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Causeur

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Causeur
Description de l'image Logo causeur.fr.png.
Pays France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Format Magazine d'actualité
Prix au numéro 6,50 euros (prix en kiosque)
4,49 € numĂ©rique
Fondatrice Élisabeth LĂ©vy
Date de fondation (il y a 18 ans)
Ville d’édition Paris
Propriétaire Actionnaire principal : Gérald Penciolelli[1]
+ Actionnaires divers
Directeur de publication Gil Mihaely
Rédacteur en chef Martin Pimentel (site Internet)
ComitĂ© Ă©ditorial Gil Mihaely, Élisabeth LĂ©vy, Jeremy Stubbs, Martin Pimentel
ISSN 2270-4140
Site web causeur.fr
Le magazine causeur

Causeur est un magazine d'actualitĂ© français créé le par la journaliste Élisabeth LĂ©vy et l'historien Gil Mihaely ainsi que les philosophes Alain Finkielkraut, Paul Thibaud et Peter Sloterdijk. Il se prĂ©sente comme un « salon de rĂ©flexions ». À ses dĂ©buts, le magazine est gĂ©nĂ©ralement classĂ© parmi la droite rĂ©actionnaire, avant d'ĂȘtre Ă  partir de 2019, le plus souvent, classĂ© Ă  l'extrĂȘme droite. Il se revendique pluraliste, anticonformiste, voire parfois rĂ©actionnaire et prĂŽne un libĂ©ralisme modĂ©rĂ© sur le plan Ă©conomique.

Le site web Causeur est créé le par la journaliste Élisabeth LĂ©vy, l'historien Gil Mihaely, les philosophes Alain Finkielkraut, Paul Thibaud et Peter Sloterdijk[2]. Causeur hĂ©berge Ă©galement plusieurs blogs.

Une version mensuelle sur papier est publiée depuis juin 2008, et distribuée chez les marchands de journaux depuis le [3],[1].

Durant la campagne précédant l'élection présidentielle française de 2012, une joute hebdomadaire par article interposé opposait un journaliste de Causeur à un représentant de Rue89, en partenariat avec Yahoo[4].

Le média

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Ligne éditoriale

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Causeur se prĂ©sente comme un « salon de rĂ©flexions »[5] et se veut opposĂ© au « prĂȘt-Ă -penser mĂ©diatique »[6]. Il suscite rĂ©guliĂšrement la polĂ©mique[7],[6],[8], avec par exemple tout un dossier publiĂ© en 2015 jugĂ© antifĂ©ministe par L'Express[6],[8]. Pour la directrice de la rĂ©daction de Causeur, Élisabeth LĂ©vy, le magazine est « un espace de confrontation et de libertĂ©, avec une pluralitĂ© des points de vue »[1].

Selon l'ouvrage Le Discours « nĂ©o-rĂ©actionnaire », le magazine papier Causeur traite de sujets d'actualitĂ©s, de culture, et de sociĂ©tĂ©, par exemple : « La dictature du politiquement correct ». Souvent, l'un des deux animateurs de Causeur, la journaliste Élisabeth Levy et l'historien Gil Mihaely, signent l'Ă©ditorial, mais d'autres individualitĂ©s sont « fortement » mises en avant : Alain Finkielkraut chaque mois peut y importer ses chroniques diffusĂ©es sur RCJ ; le polĂ©miste Basile de Koch y joue le rĂŽle d'un « humoriste dandy », et le philosophe Roland Jaccard y intervient avec ses « Carnets » comme Mauriac dans L'Express par le passĂ©. Dans les premiers numĂ©ros du magazine, la rubrique « Viens l'dire ici si t'es un homme ! » permettait Ă  un contradicteur du magazine de s'y exprimer[9].

Ligne réactionnaire

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Pour Le Monde, en 2013, c'est « une revue vendue Ă  10 000 exemplaires volontiers rĂ©actionnaire et ouverte aux infrĂ©quentables jusque dans son capital », avec GĂ©rald Penciolelli, personnalitĂ© d'extrĂȘme droite la finançant Ă  44 %[8]. En 2017, le journal de gauche Politis qualifie Causeur de « rĂ©actionnaire »[10].

