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Kanak

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Voir aussi : kanak

Étymologie

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(1854)[1] Provient de kanaka (« ĂȘtre humain », « homme », « personne » )[1][2], terme gĂ©nĂ©ralement spĂ©cifiquement attribuĂ© Ă  la langue hawaĂŻenne[1][2] alors qu'il se retrouve sous diffĂ©rentes morphologie avec un sens identique dans tout l’espace linguistique polynĂ©sien, de la Nouvelle ZĂ©lande Ă  l’üle de PĂąques[1].
Dans les annĂ©es 1840, le terme « kanaka » est intĂ©grĂ© aux diffĂ©rents bichelamar et pidgin des navigateurs anglais du XIXe siĂšcle pour dĂ©signer les populations autochtones mĂ©lanĂ©siennes de l’ensemble du Pacifique oĂč il prend un sens familier parfois pĂ©joratif synonyme de native (« naturel »)[1][2]. La premiĂšre itĂ©ration Ă©crite en français de « Kanak » daterait de 1854 dans l'ouvrage de l'Ă©crivain et explorateur Jacques Arago Deux OcĂ©ans, oĂč il dĂ©signe les Tahitiens[1]. À cette Ă©poque, il existe aussi la forme « Kanack » comme en 1869 par l’ethnologue français Ulysse de la HautiĂšre. La dĂ©finition du mot se restreint progressivement Ă  la population autochtone de la Nouvelle-CalĂ©donie entre 1840 et 1872, sans que les historiens ne puissent ĂȘtre plus prĂ©cis[2]. La francisation en « canaque » apparaĂźt dans les annĂ©es 1870 et se gĂ©nĂ©ralise dans les annĂ©es 1880, aprĂšs la grande rĂ©volte de 1878, alors que la graphie « kanak » se marginalise en se restreignant Ă  l'usage des seuls pasteurs anglo-saxons. Le mot est Ă  cette Ă©poque considĂ©rĂ© comme particuliĂšrement condescendant voire pĂ©joratif, certains lui prĂ©fĂ©rant les vocables plus neutres « nĂ©o-calĂ©donien » ou « calĂ©donien »[2].
Durant l'entre-deux guerres, le terme « canaque » remplace celui d'« indigÚne » dans le vocabulaire de l'administration française pour désigner les autochtones en parallÚle à celui de « calédonien » exclusivement réservé aux colons. AprÚs la Seconde Guerre mondiale, c'est le terme « mélanésien » qui est préférentiellement utilisé avec l'idée sous-jacente de supprimer le vocabulaire lié à la colonisation. Durant les années 1970, la graphie « kanak » est spécifiquement revendiquée sous cette forme par des groupes politiques indépendantistes qui l'utilisent comme une banniÚre identitaire anticoloniale. En effet, en s'opposant à la graphie latine en « C », la lettre « K » est symboliquement chargées des volontés indépendantistes. Durant les événements des années 1980, ils créent le terme dérivé « Kanaky » pour désigner la Nouvelle-Calédonie souveraine pour laquelle ils militent[2]. En 1998, l'accord de Nouméa officialise l'usage du terme et de la graphie « kanak » dans une forme spécifique, à savoir sans majuscule et invariable en nombre et en genre[3].
SingulierPluriel
Kanak Kanaks
\ka.nak\
Invariable
Kanak
\ka.nak\
Paul Wamo, Kanak et poĂšte.

Kanak \ka.nak\ masculin (pour une femme, on dit : Kanake)

