Ăcole de Chaillot
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DĂ©partement Formation de la CitĂ© de l'architecture et du patrimoine (Ătablissement public Ă caractĂšre industriel et commercial) |
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L'Ăcole de Chaillot, ou Centre des hautes Ă©tudes de Chaillot, anciennement « Centre d'Ă©tudes supĂ©rieures d'histoire et de conservation des monuments anciens » (CESHCMA)[1], fondĂ© en 1887 Ă Paris, est un Ă©tablissement public d'enseignement supĂ©rieur, relevant du ministĂšre chargĂ© de la Culture, ouvert sur concours Ă des architectes dĂ©jĂ diplĂŽmĂ©s. Elle constitue aujourd'hui l'un des dĂ©partements de la CitĂ© de l'architecture et du patrimoine avec le MusĂ©e des monuments français créé en 1879 par EugĂšne Viollet-le-Duc et l'Institut français d'architecture (IFA).
Elle est installée dans l'aile et le pavillon d'about du palais de Chaillot, dans le 16e arrondissement de Paris.
Historique
[modifier | modifier le code]L'histoire de l'institution commence en 1887. Ă l'occasion de l'installation du musĂ©e des Monuments français dans le palais du TrocadĂ©ro, une chaire d'histoire de l'architecture française du Moyen Ăge et de la Renaissance est confiĂ©e Ă un disciple de EugĂšne Viollet-le-Duc, l'architecte Anatole de Baudot (1834-1915), l'un des thĂ©oriciens du bĂ©ton armĂ© et le maĂźtre de l'Ă©cole rationaliste française. Elle s'appelait alors « Cours Chaillot ». Il restera l'unique titulaire de cette chaire jusqu'Ă l'arrĂȘt des cours en 1915.
En 1920 est créé par arrĂȘtĂ© un « Cours spĂ©cial de l'architecture et des arts qui s'y rattachent » au palais du TrocadĂ©ro, qui cessera en 1935, mais qui reprendra en 1936 sous la forme d'un « DiplĂŽme d'Ă©tudes supĂ©rieures pour la connaissance et la conservation des monuments anciens », dont les enseignements sont localisĂ©s Ă l'Ăcole des Beaux-Arts et Ă l'Institut d'urbanisme de Paris. En 1970 est inaugurĂ© au palais de Chaillot le « Centre d'Ă©tudes supĂ©rieures d'histoire et de conservation des monuments anciens » (CESHCMA), dont les enseignants sont architectes en chef des monuments historiques, architectes des bĂątiments de France, historiens ou encore archĂ©ologues. Ă partir de 1969, l'enseignement s'Ă©largit Ă la ville patrimoniale puis au paysage, en incluant l'Ă©tude des espaces protĂ©gĂ©s. En 2004, l'Ă©cole poursuivit son activitĂ© sous le titre de « Centre des hautes Ă©tudes de Chaillot » (CEDHEC), auquel est rĂ©associĂ© en 2016 sa dĂ©nomination traditionnelle d'« Ăcole de Chaillot ».
Elle conduit trois types d'activitĂ©s : le cycle d'Ă©tudes spĂ©cialisĂ©es, l'Ă©cole d'application des architectes et urbanistes de l'Ătat, ainsi que des actions de coopĂ©ration internationale, dont des cours Ă l'Ă©tranger. Certaines de ces formations sont menĂ©es en partenariat avec d'autres Ă©coles ou instituts.
Les formations
[modifier | modifier le code]Les cours publics
[modifier | modifier le code]Depuis 2006, la CitĂ© de l'architecture a explorĂ© lâĂ©volution de lâarchitecture et de lâurbanisme Ă travers des Cours publics (histoire, architecture, urbanisme, histoire de l'architecture, histoire de l'urbanisme), qui abordĂšrent des thĂ©matiques variĂ©es telles que lâhabitat, les paysages, la ville ou encore le patrimoine industriel[2],[3].
La formation post-concours des architectes et urbanistes de l'Ătat
[modifier | modifier le code]La formation post-concours, d'une durĂ©e d'un an, est assurĂ©e conjointement par lâĂcole nationale des ponts et chaussĂ©es (Ăcole des Ponts ParisTech)[4] et lâĂcole de Chaillot[5].