Le politologue Olivier Roy estime que les « rĂ©actionnaires » viennent de traditions trĂšs diffĂ©rentes, et que, s'ils se retrouvent chez Causeur, ils n'ont pas pour autant le mĂȘme programme politique, par exemple en ce qui concerne le mariage homosexuel. Ils se rejoignent cependant tous « sur la critique du temps prĂ©sent et de l’essence mĂȘme de cette modernitĂ© contemporaine »[11].

En 2016, le magazine Causeur fait partie des Ă©tudes de cas rĂ©alisĂ©es par un collectif de chercheurs venus de l'ensemble de la francophonie dans l'ouvrage Le Discours « nĂ©o-rĂ©actionnaire ». Ils affirment notamment que Causeur s'est fait connaĂźtre « pour ses positions trĂšs affirmĂ©es sur la question de l'identitĂ© nationale, mais aussi pour son opposition au mariage homosexuel, ou son europhobie – et plus prĂ©cisĂ©ment sa germanophobie – dĂ©clarĂ©e. » D'aprĂšs Le Discours « nĂ©o-rĂ©actionnaire », « l'une des grandes obsessions » de Causeur est de critiquer le niveau du journalisme d'idĂ©es en France, qui aurait « une adhĂ©sion bornĂ©e aux diktats du progressisme ». Causeur a pour cibles privilĂ©giĂ©es Le Grand Journal de Canal+, LibĂ©ration, Le Nouvel Observateur.

Causeur critique Ă©galement la gauche, estimant qu'elle n'est pas rĂ©ellement progressiste et qu'elle n'est plus en lien avec les classes populaires et leurs souffrances. Les pages « Culture » du magazine servent « une autre obsession du journal » : le prophĂ©tisme. Les grands auteurs servent Ă  justifier par leurs prĂ©dictions la peinture morose du prĂ©sent rĂ©alisĂ©e par Causeur. Le Discours « nĂ©o-rĂ©actionnaire » affirme de plus que Causeur use frĂ©quemment de techniques rhĂ©toriques lui permettant de disqualifier ses adversaires idĂ©ologiques, multiplie les rĂ©fĂ©rences hĂ©tĂ©rogĂšnes, varie abruptement les genres de langage, passant par exemple de l'argot Ă  une rĂ©daction « la plus soutenue, la plus exigeante », ce qui lui permet d'assurer une rĂ©versibilitĂ© des interprĂ©tations et « l'inversion permanente des pĂŽles lĂ©gitimes et illĂ©gitimes ». L'ouvrage estime que ce qui est perçu comme le plus insupportable chez Causeur est qu'il s'engage sur le terrain de la critique radicale mais sans y mettre le sĂ©rieux qui y serait normalement attendu : Causeur alterne « la radicalitĂ© et la rigolade ». Causeur se rĂ©fĂšre Ă  des codes de comportements qui sont ceux du « salon mondain », usant d'une rhĂ©torique dĂ©finissant les conditions mĂȘmes du dĂ©bat d'idĂ©es et lui permettant de ringardiser les expressions de positionnement hors-cadre[9],[12].

En , Acrimed parle d'une « parole rĂ©actionnaire en roue libre », estimant que Causeur vient de publier de nombreuses tribunes hostiles Ă  #MeToo. Par exemple, Élisabeth LĂ©vy critique ce qu'elle appelle un « harcĂšlement fĂ©ministe » et affirme que « les magistrates de #balancetonporc » ont « condamnĂ© la gent masculine »[13]. Acrimed prĂ©sente Causeur comme faisant partie des « mĂ©dias de la droite dĂ©complexĂ©e »[14].

Classement Ă  l'extrĂȘme droite

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En 2009, Hugues Serraf sur le site Rue89, en rĂ©ponse Ă  la mention de Causeur « sur une liste compilĂ©e par le MRAP et recensant la plupart des sites d’extrĂȘme droite de l’Internet francophone », estime que si Causeur est parfois « un peu rĂ©ac », le magazine « n’est pas plus extrĂ©miste de droite que le Mrap n’est une organisation antiraciste crĂ©dible ». Hugues Serraf affirme que Causeur rassemble des « profils surprenants », entre autres JĂ©rĂŽme Leroy, qualifiĂ© de « poĂšte stalinien non-reconstruit », Cyril Bennasar, « menuisier rĂ©ac », Basile de Koch, « ex-ghost-writer de Charles Pasqua », Luc Rosenzweig, « rĂ©dacteur en chef du Monde retraité »[15].

