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Pingelap

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Pingelap
Image satellite de Pingelap à marée basse avec la piste d'aviation (bande claire au centre).
Image satellite de Pingelap à marée basse avec la piste d'aviation (bande claire au centre).
Géographie
Pays Drapeau des États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie
Archipel Îles Carolines
Localisation Océan Pacifique
CoordonnĂ©es 6° 13â€Č 05″ N, 160° 42â€Č 10″ E
Superficie 1,75 km2
Nombre d'Ăźles 3
Île(s) principale(s) Pingelap
Géologie Atoll
Administration
Statut Municipalité

État Pohnpei
District Îles extĂ©rieures de Pohnpei
Démographie
Population 258 hab. (2010)
Densité 147,43 hab./km2
Autres informations
Fuseau horaire UTC+11
Géolocalisation sur la carte : Micronésie
(Voir situation sur carte : Micronésie)
Pingelap
Pingelap
Atolls des États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie

Pingelap est un atoll des États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie situĂ© dans l'État de Pohnpei.

Géographie

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Pingelap est situĂ© dans l'ocĂ©an Pacifique, dans l'est des Ăźles Carolines. Administrativement, il constitue une municipalitĂ© de l'État de Pohnpei dans les États fĂ©dĂ©rĂ©s de MicronĂ©sie.

Il s'agit d'un atoll de quatre kilomÚtres de largeur[1] constitué de trois ßles, Pingelap, Sukoru et Daekae, reliées par une barriÚre de corail délimitant un lagon. La superficie des terres émergées est de 1,75 km2 à marée haute[1].

Historiquement, l'atoll est dominĂ© par un chef suprĂȘme appelĂ© nahnmariki ; il s'agit d'un titre hĂ©rĂ©ditaire qui lui confĂšre certains droits sur les terres. Ce systĂšme reste en place malgrĂ© l'occupation japonaise Ă  partir de 1914 peu aprĂšs le dĂ©but de la PremiĂšre Guerre mondiale. Au cours des campagnes du Pacifique de la Seconde Guerre mondiale, la partie sud de l'Ăźle Pingelap est occupĂ©e par les Japonais qui en font une base de ravitaillement ce qui explique qu'elle est la cible d'attaques par les forces alliĂ©es. La prĂ©sence de troupes Ă©trangĂšres sur l'Ăźle favorise l'introduction d'un certain nombre de maladies infectieuses telle la gonorrhĂ©e, la tuberculose et la dysenterie, conduisant Ă  une rĂ©duction de la population et Ă  une baisse significative du taux de fĂ©conditĂ©[2]. Avec l'arrivĂ©e des AmĂ©ricains en 1945, un systĂšme dĂ©mocratique basĂ© sur le suffrage universel est mis en place au cĂŽtĂ© du systĂšme traditionnel. La scolarisation des enfants est instaurĂ©e et un programme de santĂ© est mis en place pour Ă©radiquer les maladies introduites durant la guerre[2].

Durant les années 1960, les Corps de la Paix et l'United States Air Force s'installent sur l'ßle principale, y construisant au nord-est une jetée et une station de surveillance de missiles aujourd'hui désaffectée pour le site d'essai balistiques de l'USAF dans la région. En 1978, les travaux débutent pour la construction d'un aérodrome dans le centre de l'ßle principale[2]. La piste est achevée en 1982 et actuellement deux ou trois avions desservent quotidiennement l'atoll. La liaison est assurée par la compagnie Caroline Islands Air, mais les liaisons aériennes se font de plus en plus rares sur l'ßle en raison du mauvais entretien de la piste.

Démographie

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Évolution dĂ©mographique
1896 1905 1920 1925 1930 1935 1958 1967
1 000 (est.)870 (est.)601601638694627647
1970 1973 1980 1985 1994 2000 2010 -
661641375737518438258-
(Sources : Recensements officiels des populations de l'État de Pohnpei jusqu'en 2000[3] et en 2010[4])
Évolution dĂ©mographique de Pingelap depuis 1896

Seule l'ßle de Pingelap est habitée[2] et ses habitants parlent en majorité le pingelap.

L'atoll intĂ©resse particuliĂšrement les gĂ©nĂ©ticiens : un typhon rĂ©duit la population Ă  seulement vingt individus (vers 1775), l'un d'eux ayant une maladie rare, l'achromatopsie, appelĂ©e maskun en pingelap, signifiant littĂ©ralement « pas voir ». Cette maladie gĂ©nĂ©tique Ă  transmission autosomique rĂ©cessive a pour principaux symptĂŽmes une absence totale de vision des couleurs, seules les nuances de gris Ă©tant distinguĂ©es, une acuitĂ© visuelle trĂšs rĂ©duite, une trĂšs forte photophobie, et un nystagmus. Du fait de la faiblesse des ressources gĂ©nĂ©tiques et de l'augmentation rapide de la population, ce trouble gĂ©nĂ©tique concerne maintenant prĂšs de 10 % de la population[5] et 30 % sont des porteurs sains. Cette mutation permet toutefois une meilleure vision de nuit, ce qui explique sa prĂ©sence plus importante parmi les pĂȘcheurs[6]. En comparaison, aux États-Unis, seul un individu sur 33 000, soit 0,003 % de la population, est affectĂ©[7]. Cette proportion inhabituelle d'achromates dans la population de l'atoll y a attirĂ© le neurologue Oliver Sacks, auteur de L'Île en noir et blanc[8] en 1997. Une trĂšs forte proportion d'achromates est Ă©galement prĂ©sente dans la vallĂ©e de Mand, sur l'Ăźle de Pohnpei[9].

Notes et références

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  1. 1 2 (en) David Damas, « Pingelap Politics and American-Micronesian Relations », Ethnology, vol. 24,‎
  2. 1 2 3 4 (en) David Damas, Bountiful Island: A Study of Land Tenure on a Micronesian Atoll, Wilfrid Laurier University Press, (ISBN 0-88920-239-7)
  3. ↑ (en) « Census of 2000 », pacificweb.org (consultĂ© le )
  4. ↑ (en) « Census of 2010 », pacificweb.org (consultĂ© le )
  5. ↑ Sur cet atoll paradisiaque, on voit le monde en noir et blanc, Sandrine Cabut, Le Monde, 28 juillet 2014.
  6. ↑ (en) Gaia Vince, Transcendence : How Humans Evolved through Fire, Language, Beauty, and Time, Penguin, , 320 p., 19,8 x 1,8 x 12,9 (ISBN 9780141984209, prĂ©sentation en ligne), p. 188
  7. ↑ (en) « The Achromatopsia Group » (consultĂ© le )
  8. ↑ Oliver Sacks, The Island of the Colourblind, Picador, , 345 p. (ISBN 0-330-35887-1)
  9. ↑ (fr) « Un destin en noir et blanc », LibĂ©ration,‎ (lire en ligne)

Liens externes

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