Aller au contenu

Front populaire (revue)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Front populaire
Description de l'image Logo revue Front Populaire.png.
Pays France
Zone de diffusion France
Langue Français
Périodicité Trimestriel
Fondateur Michel Onfray et Stéphane Simon
Date de fondation
Ville d’édition Levallois-Perret
Directeur de publication Michel Onfray
Site web frontpopulaire.fr

Front populaire est une revue souverainiste créée en 2020 par le philosophe Michel Onfray et le journaliste et producteur Stéphane Simon. Elle prend la forme d'un mook trimestriel et d'un site internet auxquels contribuent des auteurs, polémistes, essayistes, etc.

La revue a une ligne antilibĂ©rale, populiste et souverainiste et se veut une plateforme programmatique pour rassembler les souverainistes français « au-delĂ  des clivages partisans ». Selon Le Monde et LibĂ©ration, elle sĂ©duit Ă©galement Ă  l'extrĂȘme droite.

La revue est lancée en [1],[2]. Elle revendique 30 000 abonnés lors du lancement, 45 000 abonnés en et un million de visiteurs uniques sur son site sur les trois mois de l'été 2020[3],[4].

Elle met en ligne le son site internet, et publie le son premier numĂ©ro papier[5],[4]. Sur sa couverture figure une citation de la La BoĂ©tie : « Soyez rĂ©solus Ă  ne plus servir et vous voilĂ  libres ! ». Sur la couverture, le titre et le thĂšme du numĂ©ro (« Souverainisme ! ») sont de couleur rouge et noir, et une carte de l’Europe craquelĂ©e est reprĂ©sentĂ©e en jaune[6].

Courant , l'association Front populaire et Compagnie dans la continuité de la revue est créée par Michel Onfray et Stéphane Simon. Elle deviendra France Souveraine fin 2021 et sera présidée par Guillaume Bigot.[réf. souhaitée]

En , Front populaire lance une web TV, baptisĂ©e FP+. Celle-ci publie des revues de presse hebdomadaire de Michel Onfray, des dĂ©cryptages et des rencontres avec des invitĂ©s. La chaĂźne prĂ©sente aussi une Ă©mission bi-hebdomadaire avec Pierre-Yves Rougeyron, prĂ©sident du Cercle Aristote, et l’économiste Jacques Sapir, consacrĂ©e aux grandes questions internationales[7].

Le numĂ©ro hors-sĂ©rie du se trouve au cƓur d’une polĂ©mique, pour un entretien croisĂ© entre Michel Onfray et l’écrivain Michel Houellebecq. Ce dernier, qui anticipe des attentats Ă  l'encontre des musulmans, Ă©crit notamment : « Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent. » Le Monde Ă©voque une « radicalisation Ă  l’extrĂȘme droite » de l'Ă©crivain, l'Union des mosquĂ©es de France (UMF) dĂ©pose plainte pour « provocation Ă  la discrimination, Ă  la haine ou Ă  la violence », tandis que la Grande MosquĂ©e de Paris renonce Ă  dĂ©poser plainte Ă  la suite d'une rencontre avec l'auteur[8],[9],[10],[11],[12].

DĂ©but 2023, la publication approche du million d’exemplaires vendus, aprĂšs la publication de dix numĂ©ros et trois hors-sĂ©ries. D’aprĂšs le magazine d'actualitĂ© Valeurs actuelles, il s'agit d'« un succĂšs notable en pleine crise de la presse Ă©crite ». Pour ce mĂȘme mĂ©dia, la revue s'est imposĂ©e comme le mĂ©dia de rĂ©fĂ©rence des souverainistes[7].

En , LagardÚre News rachÚte 90 % des parts de la revue, qui passe ainsi sous le contrÎle de Vincent Bolloré[13].