En , L'Obs cite Élisabeth LĂ©vy et Causeur, dans un dossier sur les « nouveaux fachos et leurs amis » avec Alain Soral, Robert MĂ©nard ou encore Éric Zemmour, Renaud Camus et Richard Millet[16]. Cela provoque plusieurs rĂ©ponses sur Causeur[17]. Et pour Christian Millau dans Atlantico « Le Nouvel Observateur ne fait pas tant du journalisme que de la propagande[18]. »

En 2013, LibĂ©ration classe Ă  droite le magazine, lequel « se revendique rĂ©ac et anticonformiste »[1], mais en 2019 considĂšre Causeur comme un mĂ©dia d’extrĂȘme droite, au mĂȘme titre que Valeurs actuelles[19],[20], de mĂȘme qu'en 2023[21]. TĂ©lĂ©rama qualifie le site de « rĂ©actionnaire » et d'« extrĂȘme droite »[22]. Le journaliste RenĂ© Monzat Ă©tudie le cas de Causeur dans un dossier sur les « soutiens financiers de la presse d'extrĂȘme droite » et il soutient que mĂȘme si des « cadres de l’extrĂȘme droite », actionnaires du magazine, ont soutenu Causeur, ce dernier n'est pas un nouveau Minute, qui « sortait des scoops », tandis que Causeur se contente selon lui « de news « people » dĂ©valorisantes sur des militant·es antiracistes »[23].

Selon Les Inrocks en 2015, la ligne Ă©ditoriale de Causeur « plus proche d’Éric Zemmour que de « Causette » est « spĂ©cialiste de la provoc’ rĂ©ac », et la « thĂ©orie d’un Big Brother fĂ©ministe Ă  l’Ɠuvre est une vieille martingale des rĂ©acs »[5].

En 2021, ArrĂȘt sur Images qualifie Causeur de « mensuel d'extrĂȘme droite » et Ă©crit que « Causeur dĂ©borde Valeurs actuelles sur sa droite », Ă  l'occasion d'un signalement au procureur de la RĂ©publique en lien avec sa Une Ă©voquant une thĂšse raciste[24]. Politis positionne Causeur parmi les « mĂ©dias de droite extrĂȘme », avec Valeurs actuelles et le site Boulevard Voltaire[25].

En 2022, Le Monde dĂ©crit Causeur comme un magazine d’extrĂȘme droite, Ă  propos d'une Ă©tude dĂ©mographique que le magazine cite pour montrer un « basculement dĂ©mographique historique » en France, en lien avec la thĂ©orie raciste du « grand remplacement »[26].

En 2023, France Info qualifie Ă©galement la publication de « magazine d’extrĂȘme droite »[27]. La mĂȘme annĂ©e, L'Opinion le classe Ă©galement parmi les publications d'extrĂȘme droite[28].

Actionnariat

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Le magazine en ligne compte parmi ses sources de financement Charles Beigbeder, le milliardaire Xavier Niel et Arnaud Dassier[1]. GĂ©rald Penciolelli, actionnaire de rĂ©fĂ©rence de Causeur avec 44 % des parts, est l'ancien repreneur de l’hebdomadaire d'extrĂȘme droite Minute[8] et ancien membre de la direction d’Ordre Nouveau et du Parti des Forces Nouvelles[23] (groupes nĂ©ofascistes). D'aprĂšs Le Monde, GĂ©rald Penciolelli a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  Causeur par deux actionnaires fondateurs et collaborateurs du journal : « Basile de Koch, l'ex-plume de Charles Pasqua, mariĂ© Ă  Frigide Barjot, et Marc Cohen, l'ancien communiste de L'Idiot international »[8]. La femme d'affaires Anne MĂ©aux, Ă©galement ancienne membre dirigeante du Parti des forces nouvelles, compte parmi les actionnaires[23].

Selon Libération, Charles Gave renfloue le magazine à hauteur de 976 000 euros en 2018[29].

Équipe de rĂ©daction

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La direction est composĂ©e d'Élisabeth LĂ©vy (directrice de la rĂ©daction)[30], Gil Mihaely (prĂ©sident et directeur de la publication)[30], Jeremy Stubbs (directeur adjoint de la rĂ©daction et rĂ©dacteur en chef)[30], Martin Pimentel (rĂ©dacteur en chef du site causeur.fr) et JĂ©rĂŽme Leroy[8],[31], poĂšte et romancier, qui ne fait plus partie des effectifs du journal depuis .

