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Géographie
Les Balkans. Leur limite au nord est fixée par les fleuves Danube-Save-Kupa, excluant de facto la Slavonie croate et la Voïvodine serbe des Balkans.
Les Balkans. Leur limite au nord est fixée par les fleuves Danube-Save-Kupa, excluant de facto la Slavonie croate et la Voïvodine serbe des Balkans.

Les Balkans sont l'une des trois « pĂ©ninsules » de l'Europe du Sud, mais cette appellation traditionnelle est parfois contestĂ©e en l'absence d'un isthme : les gĂ©ographes prĂ©fĂšrent le terme de « rĂ©gion ». Elle est bordĂ©e par des mers sur trois cĂŽtĂ©s : la mer Adriatique et la mer Ionienne Ă  l'ouest, la mer ÉgĂ©e au sud et la mer de Marmara et la mer Noire Ă  l'est. Au nord, on la dĂ©limite gĂ©nĂ©ralement par les cours du Danube, de la Save et de la Kupa. Cette rĂ©gion couvre une aire totale de plus de 550 000 km2 et regroupe une population de prĂšs de 53 millions d’habitants.

Origine et utilisation du terme
Dans l’AntiquitĂ©, le nom des montagnes aujourd'hui nommĂ©es « Balkans » Ă©tait Î‘ÎŻÎŒÎżÏ‚ (Haemos en grec et Haemus en latin), mot utilisĂ© en Thrace signifiant, selon Teodor Capidan, « neigeux ». Ce nom dĂ©signait la chaĂźne de montagnes traversant la Bulgarie d’est en ouest (« Grand Balkan »), qui est appelĂ©e Стара ĐŸĐ»Đ°ĐœĐžĐœĐ° (Stara Planina, « vieille montagne ») en bulgare, serbe, vieux-slave, tchĂšque, slovaque, lituanien, et estonien.

L’appellation utilisĂ©e Ă  l'Ă©poque de l'Empire byzantin Aimos / Emmon / Emmona se retrouve dans la forme turque Emine-Balkan, l’adjectif balkan pouvant dĂ©signer en turc soit des « montagnes boisĂ©es », soit des « montagnes glissantes » (c’est l’un des sens des mots turcs bal : « poisseux », « miel », et kan : « gluant », « sang » ; mais, Ă  l’époque romantique, les autres sens de ces deux mots ont donnĂ© naissance Ă  une lĂ©gende trĂšs populaire selon laquelle balkan signifierait « de miel et de sang » pour dĂ©signer aux yeux des Turcs un pays riche en douceurs, fruits, chaleur, richesses de la terre, mais farouchement dĂ©fendu par d’indomptables guerriers[1],[2]). En fait les Ottomans dĂ©signaient leurs possessions du sud-est de l’Europe sous le nom de RoumĂ©lie (Rum-eli c'est-Ă -dire « pays des Romains ») ou, plus rĂ©cemment, Avrupa-i Osmani (« Europe ottomane »).

Bien que l’appellation Balkan ne soit pas attestĂ©e avant le XIVe siĂšcle, les protochronistes, influents dans les Balkans (leurs thĂšses sont enseignĂ©es dans les Ă©coles) attribuent Ă  ce nom une grande anciennetĂ© et le font remonter au proto-indo-europĂ©en bhelg (« arĂȘte, crĂȘte, faĂźte ») via bala-khana (« maison Ă©levĂ©e » en persan[3]) ou via balkĂŽ (« chaĂźne rocheuse » en proto-germanique, Ă  l’origine du vieux frison balka, du norrois balkr et du vieil anglais balca duquel dĂ©rive balk « bloc » en anglais moderne).

Quoi qu’il en soit, c’est en 1808 que l’expression « pĂ©ninsule des Balkans » (Balkanhalbinsel) apparaĂźt chez le gĂ©ographe allemand August Zeune. En Ă©largissant ainsi le terme de « Balkans » bien au-delĂ  du Grand Balkan, Zeune lui donna la signification antique du nom « Haemos » qui dĂ©signait toutes les chaĂźnes de l’Europe du Sud-Est, depuis les Alpes slovĂšnes jusqu’à la mer Noire, avec une importance analogue aux Apennins pour la pĂ©ninsule italienne. MalgrĂ© les critiques formulĂ©es par des gĂ©ographes comme Theobald Fischer (en) dĂšs 1839, cette idĂ©e, discutable sur le plan gĂ©omorphologique, perdure dans le domaine politique et culturel, et comme concept gĂ©ographique aux limites d’ailleurs variables selon les auteurs.

