Ring Twice
| Ring Twice | |
| Création | 2013 (sous le nom ListMinut) |
|---|---|
| Dates clés | 2021 rebranding en Ring Twice 2024 acquisition de Frizbiz |
| Forme juridique | Société anonyme (SA) |
| Siège social | Braine-l’Alleud |
| Direction | Jonathan Schockaert (CEO), Christophe Kalbfleisch (COO), Sébastien Scoumanne (CTO)[1] |
| Activité | Économie collaborative, services à la personne |
| Effectif | 20 (2024) [2] |
| Site web | https://www.ringtwice.be |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Ring Twice (anciennement ListMinut) est une plateforme belge active dans le champ de l’économie collaborative, lancée en 2013. Elle met en relation des utilisateurs avec des prestataires — particuliers ou professionnels — pour des services de proximité tels que le bricolage, le jardinage, le montage de meubles, l’aide ménagère, la garde d’enfants, la garde d’animaux ou des cours particuliers.
En 2024, la plateforme étend ses activités en France avec à l’acquisition de Frizbiz.
Histoire
[modifier | modifier le code]Origines et lancement (2012–2014)
[modifier | modifier le code]Le projet ListMinut (devenu Ring Twice), plateforme belge, a vu le jour en 2012 dans le cadre d’un mémoire de fin d’études présenté à l’UCLouvain et inspiré d’un concept américain[1].
La plateforme de mise en relation pour des services de proximité est ensuite lancée en 2013 par Jonathan Schockaert, Christophe Kalbfleisch, Sébastien Scoumanne et Alexis Safarikas[1],[3].
Réorientation et financements (2014–2017)
[modifier | modifier le code]Au cours de ses premières années, la société peine à atteindre un niveau d'activité assurant la rentabilité et explore un axe B2B (catalogue de services proposé aux entreprises pour leurs salariés). Dans ce cadre, elle réalise un premier tour de table de 200 000 euros à l'été 2014 [4].
En 2016, cet axe B2B n'est plus exploité activement et l'entreprise se recentre sur sa plateforme de services de proximité destinée aux particuliers ; elle obtient la même année un financement de 300 000 euros, dont 100 000 euros via un prêt convertible de W.IN.G (Wallonia Investment and Growth) piloté par la SRIW (Société Régionale d'Investissement)[4].
En juin 2017, ListMinut annonce une levée de fonds (série A) de 850 000 euros[5],[6] : W.IN.G ajoute 50 000 euros et deux binômes d'entrepreneurs apportent 800 000 euros[5]. Une première tentative d'expansion en France, à Paris, entamée entre 2016 et 2017, est interrompue en raison d'un coût d'acquisition d'utilisateurs jugé trop élevé ; l'entreprise se recentre alors sur le marché belge afin de consolider son modèle économique avant d'envisager une nouvelle expansion[7],[8].
Développement et changement de nom (2019–2024)
[modifier | modifier le code]L'entreprise devient rentable à partir de 2019[9]. Lors du premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, elle subit une chute d'activité de 80 % et recourt au chômage économique[7].
L'activité redémarre en 2021 : le nombre de prestataires augmente de 113 % à la sortie des mois de confinement et la plateforme enregistre entre 5 000 et 6 000 prestations par mois[7].
En octobre 2021, ListMinut adopte le nom Ring Twice, un changement associé à une volonté de valoriser davantage la communauté. À cette date, la plateforme rassemble plus de 280 000 utilisateurs actifs[7],[10].
En novembre 2022, Ring Twice atteint 500 000 utilisateurs ; l'entreprise distingue 350 000 clients et 150 000 prestataires[11]. La même année, dans un contexte de forte inflation freinant les dépenses des utilisateurs, l'entreprise réduit ses effectifs et limite ses dépenses en marketing[9].