Causeur compte parmi ses collaborateurs réguliers : Alain Finkielkraut, Basile de Koch, Bruno Maillé, Cyril Bennasar, David Desgouilles, Eugénie Bastié, François-Xavier Ajavon, Hadrien Desuin, l'écrivain Roland Jaccard, l'essayiste et journaliste catholique Jacques de Guillebon, Luc Rosenzweig ancien journaliste du Monde, Patrick Mandon, Emmanuel Legeard, le philosophe Paul Thibaud, Renaud Chenu, le politologue Philippe Raynaud, l'avocat Régis de Castelnau, l'essayiste québécois JérÎme Blanchet-Gravel.

Causeur donne réguliÚrement la parole à des personnalités telles qu'Alain Finkielkraut, Jean-Claude Michéa, Marcel Gauchet, Paul Thibaud, Philippe Raynaud, ou l'économiste Jean-Luc Gréau. François Taillandier et Roland Jaccard y tiennent des chroniques réguliÚres. Parmi ses contributeurs occasionnels, on trouve Benoßt Duteurtre, Chantal Delsol, le romancier David di Nota, Malika Sorel, Natacha Polony ou encore Pascal Bruckner.

Causeur magazine est constituĂ© de trois parties : un tour d'horizon de l'actualitĂ© politique et internationale, un dossier central sur un grand sujet d’actualitĂ©, et des pages « humeurs » consacrĂ©es Ă  la culture.

Audience, ventes et résultats financiers

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Selon l'étude publiée par Médiamétrie-Netratings en mars 2009, Causeur a réuni 250 000 visiteurs uniques et le nombre de pages vues s'est élevé à 3 017 000[réf. à confirmer][32].

En 2018, Causeur revendique 7 800 abonnĂ©s ; ses ventes en kiosque varient entre 6 500 et 9 000 exemplaires « pour les bons numĂ©ros » selon Élisabeth LĂ©vy[33].

Élisabeth LĂ©vy indique en 2018 que Causeur perd 120 000 euros par an[33].

Controverses

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Étude du MRAP « Internet, enjeu de la lutte contre le racisme »

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Fin 2009, l'association antiraciste MRAP inclut Causeur dans la catĂ©gorie des sites « à droite de la droite » dans son Ă©tude « Internet, enjeu de la lutte contre le racisme ». L'association Ă©crit : « Le contenu de ce site n’appelle pas d’observations. Sa ligne Ă©ditoriale est trĂšs Ă  droite, proche des thĂšses nĂ©o-conservatrices. »[34]. Le MRAP donne comme avertissement : « la mĂ©thode de travail retenue, de recherche de sites ouvertement racistes et de recensement des connexions et liens Ă  partir de et vers ces sites a conduit Ă  identifier aussi des sites contre lesquelles aucune accusation de racisme ne peut ĂȘtre lancĂ©e. »[35] ArrĂȘt sur images estime que le MRAP a recensĂ© dans son Ă©tude les sites d'opinion « proches de l'extrĂȘme droite, voire racistes »[34]. Le journaliste Guillaume Weill-Raynal estime que la recension du MRAP a Ă©tĂ© « la plus large possible » et qu'elle comprend des « sites d'extrĂȘme droite classique raciste », mais aussi des sites islamistes, et que l'association a recensĂ© l'ensemble des courants de pensĂ©e qui pourraient favoriser un Ă©ventuel discours raciste[36].