Caractéristiques

[modifier | modifier le code]

La revue prend la forme d'un mook — format hybride entre un magazine et un livre — et d'un site d'actualitĂ© et de dĂ©bat. Elle parait de maniĂšre trimestrielle[1]. La revue comprend environ 150 pages. Selon StĂ©phane Simon, la revue et le site ont autant d'abonnĂ©s et « C’est cette hybridation du modĂšle qui fait la rĂ©ussite de Front Populaire ». Le site Internet comprend une web TV, baptisĂ©e FP+[7].

La revue est sans publicité et financée par les pré-abonnements[14].

Équipe de rĂ©daction

[modifier | modifier le code]

La revue est le fruit de l'association du philosophe Michel Onfray et du producteur et journaliste Stéphane Simon, déjà responsable du site Michelonfray.com[1]. Michel Onfray est l'actuel directeur de la publication de la revue.

La revue, qui se veut apartisane, accueille des hommes politiques et intellectuels de différents bords.

Ligne éditoriale

[modifier | modifier le code]

Front populaire se veut la publication de « ceux qui défendent un retour de la politique française, et qui sont des souverainistes de droite et de gauche » contre « ceux qui défendent l'état maastrichtien, les libéraux »[1]. Onfray résume la ligne ainsi : « Parler des sujets qui ne sont pas traités par la doxa dominante »[7].

Le mook ne s'inscrit pas dans la suite du front populaire de 1936, Stéphane Simon explique qu'« il faut lire les deux mots séparément, front et populaire »[1]. Michel Onfray déclare dans la revue avoir abandonné « le vieux clivage gauche droite, inutile pour décrire le monde d'aujourd'hui »[1].

Les thĂ©matiques traitĂ©es par la revue sont : le souverainisme, l’État profond, le « gĂ©nie français », l’immigration, l’écologie, le droit Ă  la sĂ©curitĂ©, les espĂšces menacĂ©es que seraient la droite et la gauche et le bilan d’Emmanuel Macron[rĂ©f. souhaitĂ©e].

Les journalistes Lucie Soullier et Abel Mestre du Monde indiquent, peu avant sa parution, que la revue sĂ©duit l'extrĂȘme droite[15]. Le journaliste Simon Blin de LibĂ©ration y voit « une revue des troupes identitaires », aux accents rĂ©actionnaires et conservateurs[14].

Jack Dion, dans Marianne, critique les analyses du Monde et de LibĂ©ration rapprochant la revue de l'extrĂȘme droite et affirme que « ce que l’on reproche au philosophe, comme Ă  d’autres, c’est de sortir des clous du politiquement correct »[16].

Charlie Hebdo consacre un dossier Ă  l'annonce du magazine.

AprÚs la sortie du premier numéro, Jean-Yves Camus déclare que, « sans rien retirer aux critiques précédemment émises dans cette chronique sur les présupposés du projet », ce premier numéro n'est « en aucun cas un brûlot néofasciste », mais « une revue antilibérale, populiste et souverainiste »[6].

Projet politique

[modifier | modifier le code]

La revue est conçue comme une plateforme participative au service du souverainisme[5] et se veut une « plateforme programmatique » « ouverte ». DĂšs son lancement, la revue se donne pour objectif d’organiser la « convergence des luttes souverainistes et faire Ă©merger des figures politiques »[1]. Aussi, elle se dĂ©crit comme « un Parlement perpĂ©tuel des idĂ©es » oĂč le « peuple » pourra faire des propositions pour « rebĂątir notre monde »[14]. Elle entend Ă©galement avoir une influence sur l'Ă©lection prĂ©sidentielle française de 2022[3].

Cependant, La Croix relate en 2020 que le politologue Jean-Yves Camus et l'historien Nicolas Lebourg estiment que « l’ambition de Michel Onfray serait davantage Ă©ditoriale, voire commerciale, que politique », notamment car les Ă©lectorats de l'extrĂȘme droite et de l'extrĂȘme gauche sont bien distincts[20].

