelle
  31. 1 2 Page d'accueil du site la Réunion des Orsem - Communiqué du 8 mars 2019 (consulté le 19 juillet 2019)
  32. ↑ « ArrĂȘtĂ© du 17 juillet 2020 crĂ©ant des certifications professionnelles dĂ©livrĂ©es par le ministĂšre des armĂ©es - LĂ©gifrance », sur legifrance.gouv.fr (consultĂ© le ).
  33. ↑ PrĂ©sident de la RĂ©union des ORSEM, « Certification professionnelle des formations de l’ESORSEM – CommuniquĂ© de la RĂ©union des ORSEM du 21 octobre 2020 », sur RĂ©union des ORSEM, .
  34. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Lettre de l'ESORSEM - CDEC, N° 1, janvier 2019
  35. ↑ Page privĂ©e de la promotion Colonel Charles Cambe
  36. ↑ CDEC / ESORSEM, « Guide Ă  l'usage des officiers stagiaires français et alliĂ©s au CSORSEM », sur c-dec.terre.defense.gouv.fr, .
  37. ↑ « Associations Reconnues d'UtilitĂ© Publique (ARUP) - data.gouv.fr », sur data.gouv.fr (consultĂ© le ).