ArrĂȘt sur images (qui embauchait Élisabeth LĂ©vy auparavant[37]) qualifie la mĂ©thode du MRAP de « curieuse » car l'association a placĂ© Causeur dans sa « liste noire » alors qu'elle n'aurait « rien Ă  dire sur le contenu » du magazine, et a seulement mentionnĂ© des sites oĂč figureraient des liens vers Causeur[34]. ArrĂȘt sur images pose la question : « Et si des blogs de gauche avaient rĂ©fĂ©rencĂ© Causeur.fr ? », ce Ă  quoi rĂ©pond le MRAP : « Ce n'est pas la mĂ©thode choisie »[34], l'auteur du rapport souhaitant rester anonyme en raison de menaces reçues de la part de sites d'extrĂȘme droite[34]. Hugues Serraf, sur le site Rue89, estime que le MRAP a «dĂ©rapé» et critique le fait que Causeur ait Ă©tĂ© labellisĂ© sous l'expression « nĂ©o-conservatrice »[15], il estime que si Causeur est parfois « un peu rĂ©ac », il « n’est pas plus extrĂ©miste de droite que le Mrap n’est une organisation antiraciste crĂ©dible »[15]. Guillaume Weill-Raynal, Ă©galement sur Rue89, rĂ©pond Ă  Serraf, en contestant que le MRAP ait dĂ©rapé : le journaliste estime en effet que le MRAP a citĂ© Causeur partant du principe que le courant nĂ©o-conservateur peut, « dans certains cas, favoriser un Ă©ventuel discours raciste », mais que le MRAP a signalĂ© que le contenu de Causeur n'appelait pas de commentaire particulier contrairement Ă  celui d'autres sites. Par contre, Guillaume Weill-Raynal affirme que Causeur a notamment diffamĂ© Pascal Boniface en l'accusant Ă  tort d'ĂȘtre antisĂ©mite, sans lui accorder de droit de rĂ©ponse, et que « le Mrap aurait donc pu avoir de trĂšs bonnes raisons de souligner que Causeur.fr n’est pas un site toujours respectable »[36].

PolĂ©mique lors d’une pĂ©tition favorable Ă  la prostitution

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En , Causeur lance une pétition contre une proposition de loi de la députée socialiste Maud Olivier visant la pénalisation des clients de la prostitution. Le titre, « Touche pas à ma pute, le manifeste de 343 salauds »[38], suscite de nombreuses réactions dans la presse[39],[40] et un débat trÚs vif. En effet, la double référence au Manifeste des 343 pour le droit à l'avortement, rédigé en 1971 par Simone de Beauvoir et publié par Le Nouvel Observateur, et au slogan de SOS Racisme « Touche pas à mon pote », est considérée par certains observateurs comme scandaleuse[41],[42]. Dans un article de L'Express par exemple, les « 343 salauds » sont comparés à des « noctambules cocaïnés », n'ayant pas compris que les femmes ne sont pas des « marchandises »[43]. L'association Zéromacho rétorque au manifeste des 343 salauds par le biais de ses porte-parole, qui publient des tribunes de protestations dans Le Nouvel Obs et L'Humanité[44],[45].

PolĂ©mique et enquĂȘte concernant des propos d'Éric Zemmour

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En 2017, dans Causeur, Éric Zemmour dĂ©clare « respecter les djihadistes », selon lui « prĂȘts Ă  mourir pour ce en quoi ils croient - ce dont nous ne sommes plus capables ». Une enquĂȘte prĂ©liminaire pour apologie du terrorisme est ouverte Ă  son encontre[46] aprĂšs une plainte d'associations de victimes du terrorisme. La plainte sera classĂ©e sans suite[47].

Immigration musulmane et « grand remplacement »

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Le , Causeur publie sur son site un article signĂ© par Charles Gave et titrĂ© « Demain, le suicide dĂ©mographique europĂ©en », oĂč l'auteur Ă©met plusieurs hypothĂšses sur la dĂ©mographie europĂ©enne Ă  venir. Reprenant un billet de son blog, il affirme notamment que « dans 40 ans au plus tard, il est Ă  peu prĂšs certain que la majoritĂ© de la population sera d’origine musulmane, en Autriche, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Hollande »[48], en se basant sur des taux de natalitĂ© non sourcĂ©s[49]. Plusieurs personnalitĂ©s d’extrĂȘme droite, dont l'ancien candidat aux lĂ©gislatives et membre du Front national Jean Messiha, partagent l'article sur les rĂ©seaux sociaux[49]. Le , LibĂ©ration attaque l'article en le qualifiant d'« article dĂ©lirant » avec des « calculs foireux » qui cherche Ă  « dĂ©montrer avec des chiffres la rĂ©alitĂ© du “grand remplacement” », une thĂ©orie du complot de l'Ă©crivain d'extrĂȘme droite Renaud Camus que Charles Gave ne cite pas dans son article. LibĂ©ration prĂ©sente cette thĂ©orie comme ayant un « sous-texte raciste (et en l’espĂšce islamophobe) » et dĂ©plorant « la contamination d’une population “de souche” fantasmĂ©e (blanche, chrĂ©tienne) par l’étranger (ou, ici, le musulman)[50]. » La journaliste de LibĂ©ration, Pauline Moullot, prend appui sur d'autres Ă©tudes dĂ©mographiques (un rapport de l'Institut Montaigne pour l'IFOP sur le nombre de musulmans en France[51], les donnĂ©es sur la dĂ©mographie française de l'INSEE[52], les donnĂ©es sur la dĂ©mographie des Ă©trangers du ministĂšre de l'IntĂ©rieur[53], l'enquĂȘte TeO de l'Ined de 2008) et le point de vue des dĂ©mographes de l'Ined Patrick Simon et MichĂšle Tribalat[49].