En mars 2024, Ring Twice réalise une acquisition, pour un montant non divulgué, en rachetant la plateforme française Frizbiz, active depuis 2013 et comptant environ 700 000 utilisateurs[12],[9]. Avec un portefeuille combiné de plus de 1,3 million d'utilisateurs, l'entreprise vise un volume d'affaires de 15 millions d'euros par an dès 2025[9].
Activité et fonctionnement
[modifier | modifier le code]Ring Twice est une plateforme de mise en relation entre des clients et des prestataires de services — particuliers ou professionnels — pour des services de proximité[1],[11].
Les services proposés concernent notamment le bricolage, le jardinage et la peinture[13], le montage de meubles[14], la plomberie et le chauffage[10], l'aide ménagère[15],[16], la garde d'enfants (babysitting) et la garde d'animaux (petsitting)[10], ainsi que des cours particuliers[7].
La plateforme propose des prestataires recommandés et évalués par les clients afin d'informer les utilisateurs lors de leur choix [10],[2].
La plateforme centralise tous les paiements et organise les transactions entre clients et prestataires[1],[11].
Modèle économique et organisation
[modifier | modifier le code]En 2015, le chiffre d'affaires s'élève à 110 000 euros, pour 1 600 prestations réalisées et 15 000 prestataires inscrits, dont environ 1 000 actifs[17] ; la base d'utilisateurs passe de 5 000 à 25 000 membres[18]. En 2016, l'accès aux prestataires repose sur un système de commission comprise entre 10 % et 15 % selon le montant des prestations[19].
Le volume de transactions atteint 4,8 millions d'euros en 2020, puis se situe entre 500 000 et 600 000 euros par mois au début de 2021[10] ; l'effectif compte alors 27 personnes, contre 17 avant la pandémie de Covid-19[7]. En avril 2022, l'accès aux prestataires repose uniquement sur un système d'abonnement, pour un tarif compris entre 7,5 et 15 euros par mois selon la durée choisie[1]. En octobre de la même année, la plateforme réintroduit une option de commission sur le montant de la transaction, sans obligation d'abonnement, entraînant une hausse de 42 % du nombre de services réalisés dans les semaines suivantes[11] ; le volume de transactions annuel est alors estimé à environ 6 millions d'euros[11]. Il atteint 7,1 millions d'euros sur l'exercice 2023, en hausse de 34 % par rapport à 2022 ; l'exercice se clôture toutefois sur une perte[9]. Début 2024, la plateforme revendique entre 650 000 et 656 000 utilisateurs, dont environ 235 000 prestataires, et emploie 20 personnes[1],[9],[2].
Cadre légal et fiscal
[modifier | modifier le code]Avant l'entrée en vigueur du régime agréé, les revenus perçus par les prestataires devaient être déclarés dans la catégorie des revenus divers, taxés à 33 %, la distinction entre activité occasionnelle et professionnelle n'étant alors pas clairement définie[19]. Une loi spécifique à l'économie collaborative est votée en 2016 et entre en vigueur le 1er mars 2017[14]. L'agrément de la plateforme est formalisé par arrêté royal avec une prise d'effet au 1er mars 2017[20],[21]. Dans ce cadre, les prestations réalisées par des particuliers via la plateforme relèvent du traitement fiscal prévu par ce dispositif[14]. Un prélèvement de 10,7 % est appliqué par la plateforme dans la limite d'un plafond annuel ; les prestataires exerçant dans un cadre professionnel restent soumis au régime fiscal de leur statut[1]. En 2026, ce plafond annuel s'élève à 7 890 euros[22].
Critiques et réception
[modifier | modifier le code]Rémunération et tarification
[modifier | modifier le code]En 2016, pour des prestations de jardinage et de bricolage, le revenu horaire moyen s'élève à environ 12 à 14 euros, pour un taux de concrétisation des candidatures d'environ 30 %. Les tarifs sont alors fixés par les demandeurs de service, ce qui tend à orienter les prix à la baisse[19]. En 2026, la rémunération de certains prestataires particuliers apparaît plus élevée, avec des tarifs horaires rapportés entre 25 et 54 euros selon le type de service[22].