Au XIXe siĂšcle, lors des combats pour la libĂ©ration des divers peuples de la rĂ©gion contre les dominations de l’Empire ottoman (FilikĂ­ EterĂ­a, guerre d'indĂ©pendance grecque, comitadjis, Orim, yougoslavisme) et de l’Autriche-Hongrie (austroslavisme, trialisme), une certaine condescendance a donnĂ©, dans l’historiographie occidentale, une connotation pĂ©jorative au terme « Balkans ». Ainsi, « balkanisation » dĂ©signe un processus de dĂ©structuration politique ; en fait, cette « balkanisation » a surtout Ă©tĂ© voulue par le congrĂšs de Berlin. Tout cela a conduit Ă  utiliser le terme plus neutre d’« Europe du Sud-Est ». C’est ainsi que le journal en ligne Balkan Times s'est lui-mĂȘme renommĂ© Southeast European Times en 2003.

Géographie physique
Le relief de la péninsule des Balkans culmine à 2 925 m au mont Musala dans le massif de Rila (Bulgarie) ; le mont Olympe (GrÚce) est en seconde position avec 2 919 m. La majeure partie de la péninsule est montagneuse, avec des altitudes moyennes de 500 m, des dénivellations importantes, des cours d'eau d'une longueur moyenne de 250 à 300 km, des bassins versants étroits et de petite taille (10 000 à 20 000 km2).

Les plaines, petites et peu nombreuses, se situent le long des cours d'eau et des cÎtes. Quatre principales chaßnes de montagnes, toutes datant de l'orogenÚse alpine, rayonnent autour d'une région centrale, située autour du massif du Ơar, au sud de la dépression du Kosovo-polje :

  • la chaĂźne dinarique, qui longe la mer Adriatique vers l'ouest en direction des Alpes, et forme la ligne de partage des eaux entre cette mer et le bassin du Danube ;
  • la chaĂźne du Pinde, vers le sud, qui forme la ligne de partage des eaux en GrĂšce continentale ;
  • la chaĂźne des Balkans, vers l'est en direction de la mer Noire, qui forme la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Maritsa et celui du Danube ;
  • la chaĂźne du Rhodope, vers le sud-est en direction de la mer ÉgĂ©e.

Le climat est mĂ©diterranĂ©en le long des cĂŽtes de la mer Adriatique et de la mer ÉgĂ©e, ocĂ©anique et subtropical humide le long des cĂŽtes de la mer Noire (oĂč il est dĂ©fini comme « climat pontique »), et continental dans l'intĂ©rieur et au nord du 42e parallĂšle.

Géologie

La chaĂźne des Balkans centraux, en Bulgarie.
Le mont Olympe, en GrĂšce.

Comme la plupart des marges de la mer Méditerranée, la péninsule des Balkans présente une géologie complexe, due au fait qu'il s'agit de la zone de jonction de plusieurs boucliers anciens et qu'elle se situe à la limite, trÚs fragmentée, des plaques tectoniques africaine et eurasiatique. Elle est formée pour partie par un bùti hercynien, voire antérieur, et pour partie par des régions appartenant à la Téthys alpine, à ses talus continentaux et à la bordure de la plateforme carbonatée arabo-africaine.

Durant le Mésozoïque, la péninsule se trouvait dans l'océan Téthys dont la mer Méditerranée est un vestige, et constituait au sein de celui-ci un archipel semblable à ce qu'est aujourd'hui l'Insulinde. L'ensemble a été violemment resserré entre les plaques africaine, eurasiatique et anatolienne, lors des phases orogéniques himalayo-alpines, qui ont entraßné la fracture de la plaque eurasiatique, créant la micro-plaque égéenne et d'immenses nappes de charriage constituées de calcaires et flyschs plissés entre les massifs cristallins et métamorphiques[4].