Le magazine provoque un nouveau scandale sur ce mĂȘme sujet du « grand remplacement » le 8 septembre 2021. La couverture montre une photo d'une sĂ©rie de bĂ©bĂ©s sous le titre « Souriez, vous ĂȘtes grand-remplacĂ©s ! », et l'idĂ©e est dĂ©veloppĂ©e sur 29 pages. Philippe d'Iribarne y affirme notamment, et sans citer aucune source, que « des pans entiers du territoire sont livrĂ©s Ă  des populations immigrĂ©es qui n'ont que faire de la RĂ©publique et de ses lois et qui, au jeu de la natalitĂ©, sont plus fortes que les « de souche ». » Au sujet de l'absence de preuves chiffrĂ©es, Élisabeth LĂ©vy se dĂ©fend en expliquant qu'il s'agit d'une « vision impressionniste »[24].

Plainte en diffamation de Ladj Ly

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Le , Causeur rĂ©vĂšle que le cinĂ©aste Ladj Ly, en pleine faveur mĂ©diatique et rĂ©compensĂ© Ă  Cannes pour son film Les MisĂ©rables, a fait de la prison pour une affaire datant d'. Le magazine publie un article ayant pour titre « Ladj Ly a fait de la prison pour complicitĂ© de tentative de meurtre. » signĂ© Anne-Sophie Nogaret[54], et Ă©voque une raison religieuse en affirmant notamment « Quand Ladj Ly faisait appliquer la charia  ». L’article est ensuite repris par Valeurs actuelles, et se rĂ©pand alors sur les rĂ©seaux sociaux[55]. LibĂ©ration Ă©crit le lendemain : « Contrairement Ă  ce qu’écrivent les mĂ©dias d’extrĂȘme droite, il n’est pas question de « tentative de meurtre » dans cette condamnation ». Le journal ajoute que dans les articles d'Ă©poque qu'il a consultĂ©, il n'existe pas de « lien avec la religion musulmane ayant motivĂ© les faits »[19]. Selon Le Point, l'article de Causeur transforme « largement les faits »[56] et selon Le Monde et L'Obs, il comporte « plusieurs approximations »[55],[57].

Les articles parus dans les magazines font rĂ©fĂ©rence Ă  une affaire d', oĂč Ladj Ly s'est trouvĂ© impliquĂ© dans une expĂ©dition punitive aux cĂŽtĂ©s de deux personnes[57],[58],[20],[55]. Bien qu'ils soient dans un premier temps mis en examen pour enlĂšvement, sĂ©questration, tentative d’assassinat et violences aggravĂ©es[55], les poursuites sont requalifiĂ©es lors de l’instruction et Ladj Ly est condamnĂ© le pour « arrestation, enlĂšvement, sĂ©questration »[55],[19]. Cette requalification n’est pas mentionnĂ©e dans l’article initial de Causeur[55],[57]. Par ailleurs, en parlant de la sƓur d’un des membres du groupe qui a eu une relation extra-conjugale avec le mari de sa cousine et qui a motivĂ© l'expĂ©dition, Causeur dĂ©clare dans son article : « Elle n’est plus vierge, elle n’est pas mariĂ©e. Selon la religion musulmane, cela porte un nom, la fornication. Comme il y va de l’honneur d’une famille, c’est une transgression qui doit ĂȘtre sĂ©vĂšrement punie. La charia doit s’appliquer. »[55] Or, cet aspect religieux n’apparaĂźt dans aucun des articles rendant compte du procĂšs Ă  l’époque[55].