La tarification pratiquée sur la plateforme est également comparée à celle du marché traditionnel. En mai 2017, dans l'émission télévisée On n'est pas des pigeons ! (RTBF), parmi quatre devis obtenus pour un service de jardinage, le moins élevé provient d'un prestataire inscrit sur ListMinut. Ce prestataire étant un professionnel plutôt qu'un particulier, sa présence sur la plateforme interroge sur la correspondance du concept avec la définition de l'économie collaborative[23].
Concurrence avec les professionnels
[modifier | modifier le code]En 2016, les prestataires professionnels représentent environ 10 % des inscrits. Certains prestataires amateurs, notamment dans le domaine du jardinage, acceptent des tarifs inférieurs à ceux que peuvent proposer les professionnels et entrent ainsi en concurrence avec leur offre[19]. Le syndicat ACV Voeding en Diensten critique le modèle de ListMinut, notamment dans le secteur du nettoyage, estimant qu'il favorise le travail non déclaré et une concurrence déloyale envers les travailleurs du secteur[16]. En 2017, la Confédération Construction critique également le modèle, qu'elle estime favoriser une concurrence déloyale envers les professionnels du bâtiment soumis à la loi d'établissement en vigueur en Flandre[24].
Fonctionnement et transparence de la plateforme
[modifier | modifier le code]Le fonctionnement de la plateforme fait l'objet de plusieurs signalements dans le cadre d'une enquête menée en 2016 par un journaliste inscrit comme prestataire sur la plateforme. Un cas de contournement de la commission est ainsi rapporté : un utilisateur propose au journaliste de convenir d'un arrangement en dehors de la plateforme[19]. Le système de notation par évaluation présente par ailleurs une faille : un cas de recours à une prestation fictive, destinée à obtenir une évaluation positive et à améliorer le score de confiance d'un nouveau prestataire, est documenté[19],[25].
Le modèle par abonnement fait également l'objet de critiques portant sur l'accès aux coordonnées des prestataires. En février 2021, un utilisateur ayant reçu huit candidatures pour un service de jardinage doit souscrire un abonnement mensuel de 15 euros afin d'accéder aux coordonnées des prestataires intéressés[15]. Ring Twice justifie ce coût par la couverture des frais de transaction, d'assurance et de suivi des prestataires, et précise qu'un utilisateur ponctuel peut résilier l'abonnement immédiatement après une première utilisation[15].
Étude Fairwork Belgium
[modifier | modifier le code]En avril 2022, une étude Fairwork Belgium, menée par le Centre de recherche sociologique de la KU Leuven en collaboration avec l'université d'Oxford, évalue les conditions de travail sur cinq plateformes belges (Takeaway, Ring Twice, Deliveroo, Yoopies, Top Help)[26],[27]. Ring Twice obtient un score de 4 sur 10, se classant en deuxième position derrière Takeaway. L'étude relève notamment que la plateforme garantit un salaire minimum en fixant un prix plancher par service, une pratique que seules deux des cinq plateformes évaluées appliquent. Le CEO de Ring Twice, Jonathan Schockaert, qualifie ce score de « décevant » tout en reconnaissant que la plateforme a obtenu l'une des meilleures évaluations de l'étude[26].