  1. (Géographie) Habitant autochtone de la Nouvelle-Calédonie.
    • L'Agence de DĂ©veloppement de la Culture Canaque créée en 1988 en fit les frais : certains lui reprochant la graphie retenue par l’État, d' autres ne voulant surtout pas que cet Ă©tablissement public d’État n' en change. Ses responsables, aprĂšs moult concertations, pensĂšrent avoir trouvĂ© la solution en obtenant de l’ÉlysĂ©e la modification dans son intitulĂ© officiel et la transformation de la mention « Canaque » par « Kanak » ; le terme kanak devient alors invariable. Cette graphie, contraire aux usages de la langue française, ne fait point l’unanimitĂ© et toutes les variantes demeurent, y compris « kanake » et « kanaks ». — (FrĂ©dĂ©ric Angleviel, De Kanaka Ă  Kanak : l'appropriation d'un terme gĂ©nĂ©rique au profit de la revendication identitaire, dans La Revue HermĂšs, 2002/1 (n° 32-33), pages 191 Ă  196 Éditions CNRS)
    • Or, comme l’explique l’anthropologue spĂ©cialiste des mondes kanaks Alban Bensa, « la parole, tenue ou non tenue, a Ă©tĂ© un leitmotiv de la lutte des Kanaks », qui avaient d’ailleurs demandĂ© que les accords de Matignon de 1988 ne constituent pas seulement un texte officiel et diplomatique, mais soient approuvĂ©s par un rĂ©fĂ©rendum (lors duquel le oui l’avait emportĂ©, mais avec une faible participation) afin de crĂ©er, ainsi, un dialogue entre le peuple français et eux. — (Kanak : la parole est d’art, MĂ©diapart du 15 novembre 2013)
    • Yolaine Yengo, septiste et Kanak, endeuillĂ©e par les Ă©vĂ©nements en Nouvelle-CalĂ©donie : « N’importe lequel de nos proches risque sa vie » — (L’Équipe, 31 mai 2024)
    • En dĂ©pit d’une politique trĂšs volontariste et l’ampleur des mesures prises par l’État depuis 1988, avec des investissements structurants dans le domaine des transports (transversale KonĂ©-Tiwaka), de la santĂ© (MĂ©dipĂŽle de Koutio) ou de la formation (programmes « 400 Cadres » et « Cadres Avenir ») notamment, avec une discrimination positive en faveur des Kanak, les inĂ©galitĂ©s restent spectaculaires entre communautĂ©s. — (Jean-Christophe Gay, Nouvelle-CalĂ©donie : un archipel minĂ© par les inĂ©galitĂ©s, The Conversation, 2 septembre 2024)
  • Ce mot est un gentilĂ©. Un gentilĂ© dĂ©signe les habitants d’un lieu, les personnes qui en sont originaires ou qui le reprĂ©sentent (par exemple, les membres d’une Ă©quipe sportive).
  • Le terme est parfois aussi traitĂ© comme Ă©picĂšne : une Kanak au lieu d’une Kanake[4].
  • En Nouvelle-CalĂ©donie, le terme est aussi traitĂ© comme invariable en genre et en nombre avec ou sans majuscule : une Kanak ou une kanak au lieu d’une Kanake, des Kanak ou des kanak au lieu des Kanaks[2]. Dans la revue Mots (1997), l’universitaire Mireille Darot prĂ©cise : « C’est au cours des â€œĂ©vĂ©nements”, le 9 janvier 1985, que le gouvernement de Kanaky imposa une nouvelle graphie, “kanak, invariable en genre et en nombre, quelle que soit la nature du mot, substantif, adjectif, adverbe”, en remplacement de celle de canaque attestĂ©e depuis plus d’un siĂšcle. Par ce changement de signifiant graphique, les indĂ©pendantistes transcrivirent le changement radical de signifiĂ©, qu’ils opĂ©raient en transformant le terme utilisĂ© pour dĂ©signer les indigĂšnes de Nouvelle-CalĂ©donie, » car comme elle l’ajoute, « canaque avait acquis une connotation aussi insultante dans le français calĂ©donien que celle de bougnoule dans le français hexagonal. »

Variantes orthographiques

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Dérivés

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Prononciation

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→ Modifier la liste d’anagrammes

  • Kanak sur l’encyclopĂ©die WikipĂ©dia

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Patrick Dutard, «  Les voyages du mot “Kanak” ». L’intertexte Ă  l’Ɠuvre dans les littĂ©ratures francophones, Ă©ditĂ© par Martine Mathieu-Job, Presses Universitaires de Bordeaux, 2003 (lire en ligne).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 FrĂ©dĂ©ric Angleviel, De Kanaka Ă  Kanak : l'appropriation d'un terme gĂ©nĂ©rique au profit de la revendication identitaire, dans La Revue HermĂšs, 2002/1 (n° 32-33), pages 191 Ă  196 Éditions CNRS
  3. ↑ Accord sur la Nouvelle-CalĂ©donie signĂ© Ă  NoumĂ©a le 5 mai 1998, NOR : PRMX9801273X, JORF no 121 du 27 mai 1998
  4. ↑ Kanak sur larousse.fr