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Subure

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Subure
Mur séparant Subure du forum et de la maison des chevaliers de Rhodes.
Géographie
Pays
Pays
Région
Ville métropolitaine
Ville frontaliĂšre
Partie de
Regio IV Templum Pacis (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Carte

Subure ou Suburre (SubĆ«ra en latin) est un quartier pauvre et populeux de la Rome antique, situĂ© au nord du Forum entre le Viminal et l’Esquilin, qui s’étendait au pied et sur les pentes du Viminal et du Quirinal et longeait les Forums impĂ©riaux. Il se trouve de nos jours dans le rione de Monti.

Le quartier de Subure se trouvait dans le prolongement de l’Argiletum (ou voie de l’ArgilĂšte) – perpendiculaire Ă  la Via Sacra (Voie sacrĂ©e) –, la rue la plus animĂ©e de la ville avec ses libraires, se dirigeant vers le Nord, pour conduire vers ce quartier populaire de mauvaise rĂ©putation, l’un des bas-fonds les plus sordides de Rome et l’un des plus cĂ©lĂšbres de toute l’AntiquitĂ©, oĂč est pourtant nĂ© et a Ă©tĂ© Ă©levĂ© Jules CĂ©sar dans une maison (domus) peu ostentatoire qui avait Ă©tĂ© encerclĂ©e par l’extension des immeubles de rapport (insulae), comme l'Ă©crit SuĂ©tone[1], et oĂč a vĂ©cu le poĂšte Martial, lorsqu’il vint de Tarraconaise, dans le Nord de l’Espagne, Ă  Rome, en l’an 64.

Un quartier populaire

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Subure Ă©tait un quartier sale et bruyant, oĂč l’on trouvait la plus grande concentration d'insulae de la ville. Les pauvres s’y logeaient ou plutĂŽt s’y entassaient dans des immeubles trop hauts, construits Ă  la va-vite, qui souvent, s’écroulaient ou prenaient feu ; c’est pour cela que le fond du forum d'Auguste, qui Ă©tait son voisin le plus proche, Ă©tait pourvu d’un mur de sĂ©paration de 30 mĂštres de haut destinĂ© Ă  le protĂ©ger de ce pĂ©ril.

Une mauvaise réputation

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Lupanar romain.

Subure Ă©tait, avec le VĂ©labre et le Trastevere, l’un des quartiers les plus connus et ayant la plus mauvaise rĂ©putation de Rome. Sa renommĂ©e provenait pour une trĂšs large part de l’amour vĂ©nal qui s’y pratiquait et qui, un temps, attira les poĂštes Ă©lĂ©giaques. On y trouvait un grand nombre de prostituĂ©es peu chĂšres, de brigands et d’esclaves en fuite. Les bordels y ouvraient Ă  l’heure lĂ©gale, c’est-Ă -dire Ă  la neuviĂšme heure. De nombreux submemmia[2] de derniĂšre catĂ©gorie y Ă©taient disponibles : petites cellules sans fenĂȘtres qui se fermaient Ă  l’aide d’un rideau et oĂč, selon le poĂšte Martial, des filles et des garçons nus attendaient, dans la puanteur et la crasse, des clients Ă©ventuels moyennant seulement deux as[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Dans les cauponae (dĂ©bits de boisson) et les popinae (tavernes de mauvaise rĂ©putation), on pouvait Ă  la fois se restaurer, se divertir Ă  des tables de jeu et louer des chambres pour se livrer Ă  des Ă©bats avec des prostituĂ©es. Lors des Jeux, les filles de joie n’hĂ©sitaient pas Ă  y tenter les Romains aisĂ©s ainsi que les vainqueurs prĂ©sents, qui devaient nĂ©cessairement, pour se rendre au Forum, traverser ses rues sinueuses, Ă©troites et mal famĂ©es.

C’est dans ce quartier de Subure que, si l’on en croit Juvenal, l’impĂ©ratrice Messaline venait se prostituer[3].

Cérémonie du Cheval d'octobre

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À l’occasion de la cĂ©rĂ©monie du Cheval d'octobre qui se dĂ©roulait le 15 du mĂȘme mois, il y avait une course de chars et le cheval de droite de l'Ă©quipage gagnant Ă©tait sacrifiĂ© au dieu Mars. Sa tĂȘte coupĂ©e Ă©tait l’enjeu d’une compĂ©tition disputĂ©e entre les habitants du quartier situĂ© autour de la Via sacra, qui devaient la porter depuis le Champ de Mars jusqu'Ă  la Regia sur le Forum Romanum, et ceux du Suburre qui cherchaient Ă  la porter Ă  la Tour Mamilia[4].

Le portique de Livie

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Il n’y avait Ă  Subure qu’un seul monument, en pĂ©riphĂ©rie du quartier, le « portique de Livie », sur la colline de l’Esquilin, construit entre 15 et 7 av. J.-C. par l’empereur Auguste en l’honneur de sa seconde Ă©pouse, sur l’emplacement de la maison que Vedius Pollion lui lĂ©gua l’an 739 de Rome (15 av. J.-C.). Ce portail monumental Ă©tait situĂ© sur ce qui sera dans le futur l'emplacement Thermes de Trajan.

La construction de ce portique, plus grand que celui d’Octavie, construit 44 ans auparavant, fut commencĂ©e sous les noms de ses fils adoptifs Lucius et Caius, qui moururent pendant l’édification, et lorsqu’il fut achevĂ©, Auguste le dĂ©dia Ă  son Ă©pouse Livie.

Le gĂ©ographe grec Strabon, contemporain d’Auguste, mentionne avec admiration le portique de Livie dans sa GĂ©ographie[5].

