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Pollution olfactive

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La pollution olfactive concerne toutes les nuisances qui affectent, touchent le domaine de l'olfaction (odorat). Elle peut ĂȘtre causĂ©e par la prĂ©sence dans l'air d'odeurs dĂ©sagrĂ©ables, souvent rĂ©sultant de l'Ă©mission de substances chimiques ou biologiques provenant d'activitĂ©s humaines ou industrielles.

Les odeurs sont gĂ©nĂ©ralement dues Ă  une multitude de molĂ©cules diffĂ©rentes, en concentrations trĂšs faibles, mĂ©langĂ©es Ă  l'air que nous respirons. Ces mauvaises odeurs peuvent l'ĂȘtre de par leurs actions physiologiques (notamment du fait de leurs toxicitĂ©s), psychologiques (par ex. via l'effet dit « madeleine de Proust » quand associĂ© Ă  des expĂ©riences traumatiques), ou sociologiques (par ex. via divers effets de « mode » ou encore des Ă©volutions historiques des significations de ces odeurs)[1].

La nuisance olfactive ne dĂ©pend pas uniquement de la nature ou de l’intensitĂ© d’une odeur, mais Ă©galement de plusieurs facteurs, souvent regroupĂ©s sous l’acronyme FIDOL[2] : la frĂ©quence (Ă  quelle frĂ©quence l’odeur est perçue), l’intensitĂ© (force de l’odeur), la durĂ©e (temps pendant lequel elle est perceptible), le caractĂšre offensant ou dĂ©sagrĂ©able de l’odeur et sa localisation, notamment le contexte dans lequel elle est perçue. Ces facteurs, associĂ©s Ă  la sensibilitĂ© individuelle, aux attentes et au contexte de perception, contribuent Ă  dĂ©terminer le niveau de gĂȘne ressenti par les personnes exposĂ©es. Ainsi, une odeur n’est pas nĂ©cessairement une nuisance du seul fait de sa prĂ©sence : la gĂȘne dĂ©pend notamment de ses caractĂ©ristiques, de la rĂ©pĂ©tition des Ă©pisodes et des conditions dans lesquelles elle est perçue.

La plupart des composĂ©s odorants nocifs sont dĂ©tectĂ©s Ă  des niveaux trĂšs faibles par rapport aux niveaux toxiques. À l'inverse, quelques gaz trĂšs toxiques, comme le monoxyde de carbone, n'ont aucune odeur[3] et certains peuvent inhiber la fonction olfactive Ă  plus haute concentration (ex. H2S).

Les odeurs peuvent ĂȘtre mesurĂ©es par un olfactomĂštre dynamique qui permet d'exprimer la concentration de l'odeur en UnitĂ© d'Odeurs EuropĂ©enne par mĂštre cube d'air (oue/m3).

L'échantillon d'air prélevé dans un sac inerte est dilué progressivement dans l'olfactomÚtre dynamique avec un gaz neutre, puis présenté à un panel de sujets humains sélectionnés et dont la sensibilité olfactive est contrÎlée (calibration au n-butanol). La concentration d'odeur est déterminée à partir du facteur de dilution nécessaire pour atteindre le seuil de détection olfactive du panel. Par définition, une concentration de 1 ouE/m³ correspond au seuil de détection de référence.

Il est important de noter que l'olfactomĂ©trie dynamique mesure une concentration d'odeur Ă  partir de la rĂ©ponse sensorielle d'un panel. Elle ne mesure directement ni la concentration chimique des molĂ©cules odorantes, ni leur toxicitĂ©, ni le caractĂšre agrĂ©able ou dĂ©sagrĂ©able de l'odeur. Elle ne permet pas non plus, de quantifier la gĂȘne ressentie par les riverains ou l'exposition aux odeurs dans l'air ambiant.

La mĂ©thode est dĂ©crite par la norme europĂ©enne EN 13725:2022[4], intitulĂ©e « Émissions de sources fixes - DĂ©termination de la concentration d'odeur par olfactomĂ©trie dynamique et du taux d'Ă©mission d'odeurs ».

La qualitĂ© odorante dans l'environnement peut, elle, ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e par la mĂ©thode du champ des odeurs.

Sources de pollution olfactive

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NB : cette liste n'est ni exhaustive, ni dĂ©finitionnelle, dans le sens oĂč les apprĂ©ciations pour une odeur ou un ensemble d'odeurs caractĂ©risĂ©es, d'une part en tant que perception gĂ©nante, d'autre part en tant que pollution, sont sujettes Ă  de fortes variabilitĂ©s !

Modélisation

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Des logiciels de simulation de dispersion d'odeurs sont utilisĂ©s pour des Ă©tudes d'impact lors de crĂ©ation d'installations industrielles susceptibles d'ĂȘtre source de nuisances. L'adĂ©quation Ă  la rĂ©alitĂ© de la situation observĂ©e aprĂšs construction est difficile Ă  Ă©tablir mais ils participent Ă  la prise en compte des nuisances environnementales dans les dĂ©cisions[6].

Législation, réglementation et jurisprudence

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La pollution olfactive peut faire l'objet de poursuites civiles sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle pour faute (article 1240 du code civil), ou sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle fondée sur la nuisance causée par une chose (article 1242, alinéa 1er du code civil). La notion de trouble anormal du voisinage peut aussi recevoir application[7].

Dans les cas les plus graves, la pollution olfactive peut au surplus faire l'objet de poursuites pénales sur le fondement de la mise en danger de la vie d'autrui (article 223-1 du code pénal).

Bibliographie

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  1. ↑ Jacqueline Blanc-Mouchet (directrice d'Ă©dition pour ce numĂ©ro) et Martyne Perrot (collaboratrice), Odeurs : l'essence d'un sens, vol. 92 (sept.), Paris, Autrement (revue), , 215 p. (ISBN 2-86260-226-4).
  2. ↑ Ministry for the Environment. 2016. Good Practice Guide for Assessing and Managing Odour. Wellington: Ministry for the Environment. Web https://environment.govt.nz/assets/Publications/good-practice-guide-odour.pdf
  3. ↑ AFSSET, Pathologies - Intoxications au monoxyde de carbone, janvier 2006.
  4. ↑ « NF EN 13725 », sur Afnor EDITIONS (consultĂ© le )
  5. ↑ Poiret 1998.
  6. ↑ François-Joseph Daniel, « InterprĂ©ter dans la grosseur du trait: Les usages prĂ©dictifs et Ă©valuatifs des modĂšles de dispersion des odeurs », Revue d'anthropologie des connaissances, vol. 12,1, no 1,‎ (ISSN 1760-5393, DOI 10.3917/rac.038.0001, lire en ligne).
  7. ↑ LĂ©a Boluze, « Sur le magazine '. », Capital,‎ (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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