Le rapprochement entre les plaques a fait surgir les monts Dinariques, le Pinde, l'Olympe, les Balkans et le Rhodope. Ce mouvement tectonique de 4 cm par an en moyenne a aussi fait surgir des volcans comme le mont ThĂ©ra (dans l'Ăźle du mĂȘme nom qui s'est effondrĂ©e Ă  la suite d'une importante Ă©ruption au IIe millĂ©naire avant notre Ăšre et qui est encore actif : un nouveau cĂŽne s'Ă©lĂšve au centre de la caldeira). Le volcanisme jadis bien plus intense a laissĂ© de nombreuses intrusions de roches magmatiques dans toute la pĂ©ninsule, oĂč les sources thermales sont nombreuses.

Deux failles restent trĂšs actives : la premiĂšre parcourt l'ÉgĂ©e d'est en ouest (de Rhodes Ă  l'ouest de la CrĂšte) puis remonte le long du PĂ©loponnĂšse jusqu'Ă  Corfou ; la seconde va des Dardanelles aux Sporades puis rejoint le golfe de Corinthe. Le mouvement alpin et les charriages se sont manifestĂ©s durant les trois derniers millions d'annĂ©es par l'apparition de nombreuses failles et fossĂ©s d'effondrement, provoquant des tremblements de terre rĂ©guliers : la moitiĂ© des secousses annuelles en Europe ont lieu dans les Balkans et surtout en GrĂšce.

C'est dans ce cadre gĂ©omorphologique que s'est mis en place le rĂ©seau hydrographique actuel. À la fin de la glaciation de WĂŒrm, la remontĂ©e des mers d'une centaine de mĂštres a dessinĂ© les cĂŽtes actuelles, ainsi que les plaines littorales et les deltas des fleuves[5].

Concernant les divisions géologiques-géographiques on parle généralement, chez les géologues, de « Dinarides » pour la partie occidentale de la péninsule (boucliers pannonien et adriatique, et leurs marges), et d'« Hellénides » pour la partie orientale (boucliers moesien, hellénide et anatolien et leurs marges). Les marges des boucliers anciens ont été soulevées lors de l'orogenÚse alpine, et la péninsule est quadrillée de failles secondaires mais tectoniquement toujours actives.

Biogéographie
Selon les donnĂ©es palynologiques[6] et palĂ©ontologiques disponibles, Ă  la fin de la derniĂšre glaciation, celle du WĂŒrm, les Balkans (ainsi que les pĂ©ninsules ibĂ©riques et italiennes, le Sud de la France et probablement les Carpates mĂ©ridionales) ont jouĂ© le rĂŽle de « refuge glaciaire » pour la biodiversitĂ© vĂ©gĂ©tale[7] dont diverses espĂšces d'arbres[8] et animales[9]. Les espĂšces reliques de la pĂ©riode glaciaire ont subsistĂ© parce que les barriĂšres montagneuses (Balkans, Alpes, PyrĂ©nĂ©es) ont freinĂ© les migrations des espĂšces mĂ©diterranĂ©ennes du sud vers le nord, contrairement Ă  ce qui s'est passĂ© en AmĂ©rique du Nord. Ainsi, le lion Ă©tait, dans l'AntiquitĂ© archaĂŻque, prĂ©sent en GrĂšce et en Turquie mĂ©ridionale, mais pas au nord du Taurus ni des Rhodopes qui firent office de barriĂšres biogĂ©ographiques. Au nord de ces chaĂźnes, le sommet de la chaĂźne alimentaire Ă©tait occupĂ© par les loups et les ours, toujours prĂ©sents de nos jours. L'aurochs, le bison, le tarpan, l'onagre et le biĂšvre ont Ă©galement Ă©tĂ© prĂ©sents dans la pĂ©ninsule au nord des Rhodopes, comme en tĂ©moignent fossiles et toponymes[10].