Le diplÎme de spécialisation et d'approfondissement (DSA), mention « architecture et patrimoine »
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Cursus et durée des études
[modifier | modifier le code]La formation au DSA « architecture et patrimoine » est destinée aux architectes ayant vocation à devenir des professionnels de la réhabilitation, de la restauration, de la réutilisation et de la mise en valeur de bùtiments ou de sites anciens[6].
Elle est accessible aprÚs un concours d'entrée (sélection sur dossier, puis épreuves de dessin et oral), ouvert aux architectes diplÎmés (bac+5) et se déroule sur deux années scolaires. Elle s'articule autour de différents pÎles : celui de l'édifice, celui de la ville et du paysage, et celui de l'histoire de la législation et de la gestion du patrimoine.
à l'issue de leur formation, ces architectes spécialisés peuvent adhérer à l'association des « architectes du patrimoine » destinée à regrouper l'ensemble des architectes issus de cette formation.
Si la plupart des diplĂŽmĂ©s exercent dans la maĂźtrise dâĆuvre patrimoniale, certains se dirigent vers la fonction publique d'Ătat (architecte des bĂątiments de France - ABF, architectes et urbanistes de l'Ătat - AUE), la fonction publique territoriale (dans les collectivitĂ©s territoriales) ou encore intĂšgrent, sur concours, le corps des architectes en chef des monuments historiques (ACMH) afin d'exercer sur les monuments historiques classĂ©s appartenant Ă lâĂtat (comme les cathĂ©drales ou les palais nationaux).
Contenu des enseignements
[modifier | modifier le code]Les étudiants bénéficient également, comme support pédagogique, de la collection de maquettes et de la mathériauthÚque du Centre de recherches sur les Monuments historiques, l'un des quatre départements de la MédiathÚque de l'architecture et du patrimoine, qui a été installée dans ses locaux réaménagés à Charenton-le-Pont en .
L'édifice
[modifier | modifier le code]La connaissance du patrimoine est enseignĂ©e sous l'angle de l'Ă©volution des mises en Ćuvre et Ă©tudiĂ©e, pĂ©riode par pĂ©riode, depuis l'AntiquitĂ© jusqu'au XXe siĂšcle. Elle fait appel Ă la recherche documentaire, aux nombreuses techniques de reprĂ©sentation ainsi qu'aux instruments de repĂ©rage, aux techniques de reconnaissance et d'auscultation des matĂ©riaux et des structures. L'Ă©tude de la pathologie des structures passe par l'histoire comparĂ©e des techniques et des modes de construction, par l'analyse, la mise en surveillance, la recherche et la localisation de l'origine des causes d'altĂ©rations : agressions extĂ©rieures, dĂ©faillance interne ou surcharge produite par des modifications d'usage, etc.
Le diagnostic structurel doit permettre de choisir les interventions - d'urgence, de restauration ou d'entretien -, traditionnelles ou innovantes.
Ătude et diagnostic doivent conduire les maĂźtres d'Ćuvre au projet de restauration et de rĂ©utilisation de l'Ă©difice.
La ville et le paysage
[modifier | modifier le code]Le programme développe l'analyse de la ville d'un point de vue patrimonial et d'usage (habitat, circulation, équipement). Les différentes méthodes d'enregistrement de données et les critÚres de classification, d'inventaire et de protection sont examinés de façon critique. On y utilise les apports de l'analyse historique, de la lecture des tissus urbains et de leurs composants considérés comme des documents.
Il s'agit d'identifier les caractÚres morphologiques particuliers des centres anciens, puis de sélectionner des procédures réglementaires et opérationnelles pour les interventions : plan local d'urbanisme, zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, secteur sauvegardé, opération programmée d'amélioration de l'habitat⊠et de proposer les mieux adaptées dans le cadre du droit du sol et du droit du patrimoine.
Cet enseignement prend en compte l'Ă©mergence de la notion de paysage urbain et naturel, qui met en Ćuvre diffĂ©rentes Ă©chelles spatiales, avec des composantes trĂšs diverses : Ă©conomique, culturelle, technique, juridique. L'objectif est de mesurer la complexitĂ© des problĂšmes posĂ©s et d'apporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion qui ouvrent au dialogue avec les divers intervenants.
