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Eza

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Eza est un terme basque désignant la négation, le refus ou l'absence. Dans le folklore basque, il apparaßt notamment dans l'expression ezari-emanak, associée aux biens non déclarés ou non reçus et à certaines croyances relatives aux conséquences surnaturelles des déclarations humaines. Ces traditions mettent en relation les notions de « oui » (bai) et de « non » (ez), la répartition des biens matériels et l'intervention de Mari, figure majeure de la mythologie basque[1].

Signification et expressions traditionnelles

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En basque, ez signifie « non » et sert notamment à exprimer la négation grammaticale. Le substantif eza peut désigner la négation, le refus ou l'absence selon le contexte.

L'expression ezari-emanak, que JosĂ© Miguel de Barandiaran traduit par « donnĂ©s au non », est mise en parallĂšle avec baiari-emanak, « donnĂ©s au oui ». Ces expressions apparaissent dans des rĂ©cits populaires oĂč les dĂ©clarations relatives aux biens rĂ©coltĂ©s ou produits sont susceptibles d'entraĂźner des consĂ©quences surnaturelles[1].

Les lĂ©gendes Ă©voquent notamment des situations dans lesquelles les quantitĂ©s dĂ©clarĂ©es ne correspondent pas aux quantitĂ©s rĂ©ellement rĂ©coltĂ©es ou produites. Les diffĂ©rences entre ces deux valeurs sont alors associĂ©es aux biens attribuĂ©s au « oui » ou au « non ». Les paroles humaines s'inscrivent ainsi dans un systĂšme de croyances oĂč les dĂ©clarations et la rĂ©partition des biens peuvent donner lieu Ă  une intervention surnaturelle.

Mari, les biens non dĂ©clarĂ©s et la grĂȘle

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Dans son Diccionario ilustrado de MitologĂ­a Vasca, Barandiaran rapproche les ezari-emanak de certaines lĂ©gendes relatives Ă  la grĂȘle. Il indique que celle-ci est Ă©galement dĂ©signĂ©e par le terme esartuak, qu'il interprĂšte comme « les non reçus ». Selon lui, cette appellation fait probablement allusion aux biens non dĂ©clarĂ©s Ă©voquĂ©s dans les rĂ©cits associĂ©s aux ezari-emanak[2].

Dans cette interprĂ©tation, la grĂȘle reprĂ©sente la contrepartie de biens non reçus ou non dĂ©clarĂ©s. Elle est prĂ©sentĂ©e comme une manifestation de la puissance de la Dame d'Anboto, autre dĂ©signation de Mari dans la tradition basque. Cette lecture est reprise par Jon Mentxakatorre Odriozola dans son Ă©tude La Dama de Amboto y el infierno. Mito y fĂłrmula qui renvoie notamment Ă  l'explication de Barandiaran concernant les esartuak et les ezari-emanak[3].

Le récit du berger et de Mari

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L'encyclopédie Auñamendi rapporte une légende mettant en scÚne un berger et Mari dans la grotte d'Aketegi. Le récit aurait été recueilli auprÚs de Felipe de Aguirre de Mendiurkullu[1].

Un berger entre dans la grotte Ă  la recherche d'une brebis. Mari, qui s'y trouve, se met en colĂšre en l'apercevant et tente de s'emparer de lui. Pour se protĂ©ger, le berger lui passe un chapelet autour du cou. Incapable de se libĂ©rer, Mari lui demande de le retirer. Il accepte Ă  condition qu'elle le conduise hors de la grotte. Elle le porte jusqu'Ă  l'entrĂ©e, oĂč il lui enlĂšve le chapelet. Mari lui fait alors remarquer qu'il a eu la sagesse de venir bien accompagnĂ©, car ses compagnes sont absentes. Lorsque le berger lui demande oĂč elles se trouvent, elle explique qu'elles sont occupĂ©es Ă  recueillir les dĂźmes des « oui » et au « non[1] ».

Les laminak et le « oui » et le « non »

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La tradition rapporte Ă©galement que les laminak, ĂȘtres surnaturels du folklore basque, vivent eux aussi du « oui » et du « non ». Cette association les rapproche de Mari dans les rĂ©cits consacrĂ©s aux dĂ©clarations, aux biens matĂ©riels et aux sanctions surnaturelles[1].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 (es) « Eza », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  2. ↑ (es) Barandiaran, JosĂ© Miguel de, Diccionario ilustrado de MitologĂ­a Vasca, vol. I, Bilbao, La Gran Enciclopedia Vasca, , 333-580, notamment p. 407
  3. ↑ (es) Mentxakatorre Odriozola, Jon, « La Dama de Amboto y el infierno. Mito y fĂłrmula », Revista de Folklore, no 430,‎ , p. 4-19 (lire en ligne, consultĂ© le )

Bibliographie

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