Géographie humaine : limites, pays, subdivisions, population et villes
Les Balkans ou Europe du Sud-Est peuvent avoir plusieurs étendues, selon les limites adoptées :

  • la dĂ©finition d'origine, due aux gĂ©ographes de l'Empire allemand et de l'Autriche-Hongrie, dĂ©signe la rĂ©gion bas-danubienne et balkanique[11], incluant les Balkans au sens strict, les pays de l'ex-Yougoslavie en entier, l'Albanie, la Roumanie et la Moldavie, rĂ©gion parfois Ă©largie jusqu'Ă  la Hongrie ; la premiĂšre utilisation connue du terme « Europe du Sud-Est » est due Ă  un chercheur autrichien, Johann Georg von Hahn (1811-1869) ;
  • plus rĂ©cemment, une dĂ©finition plus restreinte est apparue, proposĂ©e par des gĂ©ographes anglo-saxons : elle n'inclut que les territoires situĂ©s au sud du Danube, de la Save et de la Kupa, excluant ainsi des Balkans la Slavonie croate, la VoĂŻvodine serbe, la Roumanie et la Moldavie, y compris la DobrogĂ©e roumaine, bien que celle-ci se situe au sud du Danube[12] ;
  • une dĂ©finition intermĂ©diaire (utilisĂ©e par exemple par Paul Garde dans Les Balkans[13]) y inclut les pays ex-yougoslaves en entier, l'Albanie et la Roumanie, mais pas la Moldavie, malgrĂ© le passĂ© commun des deux pays[14].

AprÚs plusieurs phases de fragmentation politique surnommée « balkanisation », les Balkans englobent sept pays en totalité :


et des parties de cinq autres pays :

Un cas particulier est :

Les Balkans peuvent ĂȘtre subdivisĂ©s selon au moins sept critĂšres diffĂ©rents[15].

PrĂšs de 53 millions d’habitants vivent dans la pĂ©ninsule, soit une densitĂ© moyenne de 96 hab./km2.

De son ancien statut, depuis l’an 395, de capitale impĂ©riale des Romains d'Orient puis des turcs Ottomans, Istanbul, l’ancienne Constantinople (jusqu’en 1936) a gardĂ© tout au long de son histoire la place de premiĂšre ville des Balkans, loin devant toutes les autres :

  • Istanbul et l’agglomĂ©ration (jadis ΚωΜσταΜτÎčÎœÎżÏÏ€ÎżÎ»Îčς / Constantinople, Turquie, dix millions d’habitants cĂŽtĂ© europĂ©en, donc balkanique, sur 15 au total) ;
  • AthĂšnes et l’agglomĂ©ration (Î‘ÎžÎźÎœÎ± / Athina, GrĂšce, quatre millions d’habitants) ;
  • Belgrade (Serbie, 1,6 million d’habitants avec l’agglomĂ©ration) ;
  • Sofia (Bulgarie, 1,4 million d’habitants) ;
  • Zagreb (Croatie, 1,2 million l’agglomĂ©ration), (700 000 habitants au sud de la Save, donc dans les Balkans, sur 1,2 million au total) ;
  • Tirana (Albanie, 850 000 habitants) ;
  • Thessalonique (Î˜Î”ÏƒÏƒÎ±Î»ÎżÎœÎŻÎșη / Thessaloniki, jadis Salonique ou Selanik, GrĂšce, 800 000 habitants avec l'agglomĂ©ration) ;
  • Sarajevo (Bosnie-HerzĂ©govine, 700 000 habitants) ;
  • Skopje (MacĂ©doine du Nord, 500 000 habitants) ;
  • Split (Croatie, 455 000 habitants avec l’agglomĂ©ration) ;
  • Pristina (Kosovo, 450 000 habitants) ;
  • Constanța (Roumanie, 400 000 habitants) ;
  • Plovdiv (jadis ΊÎčλÎčÏ€Ï€ÎżÏÏ€ÎżÎ»Î· / Philippoupoli ou Filibe, Bulgarie, 350 000 habitants) ;
  • Varna (Bulgarie, 320 000 habitants) ;
  • Banja Luka (Bosnie-HerzĂ©govine, 300 000 habitants) ;
  • Ljubljana (SlovĂ©nie, 275 000 habitants) ;
  • NiĆĄ (jadis Ναϊσσός / Naissus, Serbie, 250 000 habitants) ;
  • Podgorica (MontĂ©nĂ©gro, 170 000 habitants) ;
  • Rijeka (en italien Fiume, Croatie, 150 000 habitants) ;
  • Edirne (jadis ጉΎρÎčÎ±ÎœÎżÏÏ€ÎżÎ»Îčς / Andrinople, Turquie, 100 000 habitants).