Cet enseignement doit permettre de conduire les différents types d'études urbaines existantes.
L'histoire et la notion de patrimoine
[modifier | modifier le code]L'enseignement de l'histoire trace les grands cadres historiques d'une culture stylistique, typologique et technique, indispensables à l'identification de la valeur patrimoniale du bùti, qu'il soit ancien ou moderne. Les décors civils et religieux et les arts monumentaux, comme les vitraux, les peintures murales et la sculpture, sont également étudiés.
Cet enseignement vise à intégrer les exigences de la démarche archéologique et historique. Il ne s'agit pas de former des historiens, mais des professionnels. Les premiers ont la charge de repérer, identifier et de faire connaßtre l'architecture, les seconds doivent en assurer la restauration, la conservation, l'adaptation et le renouvellement selon les besoins de la collectivité.
La législation et la gestion du patrimoine
[modifier | modifier le code]La restauration et la réutilisation des édifices et la gestion des centres anciens, au-delà des problÚmes strictement structurels et physiques, soulÚvent des questions de philosophie abordées dans les débats de doctrine vus sous l'angle de l'histoire ou de l'actualité, mais aussi des considérations liées à l'économie du bùtiment. Les perspectives, possibilités et opportunités offertes par la réutilisation, qui représentent tout le champ de l'ouverture du patrimoine sur le monde de demain, sont illustrées par des exemples.
L'enseignement permet en outre d'acquérir une connaissance approfondie de la législation sur les monuments historiques et les espaces protégés. Il concerne aussi l'organisation des administrations chargées de ces secteurs. Il en retrace l'évolution historique, étroitement liée à celle de la notion de patrimoine.
Les coopérations internationales
[modifier | modifier le code]Coopérations favorisant l'échange de pratiques et la formation de professionnels du patrimoine bùti au niveau international[7].
La formation continue
[modifier | modifier le code]L'Ăcole de Chaillot a Ă©galement pour mission de concevoir et mettre en Ćuvre des programmes de formation professionnelle continue[8].
Les thématiques des formations :
- Le patrimoine bùti et les défis environnementaux (amélioration énergétique et préservation de la qualité du bùti ancien, gestion durable de la ville et des territoires...),
- Le renouvellement d'usage du patrimoine vacant des villes et villages,
- Les nouvelles techniques de relevé numérique dans le bùti patrimonial (BIM, maquettes numériques...),
- Les matériaux bio- et géo-sourcés adaptés au bùti ancien (identification des pathologies, traitement...).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Florence Contenay, Benjamin Mouton, Jean-Marie PĂ©rouse de Montclos, L'Ăcole de Chaillot, une aventure des savoirs et des pratiques (architecture et patrimoine), Paris, Ăditions des Cendres / CitĂ© de l'architecture et du patrimoine, 2012
- René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bùti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques : Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine, , 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4)Notice Centre d'études supérieures d'histoire et de conservation des monuments anciens (CESHCMA, pp. 474 à 477 ; Chapitre VIII Les mécanismes assurant la qualité des travaux
- FondĂ©e en 2004, la CitĂ© de lâarchitecture et du patrimoine est un lieu de diffusion, de sensibilisation et d'enseignement de lâarchitecture dans sa dimension actuelle et patrimoniale, en France et Ă lâinternational
- Marc Barani : leçon inaugurale de l'Ăcole de Chaillot
Liens internes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- â LâĂcole de Chaillot, devenue le dĂ©partement formation de la CitĂ© de l'architecture et du patrimoine
- â Histoire de lâarchitecture
- â Les cours publics de lâĂcole de Chaillot
- â Des ponts entre sciences et sociĂ©té : Les Ă©coles d'ingĂ©nieurs du rĂ©seau ParisTech
- â Formation des AUE
- â DiplĂŽmes de spĂ©cialisation et d'approfondissement (DSA)
- â Les actions internationales de l'Ăcole de Chaillot
- â Formation professionnelle continue