Par la suite, Causeur corrige son article[59], Ă©crivant que Ladj Ly a Ă©tĂ© condamnĂ© pour « enlĂšvement et sĂ©questration » et non pas « tentative de meurtre »[58] et publie une « mise au point »[59] titrant « Ladj Ly : LibĂ©ration confirme l’information rĂ©vĂ©lĂ©e par Causeur » et en dĂ©clarant notamment « Pour rĂ©sumer, l’essentiel de nos informations Ă©taient donc exactes, ce que confirme l’enquĂȘte publiĂ©e par Checknews, mĂȘme si les chefs d’accusation de la condamnation finale ne seraient pas ceux qu’indiquait notre article[60]. »

Le , Ladj Ly poursuit en « diffamation » et « diffamation raciale » les magazines Causeur et Valeurs actuelles[19],[55]. Les avocats de Ladj Ly dĂ©clarent qu'« aucune violence n’a Ă©tĂ© reprochĂ©e personnellement [Ă  Ladj Ly] dans cette affaire, et a fortiori pas de complicitĂ© de tentative de meurtre, ni Ă©videmment d’avoir voulu “faire appliquer la charia”[61],[19],[62] ».

Le , Ă  la suite du procĂšs, Causeur est relaxĂ©, le tribunal ayant considĂ©rĂ© que s'il y avait bien erreur dans la qualification des faits, la journaliste, autrice de l’article, bĂ©nĂ©ficiait d’une « base factuelle suffisante », Ă  savoir les dĂ©cisions de justice. Selon la dĂ©cision, « le caractĂšre visiblement complexe du dĂ©roulement des faits et le mode de narration choisi par le tribunal correctionnel [dans son jugement] Ă©taient de nature Ă  entraĂźner une certaine confusion dans le rĂŽle de chacun ». « S’il est certain que Ladj Ly n’a pas Ă©tĂ© condamnĂ© pour tentative de meurtre, cette erreur, circonscrite Ă  la seule qualification des faits (
) et commise par une non-juriste, ne peut suffire Ă  ĂŽter sa pertinence Ă  la base factuelle »[63].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 « Causeur l’ouvre en kiosques », sur archive.wikiwix.com, .
  2. ↑ Paris CommuniquĂ©s.
  3. ↑ « Causeur », sur atlantico.fr (consultĂ© le ).
  4. ↑ « Rue89 - Causeur : la battle », sur fr.news.yahoo.com (version du sur archive.org).
  5. 1 2 « Quand Causeur s’attaque aux fĂ©ministes : les 10 citations les plus outranciĂšres », sur Les Inrockuptibles, (consultĂ© le ).
  6. 1 2 3 « La charge anti-fĂ©ministe de Causeur, la rĂ©ponse vernis de Causette », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consultĂ© le ).
  7. ↑ « Causeur », sur eurotopics.net (consultĂ© le ).
  8. 1 2 3 4 5 6 Ariane Chemin, Elisabeth Lévy, causeuse de troubles, lemonde.fr, 12 décembre 2013
  9. 1 2 Pascal Durand et Sarah Sindaco, Le discours « néo-réactionnaire », CNRS Editions, , 366 p. (ISBN 978-2-271-08899-4, lire en ligne).
  10. ↑ « “Causeur”, farceurs », sur Politis.fr, (consultĂ© le ).
  11. ↑ « Comment pensent les « nĂ©o-rĂ©acs », par Olivier Roy », sur L'Obs, (consultĂ© le ).
  12. ↑ « Sur la planĂšte des nĂ©o-rĂ©actionnaires », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consultĂ© le ).
  13. ↑ « Violences faites aux femmes : le festival des Ă©ditocrates rĂ©actionnaires », sur Acrimed, (consultĂ© le ).
  14. ↑ Julien Salingue, « Quand Causeur et Valeurs actuelles s'essaient Ă  la critique des mĂ©dias », sur Acrimed (consultĂ© le ).
  15. 1 2 3 « En ajoutant Causeur.fr à sa liste noire de sites, le Mrap dérape », Rue89, 26 février 2010.
  16. ↑ « Les nouveaux fachos et leurs amis », Le Nouvel Observateur, 20 septembre 2012.
  17. ↑ « Quand Le Nouvel Obs traque les nĂ©o-fachos », causeur.fr, 20 septembre 2012.
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Liens externes

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