En , Michel Onfray annonce que Front populaire soutiendrait une liste souverainiste aux élections européennes de 2024[2].

Front populaire organise une université d'été en à UzÚs dont le thÚme est « France : Que faire ? »[2],[21].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 4 5 6 7 Luc Lenoir, « Avec son « Front populaire », Michel Onfray passe à l'offensive », sur Le Figaro, (consulté le ).
  2. 1 2 3 Claire Conruyt, « Européennes 2024: Michel Onfray annonce que «Front populaire» présentera une liste souverainiste », sur Le Figaro, (consulté le ).
  3. 1 2 « « Front populaire », la revue politique de Michel Onfray affiche un impressionnant succÚs », sur Les Echos, (consulté le )
  4. 1 2 Marc Baudriller, « La revue Front populaire de Michel Onfray déjà millionnaire », sur Challenges, (consulté le ).
  5. 1 2 « Michel Onfray, extrĂȘme Ă©corché », sur L'Express, (consultĂ© le ).
  6. 1 2 Jean-Yves Camus, « « Front populaire » : une revue souverainistement correcte », sur charliehebdo.fr,
  7. 1 2 3 4 « « Front Populaire », la voix du souverainisme », Valeurs actuelles, (consulté le ).
  8. ↑ Alexandre Devecchio, « Le recteur de la MosquĂ©e de Paris retire sa plainte contre Michel Houellebecq », sur Le Figaro, (consultĂ© le ).
  9. ↑ « Le dialogue Houellebecq / Onfray dans la revue Front Populaire », sur Europe 1 (consultĂ© le )
  10. ↑ Atlantico, « Front Populaire : Michel Houellebecq a dĂ©cidĂ© de clarifier certains passages de l’entretien avec Michel Onfray et a rencontrĂ© le recteur de la Grande MosquĂ©e de Paris, Chems-Eddine Hafiz », sur Atlantico, (consultĂ© le )
  11. ↑ Atlantico, « Front Populaire : Michel Onfray fait l'Ă©loge des dĂ©bats intellectuels et estime que la plainte de la Grande MosquĂ©e de Paris contre Michel Houellebecq est une atteinte Ă  la libertĂ© d’expression », sur Atlantico, (consultĂ© le )
  12. ↑ « Michel Houellebecq, la radicalisation Ă  l’extrĂȘme droite d’un Ă©crivain Ă  succĂšs », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  13. ↑ GrĂ©gory Marin, « BollorĂ© rachĂšte la revue « Front populaire », et offre une niche confortable Ă  Michel Onfray » AccĂšs payant, L'HumanitĂ©, (consultĂ© le )
  14. 1 2 3 Simon Blin, « «Front populaire» de Onfray, une revue des troupes identitaires », LibĂ©ration,‎ (lire en ligne).
  15. ↑ « Avec sa nouvelle revue « Front populaire », Michel Onfray sĂ©duit les milieux d’extrĂȘme droite », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  16. ↑ Jack Dion, « Lancement de "Front Populaire" : Michel Onfray, l’homme qui les rend tous fous », sur www.marianne.net, (consultĂ© le ).
  17. ↑ Jean-Yves Camus, « Front populaire : le panzer-balai du souverainisme », Charlie Hebdo, no 1453,‎ (lire en ligne)
  18. ↑ Fabrice Nicolino, « Onfray : l’homme qui montre la direction du vent », Charlie Hebdo, no 1453,‎ (lire en ligne)
  19. ↑ Laure Daussy, « ChevĂšnement : un produit d’appel qui prend ses distances », Charlie Hebdo, no 1453,‎ (lire en ligne)
  20. ↑ BĂ©atrice Bouniol, « Le front populaire selon Michel Onfray », La Croix,‎ (lire en ligne).
  21. ↑ Le Point.fr, « EuropĂ©ennes 2024 : Michel Onfray veut prĂ©senter une liste souverainiste », sur Le Point, (consultĂ© le )

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]