Sources

  1. ↑ Thomas Sotinel, « "Au pays du sang et du miel" : le geste courageux mais insensĂ© d'Angelina Jolie », sur Le Monde, .
  2. ↑ « Serbie : l'ancien porte-parole de Slobodan Milosevic devient premier ministre », sur Radio-Canada.ca, .
  3. ↑ Petăr Dobrev : Nepoznatata drevna Bălgarija (L'ancienne Bulgarie inconnue), Ă©d. Ivan Vazov, Sofia, 2001, (ISBN 954-604-121-1) et Maria N. Todorova, Imagining the Balkans (1997) Oxford University Press, New York books.google.fr
  4. ↑ Ion Argyriadis, Actes du colloque « Michel Durand-Delga », SociĂ©tĂ© gĂ©ologique de France, Paris, 3-4 dĂ©cembre 2013 et Franck Auriac, Olivier Deslondes, Thomas Maloutas, Michel Sivignon, Atlas de la GrĂšce., CNRS-LibergĂ©o-Documentation française 2003, p. 5-11.
  5. ↑ Atlas de la Grùce., p. 16-19.
  6. ↑ B. Diaconeasa, S. Farcaß, Aspects concernant les refuges glaciaires, Ă  la lumiĂšre des analyses palynologiques de sĂ©quences datĂ©es C14 ; ContribuĆŁii Botanice, 2002
  7. ↑ G Lang, Some aspects of European late- and post-glacial flora history; Acta Botanica Fennica, 1992 (rĂ©sumĂ©)
  8. ↑ Bennett, K.D., Tzedakis, P.C., Willis, K.J., 1991, Quaternary refugia of north European trees, Journ. of Biogeogr., 18: 103-115.
  9. ↑ RS Sommer & A. Nadachowski, Glacial refugia of mammals in Europe: evidence from fossil records ; Mammal Review, 2006 - Wiley Online Library ; 36: 251–265. doi: 10.1111/j.1365-2907.2006.00093.x ([RĂ©sumĂ©])
  10. ↑ Alexandru Filipașcu, (ro) Sălbăticiuni din vremea strămoșilor noștri (« Animaux sauvages du temps de nos ancĂȘtres »), Ed. Științifică, Bucarest 1969.
  11. ↑ Hosch, Nehring, Sundhaussen (Hrsg.), Lexikon zur Geschichte SĂŒdosteuropas, S. 663, (ISBN 3-8252-8270-8).
  12. ↑ http://www.palgrave.com/products/title.aspx?is=0333793471
  13. ↑ Paul Garde, Les Balkans, Flammarion, 1999, (ISBN 2-08-035181-8).
  14. ↑ Les gĂ©ographes roumanophones de Roumanie et de Moldavie, arguant de l'origine et de l'histoire commune jusqu'en 1812, y incluent systĂ©matiquement leurs deux pays ; les gĂ©ographes occidentaux et slaves, en revanche, en excluent la Moldavie et souvent aussi la Roumanie, la premiĂšre en raison de son appartenance Ă  la sphĂšre d'influence russe de 1812 Ă  1918, soviĂ©tique de 1940 Ă  1941 et Ă  nouveau russe depuis 1944, la seconde parce que seuls 10 % de son territoire (la DobrogĂ©e du Nord) se trouvent au sud du Danube.
  15. ↑ Paul Garde : Les Balkans, Dominos Flammarion, 1999, (ISBN 2-08-035181-8) et Georges Prevelakis, Les Balkans, culture et gĂ©opolitique, Nathan, 2004, (ISBN 2-09-190223-3).
  16. ↑ (en) « The World Factbook — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consultĂ© le ).
Image du mois
Symbole de la superposition des cultures dans les Balkans, la basilique Sainte-Sophie d'Istanbul.