Selon les données mises à jour par Fairwork, le score de Ring Twice recule à 3 sur 10 en 2025 ; la plateforme perd notamment le point obtenu en 2022 pour la garantie d'un salaire minimum après déduction des frais, tandis que les autres critères restent inchangés[28].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 Solange Berger, « Ring Twice facilite le "rendre service" : "Le plus demandé, c'est le montage de meubles Ikea, une chose qu'on n'avait pas envisagée au départ" », La Libre Belgique, (lire en ligne
, consulté le ) - 1 2 3 Christophe Charlot, « Comment la start-up Ring Twice réattaque la France », Trends-Tendances , (lire en ligne
) - ↑ « Start-up: la Flandre a-t-elle déjà largué la Wallonie? », Trends-Tendances, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Brigitte Doucet, « Financement W.IN.G et réorientation stratégique pour ListMinut », Regional-IT, (lire en ligne)
- 1 2 Sarah Godard, « La start-up bruxelloise Listminut lève 850.000 euros », L'Écho,
- ↑ « La plateforme d'économie collaborative Listminut évolue et lève 850 000 euros », Trends-Tendances, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 Pierre-François Lovens, « ListMinut, en grande forme, devient Ring Twice : « Nous repartirons à l'international, sans doute en 2023 » », La Libre Belgique, (lire en ligne
) - ↑ Pierre-François Lovens, « ListMinut recule pour mieux sauter », La Libre Belgique, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 Pierre-François Lovens, « Ring Twice repart à la conquête du marché français en rachetant Frizbiz : « C'est le début de l'internationalisation » », La Libre Belgique, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 Maxime Samain, « ListMinut veut valoriser sa communauté et devient Ring Twice », L'Écho, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 Maxime Samain, « Ring Twice passe le cap des 500 000 utilisateurs », L'Écho, (lire en ligne)
- ↑ Maxime Samain, « Ring Twice s'empare de son équivalent français et de ses 700 000 utilisateurs », L'Écho, (lire en ligne
) - ↑ Younes Al Bouchoari, « Harmonisons le statut de l'économie collaborative avec celui d'indépendant complémentaire », L'Écho, (lire en ligne
) - 1 2 3 « ListMinut, première plateforme agréée de la loi sur l'économie collaborative », Digimedia, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 (nl) « Waarom moet je betalen op deelplatform ListMinut om een klusjesman te vinden? « Nodig om kwaliteit hoog te houden » », Radio 2 (VRT) – De Inspecteur,
- 1 2 (nl) Anneleen Winten, « Gevaar zwartwerk groeit opnieuw in de schoonmaaksector », MO*, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Philippe de Vogelaere, « Une plate-forme Internet, mais avec un caractère humain », Le Soir, édition Brabant wallon, 16-17 janvier 2016, p. 54 (lire en ligne
) - ↑ « ListMinut passe à la vitesse supérieure », Digimedia, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 Christophe Charlot, « Jardiner avec ListMinut : est-ce rentable ? », Trends-Tendances, (lire en ligne)
- ↑ « Arrêté royal portant agrément d'une plateforme électronique d'économie collaborative (ListMinut) », sur Moniteur belge / eJustice,
- ↑ « Économie collaborative – Liste des plateformes agréées » [PDF], sur finances.belgium.be,
- 1 2 (nl) Kurt Deman, « « Minder administratie en flexibeler dan flexi-jobs » : Timmy (43) verdient bijna 8.000 euro per jaar bij via deeleconomie. Hoe werkt dat? », Het Laatste Nieuws, (lire en ligne
) - ↑ « L'étrange monde des devis de jardinage », On n'est pas des pigeons ! (RTBF), (lire en ligne)
- ↑ (nl) Wouter Veeckmans, « Nieuw en controversieel: via deze site vind je iemand voor álle klusjes in huis tot bijles geven toe », Newsmonkey, (lire en ligne)
- ↑ (nl) Christophe Charlot, « Waarom ik een fictieve job moest aannemen op ListMinut », Knack, (lire en ligne)
- 1 2 (nl) Vincent Merckx, « « Ze bieden vaak niet eens het minimumloon » : nieuwe studie snoeihard voor deelplatformen zoals Deliveroo », VRT NWS, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Joeri Vlemings, « De mauvaises conditions de travail constatées sur cinq plateformes de partage », 7sur7.be, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Ring Twice (Belgium) », sur Fairwork (consulté le )