Pour l’édifier, Auguste a fait dĂ©molir la trĂšs grande et somptueuse demeure (8 000 mÂČ) que lui avait lĂ©guĂ©e Ă  sa mort un fils d'affranchi fort riche, Vedius Pollion. Le centre de la place Ă©tait occupĂ© par un petit temple dĂ©diĂ© Ă  la dĂ©esse Concorde (Concordia Augusta), au milieu duquel, se trouvaient deux statues, celle d’Auguste et celle de Livie, respectivement reprĂ©sentĂ©s en Mars et en VĂ©nus. Le petit temple prĂ©sentait le couple impĂ©rial comme un modĂšle de l’entente qui doit rĂ©gner dans l’État romain comme dans les foyers. Il Ă©tait trĂšs frĂ©quentĂ© par les jeunes mariĂ©s qui venaient au portique de Livie pour accomplir un sacrifice Ă  la dĂ©esse Concorde.

Ovide (Publius Ovidius Naso), dans ses Fastes[6] parle de ce temple en ces termes :

« À toi aussi, ĂŽ dĂ©esse Concorde, Livie a dĂ©diĂ© un temple magnifique, en tĂ©moignage de la concorde qu’elle assura Ă  son Ă©poux aimĂ©. Sachez-le pourtant, gĂ©nĂ©rations Ă  venir : lĂ  oĂč se trouve actuellement le portique de Livie, Ă©tait construite une immense demeure ; cette maison a elle seule Ă©tait comme une ville et occupait plus d’espace que n’en occupent de nombreuses citĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de leurs murailles. Elle fut complĂštement rasĂ©e, non sur une accusation d’aspiration au trĂŽne, mais parce que son luxe mĂȘme paraissait nocif. CĂ©sar consentit Ă  dĂ©molir de fond en comble ces constructions si imposantes et Ă  perdre tant de richesses dont il Ă©tait l’hĂ©ritier : c’est ainsi qu’on exerce la censure et qu’on donne des exemples, lorsque, Ă©tant juge, on fait soi-mĂȘme ce que l’on recommande aux autres. »

— Ovide, Fastes, VI, 637-648.

Le portique de Livie est évoqué par Pline le Jeune dans sa correspondance (Lettre à son cher Voconius Romanus).

L’assassinat de Sextius Roscius

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Le quartier surpeuplĂ© de Subure, oĂč bat le cƓur de Rome, a Ă©tĂ© le théùtre en 81 av. J.-C. d’un crime restĂ© cĂ©lĂšbre, qui est relatĂ© dans le discours Plaidoyer pour Sextius Roscius d’Ameria[7] de CicĂ©ron, jeune avocat de vingt-sept ans, qui dĂ©fendit le jeune homme, Sextus Roscius fils, suspectĂ© Ă  la suite d’un complot d’ĂȘtre l’assassin de son pĂšre Sextus Roscius.

Témoignages littéraires

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La littĂ©rature latine a laissĂ© de nombreux tĂ©moignages (Horace, JuvĂ©nal, Martial) sur le quartier de Subure, notamment JuvĂ©nal, qui assure avoir trouvĂ© l’inspiration de ses Satires, Ă©crites entre 90 et 127, dans les rues de Rome. Ses pages les plus cĂ©lĂšbres en dĂ©crivent les embarras et les dangers, de jour comme de nuit. C’est aux quartiers d’habitation du nord-est de la ville que JuvĂ©nal s’intĂ©resse le plus, et notamment Subure et son effervescence.

Au XIXe siÚcle, Gustave Flaubert évoque, dans SalammbÎ, le quartier de « Suburre » :

« Un cri d’horreur s’éleva. Oh ! vous frapperez vos poitrines, vous vous roulerez dans la poussiĂšre et vous dĂ©chirerez vos manteaux ! N’importe ! il faudra s’en aller tourner la meule dans Suburre et faire la vendange sur les collines du Latium. »

— Gustave Flaubert, Salammbî, chap. 7

De mĂȘme, dans son recueil Les TrophĂ©es publiĂ© en 1893, JosĂ©-Maria de Heredia Ă©voque ce quartier dans le sonnet AprĂšs Cannes, oĂč il dĂ©crit l'angoisse du peuple romain attendant l'arrivĂ©e imminente de l'armĂ©e d'Hannibal :

Et chaque soir la foule allait aux aqueducs,
PlĂšbe, esclaves, enfants, femmes, vieillards caducs
Et tout ce que vomit Subure et l'ergastule ;

Tous anxieux de voir surgir, au dos vermeil
Des monts Sabins oĂč luit l'Ɠil sanglant du soleil,
Le chef borgne monté sur l'éléphant gétule.

Notes et références

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  1. ↑ SuĂ©tone, Vies des douze CĂ©sars, CĂ©sar, 46.
  2. ↑ « quartier des courtisanes de bas Ă©tages »
  3. ↑ JuvĂ©nal, Satire VI, vers 114 et suivants.
  4. ↑ (la) Paul Diacre, « De significatione verborum, Mamilia turris », sur Internet Archive, (consultĂ© le ).
  5. ↑ Strabon, « GĂ©ographie », sur Gallica (consultĂ© le )
  6. ↑ Ovide, « Fastes » (consultĂ© le )
  7. ↑ CicĂ©ron, « Discours », sur BibliothĂšque Nationale de France (BNF) (consultĂ© le )

Bibliographie

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  • Manuel Royo, Étienne Hubert, AgnĂšs BĂ©renger, « Rome des quartiers » : des vici aux rioni, Paris, De Boccard, 2008 (ISBN 978-2-7018-0253-4).

Liens externes

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