RĂ©sumant la superposition des cultures dans les Balkans, la basilique Sainte-Sophie, Ă©glise durant un millĂ©naire, mosquĂ©e durant cinq siĂšcles et musĂ©e durant 86 ans, est aujourd'hui objet d'une polĂ©mique en Turquie, oĂč des associations religieuses viennent d'obtenir son retour au statut de lieu de culte musulman.

Elle s'Ă©lĂšve au cƓur de la vieille ville d'Istanbul, jadis Constantinople, premiĂšre ville des Balkans par sa population et son Ă©tendue depuis seize siĂšcles sans interruption, et capitale impĂ©riale durant plus de quinze siĂšcles, romaine d'Orient (byzantine) puis turque ottomane.

Le territoire europĂ©en de la Turquie reprĂ©sente 0,2% de la surface du continent europĂ©en et 3% du territoire turc, mais sur les 53 millions de Balkaniques, 14 millions y vivent. Istanbul, mĂȘme limitĂ©e Ă  sa partie europĂ©enne (11 millions d'habitants), est la premiĂšre ville de Turquie et la deuxiĂšme agglomĂ©ration d'Europe aprĂšs celle de Moscou et devant celles de Londres et Paris[1].

Pourtant Istanbul ou Constantinople, bien qu'elle se situe sur la rive européenne du Bosphore, ne figure pas dans les listes de villes d'Europe et l'expression historique « c'était alors la premiÚre ville d'Europe » fleurit dans la majeure partie des publications occidentales, à propos d'Aix-la-Chapelle, Cordoue, Londres ou Paris, en ignorant la métropole du Bosphore, considérée comme asiatique.

L'Asie est certes en face, Ă  ÜskĂŒdar, jadis Chrysopolis (la « citĂ© d'or »). Cela a contribuĂ© Ă  la prospĂ©ritĂ© du lieu, mais aussi, depuis les guerres mĂ©diques, Ă  rejeter dans un « Orient » mĂ©prisable, synonyme de dĂ©cadence, de despotisme, de maladies aux yeux de l'inconscient collectif occidental[2], l'ensemble des brillantes puissances impĂ©riales qui se sont succĂ©dĂ© sur les deux rives du Bosphore. Cela vaut pour les perses, les macĂ©doniens, les royaumes hellĂ©nistiques, les romains d'Orient dits byzantins et Ă©videmment pour les turcs ottomans et cela englobe les Balkans, Ă  l'exception parfois de la GrĂšce perçue par les philhellĂšnes comme « matrice de la civilisation occidentale »[3], mais aussi considĂ©rĂ©e comme « pervertie par l'influence asiatique » par les hellĂ©nophobes[4].

Cette perception occidentale n'est pas seulement un phénomÚne intellectuel mais aussi politique : la procédure d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne piétine et la Turquie moderne, héritiÚre d'un mille-feuilles civilisationnel méconnu (y compris par ses ressortissants) mais qui depuis Mustafa Kemal a aussi absorbé la laïcité républicaine et l'égalité des sexes, se retourne de plus en plus, avec le régime de l'AKP, vers ses racines antérieures, pratiquant au XXIe siÚcle une politique que ne renieraient pas les sultans ottomans.

C'est dans ce contexte (qui favorise aussi, depuis le CongrĂšs de Berlin au XIXe siĂšcle, les nationalismes des divers pays balkaniques) qu'intervient la demande de reconversion en mosquĂ©e de la trĂšs symbolique basilique Sainte-Sophie, que le prĂ©sident Recep Tayyip Erdoğan a soutenue[5] et qui a reçu une rĂ©ponse favorable de la cour suprĂȘme turque[6].

Notes

  1. ↑ Sources dans les articles GĂ©ographie de l'Europe, Balkans et GĂ©ographie de la Turquie.
  2. ↑ Thouvenel, dans sa lettre de 1852 Ă  NapolĂ©on III conservĂ©e aux Archives nationales (microfilms sous la cote 255AP sur Archives nationales) Ă©crit ainsi, sans la moindre argumentation, que « l'Orient est un ramassis de dĂ©tritus de races et de nationalitĂ©s dont aucune n'est digne de notre respect ».
  3. ↑ Alain Brunet, La civilisation occidentale, Hachette, coll. "Faire le Point", 1985 (ISBN 2010109449)
  4. ↑ AbbĂ© RenĂ©-François Rohrbacher, Histoire universelle de l'Ă©glise catholique, tome 25, Gomme-Duprey, Paris 1859
  5. ↑ Marie JĂ©go, « En Turquie, Erdogan ressasse son rĂȘve de changer Sainte-Sophie en mosquĂ©e », Le Monde du 30 mai 2020 -
  6. ↑ Mathieu Laurent, Stanislas Vasak et BenoĂźt Bouscarel, « Sainte-Sophie redevient mosquĂ©e », France Culture, (consultĂ© le ).
Histoire

Par diffĂ©rence de l’histoire naturelle de la pĂ©ninsule (gĂ©ologie, karsts, flore, faune...), l’histoire des Balkans est celle des populations de cette rĂ©gion. Cette riche histoire humaine, qui a produit de fortes convergences gĂ©nĂ©tiques, culturelles (architecture, cuisine, musique, traditions
) et linguistiques, est pourtant l’objet d’une multitude de revendications et de controverses nationalistes dues Ă  la « balkanisation » voulue et inaugurĂ©e en 1878 par le CongrĂšs de Berlin pour diviser la pĂ©ninsule en petites puissances rivales, processus qui a fait dire Ă  Winston Churchill : « la rĂ©gion des Balkans a tendance Ă  produire plus d’histoire qu'elle ne peut en consommer ».

Les « penseurs » néolithiques de Hamangia.
Préhistoire et protohistoire

Cartes diachroniques
Sources des cartes diachroniques[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14].

Évolution de la rĂ©gion des Balkans
660 avant notre Ăšre
530 avant notre Ăšre
430 avant notre Ăšre
330 avant notre Ăšre
150 avant notre Ăšre
Époque du Christ
200 de notre Ăšre
400 de notre Ăšre
500 de notre Ăšre
550 de notre Ăšre
680 de notre Ăšre
800 de notre Ăšre
865 de notre Ăšre
965 de notre Ăšre
1200
1150
1250
1300
1350
1375
1400
1500
1600
1700
1730
1750
1810
1850
1890
1914
1918
1919
1922
1940
1942
1945
2015
Langues en 2015
Traditions religieuses en 2015

Sources

  1. ↑ L. Genet, Histoire contemporaine, Hatier, 1970, p. 408 à 411
  2. ↑ Georges Castellan, Histoire des Balkans, Fayard 1999
  3. ↑ Georges Castellan, Histoire de l’Albanie et des Albanais, Armeline, 2001
  4. ↑ Georges Castellan, Un pays inconnu : la MacĂ©doine, Armeline, 2003
  5. ↑ Georges Castellan, Serbes d’autrefois : aux origines de la Serbie moderne, Armeline, 2005
  6. ↑ Georges Duby, Atlas historique, Larousse 1987, (ISBN 2-03-503009-9)
  7. ↑ Hans-Erich Stier (dir.), Grosser Atlas zur Weltgeschichte, Westermann, Braunschweig, 1985, (ISBN 3-14-100919-8)
  8. ↑ Atlas zur Weltgeschichte, DTV 1987 traduit chez Perrin, (ISBN 2-7242-3596-7)
  9. ↑ Putzger historischer Weltatlas, Cornelsen 1990, (ISBN 3-464-00176-8)
  10. ↑ Partie historique du Meyers Handatlas, du Bibliographisches Institut de Leipzig 1931
  11. ↑ Dans la sĂ©rie des « Atlas des Peuples » d'AndrĂ© et Jean Sellier Ă  La DĂ©couverte : Europe centrale, 1992, (ISBN 2-7071-2032-4) et Orient, 1993, (ISBN 2-7071-2222-X)
  12. ↑ TörtĂ©nelmi atlasz, AcadĂ©mie hongroise 1991, (ISBN 963-351-422-3)
  13. ↑ Atlas istorico-geografic, AcadĂ©mie roumaine 1995, (ISBN 973-27-0500-0)
  14. ↑ Atlas des religions, hors-sĂ©rie du « Monde » 2007, 194 pp.